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DEAF HAVANA @ La Maroquinerie (12/03/19)

Après avoir assuré la première partie de Nothing But Thieves le 2 novembre dernier au Bataclan, les Anglais de Deaf Havana reviennent dans la capitale, cette fois-ci pour un concert en headline à La Maroquinerie. Retour sur une soirée désordonnée, gâchée par des imprévus techniques.

Aux alentours de 20h, FLECHE ouvre le bal. Groupe que tout le monde découvre en dernière minute, aucune communication n’ayant été faite en amont sur une quelconque première partie, le quatuor parisien livre un set mêlant indie rock, post punk et shoegaze. Si l’énergie et la volonté indéniables de la formation viennent rythmer la scène, la prestation générale ne sera malheureusement pas renversante, peu aidée par le son pénible de La Maroquinerie.

Après un début de soirée en demi-teinte, la tête d’affiche commence son set avec une vingtaine de minutes de retard. Lorsque les lumières s’éteignent, le chanteur de DEAF HAVANA, James Veck-Gilodi, vient seul avec sa guitare et annonce des problèmes techniques. Pour cause, le matériel du groupe a lâché quelques instants avant le show; énorme imprévu pour lequel le musicien s’excuse platement. Le set sera alors acoustique. Confusion et déception se font sentir du côté du public, mais la voix sensationnelle du frontman viendra rapidement faire oublier les tracas.

Tout comme cette version acoustique de dernière minute, la setlist est aussi improvisée. Entre des titres comme “The Past Six Years” et “Anemophobia” issus de l’un des plus anciens disques de Deaf Havana, “Fools And Worthless Liars” (2011), le chanteur demande à la foule ses préférences et tente avec une forte détermination de faire passer un bon moment à tous. Au bout de quelques chansons, le scénario catastrophe s’achève enfin quand un technicien annonce aux membres un retour à la normale. La formation fait donc son entrée sur scène en effectif complet, et saisit ses instruments pour ce qui marquera un tournant dans la soirée. De fait, le son remarche et le résultat est frappant : les notes de “Fever” ou encore “Trigger” résonnent et la salle se voit alors frappée par une véritable vague d’énergie, élément caractéristique de l’identité live de Deaf Havana.

Dans la fosse, les corps bougent enfin et la confusion se transforme en enthousiasme. L’ambiance grimpe de plusieurs crans même si elle ne décollera jamais vraiment, la salle n’étant pas remplie, et l’assemblée restant timide et quelque peu refroidie par les débuts maladroits du concert. Côté chant, le frère du frontman, Matthew Veck-Gilodi (guitare), participe activement à la communication : avec entrain et bonne humeur, il dynamise l’auditoire et le remercie chaleureusement pour sa présence et sa compréhension face aux aléas regrettables de la soirée.

Lorsque de nouveaux problèmes referont surface, obligeant le quatuor à combler le vide par un nouvel épisode acoustique, les deux frères feront prendre à la soirée un tournant comique : rien de plus efficace qu’une reprise du “Angel” de Robbie Williams et “Wonderwall” d’Oasis pour remonter le moral des troupes !

Face à tant de rebondissements, le concert semble malgré tout durer une éternité. Le son médiocre de la salle n’arrangera pas les choses, mais le sang-froid du groupe est, lui, à saluer. Quelques chansons supplémentaires, en version électrique, viendront conclure un set confus et rapiécé tant bien que mal par les Britanniques, avant que la salle ne se vide.

Malchanceux fut Deaf Havana pour ce concert parisien, dont les importants aléas techniques ne feront que mettre en lumière la persévérance et les capacités d’adaptation du groupe. Une soirée troublée par l’imprévu, néanmoins rattrapée par l’enthousiasme et le lâcher-prise communicatifs de la bande. Une date dont on se rappellera !

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