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ENTER SHIKARI @ Le Trianon (21/02/24)

Après avoir électrisé le Trabendo fin 2022, Enter Shikari revient en France pour présenter son septième album, A Kiss For The Whole World. Cette fois, c’est au Trianon que le groupe de post hardcore a donné rendez-vous à ses fans. Les Anglais seront-ils à la hauteur de leurs nombreuses récompenses de “meilleur groupe live” ? RockUrLife vous raconte ce concert en trois actes !

Blackout Problems

19h30. C’est devant un Trianon timidement rempli que BLACKOUT PROBLEMS investit la scène. Déjà habitué des salles françaises, le quatuor allemand officie dans un punk rock teinté d’électro. Une formule simple qui a le mérite d’être efficace. Le registre un peu gentillet se fait oublier par une présence scénique rodée, menée par le chanteur Mario Radetzky qui n’hésite pas à monter dans les gradins pour répandre son énergie. Malgré toute cette bonne volonté, l’accueil du public est plutôt réservé. Pendant sa demi-heure de set, le groupe pioche dans ses albums, dont le troisième, Whales, sort justement le 23 février. Autre date à retenir pour ceux désireux de prolonger l’expérience, Blackout Problems sera de retour dans la capitale, au Supersonic, le 4 octobre prochain.


FEVER 333

L’écran se pare du logo de FEVER 333 et de sa panthère, écho au mouvement des Black Panther. Vêtus de ses combinaisons blanches, le groupe foules les planches du Trianon, prêt à prendre sa revanche sur la date annulée l’an dernier dans cette même salle. Trap metal, rap hardcore, punk hardcore : aucune étiquette ne semble coller à la fusion des genres proposée. Seule certitude : les Californiens sont des bêtes de scène et n’offrent aucun répit au public qui s’en donne à cœur joie dans la fosse ! Tous les yeux sont rivés sur Jason Aalon Butler qui alterne phrasés rappés et screams endiablés. L’ex-Letlive. bouge les amplis, verse de l’eau sur scène pour s’offrir une glissade ou un slam d’anthologie depuis le balcon sur le final. Si la performance est époustouflante, ce show à l’américaine éclipse parfois la musique au second plan. Pour autant, FEVER 333 force l’admiration car ce chaos orchestré est au service d’un message : celui d’utiliser la scène comme un espace d’émancipation et de liberté.

Enter Shikari

21h, l’obscurité reprend ses droits sur le Trianon qui s’époumone d’impatience. Il faut dire que sans être comble, la fosse et ses deux étages ont fini par se remplir. Le chanteur Rou Reynolds arrive sobrement sur scène, un halo de lumière au-dessus de lui, pour déclamer “System…”. Il est vite rejoint par Rory, Batty C et Rob pour le titre miroir “…Meltdown” qui finit d’enflammer un auditoire gonflé à bloc. Fidèle à sa réputation, ENTER SHIKARI est en grande forme et la scénographie, entre animations colorées sur l’écran et jeux de lumière généreux, donne encore plus de corps à la performance. Sans temps mort, les Anglais enchaînent sur la radiophonique “Live Outside”. Rou annonce la couleur : “pour l’heure-et-demi à venir, le monde extérieur n’aura plus aucune importance“. L’insolente et dansante “Giant Pacific Octopus” offre une première incursion sonore dans le dernier album des Britanniques.

Vers l’éclectisme et au-delà

Et justement, l’excellent A Kiss For The Whole World sera faiblement représenté. Vingt-cinq ans de carrière, sept albums. Des chiffres d’autant plus significatifs chez Enter Shikari tant chaque disque marque un renouvellement sonore et identitaire. Pour le plaisir d’une grande majorité, c’est donc une setlist best of que propose ce soir le quatuor. L’hybride “Anaesthetist” succède au très hardcore “Sssnakepit” tandis que les sonorités dubstep de “The Jester”, disparu des radars depuis 2018, enflamment sérieusement le pit. À chaque titre, Enter Shikari encapsule un univers, une couleur et une émotion que le combo retranscrit avec ferveur. D’ailleurs, une animation nous invite à remonter le temps au rythme des pochettes d’albums qui défilent. Le “shit!” de la célèbre “Enter Shikari”, qui ouvre le premier album, Take To The Skies, entame cette épopée. Les guitares saturées et les voix hurlées démontrent à quel point les Anglais sont toujours aussi à l’aise avec le post hardcore des premiers jours.

Reset, remix

Mais si la musique d’Enter Shikari est une expérience qu’il faut impérativement vivre en concert, c’est aussi parce que le combo sait modeler des versions 2.0 de son répertoire. “Goldfish”, issu du petit dernier, est remixée en mode dubstep pour l’occasion. Cet exercice est encore plus enthousiasmant pour les classiques car il permet aux Anglais de bousculer le public. Ainsi, Rou fait vibrer notre corde sensible lorsqu’il entonne la première moitié de “Juggernauts” en acoustique avant d’être rejoint par ses compères pour une deuxième partie en électrique. Juste après le rappel, le quatuor pousse le concept à l’extrême sur “Sorry You’re Not A Winner”, entamé dans sa version d’origine puis ralentie et remixée à la grande surprise de tous. À l’issue d’un dernier circle pit géant, Enter Shikari clôture le bal sur “A Kiss For The Whole World”. Comme une évidence.


Au sommet

Ce soir au Trianon, Enter Shikari a livré une performance qui fait honneur à sa réputation et à son histoire. En parcourant l’ensemble de leur répertoire, les Anglais ont fait état d’un panorama sonore qui se moque des étiquettes et qui aime jouer avec les expérimentations. De l’album à la scène, la passion et la dévotion d’Enter Shikari pour sa musique restent sincères, vibrantes et bien vivantes. Gageons que cela continue !

Enter Shikari Setlist Le Trianon, Paris, France, A Kiss For The Whole World: UK & EU 2024

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