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ARCHIVE @ Zénith (30/10/15)

Archive et la France, c’est une belle et grande histoire d’amour. Pas étonnant, donc, de voir le groupe sillonner le pays en long, en large, et en travers pendant onze dates, avant de finir par deux Zéniths parisiens dont le deuxième affiche sold out depuis des semaines (notons que cette tournée “européenne” compte vingt dates). Retour sur cette première belle soirée dans la capitale aux côtés des Anglais.

La première partie est assurée par les Belges de BRNS (prononcez “Brains”, comme le signalera le batteur/chanteur). Le quatuor, qui vient de sortir son premier effort, “Patine”, évolue dans un registre rock qu’il est difficile d’étiqueter tant il est relativement frais et travaillé. Parmi les rapprochements, on pourra notamment repérer et citer Sigur Rós pour le côté sensible et épique, ou Sonic Youth pour le côté plus rock et saturé. Comme la formation aime à le dire en interview, disons qu’il pratique une “pop musclée”. Mais peu importe les étiquettes, les quatre musiciens, qui ont déjà une expérience live de plus de deux-cent concerts, impressionnent dès leur entrée sur scène. On est happé par l’univers des compositions intelligentes et captivantes, et par une voix hypnotique. Disposés en “carré” et se faisant face, les musiciens jouent ensemble. Et malgré la configuration qui impose un inévitable immobilisme, le rendu visuel est impactant, et il se dégage une énergie provenant aussi bien de la prestation, que du son et des compositions, dont le spectre musical va de la mélodie planante au combo riff/batterie puissant. Une très belle première partie qui aura permis de faire bien plus que simplement patienter, et qui mérite assurément suivi et attention.

Même si une partie des gradins est fermée pour cette première des deux dates parisiennes, c’est devant un Zénith tout de même copieusement garni qu’ARCHIVE investit une scène méthodiquement organisée et ornée de trois écrans. Le punchy “Feel It”, tiré du dernier album “Restriction“, lance le bal de fort belle manière. Puis la bande de balancer un des classiques les plus appréciés des fans, “Fuck U”, qui voit le public hurler de joie dès les premières notes. Le show démarre sur les chapeaux de roue, les musiciens, tout comme l’audience, semblent aux anges, et tout le monde est convaincu que la soirée va être belle, à raison. Les jeux de lumières, comme toujours avec les Anglais, sont travaillés, tantôt sombres et hypnotiques, tantôt épileptiques. Assister à un concert d’Archive est une véritable expérience, à la fois visuelle et sonore, et ils nous le prouvent encore ce soir de fort belle manière. Après six morceaux ayant on ne peut mieux lancé le spectacle, vient le moment où la chanteuse Holly Martin investit la scène le temps de cinq titres afin d’accompagner le combo emmené par l’impeccable duo Dave Pen/Pollard Berrier.

Si l’ambiance retombe un peu sur cette partie, cette dernière permet de montrer une des multiples facettes des Britanniques, et est habilement placée en milieu de set. La setlist, soigneusement pensée et représentant pas moins de huit opus, sera d’ailleurs un des points forts de la soirée. Comme à chaque fois, rien n’est laissé au hasard, et on sent les musiciens pleinement investis et passionnés. “Distorted Angels” et “Baptism”, extraits du concept album “Axiom”, sont l’un des moments poignants du set, et rappellent à ceux qui n’auraient pas encore vu le film accompagnant la musique de se rattraper au plus vite. Puis comme toutes les bonnes choses ont une fin, vient malheureusement le temps du rappel. Mais comme il s’agit d’Archive, les choses ne sont pas faites à moitié, et c’est avec l’épique “Lights”, morceau de près de vingt minutes, que la troupe décide de terminer en apothéose un show mené de main de maître de bout en bout.

Assister à un concert d’Archive, c’est accepter le fait de se laisser emporter par un groupe capable de vous faire voyager, planer, mais aussi danser. La musique est belle, le visuel travaillé, et la prestation générale juste parfaite. Et quand on voit celle délivrée encore une fois ce soir, on se dit que l’histoire d’amour entre les anglais et la France n’est pas prête de s’arrêter, et c’est tant mieux.

Setlist :

Feel It
Fuck U
Dangervisit
Finding It So Hard
Crushed
Conflict
Violently
Black And Blue
End Of Our Days
Kid Corner
You Make Me Feel
Bullets
Distorted Angels
Baptism
Ladders
Numb
—-
Lights