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BASEMENT @ La Maroquinerie (28/01/19)

Trois ans après un concert bondé à La Mécanique Ondulatoire, Basement investit cette fois-ci La Maroquinerie avec son quatrième album “Beside Myself” en poche et une popularité grandissante. Retour sur une soirée des plus cathartiques.

MUNCIE GIRLS se voit confié la tâche d’ouvrir le bal, devant une audience pour le moment très parsemée. Le trio anglais, accompagné de sa bassiste, distille un indie rock mélodiquement acidulé mais lyriquement incisif, à l’instar de son dernier effort “Fixed Ideals” paru l’été dernier. De titre en titre, la bande dynamise le public timide mais néanmoins satisfait de cette mise en bouche.

 

Le véritable phénomène de la soirée ne sera pas la tête d’affiche, mais bien l’une de ses premières parties : CULTURE ABUSE. Si le son studio du quintette californien se veut assez lisse et apprivoisé sur le très addictif “Bay Dream” (2018), le contraste sur scène est incontestable. L’imprévisible frontman sera à l’origine d’une performance polarisante : des morceaux comme “Bee Kind To The Bugs” ou “Turn It Off” deviendront soudainement chaotiques et dotées d’une audace insoupçonnée. Personne ne sait vraiment s’il doit être offusqué ou émerveillé face à tant d’insolence et de spontanéité sur scène, passant d’un chanteur balançant froidement son pied de micro dans les premiers rangs à une session photo Kodak improvisée en fin de set. La confusion s’impose d’elle-même face à Culture Abuse, ayant offert un set des plus puissants.

 

Après la tornade précédente, l’heure de la messe a sonné. C’est à 21h30 que BASEMENT vient présenter son dernier effort, le sublime “Beside Myself”, appuyant l’évolution rock alternatif du quintette anglais. Conjuguant ses liens avec le milieu pop punk/hardcore et ses mutations musicales progressives, le quintette a su conservé un noyau dur de fans malgré les années d’absence et la disparition graduelle des visages familiers de la “scène”. C’est “Disconnect”, premier single de ce quatrième album, qui introduira l’heure de concert prévue et viendra toucher l’auditorium en plein cœur de son “My prodigal son, what have you done?” repris énergiquement par les premiers rangs.

 

 

La setlist, d’ailleurs, sera bien ficelée : combinant nouvelles pistes et véritables classiques à parts égales, Basement offrira un condensé des sons les plus efficaces de la bande, n’encourageant que davantage les amateurs du genre à se lâcher dans la fosse. Pour cause, si “Aquasun”, “For You The Moon” ou encore “Stigmata” illustrent avec éclat la magnitude des sentiments exprimés, quelques rappels au Basement des années 2012 viendront réveiller moults souvenirs chez les plus anciens amateurs. Personne ne semble avoir oublié les poignants mots de “Whole”, “Spoiled” ou encore “Covet”; en témoignent les crowdsurfings furtifs et sing alongs enflammés venant dynamiser un show déjà fort en émotions.

 

 

Côté technique, le son est malheureusement loin d’être le meilleur, ce qui aura le don d’agacer quelque peu le frontman Andrew Fisher dès les premiers instants du set. Si le brouhaha dérangeant les musiciens sur scène sera rapidement contrôlé, la qualité sonore globale demeurera malgré tout assez médiocre la soirée durant et entachera la musicalité de l’ensemble. Petit regret supplémentaire : “Crickets Throw Their Voice”, rappel symbolique au premier album “I Wish I Could Stay Here” (2011) présent dans la setlist européenne, manque pourtant à l’appel pour la date parisienne.

 

 

Mais l’amplitude des chansons de Basement surpassera les quelques tracas, garantissant intensité et émoi à une Maroquinerie bien remplie. Le dernier titre, “Promise Everything”, en sera une énième preuve : les années passent, mais Basement rassemble toujours.

 

 

Ce soir, Basement livre un set mêlant délicatesse des émotions et force d’éloquence, pour une communion des plus cathartiques. Une courte heure de concert pour quatre albums : toujours trop peu face à l’appétit du public !

Setlist :

Disconnect
Aquasun
Nothing Left
Whole
Be Here Now
Brother’s Keeper
For You The Moon
Reason For Breathing
Pine
Spoiled
Stigmata
Covet
Promise Everything

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