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DREAM THEATER @ Palais Des Congrès (05/03/16)

Un week-end chargé du côté de la Porte Maillot avec une double séance d’un show qui s’annonce comme fort intéressant.

La promotion et la tournée mondiale de “Dream Theater” (2013) terminées, John Petrucci et Jordan Rudess n’ont pas attendu pour se remettre au travail. Néanmoins la tournure que prend ce nouvel album va au-delà d’un simple disque. Animé par l’envie de proposer un concept à la manière d’un opéra rock, les deux compositeurs passent semaines et mois dans le studio, à peaufiner les dizaines et dizaines de morceaux que compose ce nouvel édifice musical.

Suite aux nombreuses interrogations concernant l’écoute de l’opus, l’aspect live était également au centre des discussions. Un tel projet se devait d’être particulier sur scène et le groupe promettait un show à la hauteur de l’événement.

L’ambitieux projet dans lequel s’est lancé Dream Theater avec “The Astonishing” fait donc escale à Paris, dans la magnifique salle du Palais des Congrès, lieu peu commun pour tout fan de musique saturée, pour nous faire voyager au travers d’une ambitieuse et mystérieuse aventure. Non seulement cette soirée se promet d’être haute en couleur musicale, mais elle le sera également visuellement. Réussi ? Incroyable ? Mythique ? Transcendant ? Découvrons cela sans attendre.

Lancé par les bourdonnements et les mécanismes forts bruyants des Nomacs, Paris ne se fera pas attendre pour plonger dans un tout autre univers. La formation en profite pour faire son apparition sous les acclamations du public avant de démarrer ce marathon progressif. Scène épurée, décor assez minimaliste, mais une série d’écrans nous font face et le spectacle y sera grandement concentré. Petrucci, Rudess, Myung et Mangini sont entrés dans le vif du sujet et enchaînent plans sur plans. James LaBrie (chant) fera son entrée avec “The Gift Of Music”, lançant par la même occasion l’histoire comptée au travers de leur dernière réalisation.

C’est ainsi que différentes animations vont s’enchainer et poser des visages aux différents protagonistes de “The Astonishing”. Plutôt simple, elles ont le mérite d’être très claires, sans fioritures. Ce premier acte sera très dense, tout d’abord parce qu’elle possède plus de morceaux, mais également au travers de ces nombreuses animations, quasi systématiques même, qui illustrent parfaitement le récit. De ce côté-là, difficile de remettre quoique ce soit en question. Il en est de même pour le light show qui est classique, mais en accord total avec les différentes ambiances et émotions.

Les sonorités propres à l’opéra rock ou au cabaret font surface et subliment le moment. Bien qu’édulcoré, la musique de Dream Theater se retrouve au fil des morceaux sans pour autant porter atteinte au fond de ce projet.

James LaBrie module et s’adapte aux différentes nuances et aux personnages bien que quelques aiguës aient du mal à tenir par moment.

Bien que long, ce premier acte passe à la vitesse de l’éclair et les auditeurs assidus de l’album y trouvent -peut-être un sentiment de facilité- avec les repères dues aux multiples écoutes. L’écoute de l’effort studio, parlons-en. Difficile de le déguster d’une traite sans prendre son après-midi et les nombreuses tentatives ont sans doute ancrés cette première grande partie dans les esprits, d’où une certaine familiarité innée et ce sentiment de confort à la vue de ce spectacle.

Passé l’entracte d’une quinzaine de minutes, place à la seconde partie. Celle-ci sera plus dynamique et intense, en partie en raison du nombre de titres, mais également car leur histoire arrive à son terme. Et comme le dirait une journaliste de France 2 le samedi soir, c’est le moment choisi pour apporter un bémol à cette représentation.

Il ne s’agira non pas de la musique mais du show qui l’entoure. La première partie était très bien mise en avant avec les diverses animations, mais la seconde est à l’opposé. Mis à part de brefs instants où les protagonistes refont surface -il faut bien finir cette aventure- le reste n’est qu’effets et mises en mouvement de textures et autres effets, très agréables, mais que viennent-ils faire ici ? Cet aspect manquait de clarté.

De même, l’attente était grande -personnellement- pour tout cet aspect du show et la première partie s’en sort très bien mais POURQUOI avoir coupé l’écran de cette manière, avec les structures des lights entre chaque pan ? Sans doute et certainement une question pratique et de transport mais le rendu était un poil gâché, et l’immersion n’était à vrai dire pas totale de ce point-là. Fallait-il essayer de suivre l’écran ? Voir le groupe jouer ? Les deux ?

Malgré cette critique, cette expérience était tout de même fort agréable et surprenante. A la différence d’un “An Evening With” où les hits défilent, cette œuvre dans sa totalité est une belle expérience à vivre et ressentir. Une standing ovation conclura magnifiquement cette soirée et que dire de l’utilisation des portables et autres appareils, interdites, pour une tranquillité visuelle des plus agréables.

Setlist :

Act 1
Descent Of The NOMACS
Dystopian Overture
The Gift Of Music
The Answer
A Better Life
Lord Nafaryus
A Savior In The Square
When Your Time Has Come
Act of Faythe
Three Days
The Hovering Sojourn
Brother, Can You Hear Me?
A Life Left Behind
Ravenskill
Chosen
A Tempting Offer
Digital Discord
The X Aspect
A New Beginning
The Road To Revolution
—-
Act 2

2285 Entr’acte
Moment Of Betrayal
Heaven’s Cove
Begin Again
The Path That Divides
Machine Chatter
The Walking Shadow
My Last Farewell
Losing Faythe
Whispers On The Wind
Hymn Of A Thousand Voices
Our New World
—-
Power Down
Astonishing