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ELVIS COSTELLO @ Olympia (20/10/14)

Ce lundi, Elvis Costello était (presque) en solo sur les planches de l’Olympia; de retour Boulevard des Capucines deux ans après son dernier passage, sans son groupe The Imposters, mais accompagné de son fidèle pianiste. L’occasion pour ses fans de redécouvrir les titres sous un autre jour.

La “mise en bouche” est assurée un complice de longue date de Costello : son pianiste STEVE NIEVE. En gilet et chaussures dorés, il s’installe au piano à queue et démarre par un titre en virtuose. Il est ensuite accompagné par le chanteur Tall Ulysse (son gendre) et un guitariste, et même par Cali. Parfois en anglais, d’autres fois en français, à une, deux, trois, ou quatre voix, ils reprennent des titres à la croisée entre Elton John et une comédie musicale. Une demi-heure plus tard, le musicien sort en rassemblant ses partitions.

Entracte. Une sonnerie de théâtre indique qu’il est temps de regagner sa place.

Il est à peine vingt minutes plus tard lorsque ELVIS COSTELLO surgit devant un public quinqua, assis et placé. Chapeau blanc, chaussures rouges, et costume violet, il est seul au milieu d’une coquette collection de guitares électro acoustiques. En guise de backdrop, de simples faisceaux pourpre et bleu nuit, et deux panneaux lumineux “ON AIR” et “DETOUR” constituent le décor. Costello démarre par “45”, un single de 2002, et entame une revisite en acoustique des titres de son répertoire. A soixante ans, l’anglais a toujours une très belle voix vibrante et chaude; il le prouve en s’amusant à chanter des passages a capella. Entre les chansons, le guitariste est particulièrement loquace : il égrène pèle-mêle des souvenirs sur sa famille et des anecdotes de musiciens. Le public pouffe en entendant, pour ceux qui peuvent le comprendre, ses petites histoires. Il annonce la couleur : puisqu’il est à Paris, il ne jouera que des chansons d’amour… et de tromperie…et puis de mensonges et d’infidélité. Puis il enchaine sur “Veronica”, un morceau écrit pour sa grand-mère. Son père a également droit à un hommage de plusieurs minutes sur l’intro de “Ghost Train” : le monsieur aurait eut 87 ans ce jour. S’ensuit un long récit : Elvis ne serait pas là aujourd’hui s’il n’avait pas entendu son père chanter pour la reine en 1963. Il avait interprété “Si J’Avais Un Marteau”, car la Reine aime beaucoup les chansons sur des gens qui travaillent, même si elle n’a jamais travaillé. Plus tard, Monsieur Costello père se serait laissé pousser les cheveux jusqu’à finir par ressembler à Peter Sellers. Ou Austin Powers pour les plus jeunes. Debout, puis assis, la guitare posée sur la cuisse, cette première partie du set se clôt notamment avec “She”, une reprise de Charles Aznavour pour laquelle il reçoit une ovation, et par l’émouvant “Alison”, commencé a cappella et repris en chœur par le public.

Elvis Costello est alors rejoint sur scène par Steve Nieve. Le duo guitariste/pianiste démarre en trombe avec “Accidents Will Happen” que Costello affirme avoir composé en hommage à une conductrice de taxi mexicaine. Sur “Almost Blue”, le duo fait preuve d’une harmonieuse complicité lorsque Steve cède sa place derrière le piano à Elvis tout en continuant à jouer : le chanteur pose sa guitare puis se glisse au clavier tandis que le pianiste se lève et attrape un mélodica. Ils enchaînent sur un “I Want You” aux éclats électriques, et clôturent la soirée par un “Peace, Love And Understanding” où Cali et Tall Ulysse les rejoignent sur scène pour le final.

Avec presque deux heures trente de live, en majeure partie seul en scène, Costello réalise une jolie performance. Si la voix, âprement sollicitée, commençait légèrement à faiblir sur la fin, elle demeurait profonde et suave. L’austérité du dispositif, et l’ambiance quasi religieuse ont déçu les amateurs du “Costello rock”, les autres se sont délectés de cette alternance de classiques et de titres moins connus, réinterprétés à la sauce acoustique et redécouvert dans le dépouillement.

Setlist :

45
Either Side Of The Same Town
Veronica
Poison Moon
Watch Your Step
Ascension Day
Church Underground
Come The Meantimes
Lost On The River #12
Everyday I Write The Book
The Comedians
Walkin’ My Baby Back Home
Ghost Train
When I Was Cruel #2
Wave A White Flag
She
Watching The Detectives
Alison
—-
Accidents Will Happen
Shot With His Own Gun
Tender Moment
(I Don’t Want To Go To) Chelsea
Almost Blue
I Want You
—-
The Birds Will Still Be Singing
Jimmie Standing In The Rain
Shipbuilding
Oliver’s Army
(What’s So Funny ’bout) Peace, Love And Understanding