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BLOC PARTY @ Alhambra (01/12/15)

En amont de la sortie du cinquième album studio “Hymns” en janvier prochain, Bloc Party était de passage à Paris mardi dernier dans le cadre d’une mini tournée européenne, afin de présenter en live de nouveaux titres. Mais pas uniquement, puisque ce fût aussi l’occasion de découvrir de nos propres yeux la nouvelle formation de Kele Okereke, désormais composée de Justin Harris à la basse et de Louise Bartle à la batterie. Un souffle audacieux qui n’annonce que du bon concernant le futur du groupe et qui attire foule, étant donné que les billets pour ce concert à l’Alhambra se sont vendus en moins qu’il ne faut pour le dire.

A quelques minutes de l’ouverture des hostilités, les fans sont entassés au n°21 de la Rue Yves-Toudic. Les discussions tournent autour du retour des Anglais, des derniers concerts de Bloc Party en 2013 et les sourires ne se cachent pas à la vue de la grosse caisse à l’effigie de la tête d’affiche. Mais il est d’abord temps d’accueillir la première partie de la soirée, une Anglaise prénommée STEVE. Seule sur scène, la musicienne atypique offre une performance pleine de nuances et de subtilités, à l’aide d’un subtile mélange de guitare, de beats hip hop, de chant proche du parlé et de modulations assez impressionnantes. Loin d’avoir la bougeotte sur l’estrade, l’instrumentiste donne un réel show à nos oreilles, une version plus excentrique, bruyante et décalée de St Vincent. Au final, la fosse réagira assez bien à ce set, en se dandinant et en applaudissant poliment face à cette ambiance musicale hybride et particulière.

Changement de plateau et installation des (gigantesques) pédaliers des deux guitaristes oblige, il faudra attendre jusqu’à 20h45 avant l’arrivée du headliner sur scène. L’impatience se fait alors ressentir dans la fosse de l’Alhambra qui se tasse de plus en plus. Puis, un clignotement de lumières plonge la salle dans l’obscurité et les quatre membres de BLOC PARTY investissent ce qui sera leur propriété pour les cent prochaines minutes. Fraîchement arrivé, le quatuor débute sur une nouveauté, “Eden”, bien déterminé à entamer le chapitre représenté par “Hymns”. Contemplatif, le public observe, crie, applaudit et l’excitation monte avant l’arrivée des classiques. Bien qu’assez récente, la relation entre les quatre membres semble déjà évidente et excitante, surtout lorsque le combo est emmené à jouer des mélodies plus anciennes : “Hunting For Witches”, “Positive Tension” ou encore “Song For Clay (Disappear Here)”, les riffs sont de sortie, Bloc Party à bloc, tout comme les fans qui obtiennent ce qu’ils attendaient.

Ce mardi soir représentant le changement de la troupe anglaise, les quatre musiciens profiteront de cette performance pour présenter avec douceur quelques originalités. Au total, sept nouvelles chansons prennent place, entre le dansant “Virtue”, le planant “Different Drugs” ou le mid-tempo “Exes”. Un aperçu live de ce que sera le cinquième disque prévu pour le 29 janvier 2016, à savoir un album assez doux, parfois dans la retenue et loin des riffs de guitare qui ont fait la renommée du groupe. Un style qui sied au Bloc Party actuel.

Rapidement emporté par la musique, l’assemblée est envoûtée et chante à tue-tête tout le long, confrontée à une scène animée de lumières actives et parfois aveuglantes. L’ambiance est tellement à son comble que, lors de “One More Chance”, Kele Okereke finira par lâcher sa guitare pour se dandiner avec ses fans. Une danse de la joie qui fera sourire tous ses compagnons, avant de reprendre normalement le cours du set. Car le temps passe et vient alors l’heure du rappel, qui permettra au chanteur de re-signaler la sortie de “Hymns”, mais aussi de finalement interpréter LA chanson attendue. Après donc “The Love Within”, le single qui a marqué le retour sur le marché de BP, et “So Real”, “Helicopter” raisonne finalement dans l’enceinte de l’Alhambra, sans nécessité pour le charismatique frontman de chanter les premières paroles. Mouvement de foule oblige, la joie se ressent, la sueur s’oublie et l’harmonie opère, validée par “The Modern Love”, la dernière ligne de la setlist.

Puis, alors que les techniciens commencent à ranger le matériel et que les six-cent personnes présentes se déchirent la voix avec le slogan “One More Song”, Bloc Party revient sur scène. “Ce n’était pas du tout prévu mais nous pensons que c’est le bon endroit pour faire ça” lance le chanteur, avec l’accord de ses amis, avant d’entamer “She’s Hearing Voices”, extrait de “Silent Party” (2002). Jouant de façon assez naturelle, le quatuor offre tout ce dont la salle avait besoin en ces temps difficiles : de la spontanéité et de la bonne volonté.

Revoir Bloc Party sur scène fait autant de bien aux partisans du quatuor qu’au groupe lui même. Revoir Bloc Party avec un nouveau disque qu’il s’apprête à sortir et dans une domaine assez contemporain surprend mais néanmoins rassure. Il ne reste plus qu’à espérer que la formation garde cette bonne humeur et le respect qu’il avait à Paris.

Setlist :

Eden
Hunting For Witches
Positive Tension
Virtue
The Good News
Song For Clay (Disappear Here)
Banquet
One More Chance
Different Drugs
Octopus
So He Begins To Lie
Ratchet
Exes
Flux
—-
The Love Within
So Real
Helicopter
This Modern Love
—-
She’s Hearing Voices