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BEARTOOTH @ Backstage By The Mill (01/11/15)

Plus d’un an après leur premier passage, les Américains de Beartooth reviennent fouler les scènes parisiennes avant le début de leur tournée avec Bring Me The Horizon. Pour l’occasion, le groupe de Caleb Shomo était accompagné par Our Theory et les tout jeunes From A Broken Stereo. 

Ce sont donc les jeunes de FROM A BROKEN STEREO qui ouvrent cette soirée. Leur metalcore relativement basique chauffe petit à petit un Backstage qui accueille bien l’enthousiasme des originaires de Clermont. Au lendemain de la sortie de son premier EP, la formation distille une énergie extrêmement positive et ne lésine pas sur les moyens pour mettre l’ambiance. Tache jamais aisée que d’ouvrir un concert, From A Broken Stereo s’en tire néanmoins avec les honneurs. Si les flottements de la section rythmiques restent parfois problématiques pour apprécier la puissance des chansons, le niveau global est tout même très bon avec une marge de progression conséquente certes, mais un potentiel qui sera rapidement converti si le travail et les dates s’enchainent ! Après une petite demie heure de set, le quintette quitte la scène laissant une impression globale très positive dans le conscient collectif. Le combo aura réussi à chauffer une salle pas encore tout à fait remplie, préparant bien le terrain pour Our Theory.

Groupe bien installé sur la scène parisienne, OUR THEORY continue son petit bonhomme de chemin avant la sortie de son nouvel EP “Renaissance” prévue le 27 novembre. Après avoir annoncé leur signature avec le label japonais Zestone Records, le quintette profitait de cette date pour annoncer sa signature chez We Are Triumphant/Victory Records. OT, malgré quelques soucis de son, distille un professionnalisme et une aisance scénique qui permettent à l’ensemble de la salle de rentrer rapidement dans le set. La bande joue désormais un metalcore à la sauce plus urbaine, comme Issues peut le faire. Si l’utilisation de la voix de Mehdi reste trop maniéré (on vient de parler d’ISSUES, non ?), l’alliance avec le scream puissant et grave d’Alex reste très efficace. Dans une formule bien plus convaincante que lors de ses débuts, Our Theory envoie puissance, mélodies et breaks dévastateurs pour le plus grand bonheur des mosheurs. Après quarante bonnes minutes de set, la formation quitte la scène sous les acclamations. Remportant un succès quasiment comparable à celui qui attend Beartooth, les Parisiens prouvent qu’il faudra compter sur eux à l’avenir.

Il est 21h30 lorsque les Américains de BEARTOOTH débarquent sur scène dans un larsen annonçant la guerre à venir. Caleb Shomo, cheveux long et grosse barbe, en impose malgré ses vingt-deux ans. Il faut dire que le bougre a de la bouteille (sans mauvais jeux de mot) et qu’en terme d’entertaining hardcore, le sieur sait de quoi il parle. Ainsi, ses lacunes vocales sont parfaitement compensées par le soutien des choeurs de son guitariste. “The Lines” ouvre un set tout en puissance, l’assemblée est déjà à fond et connait toutes les paroles. Le combo enchaine sur un “Relapsing” monumental et un “Dead” pas moins puissant. Caleb Shomo est un vrai showman et sait parfaitement manier son public, lui ordonne de faire des choeurs ou de lancer la chanson après un décompte. Beartooth ne lésine pas son énergie sur scène et comble du comble, le son est excellent ! L’enchainement “I Have A Problem” et “Beaten In Lips” enflamme la fosse qui moshe, saute et danse comme jamais. Les paroles sont reprises en choeur par un auditoire à la merci du groupe.

Sans prise de tête ni trop de superflus, les musiciens réussissent à instaurer une super ambiance dans la salle et à faire transpirer le monde malgré une clim’ toujours aussi froide. “Body Bag” est lancé puis, à peine terminé, le groupe quitte la scène sans demander son reste. L’audience reste un peu surprise de cette fin brutale et réclame un rappel qu’elle n’aura pas. Trente minutes tout pile de set et Beartooth s’en va. Si l’on reste sur sa fin, il ne faut pas négliger que la demie heure de set jouée par Beartooth est d’une excellente facture. La formation sera sûrement de retour en Europe l’an prochain avec un deuxième album sous le coude et, espérons le, un set plus conséquent.

En résumé, c’est une soirée bien fun qui a eu lieu au Backstage. Entre les sets très convaincants des groupes français et celui de haute volée de Beartooth, c’était une merveilleuse manière de récupérer un peu de chaleur à l’approche de l’hiver.

Nathan Le Solliec
LE MONDE OU RIEN