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AIRBOURNE @ Zénith (21/02/26)

Ce samedi 21 novembre, la température est montée d’un cran au Zénith de Paris ! L’infatigable quatuor australien Airbourne est de retour dans la capitale pour célébrer le rock et préparer le terrain pour son prochain album, Gutsy. Pour l’occasion, deux formations bien décidées à faire parler la poudre ouvrent les hostilités : les compatriotes d’Avalanche et les Britanniques d’Asomvel. Récit d’une soirée où le rock n’roll a repris ses droits.

Avalanche

18h58. Les lumières s’éteignent après un très à propos “2 Minutes To Midnight” de Iron Maiden. Dans la foulée, les premières notes menaçantes de “In The Hall Of The Mountain King” d’Edvard Grieg résonnent dans le Zénith pendant que les musiciens prennent position. Le thème grimpe, la tension aussi. Puis tout explose sur le final grandiloquent, noyé sous une déferlante de power chords.

Il ne faudra pas attendre longtemps pour voir la salle s’enflammer. Les premiers gobelets s’envolent, les slams surgissent, les moshpits s’ouvrent en quelques secondes. Dans la fosse, ça pousse déjà fort. Sur scène, AVALANCHE joue sa carte à fond. Chant braillard, riffs directs, section rythmique qui cogne sans retenue, solos pentatoniques envoyés avec le sourire en coin. La recette est connue, assumée, efficace.

Le quatuor se donne sans compter, arpente la scène, joue avec la foule et trouve immédiatement la connexion. Son hard rock australien, taillé pour le live, sonne franc et généreux. On sent l’envie de marquer les esprits. Surtout quand le groupe confie qu’il s’agit là de la plus grosse audience de sa carrière. Un challenge remporté haut la main. L’ambiance est lancée, la fête peut commencer !

Asomvel

C’est au tour d’ASOMVEL de prendre d’assaut le Zénith. Les Anglais déboulent sur le thème de Rocky, comme s’ils montaient sur un ring. Devant leurs murs de Marshall, cuir sur le dos et jeans bien ajustés, le quatuor ne va pas faire dans la dentelle. Au programme ? Quarante-cinq minutes d’un rock n’roll massif, saturé, dangereux.

Lenny (chant, basse), fils spirituel de Lemmy Kilmister, éructe avec un grain de voix rocailleux à souhait, comme s’il avalait des boulons au petit déjeuner. Son jeu de basse est aussi clairement inspiré de Motörhead, avec son riffing rock n’roll hyper rapide et un son claquant et saturé. Derrière, ça cogne sans relâche. Les riffs sont tranchants, la section rythmique avance en bloc, compacte et menaçante.

Le nouveau single “If It’s Too Loud, You’re Too Old” fait mouche en live. Le public clappe spontanément, la fosse se resserre et une forêt de horns s’élève à chaque fin de morceau. “Luck Is For Losers” sonne comme la bande son idéale pour un bar de bikers enfumé où tout peut dégénérer en une fraction de seconde. Puis “The Nightmare Ain’t Over” enfonce le clou : double pédale en rafale, énergie ravageuse, et refrain fédérateur.

Au moment de saluer la salle, le groupe ne cache pas sa fierté de jouer, lui aussi, le plus gros show de son histoire. Dix ans après la disparition de Lemmy et après avoir connu les pèlerinages annuels de Motörhead dans cette même salle, Asomvel ravive cette flamme avec passion, sincérité et hargne. On en reprendrait bien un round.

Airbourne

Comme à son habitude, AIRBOURNE entre en scène sur le thème de Terminator 2, cette relique musicale qui fleure l’action débridée des blockbusters des années 90. Surgissant à travers un rideau de fumée rouge et les gerbes de pyro, le titre “Gutsy” explose aussitôt. Six ans après Boneshaker, il s’agit du premier single éponyme du nouvel album, prévu le 24 juillet 2026. Immédiatement, on sent le mur de guitares s’abattre comme une enclume, le kick cogner comme un marteau-piqueur dans la poitrine, et la basse faire trembler murs et tripes. Ce son massif promet 90 minutes d’un tunnel énergétique, cette force brute qui colle à la réputation du gang de Warrnambool, en Australie. La salle bascule d’un coup, emportée par la déferlante.

Joel O’Keeffe, c’est comme le café sauf que ça s’écrit pas pareil

Le frontman semble toujours être autant habité par une énergie démoniaque. Il slalome d’un bout à l’autre de la scène, secoue la tête sans arrêt, arrose constamment l’assemblée de pintes de bières et enchaine les solos enflammés. Justin Street et Brett Tyrrell, devant leurs murs d’amplis Marshall verrouillent le tout d’un groove binaire précis. Headbangs synchronisés et chœurs hurlés qui gonflent chaque refrain en prime. La connexion avec le public est évidente. La foule réagit comme un seul homme, la sueur perle sous les flammes et les décibels.

La pression ça se vit et ça se boit

“Fat City”, “Cradle To The Grave” font monter la pression. “Hungry” fait littéralement bouillir le parterre, et l’énergie ne faiblira pas un instant, ni sur scène ni en fosse. Sur “Raise The Flag”, Joel O’Keeffe se jette sur les épaules d’un de ses techniciens et se rend au centre de la marée humaine du Zénith pour un solo endiablé. Sans oublier de prendre le temps de check un spectateur ravi et d’éclater une canette sur sa tête, dans une hystérie rock n’roll pure. “Cheap Wine & Cheaper Women” prolonge la transe, avec ses chœurs portés par des milliers de voix éraillées. Les gobelets, eux, continuent de fuser.

Mariage pluvieux, mariage heureux !

Le temps de faire une brève annonce pour le nouvel album et “Alive After Death” surgit, inédit surprise de la tournée Gutsy. Pyro explosive, solo hyperactif sur le groove binaire caractéristique du groupe : la fosse répond sans attendre. C’est assurément un nouveau classique !

Puis le tube “Too Much, Too Young, Too Fast” déverse sa dose d’adrénaline, avant “Live It Up” et son rituel attendu. Sur le vacarme assourdissant des bombardiers, Tyrrell actionne la sirène à manivelle. Plus tard, une toolcase à l’effigie du “röad crew” de Motörhead est amenée pendant le break. Joel offre des shots de whisky aux premiers rangs. Dans une averse de houblon, il orchestre un lancer de bières géant avec une foule hilare. Un grand moment de fun et de partage ! Le rappel avec “Ready To Rock” scelle l’union, provoquant un chœur massif des gradins à la fosse. L’espace d’un instant le Zénith de Paris devient un stade. “Runnin’ Wild” boucle ce show intense, dans un final à bout de souffle et à grand renfort de kérosène.

Airbourne prouve, comme s’il le fallait encore, qu’il est un véritable animal de live. Une bête déchainée prête à sacrifier son corps sur l’autel du rock n’roll. Alors certes, la recette est connue et rien de tout ça ne fait dans la finesse. Mais, à l’heure où les pionniers s’apprêtent à prendre leur retraite, une petite piqure de rappel ne fait pas de mal. Du feu et de la sueur, des cris et du bruit, des bières à outrance et des riffs : C’est aussi ça le rock, et il est loin d’être mort !

Airbourne Setlist Le Zénith, Paris, France 2026, Gutsy

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