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COLDPLAY @ Casino De Paris (28/05/14)

Quelques jours après la sortie du nouvel album “Ghost Stories” et dans le cadre d’une mini tournée internationale intimiste de seulement six dates, Coldplay est de retour dans la capitale après un Stade De France en Septembre 2012 qui avait fait l’unanimité. Cette fois-ci, c’est le Casino De Paris qui est la cible des anglais avec sa (petite) capacité de moins de 2000 places. De quoi rendre fous les fans francophones et étrangers.

Arrivé aux alentours de 18h, une très longue queue monopolise déjà une grande partie de la Rue De Clichy, rendant même la circulation compliquée pour certains automobilistes en raison des camions du staff garés : de quoi mettre en avant la rareté d’événement du genre et l’enthousiasme des Coldplayers, détenteurs du fameux Graal en papier. 19h15 marque l’ouverture des portes au grand public, dont l’impatience se fait ressentir, entre les problèmes pour récupérer les billets, les fouilles et autres situations habituelles qui n’entacheront en rien la soirée. Gérer un groupe tel que Coldplay dans une petite salle parisienne n’est pas une mince affaire.

Dans la salle, entre les T-shirts vendus à la criée comme dans un vrai stade et l’absence de première partie, l’heure est à l’observation de la scène et à la détente. De belles étoiles en papier descendent du ciel, des arbres sont placés aux extrémités de la scène, eux aussi décorés, tandis que retentit en fond sonore une bande son proche des sonorités de Coldplay, avec des synthétiseurs profonds et un rythme tantôt énergique, tantôt plus au second plan. Un drôle de côté lounge qui fait passer le temps durant le remplissage au compte-gouttes de la salle et avant l’arrivée du groupe.

20h45 pétante, alors que certaines personnes présentes crient à tue-tête les chœurs de “Viva La Vida”, COLDPLAY débarque sur scène en interprétant “Always In My Head”, titre ouvrant également le nouveau disque. “On est très heureux d’être ici”, lance le chanteur Chris Martin à la fosse avec, effectivement, le sourire aux lèvres en compagnie de ses amis et musiciens. La communication est de rigueur, puisque l’auditoire lui répond admirablement par des cris de joie. Le fond de scène électronique laisse entr’apercevoir un paysage paradisiaque juste avant que l’avant dernier opus, “Mylo Xyloto” (2011), soit à l’honneur. “Charlie Brown” et “Paradise” sont interprétés d’une traite, magnifiés par des retransmissions en direct du groupe sur l’écran arrière et des lasers d’ambiance accordés à l’atmosphère dégagée. La foule en délire reprend avec plaisir les “para-para-paradise” que le chanteur, plus bavard que les autres, gratifie d’un “fantastique”, visiblement ému. Puis, retour au concept-album avec le nouveau single “Magic” pour lequel les étoiles en papier scintillent et les émotions se réveillent. Les performances des nouveaux titres, liées à la taille de la salle, offrent un spectacle exceptionnellement transcendant, propulsant le groupe quelques années en arrière, sous une puissance et une complicité avérées. C’est ensuite au tour de l’album “A Rush Of Blood To The Head” (2002) d’être à l’honneur, avec respectivement le tube “Clocks”, “God Put A Smile Upon Our Face” en électrique, avec un impressionnant lancer de guitare dans les airs, suivi de l’agréable surprise “Green Eyes”, qui n’avait pas fait son apparition depuis quelques temps. Juste de quoi raviver la flamme des fans de la première heure et rappeler l’ambiance bouleversante de “Ghost Stories”. Les classiques se voient mélanger aux nouveautés, comme avec la mélodique “Ink” et la spatiale “True Love” ouvrant la brèche au hit “Viva La Vida” et à un instrument hybride composé de tambours et d’une véritable cloche, digne de l’image avant-gardiste du quintette anglais. Un spectacle auditif mais aussi visuel avec des lasers traversant la salle entière sous l’œil ébahi des spectateurs transportés. Le temps passe tellement vite que déjà arrive la fausse fin conventionnelle du show, juste après un “Midnight” où la présence de “laser harps”, grandement inspirées par notre Jean-Michel Jarre national, offre à la musique un aspect vivant.

L’heure du rappel ramène sur scène Coldplay et son nouvel album, avec une interprétation affective de “Oceans” juste avant l’explosion de “A Sky Full Of Stars” achevé par un lâché de confettis en forme d’étoile. Co-écrite par Avicii, cette dernière est bien la chanson la plus entraînante et exaltante du live par rapport aux différentes anciennetés et nouveautés. Le concert se finit avec le seul titre de “X&Y” de la soirée, “Fix You”, les larmes aux yeux pour certains, le sourire pour d’autres; le retour à la réalité pour tous. Les lumières se rallument et “O (Reprise)”, titre bonus de “Ghost Stories”, soutient chaque fan en direction de la sortie.

Un concert, certes court, mais avant tout exceptionnel, dans sa mise en scène et dans sa performance. Quelle rareté de voir actuellement des groupes majeurs de cette scène dans de si petits lieux et en si petit comité. Même si le show s’est surtout focalisé sur le dernier disque (sept titres sur neuf pour la version classique), laissant à la trappe quelques antiquités, notamment le premier album “Parachutes” (2000) ou l’incontournable “The Scientist”, les aficionados ont pu profiter d’une présence scénique au poil, d’une cohésion musicale à en faire frémir les plus grands et d’une accumulation de joie à en rendre le monde meilleur. Ce qui est sûr, pour les déçus qui n’ont pas pu assister à cette représentation, c’est que le groupe nous a “promis de revenir vite” !

Setlist :

Always In My Head
Charlie Brown
Paradise
Magic
Clocks
God Put A Smile Upon Our Face
Green Eyes
Ink
True Love
Viva La Vida
Every Teardrop Is A Waterfall
Midnight
—-
Oceans
A Sky Full Of Stars
Fix You
O (Reprise)