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BRUCE SPRINGSTEEN @ Paris La Défense Arena (13/05/23)

Six ans après ses derniers concerts à guichets complets à Bercy, le Boss revient avec le E Street Band pour deux spectacles complets à Paris La Défense Arena. Entre setlist fleuve de 2h45 envoyée avec force guitare et saxophone et hommages émouvants aux anciens membres du groupe disparus, Bruce Springsteen nous a livré ce qui est probablement la meilleure prestation du groupe de ces dernières années.

C’est sous un soleil de plomb que les fans de tous âges s’acheminent doucement vers la Paris Défense Arena. La moyenne d’âge des spectateurs a beau tirer vers la cinquantaine, il n’est pas rare de croiser de plus jeunes fans du Boss. Tout ce petit monde fait la queue dans le plus grand des calmes et c’est après un tout petit quart d’heure d’attente que l’on pénètre enfin dans la fraîcheur relative de l’Arena.

A peine le temps de s’installer qu’à 19h00 précises les lumières de la salle s’éteignent et que les premiers cris de ferveur se font entendre. Alors, dans une grande solennité, chacun des membres du E Street Band entre sur scène sous les applaudissements. BRUCE SPRINGSTEEN ferme la marche et il est difficile de retenir notre émotion quand l’ensemble de la salle l’acclame. Le Boss est décidément aimé dans nos contrées.

No Surrender

En attaquant le show avec “No Surrender”, titre parfois mal aimé de Born In The USA (1984), Springsteen nous prend un peu tous par surprise. Il faut dire que pas mal des titres joués ce soir pendant les 2h45 de concert seront des morceaux de cet album (“Bobby Jean”, “Born In The USA” en rappel surprise, “Dancing In The Dark”, et “Glory Days”), tout autant que Born To Run (1975). Joli diptyque pour les fans du groupe et de l’artiste.

Dès le début, les dix-sept musiciens sont au diapason et impeccables, les cuivres résonnant parfaitement malgré l’acoustique parfois hasardeuse de la salle. Mais le Boss ne laisse rien au hasard, et c’est un spectacle sous forme de machine de guerre implacable qu’il nous livre ce soir.

“Ghosts”, puis “Prove It All Night” en hymne romantique issu de Darkness On The Edge of Town (1978) servent de chauffage à une salle qui n’en a pourtant pas besoin. A peine redescendu de la beauté de la guitare saturée de “Prove It All Night” que “Letter To You” retentit, avec un sous titrage en français façon karaoké sur les trois écrans de la salle : un de chaque côté, et un faisant office de backdrop. Cela souligne d’ailleurs l’absence de scénographie particulière, l’accent étant mis sur les musiciens et la musique tout simplement.

La setlist est sensiblement celle éprouvée pendant la tournée américaine et le début de cette tournée européenne. Il semble loin le temps où Springsteen modifiait presque d’un soir sur l’autre les titres. Ne nous plaignons pas car nous aurons le droit à un “Born In The USA” tout en revendication et en poing levé. Avec une telle machine, impossible désormais de pouvoir improviser. Alors on a dit adieu à quelques petites spécificités qui faisaient d’un show du Boss sa marque de fabrique : plus de sauts ou de courses, la faute également à l’âge de l’artiste. Malgré tout, on a gardé les pitreries, les chorégraphies, les moments au plus près du public.

Entre tubes et hommages

“The Promised Land”, “Johnny 99” (incroyable version électrique), “Because The Night” (ah les frissons !), “Badlands” enchaîné avec un “Thunder Road” de toute beauté, clôturent une première partie de concert pendant lesquels nous avons pu entendre ces morceaux, joués pour certains depuis plus de quarante ans. Le plaisir pour les artistes semble en tout cas intact : il n’y a qu’à voir les sourires des musiciens et du Boss !

Entre ces tubes s’intercalent quelques morceaux issus de Only The Strong Survive (2022), prouvant l’amour de Springsteen pour la Motown et le jazz. Prenant par la main les spectateurs les moins avertis, la reprise enlevée de “Nightshift” sera une excellente porte d’entrée et l’occasion pour les cuivres et les choristes d’être mis en avant.

Ce set sera également l’occasion de mettre en avant les êtres disparus, que ce soit ceux du E Street Band comme Clarence Clemmons et Danny Federici, ou encore son ami George Theiss, l’un des membres du tout premier groupe de Bruce. Ces quelques moments solennels seront une sorte de pause mélancolique dans ce concert électrique.

Revenons au rock n’roll et nul besoin de remettre une pièce dans la machine pour que le E Street Band redémarre : c’est un rappel de folie qui est joué ce soir ! Difficile de rester assis tant la puissance des tubes “Born In The USA”, “Born To Run” (et ses “oh oh” repris en chœur sur la dernière partie du morceau), “Bobby Jean”, “Glory Days” et l’incontournable “Dancing In The Dark”est incontestable. Les artistes les plus jeunes seraient bien avisés d’en prendre de la graine, car à plus de soixante-dix ans jouer encore 2h45 quasiment sans temps mort est un véritable exploit !

Enfin, c’est sur la note douce amère et acoustique de “I’ll See You In My Dreams” et ses paroles traduites en français et retranscrites sur grand écran que s’achève cette soirée.


Le Boss nous a encore montré qu’il méritait bel et bien son titre de Patron !

Bruce Springsteen Setlist Paris La Défense Arena, Nanterre, France 2023, Springsteen & E Street Band 2023 Tour

2 commentaires

  1. Bel article, j’y étais et tout est dit, les frissons quand il rentre sur scène et quand le morceau avec les cuivres résonne dans la salle….. sacré Bruce !!

  2. Je confirme : même si chacun a ses préférences, ses albums de référence, une légende, un Grand moment, et je partage l’esprit de cet article 🎸💜, DM 58 ans dont 45 accompagnés de sa passion !

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Laura Navarre
J'ai annoncé à mes parents à 16 ans que mon objectif professionnel était de produire la prochaine tournée de U2.