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DAUGHTERS @ La Maroquinerie (06/10/19)

Les Américains de Daughters aiment la France et le public le leur rend bien. Après deux concerts monstrueux au Point Ephémère et au Hellfest c’est à La Maroquinerie qu’ils sont venus en découdre. RockUrLife revient sur cette soirée ébouriffante !

Une entrée en matière déroutante

La soirée débute avec un projet français atypique : OPHELIA. Le trio met en scène le fantôme d’Ophélie, célèbre personnage créé par Shakespeare, incarnation de la “jeune fille” innocente et pure. Emilie Pitoiset conte l’histoire de ce personnage tragique, nous relate ses questionnements et états d’âme. La voix est un peu rauque, l’ambiance lugubre.

Une atmosphère travaillée par les guitaristes Matthieu Canaguier et Shantidas Riedacker. L’un se sert d’un archer pour frotter délicatement les cordes de son instrument. L’autre s’adonne à un jeu de suspension pour utiliser des effets de larsens. Un projet conceptuel qui ne prend jamais. Les intentions pour rendre le contenu cathartique sont affichées, mais la réalisation ne suit pas.

Daughters donne ce que l’on attendait de lui

DAUGHTERS monte sur scène pour défendre son dernier et fabuleux album “You Won’t Get What You Want”. Dès les premières notes de “The Reason They Hate Me”, la fosse est en ébullition. La transe des premiers rangs se propage rapidement à travers La Maroquinerie, qui affiche complet. Le quatuor présente une addition avec un cinquième membre derrière les synthés. De quoi renforcer le jeu d’ambiance déjà bien construit.

La basse de l’intro de “Satan In The Wait” se fait entendre, le son est lourd, la tension se construit. Une atmosphère plaisamment dérangeante et hypnotique s’installe avec un Alexis Marshall qui projette une intensité toujours plus forte.

Alexis Marshall, un frontman d’une rare intensité

Le public connait les morceaux et n’hésite pas à donner de la voix. Alexis joue avec les premiers rangs. Il lèche, puis suce la main d’un fan, se sert du poing d’un autre pour se frapper. Pas de coups de ceintures ce soir, quelques impacts de micro suffiront. Un rapport avec la souffrance auto-infligée toujours saisissant. Les gestes découlent d’une violence interne et authentique, qui doit être exorcisée.

La voix suave de Marshall, accompagnée d’une ligne de basse captivante sur “Less Sex”, offre une pause sensuelle bien sentie. Le groupe connait quelques problèmes techniques avec la tête d’ampli de son bassiste. Un silence comblé par le guitariste, qui ne semble pas trop troubler le chanteur. La reprise se fait au même niveau de véhémence. Sur “Guest House”, les “let me in” de Marshall sont déchirants.

Daughters tire sa révérence sur son morceau le plus atypique, “Ocean Song” au terme d’un set trop court.

Mission accomplie pour Daughters, qui a offert un spectacle déjanté, à l’image de son leader. Une soirée un cran en dessous du concert au Point Éphémère mais terriblement réjouissante. Un groupe à voir et revoir sur scène !

Daughters Setlist La Maroquinerie, Paris, France 2019

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Marion Dupont
Engagée dans la lutte contre le changement climatique le jour, passionnée de Rock et de Metal le soir !