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FESTIVAL CHORUS DES HAUTS-DE-SEINE 2014 – Jour 8 (04/04/14)

Cette nouvelle édition du Festival Chorus Des Hauts-De-Seine a la bonne idée de nous ramener cet incroyable artiste qui est encore beaucoup trop méconnu à tort. Ce prodige de la soul qui avait disparu de la circulation pendant une dizaine d’années, avant de réapparaitre avec un nouveau chef-d’œuvre qu’est son deuxième album “Landing An A Hundred”.
 

C’est en 2002 qu’on entend parler de CODY CHESNUTT avec son premier album “The Headphone Masterpiece” bricolé dans sa chambre, un double opus soul rock, qui séduira le groupe The Roots à l’époque et décida de reprendre avec lui un de ses titres “The Seed” qui sera un tube planétaire. Mais Cody disparaîtra aussi vite qu’il n’est apparu, tout en restant productif avec quelques titres sortis sur internet jusqu’en 2012. Avec son deuxième essai, certains médias pensaient, qu’à l’époque, cet effort arrivait trop tard mais grosse erreur, il tombait à pic avec le revival de la soul avec Sharon Jones, Charles Bradley, Lee Fields ou plus récemment avec des jeunes groupes comme Hannah Williams and The Tastemakers et The Excitements.

A 44 ans, Cody ChesnuTT a trouvé sa voix et son combat avec un look original  portant un casque de l’armée déniché dans une brocante montrant qu’il est prêt à se battre pour défendre sa musique. Mais ce soir dans la salle Daniel Ferry de Nanterre, qui est complète, Cody n’aura pas besoin de batailler longtemps pour défendre sa musique et pour communiquer avec son public. Dès le premier morceau, l’ambiance est vive et tout le monde se met très vite à danser. Ce soir, ce sera le même set qu’à la Cigale en 2013 à un ou deux titres près, les premiers morceaux seront vite enchainés par Cody et l’essentiel des titres seront tirés du brillant “Landing On A Hundred”. Sur chaque intro comme “That´s Still Mama” la réaction de l’auditoire sera immédiate. Armé de son casque, Cody envoie du lourd scéniquement et vocalement. Cody passe de la soul avec un timbre de voix pouvant faire penser par moment à Marvin Gaye ou à un crooner, mais aussi en tenant en haleine l’assemblée par des discours gospélisants, non pas religieux mais plutôt sur l’amour de manière générale, tout en n’hésitant pas d’ailleurs à aller au contact du public. Le groupe qui accompagne Cody ChesnuTT est, comme à son habitude, sans section de cuivre qui pourrait donner une dimension plutôt intéressante, mais ses musiciens nous font vite oublier ce détail. Même s’ils sont peu mis en avant et relayés au fond de la scène, le groove qui s’en dégage est impressionnant avec un claviériste comme le batteur d’ailleurs, très attentifs aux improvisations du chanteur montre une formation rodée. Mention spéciale à la frappe sèche mais tout en nuance et à son incroyable groove du batteur, qui a su booster chaque morceau avec beaucoup de feeling. Musicalement, les morceaux très souls pour la plupart bénéficient néanmoins par moment de passage joliment jazzy ou de breaks très funky nuançant les morceaux, mais aussi avec un tempo limite country complètement inattendu avec le titre inédit, avant de terminer avec l’incontournable “Thank You” qui termina trop rapidement le show.

 

 

Un fabuleux concert qui avait un léger goût de trop peu mais qui aura atteint son but : nous avoir fait oublier notre semaine travail et de nous avoir aussi satellisé en admirant un artiste attachant et entier qui mérite plus de reconnaissance.

Setlist :

That’s Still Mama
‘Till I Met Thee
Everybody’s Brother
Under The Spell Of The Handout
What Kind Of Cool (Will We Think Of Next)
Love Is More Than A Wedding Day
Where Is All The Money Going
Don’t Wanna Go The Other Way
—-
Chips Down (In No Landfill)
I’ve Been Life
Thank You