ReportsSlideshow

FESTIVAL BEAUREGARD 2019

Au menu, une programmation éclectique dans un cadre idéal. Le Festival Beauregard s’éloigne du stress et des paillettes de ce que les festivals parisiens peuvent proposer, et ça fait du bien ! Petite plongée dans ces quatre jours, à l’occasion de la 11ème édition du festival !

Jeudi 4 juillet

Pour ce premier des quatre jours, on découvre le festival. Le site est implanté dans le domaine de Beauregard. Deux scènes sont de chaque côté du site. Le tout est surplombé par le château et une grande forêt, ce qui donne au festival une ambiance très tranquille et joyeuse.

La journée commence avec le groupe français MNNQNS. Originaire de Rouen, ce jeune quatuor envoie un rock viscéral et intense qui secoue parfaitement le festival pour son ouverture. Une superbe découverte !

L’aller retour entre les deux scènes se fait très facilement, le site est bien organisé pour faciliter les mouvements et les concerts commencent très ponctuellement, ce qui évite les temps d’attente inutiles.

Le reste de la journée voyage dans le paysage musical français des dernières années avec le set très moyen de GRINGE, celui beaucoup plus convaincant de THERAPIE TAXI tandis que la star belge ANGELE assure un service minimum qui n’est nul, ni excellent.

Avant que Limp Bizkit ne vienne retourner Beauregard, le très classe JOHN BUTLER et son fameux TRIO assurent un set plein de générosité et de joie.

Malgré cette superbe dynamique, l’arnaque LIMP BIZKIT offre le premier fou rire du festival. On est désormais aux prestations catastrophiques du groupe en festival mais cette fois-ci, un sommet est atteint en terme de néant artistique. Des reprises de Nirvana ou Metallica exécutées par dessus la jambe, ou une Marseillaise démagogique au possible, tout y passe dans le mauvais goût. Le public normand ne s’y trompe d’ailleurs pas quand il accompagne la sortie de scène du groupe sous les sifflets.

Cap sur la deuxième journée !

Vendredi 5 juillet

Pour la deuxième journée, on prend notre pied devant le set énergique de FANTASTIC NEGRITO. Le bluesman américain communique une joie de vivre incroyable à travers sa musique dont l’énergie nous transcende.

C’est moins le cas de TAMINO qui endort un peu le festival avec son rock mélancolique.

Mais on peut compter sur les Belges géniaux de BALTHAZAR pour réchauffer l’ambiance. Leur set s’articule notamment autour du dernier album, “Fever“, dont les chansons passent très bien en live. Le groupe semble heureux d’être devant un public plutôt réceptif même si peu de gens semblent vraiment connaître la musique du groupe originaire de Courtrai.

Avant un concert mémorable de BERNARD LAVILLIERS, dont le swag et le swing sont intacts malgré ses soixante-douze ans, TALISCO remplace haut la main Snow Patrol qui a annulé sa venue quelques jours avant le festival. LOMEPAL enflamme le festival, comptant sur l’appui d’un public très jeune qui connait tous les tubes du rappeur par cœur.

Mais le vrai grand moment de la soirée, c’est la prestation du SUPRÊME NTM. Malgré un siècle à eux deux comme ils aiment le signaler, Kool Shen et Joey Starr offrent une prestation monumentale et définitivement l’un des grands moments de cette 11ème édition !

Samedi 6 juillet

Ce troisième jour du festival est sous le signe de la chaleur ! En effet, la température sur le site du festival atteint des sommets, ce qui contribue à une ambiance très chaleureuse entre tous les festivaliers.

L’accueil réservé au set de CLARA LUCIANI est d’ailleurs hyper chaleureux, ce qui motive la longiligne chanteuse et ses excellents musiciens à donner le meilleur d’eux même.

Évidemment, la folie d’IDLES rafle tout. Les Anglais semblent être en terrain conquis avant même d’entrer en scène. Le groupe originaire de Bristol balance chacun de ses tubes avec une énergie incroyable. La sauvagerie de leur set n’a d’égal que les pensées positives émises par Joe Talbot au chant. Le set s’articule autour des deux albums sortis jusqu’à maintenant avec quelques tubes incroyables comme “Danny Nedelko”, “Heel/Heal” ou “Rotweiler”. Une franche réussite.

La même énergie punk anime ROMEO ELVIS qui, malgré des chansons pas toujours convaincantes, met tellement d’énergie dans son concert qu’il convainc tout le monde. Avec toute la bienveillance du monde, le Belge provoque une véritable émeute sur chacun des tubes de son répertoire.

On ne peut pas en dire autant de BEN HARPER qui fournit un set fainéant et nombriliste au possible. Les festivaliers ne s’y trompent d’ailleurs pas, accompagnant cette performance ennuyeuse au possible sans le moindre enthousiasme.

C’est sur que l’ambiance du côté de THE HIVES est différente ! Si les Suédois proposent la même formule au poil de nez près depuis vingt-cinq ans, on ne peut leur enlever que ça fonctionne. Des tubes en pagaille, des nouveaux singles bien efficaces et Pelle Almqvist qui fait l’effort de parler dans la langue de Molière pendant tout le set. Simple, basique et puissant !

La puissance est toute autre pendant le set de MOGWAI. La formation écossaise donne un concert aux allures de messe moderne, avec un son toujours aussi transperçant. La formation sort ce qui s’apparente le plus à des hits avec notamment “I’m Jim Morrison, I’m Dead” ou encore “Mogwai Fear Satan”. Parfait pour terminer la soirée en beauté et en émotions.

Dimanche 7 juillet

Pour ce dernier jour, la programmation est un peu plus légère que les autres journées.

Le post punk déchainé de RENDEZ-VOUS embrase le festival pour ce qui est sûrement l’un des concerts à retenir de cette édition. La jeune formation parisienne propose un set dantesque, où toutes les chansons font office d’hymnes. Nul doute que Rendez-Vous est amené à devenir un grand nom du rock hexagonal.

BRO GUNNAR JANSSON est déjà plus installé et son blues nordique peine à démarrer. Pourtant, petit à petit, les grandes envolées des cordes embarquent un public de plus en plus convaincu et le géant suédois finit par avoir l’assemblée dans sa poche à la fin de son set. Puissant et hypnotique.

Mais la véritable star de la journée c’est elle. Elle c’est JEANNE ADDED, qui continue de tout écraser sur son passage depuis la sortie de “Radiate” (2018) en septembre dernier. Pourtant, le début du set de la Rémoise est titubant. Comme si la virevoltante chanteuse et son public du jour ne parlaient pas la même langue.

Il faut une vingtaine de minutes et l’enchainement “Both Sudes”, “Mutate” et “Falling Hearts” pour vraiment entrer dedans. A partir de ce moment, aucune chance de s’en sortir. La voix libérée, Jeanne Added hypnotise son audience et lâche les lions. Les boucles électro envahissent les esprits de chacun pendant que Beauregard danse au rythme effréné des nouvelles, et plus anciennes, chansons de la chanteuse.

Celle qui nous a confié juste avant le concert que sa manière à elle de s’engager auprès de son public passe surtout par ce qu’elle dégage sur scène, une telle puissance et une telle douceur à la fois ne peuvent laisser indifférents. Jeanne Added est une géante.

La dernière soirée se termine très tranquillement avec les sets tout en décontraction de TEARS FOR FEARS et d’INTERPOL.

Bilan

Avec 108 000 personnes réparties sur quatre jours, Beauregard 2019 est un succès tant publique qu’artistique. Une programmation éclectique qui permet au public normand de, non seulement croiser les têtes d’affiches du moment (Roméo Elvis, Lomepal, Angèle, Jeanne Added) mais aussi des projets plus pointus (Rendez-Vous, IDLES, PLK).

Une véritable chance pour ne pas se sentir exclu du paysage culturel français sans habiter à Paris. De plus, le festival sait également séduire la population très familiale en proposant des artistes qui rassemblent tout le monde (John Butler Trio, NTM ou Tears For Fears).

En bref, un chouette festival qui brille par sa bonne humeur, son organisation impeccable et sa décontraction.

Tops :
Jeanne Added
IDLES
Rendez-Vous

Flops :
Limp Bizkit
Ben Harper
Gringe

Merci à Camille et à toute l’équipe de La Mission !

Ecrire un commentaire

Nathan Le Solliec
LE MONDE OU RIEN