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ALL TIME LOW @ Genting Arena (15/03/18)

Après son passage en Europe en octobre dernier, le “Young Renegades Tour” faisait un stop à Birmingham ce jeudi. Suite à l’annulation de Pierce The Veil il y a quelques mois, les Anglais se sont vus gratifiés de non pas une, mais deux performances d’All Time Low : le groupe ouvrait son propre show avec un set consacré à leur album “So Wrong, It’s Right” qui fêtait ses dix ans en fin d’année dernière.

Mais les premiers à fouler les planches chaque soir n’étaient autres que CREEPER. Ce que Southampton a fait de mieux monte sur scène dans le noir, sur l’intro de “Black Rain”, et entame un set très court (à peine une trentaine de minutes) qui ne leur permet de jouer que leurs titres les plus récents, tous tirés de “Eternity, In Your Arms”. La formation commence un peu timidement; à gauche de l’immense scène, le guitariste Oliver fait visiblement l’expérience de problèmes techniques tout au long de la première chanson. Seuls Will (chant) et Sean (basse) se permettent de bouger et tentent d’occuper l’espace, tandis que l’éclairage très partiel ne leur rend pas service; visuellement, ça n’est pas particulièrement impressionnant. En revanche, musicalement, Creeper nous en met plein les oreilles avec une facilité déconcertante, et si “Winona Forever” ravit les fans présents, le set décolle réellement aux premiers accords de “Suzanne” qui viennent réveiller le reste de la salle. Le son est impeccable, le jeu sans faute, et la sincérité avec laquelle les musiciens délivrent leurs morceaux conquiert rapidement les coeurs. La bande nous rappelle qu’on n’a pas toujours besoin d’artifices pour offrir un excellent show, et après un “Down Below” et “Hiding With Boys” qui voient le public commencer à reprendre leurs refrains en choeur, le sextette finit sa prestation sur “Misery”, titre aux harmonies à couper le souffle pour lequel l’audience sortira les briquets. Pour une performance aussi courte, c’est une réussite.

 

 

Les techniciens préparent ensuite la salle pour ALL TIME LOW, de manière presque sobre pour le combo du Maryland : un simple backdrop rappelant l’artwork de “So Wrong, It’s Right”. C’est l’intro du set qui donne le ton de la soirée, en annonçant à la salle que ATL n’assumera la responsabilité d’aucun retour à l’adolescence, d’aucune humeur nostalgique, ou d’envie subite de porter des T-shirts néons… avant qu’il n’apparaisse au son de “This Is How We Do”. Que dire de ce set sinon qu’il est tout ce que les fans de la première heure pouvaient espérer ? La bande joue tous les morceaux de “So Wrong, It’s Right” dans l’ordre à l’exception de “Dear Maria, Count Me In”, gardée pour plus tard. Dire que le public est réceptif est un euphémisme, même s’il semble évident que les plus jeunes fans présents ne sont pas venus pour entendre ces morceaux en particulier. Les quatre compères sont aussi à l’aise sur ces “vieilles chansons” qu’à leur habitude, les blagues douteuses commencent bientôt à fuser, Jack décide de lancer l’une de ses toutes nouvelles chaussures dans la fosse et finir le set à moitié nu-pieds, Alex en rit tellement qu’il en oublie comment jouer le début de “Come One, Come All”, bref, c’est un joyeux bazar, et nous revoilà en 2008 avec un groupe et un album qui semblent n’avoir pas pris une ride.

 

 

Puis la formation nous abandonne une petite demi-heure pour revenir en force avec “Last Young Renegade“; cette fois, un écran géant les surplombe et diffuse des vidéos et autres animations, accompagnant un jeu de lumières toujours aussi fantastique. On n’a même pas le temps de dire de pousser des “aaah” d’approbation que “Lost In Stereo” retentit, entraînant à sa suite des canons qui nous couvrent de confettis multicolores et laissent derrière eux des rubans accrochés au plafond pour le reste de la performance. Les Américains enchaînent les singles et ne ralentissent que quelques minutes pour interpréter “Missing You”, précédée d’un clip touchant de fans témoignant de leur amour pour All Time Low.

 

 

Plus la soirée avance et plus le groupe comme la foule s’enhardissent. Les fans s’escaladent les uns les autres pour “Something’s Gotta Give”, Alex termine le solo de “Life Of The Party” à genoux, encadré par des lance-flammes, on reprend une couche de rubans à la figure pendant “Kids In The Dark”; il n’y a pas à dire, l’ambiance festive et communicative typique au groupe est au rendez-vous. On aura tout de même le droit à un aparté plus calme pour la fin du set, la troupe jouant d’abord “Therapy” en acoustique, “Dirty Laundry” et la nouvelle “Afterglow”, qui lui permet de s’éclipser discrètement au milieu de colonnes de feu de Bengale.

 

 

Le rappel nous réserve aussi quelques bonnes surprises, avec notamment un final sur “Dear Maria, Count Me In” où Jack et Alex s’offrent un bain de foule accompagné d’une douche de confettis. On nage dedans pour atteindre la sortie, on s’en lance aux visages les uns des autres en riant – oubliez 2008, All Time Low a réveillé en nous des enfants.

 

 

Avec son show en plusieurs parties et pas moins de vingt-huit chansons représentant son évolution, All Time Low arrive encore à combler les attentes d’un maximum de ses fans tout en étant fidèle à lui-même, autant en termes de musique que de visuels… ou de comédie. Quant aux Anglais de Creeper, dans un registre aux antipodes de celui d’All Time Low, ils prouvent que le talent brut fonctionne juste aussi bien dans une arène que les shows plus élaborés qu’on y voit généralement. La combinaison des deux formations est surprenante mais marche bien et offre une soirée on ne peut plus satisfaisante !

Setlist :

Last Young Renegade
Lost In Stereo
Backseat Serenade
Weightless
Nice2KnoU
Dark Side Of Your Room
Missing You
Something’s Gotta Give
Life Of The Party
Kids In The Dark
Drugs & Candy
Therapy
Dirty Laundry
Afterglow
—-
Damned If I Do Ya (Damned If I Don’t)
Good Times
Dear Maria, Count Me In

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Anthony Bé
Fondateur - Rédacteur en chef du webzine RockUrLife