
Creeper est de retour pour défendre son album Sanguivore II: Mistress Of Death, paru en octobre 2025. Une soirée qui s’annonce sombre, théâtrale et intense, prête à plonger le public dans leur univers si singulier. Après un début de tournée au Royaume-Uni et en Irlande, Paris accueille la première date européenne du Sangui-Tour 2026 au Trabendo. RockUrLife était sur place pour assister à cette cérémonie de vampires.
The Howling
Pour ouvrir la soirée, Creeper a choisi le jeune groupe anglais THE HOWLING, en parfaite adéquation avec son univers sombre et hybride. Lorsque les premières notes retentissent à 20 heures pile, l’auditoire reste malheureusement assez clairsemé dans la salle du Trabendo.
Mais The Howling ne se laisse pas décourager : pour leur toute première date en France, les musiciens livrent un set énergique mêlant punk et sonorités glam rock. Malgré une audience un peu timide au départ, la dynamique s’installe progressivement au fil des morceaux. Le final, “Unholy”, finit par mettre tout le monde d’accord.
On ne peut s’empêcher de regretter une salle aussi peu remplie pour accueillir un groupe aussi prometteur, qui remplit néanmoins sa mission : faire monter la température avant l’entrée en scène de Creeper.
Creeper
Fidèle à sa réputation pour les représentations théâtrales et les mises en scène grandioses, CREEPER ouvre avec une intro narrative et immersive : la bande-son de “A Shadow Stirs”, issue de Sanguivore II: Mistress Of Death, accompagne leur entrée en scène.
Une immersion théâtrale et sanglante
Maquillage vampirique, sang au menton et au cou, et tenues dignes du Rocky Horror Picture Show laissent présager un spectacle exceptionnel, autant visuel que musical.
Creeper enchaîne avec les deux premiers morceaux de l’album qu’ils sont venus défendre : l’entraînant “Mistress Of Death”, sublimé par un solo du guitariste Ian Miles, suivi de “Blood Magick (It’s A Ritual)”. Un titre aux codes hard rock classiques, au parfum rétro, mais porté par cette noirceur propre à Creeper. La salle est immédiatement conquise !
La performance de Creeper repose en grande partie sur Will Gould, bien plus qu’un simple chanteur. Charisme, présence scénique, gestuelle théâtrale : il incarne chaque titre à sa manière. C’est notamment sur des morceaux comme “Black Heaven” que ses qualités d’acteur ressortent : un rock gothique qui laisse beaucoup de place à la voix, porté par une ambiance lumineuse rouge sombre.
Le morceau se termine par une intervention marquante d’Hannah Greenwood au chant, qui donne clairement envie d’en entendre plus. Ce vœu est exaucé avec “Razor Wire”, sur lequel elle déploie pleinement ses qualités vocales, en plus d’une attitude badass, fléau d’armes en main.
Énergie brute et romantisme macabre
La musique de Creeper puise dans plusieurs genres pour créer un mélange unique, toujours nourri par leur goût pour le macabre et l’esthétique vampirique.
Lorsque le groupe s’aventure sur un terrain plus mélodique avec “Lovers Led Astray” et “Daydreaming In The Dark”, les influences glam ressortent clairement. “Parasite” évoque des artistes comme Alice Cooper, et son refrain fédérateur est repris en chœur par le public.
Entre punk rock show et film d’horreur
Profondément enraciné dans la tradition du horror punk, Creeper fait penser à un alter ego vampirique des Ramones sur des morceaux à l’énergie brute comme “Chapel Gates”, issu du premier volet de Sanguivore.
Le set alterne aussi avec des moments plus suspendus, comme “The Ballad Of Spook & Mercy”, digne d’une bande originale de film d’horreur ou d’une comédie musicale dark. De la même manière, l’épique “More Than Death”, avec son introduction piano/voix et les gestes expressifs de Will Gould, constitue un moment fort et émotionnel, une manière parfaite de clore le set principal.
Avec “Further Than Forever”, Creeper marque un retour d’autant plus puissant, avant de terminer sur “Cry To Heaven”, l’un des favoris du public, pour un final fulgurant à l’image de la soirée.
Un set sombre, décalé, unique, et musicalement irréprochable. Creeper fait partie de ces groupes qui ont su se constituer un public fidèle. Après une performance pareille, on comprend aisément pourquoi ! Un groupe à voir absolument en live pour plonger pleinement dans son univers vampirique.






