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A PERFECT CIRCLE @ Zénith (06/12/18)

La musique est l’une des seules formes d’art pouvant offrir une situation aussi paradoxale que celle entourant A Perfect Circle. Il y a un an jour pour jour, nous savions qu’un nouvel album était en préparation et que le groupe ferait son retour en contrées françaises, quatorze ans après son dernier passage. Depuis, nous avons eu la chance de pouvoir entendre le groupe en live trois fois en un an en France. C’est donc dans un Zénith pas si rempli que la formation emmenée par Maynard James Keenan et Billy Howerdel revient après un Olympia qui restera gravé dans les mémoires en juin dernier.

Si les Anglais de Black Peaks avaient remporté un franc succès à l’Olympia, il n’en est pas vraiment de même pour la charismatique CHELSEA WOLFE. Il faut dire que les chansons lancinantes et profondes de la chanteuse américaine ne se prêtent pas vraiment à une atmosphère aussi peu intime que celle du Zénith De Paris. Par conséquent, c’est un public un peu endormi qui prend petit à petit place dans la salle parisienne. La petite dizaine de chansons jouées par Chelsea Wolfe et ses musiciens n’aura pas eu le mérite de chauffer l’assistance, au grand dam des quelques fans de la chanteuse présents dans le public.

 

 

Il est 21h20 quand les lumières s’éteignent et qu’un message audio retentit, nous indiquant que le groupe (et Live Nation) ne souhaite pas que l’audience prenne des photos ou des vidéos avec son téléphone portable. Restriction de plus en plus commune, personne ne bronche et le concert peut enfin démarrer. L’avantage d’une grande configuration comme le Zénith est que les possibilités en termes de scénographie sont décuplées. Par conséquent, le décor amené par A PERFECT CIRCLE consistant à divers écrans de formes différentes, disposés tout dessus de la scène, prend tout son sens. La musique n’a pas encore démarré que le public est déjà émerveillé.

 

 

Comme à l’Olympia, le groupe entre petit à petit en scène sur “Eat The Elephant”, chanson d’ouverture du dernier album du même nom. Maynard est toujours en fond de scène, à peine visible sur son estrade, tandis que Billy Howerdel et le génial Matt McJunkins animent le devant de scène.

 

 

Le début du set est assez classique, mêlant de l’ancien et du nouveau, histoire de contenter tout le monde. Si le son est plutôt bon pour le Zénith, le mix étant surtout orienté sur la voix de Maynard pose le souci de mettre en retrait les guitares, ce qui a pour conséquences que certaines chansons manquent clairement de gouache. Les refrains si épiques de “Weak And Powerless” ou de “Thomas” s’en retrouvent un peu lésés. Comme si les réglages si parfaits pour l’Olympia n’étaient pas destinés à une salle de plus grande envergure. Peu importe, le concert reste tout de même d’une grande qualité et la scénographique est vraiment magnifique et nous plonge dans des ambiances toujours différentes et pertinentes. Petite surprise, la moitié du set n’est pas arrivée que les premières notes de “The Noose” sont jouées. Mélange de surprise et de joie pour l’auditoire qui se délecte de ce chef d’œuvre issu du deuxième album d’A Perfect Circle.

 

 

Le reste du set se prolonge sous les mêmes hospices bien que l’on puisse constater que l’équilibrage de la setlist n’est pas toujours adequat. L’enchainement “The Contrarian” et “TalkTalk” n’est pas si puissant, tandis qu’avoir “Hourglass”, “The Doomed” et l’incroyable “Counting Bodies” à la suite plonge le Zénith dans une ambiance martiale assez incroyable. Les premières notes de “The Package” sont accueillies chaleureusement par l’assemblée qui se délecte de cette merveille de chanson tout en progression, même si, comme mentionné plus tôt, le manque de puissance se fait également ressentir sur les passages les plus intenses. Le set se conclut avec l’énigmatique “Delicious”, issue du dernier album avec un Maynard prenant le temps de venir saluer le public en devant de scène, et permettant même au public de sortir ses téléphones afin de profiter des dernières minutes du concert pour photographier et filmer la scène. La formation nous promet de revenir bientôt, ce qui ne semble pas être une promesse vraiment tenable sachant que Tool sera de retour sur les routes en 2019. Mais qu’importe, la boucle est bouclée.

 

 

Si ce Zénith n’atteint pas les sommets de l’Olympia, le public français a eu sa dose d’A Perfect Circle en 2018 et on ne peut pas être à plaindre ! Espérons qu’il ne faudra pas attendre une autre décennie avant d’avoir des nouvelles de ce fabuleux groupe.

Setlist :

Eat The Elephant
Disillusioned
The Hollow
Weak And Powerless
So Long, And Thanks For All The Fish
Rose
Thomas
The Noose
Blue
3 Libras (All Main Courses Mix)
The Contrarian
TalkTalk
Hourglass
The Doomed
Counting Bodies Like Sheep To The Rhythm Of The War Drums
Judith
The Package
Delicious

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Nathan Le Solliec
LE MONDE OU RIEN