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DOWNLOAD FESTIVAL FRANCE 2017 – Quel bilan ?

Après une première édition à l’Hippodrome de Longchamp en 2016, le Download Festival revenait sur les terres françaises en 2017 cette fois-ci à l’ancienne base aérienne 217 de Brétigny-Sur-Orge. Au programme, trois jours de festival avec une programmation rock/metal assez mainstream (si on la compare à celle du Hellfest), jouant plutôt la carte des noms ronflants plutôt que celle de la découverte (même si quelques formations prometteuses sont à voir ici et là). Certains grands écarts sont quand même surprenants : Linkin Park cotoyant Nostromo, il y a de quoi sourire. Le festival produit par le géant Live Nation s’offre quand même 2 exclusivités sexy : Blink-182 et System Of A Down (que l’on retrouvera au Main Square Festival, également produit par Live Nation). Est-ce suffisant pour concurrencer véritablement l’institution qu’est le Hellfest ? Au delà de l’affiche proposée, le festival est-il à la hauteur de l’attente générée ?

L’an dernier, l’organisation avait pêché à tel point que les premiers groupes jouaient souvent devant personne puisque les festivaliers éprouvaient le plus grand mal à entrer sur le site du festival. Si cette année l’emplacement s’est excentré, il s’est également considérablement agrandi, permettant justement une organisation plus fluide. Ainsi, l’arrivée sur le festival n’a pas été aussi compliquée que prévue et la circulation était bien plus simple. On constate donc que le festival a pris en compte les remarques négatives des festivaliers, ce qui est un bon point pour l’amélioration du confort de ces derniers.

Seulement voilà, pour ce qui est des points positifs de ce festival, on a eu beau creuser… Si la chaleur accablante du week-end n’est pas du fait de l’organisation, l’absence de coin d’ombres et le nombre trop faibles de points d’eau aurait du être pensé autrement. Il en est de même pour le système cashless qui, bien qu’il facilite les paiements (encore que, l’attente pour se choper une bière dépassait souvent l’entendement), arrive tout de même après la guerre. La majeure partie des cartes bancaires étant sans contact à l’heure actuelle, ce gadget n’est pas aussi pertinent qu’il aurait pu l’être il y a quelques années. De plus, le fait qu’il faille se créer un compte cashless pour chaque festival que l’on visite est un manque pratique assez flagrant. Si la possibilité de recharger via l’application est une bonne idée, la saturation du réseau sur le site du festival rendait cette possibilité assez limitée.

Passons désormais à l’ambiance globale du festival. Ou plutôt, la non-ambiance globale du festival. On aura rarement vu rassemblement aussi peu chaleureux. Pour ceux ayant fait d’autres festivals en France et en Europe, rien n’est pensé au Download Festival France pour favoriser l’effet de communauté : pas de lieux de partage, deux villages food bien maigrelets (et si on a le malheur d’être végétarien ou vegan, les alternatives sont faibles voire inexistantes) et aucune forme d’activité permettant la communion avec l’autre, si ce n’est les concerts. Certes, le festival n’a ni l’expérience, ni l’aura d’un Hellfest. Mais lorsque l’on assemble les points noirs ensemble, on se rend compte qu’il s’agit surtout d’un événement pour générer de l’argent via la billetterie et services mis en place par le festival. Evidemment, tous les festivals du monde souhaitent rentabiliser leur événement, mais dans le cas précis du Download, l’expérience du festivalier est réduite à néant. On a la terrible impression de se balader dans un Disneyland géant mais dont les infrastructures bénéficieraient du budget de la kermesse de l’école primaire du coin. Vue l’affiche proposée, on sait que ce n’est pas un souci économique chez Live Nation. Il s’agit surtout de ne pas trop se creuser la tête pour plaire aux festivaliers un tant soit peu exigeants ou chevronnés. Ne basant son argumentaire que sur la qualité de l’affiche; et par qualité il faut entendre un empilement certain de grosses têtes d’affiches amenant, logiquement, un public moins regardant.

Un tel système trouvera toujours preneur, surtout en région parisienne. Un foyer de population importante, des gens ayant les moyens et suffisamment heureux de vivre l’expérience “festival de metal” à la sortie de leur ligne RER pour qu’ils continuent à s’y rendre sans trop se plaindre. Mais, passée la surprise et la curiosité, les die-hard fans passeront sûrement leur chemin dans les années à venir. Privilégiant un peu plus de transports pour bénéficier d’une véritable expérience.

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Nathan Le Solliec
LE MONDE OU RIEN