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FEVER 333 – VIRTUAL DEMONSTRATION (23/10/20)

Sans revenir sur les circonstances connues de tous poussant les artistes à développer une activité de concerts virtuels, voir un groupe proposer une tournée virtuelle afin de pouvoir accommoder ses fans du monde entier est plutôt appréciable. FEVER 333 ouvre donc sa tournée mondiale, sans quitter Los Angeles. Ce premier concert est destiné aux populations européennes et britanniques.

Confinés dans un cube de LED où le quatrième mur est pourtant bel et bien tombé, le trio de Los Angeles ouvre son set devant une rangée de policiers anti-émeute. La résistance est rapidement mise à terre par la puissance de ce “BITE BACK” d’ouverture comme sur le nouvel EP “WRONG GENERATION” paru ce même jour. Il faudra quelques chansons pour entrer dans l’ambiance si particulière de ce concert en direct. Pourtant, le groupe ne ménage pas ses efforts pour rendre l’expérience vivante. Jamais avare pour ce qui est de donner de sa personne, on sent un Jason Aalon Butler un peu frustré de ne pas pouvoir se jeter dans un public en délire. Il canalise son énergie en s’adressant plusieurs fois à son audience entre les chansons. Le racisme, la situation sociale aux US, la paternité, Butler fait preuve d’une sincérité touchante, donnant un relief particulier aux morceaux.

Chaque chanson bénéficie d’un habillage visuel unique. La scénographie s’approfondit alors dans un format qui peut être rapidement redondant et froid. Pourtant, certains titres arrivent tout de même à traverser le mur des données informatiques pour nous toucher en plein cœur. Si seul devant son ordinateur on hésite à pogoter sur “BURN IT” ou “WRONG GENERATION”, on est touché par “AM I HERE?” ou “THE INNOCENT”. S’en tenant à son trio originel, FEVER 333 a toujours utilisé beaucoup de bandes sur scène afin de rendre l’ensemble des arrangements. Si dans une salle bondée et bruyante le subterfuge passe relativement inaperçu, la balance entre le son live et ceux pré-enregistrés reste perfectible dans cette configuration distancielle.

Le groupe se permet le luxe de faire venir la chanteuse qui pose sa voix sur l’enjouée “SUPREMACY” sur scène pour un vrai moment de partage en tout simplicité. En définitive, FEVER 333 continue dans sa lignée. Proposer un contenu dont la portée philosophique est nécessaire. Le tout agrémenté d’une bonne dose de fun et de défouloir. Dans le contexte actuel, on ne va pas s’en priver !

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Nathan Le Solliec
LE MONDE OU RIEN