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CAKE @ Salle Pleyel (19/10/19)

Cette fois-ci, c’est la bonne : après avoir littéralement laissé leurs fans aux portes de la Salle Pleyel en janvier dernier pour un problème de voix de John McCrea, les Américains ont honoré leur promesse de retour. Un retour qui donne une suite à la Cigale de… 2011. Huit ans que Cake n’avait pas mis les pieds à Paris, c’est dire si les attentes étaient élevées. Si le groupe a parfois joué avec notre patience, donnant l’impression de flirter avec la paresse et le remplissage, la soirée s’est tout de même révélée très positive.

Les hostilités doivent débuter à 20h sans première partie, comme le stipule le programme de cet “Evening With Cake”. Passé le bon quart d’heure de politesse de retard, les lumières s’éteignent. La musique de Rocky IV commence à résonner dans la grande salle. Une minute s’écoule, puis deux, puis trois. L’enregistrement entier y passe, et toujours pas de Cake en vue. Le public commence à s’impatienter quand le quintette finit par prendre ses quartiers sur scène. Les premières notes et la batterie claquante de Todd Roper sur “Frank Sinatra” parlent instantanément à l’assemblée, sans oublier le fameux vibraslap que brandit souvent John McCrea.

Un premier set décousu

Porte parole bavard du groupe, McCrea, habillé de son plus beau T-shirt tigre blanc, prend tout son temps pour expliquer la soirée. On aura droit à deux sets, séparés par un entracte. Le leader s’explique également sur l’annulation de janvier qui avait laissé l’intégralité de la Salle Pleyel dehors sous la pluie. Heureusement, il est aujourd’hui dans une bonne forme vocale. La musique reprend avec l’un des plus gros classiques de Cake, la reprise “Perhaps, Perhaps, Perhaps” et les géniales envolées de trompette de Vince DiFiore.

Les musiciens enchaînent avec la groovy “Sinking Ships”, single d’un album annoncé en 2018 dont on ne sait toujours rien. Le concert de ce soir n’apporte pas de réponse. La formation préfère déployer un aperçu de sa discographie. “Comfort Eagle” (2001) est particulièrement bien représenté avec le doublé “Stickshifts And Safetybelts”, qui respire l’huile de moteur et la country américaine, et “Shadow Stabbing”.

Le premier set touche (déjà !) à sa fin avec “Sick Of You”. Tenant à faire participer l’auditoire, le chanteur passe la moitié du morceau à organiser des alternances de chœurs selon les zones du public. Malgré des spectateurs de très bonne volonté et une bonne ambiance générale, le moment tire en longueur. Quand les musiciens quittent la scène, on reste un peu sur notre faim.

Acte II : le décollage

L’entracte est l’occasion d’installer un arbre sur les devants de la scène. Futur membre de la Cake Forest, il annonce le traditionnel “tree giveaway” que Cake organise à chacun de ses concerts de par le monde depuis plus de dix ans. Pour remporter l’arbre, il suffit de savoir qu’il s’agit d’un cerisier et de promettre de lui offrir la belle vie. Sans compter, mine de rien, de pouvoir ramener l’imposant feuillu chez soi en rentrant en métro.

Après cet épisode sylvestre qui couvre de gloire une heureuse spectatrice, le coup d’envoi du second set est véritablement lancé avec l’excellente “Love You Madly”. Le concert prend une tournure différente lors de cette deuxième partie, peut-être grâce à une setlist qui implique plus l’auditoire. Celui-ci donne spontanément de la voix de manière mémorable sur le final de “Meanwhile, Rick James…”, aux riffs impeccables du guitariste Xan McCurdy.

Le point d’orgue de la soirée arrive dans la foulée. S’inscrivant dans l’actualité en mentionnant le Brexit, John McCrea envoie les premiers accords de l’hymne “I Will Survive”. Mention spéciale au bassiste Daniel McCallum, arrivé récemment dans le groupe, dont le jeu charpente parfaitement le morceau. “Motorcade Of Generosity” (1994), premier album qui fête cette année ses vingt-cinq ans, est ensuite à l’honneur avec “Pentagram” et “Jolene”. Puis largement acclamés après “Never There”, les musiciens repartent en coulisses.

Ils reviennent rapidement pour un rappel qui met tout le monde d’accord. Une solide ligne de basse annonce la reprise de “War Pigs” à la sauce Cake, et ça prend bien. Pendant “Short Skirt Long Jacket”, McCrea reprend son jeu préféré de diviser la salle en différentes parties pour faire chanter les spectateurs, avec succès.

Après une très bonne interprétation de “The Distance”, il est temps de rendre la scène.

Malgré un début mitigé, où le blabla de McCrea et quelques longueurs pouvaient vite lasser, le concert est allé crescendo.

CAKE Setlist Salle Pleyel, Paris, France 2019, An Evening with CAKE and Ben Folds

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Gabrielle de Saint Leger
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