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5 SECONDS OF SUMMER @ Accor Arena (08/04/26)

Everyone’s A Star! : le slogan s’affiche comme une promesse, mais aussi comme le fil rouge de la soirée. C’est le nom de la tournée, celui du dernier album, et l’idée directrice défendue par 5SOS (à prononcer “sauce”) depuis plusieurs mois. Près de dix ans après son dernier passage dans la salle, le quatuor australien investit à nouveau l’Accor Arena, visiblement prêt à transformer Bercy en un terrain de jeu à sa mesure.

Master Peace

Avant même l’arrivée des deux premières parties, la scénographie se dévoile. La scène, impressionnante, adopte une forme circulaire, prolongée par une vaste avancée en fer à cheval qui s’étire profondément dans la fosse. À l’intérieur de cette boucle, dans le pit, une poignée de fans s’apprête à vivre le concert au plus près des artistes. Un écran central incurvé, épousant la forme de la scène, domine l’ensemble, flanqué de deux écrans latéraux.

Autre élément visuel immédiatement marquant : une demi‑limousine blanche, installée au fond de la scène. Sur son capot une batterie a déjà pris place et on a déjà hâte de voir la suite. L’excitation est palpable dans la salle, mais pour l’heure, c’est Peace Okezie aka MASTER PEACE qui fait son entrée sur scène, accompagné de ses deux musiciens.

Ceux qui étaient présents au concert de Franz Ferdinand à La Cigale l’an dernier ont déjà croisé sa route. Les autres découvrent une pop performative, énergique et instinctive, pensée pour provoquer une réaction immédiate. Très vite, Master Peace installe une ambiance festive et fédératrice. Sa présence scénique, directe et sans détour, crée un lien rapide avec le public, qu’il sollicite constamment, entre appels aux mains levées et refrains scandés ensemble. Point culminant de cette communion spontanée : sa reprise de “Year 3000” des Jonas Brothers, immédiatement reprise en chœur par toute une partie de la salle.
La setlist pioche librement dans ses EP et son album, sans chercher l’exhaustivité. Il en profite aussi pour glisser “Love Hate”, un titre inédit qui ne sortira que le vendredi suivant, accueilli avec curiosité et enthousiasme. La connexion avec le public se renforce au fil du set, notamment sur “Home”, dernier morceau, où l’arena se transforme brièvement en chœur collectif. Une entrée en matière efficace, qui pose une première énergie et prépare le terrain avant la suite de la soirée.

South Arcade

C’est de nouveau un groupe anglais qui prend possession de la scène. L’introduction, pensée comme un clin d’œil au jeu vidéo avec ses annonces façon “player one…“, installe immédiatement une ambiance ludique. En fond de scène, un mur de baffles et d’amplificateurs Marshall, personnalisés au nom du groupe, affirme une esthétique rock frontale.

Dès les premières notes, l’influence Y2K de SOUTH ARCADE est évidente, autant dans le look que dans l’écriture musicale. Les morceaux s’appuient sur des guitares pop‑rock efficaces, des refrains immédiats et une énergie calibrée pour fédérer. Si les titres se ressemblent parfois et manque de singularité, la performance vocale de la chanteuse, centrale et assurée, maintient l’attention et donne une vraie cohérence à l’ensemble.

Le contact avec l’auditoire est constant et chaleureux, le groupe n’hésitant pas à jouer avec la salle, jusqu’à faire voter l’audience à l’applaudimètre pour son membre préféré de 5SOS. Pour une première date en France, South Arcade livre une prestation solide et généreuse, qui remplit parfaitement son rôle de passerelle avant l’arrivée du groupe principal… et laisse penser que ce ne sera pas la dernière.

5SOS : une mise en scène particulièrement travaillée

Entre chaque première partie et l’entrée en scène de 5 SECONDS OF SUMMER, l’implication du public s’impose comme une évidence. Un QR code permet de voter pour la chanson secrète de la soirée, tandis que l’Accor Arena (en configuration réduite, balcons fermés) se pare progressivement des couleurs de la tournée. Le rose néon envahit les écrans et les lumières, installant une identité visuelle immédiatement reconnaissable.

Lorsque les lumières s’éteignent, les écrans prennent le relais. Le concert se déploie alors sous forme d’actes, entrecoupés de séquences filmées façon faux documentaire, pleines d’autodérision. Le postulat est posé d’entrée : 5SOS serait le plus grand boyband du monde, et la rumeur court que ce concert pourrait être le dernier. Le ton est donné : théâtral, complice, et constamment connecté à son public.

Le groupe apparaît finalement à l’intérieur de la demi‑limousine, et c’est “NOT OK” qui ouvre le set. L’explosion est immédiate : sons massifs, lumières saturées, confettis projetés dans l’arena. Musicalement, 5SOS impose d’emblée un pop rock musclé, porté par des guitares tranchantes et une rythmique solide, très efficace en configuration arena. Le premier acte (The Peak) enchaîne sans temps mort, confirmant une volonté de frapper fort dès les premières minutes.

Entre nostalgie et nouveautés sonores

La setlist, découpée avec soin, joue en permanence sur l’équilibre entre époques. Les titres relativement récents comme “No Shame”, “Easier”, “Teeth”, et passent sans difficulté l’épreuve du live, gagnant en puissance et en épaisseur scénique. Les morceaux plus anciens, eux, déclenchent une ferveur immédiate, rappelant la longévité du lien entre le groupe et son public français.

Moment emblématique de cette interaction constante : une fan monte sur scène pour remettre au groupe un trophée de “boyband de l’année“, juste avant “Boyband”, clin d’œil assumé à leur propre image. Plus tard, une autre est invitée à ouvrir la malle contenant le choix du public pour la chanson secrète : “Disconnected”, extrait du tout premier album, l’emporte sous une ovation, transformant l’arena en chœur géant.

Le concert n’est pas exempt de petits soucis techniques : sur “Bad Omens”, les micros voix et instruments se coupent brièvement. Mais loin de briser l’élan, l’incident souligne la ferveur de la salle, qui continue de chanter sans faillir. 5SOS garde le contrôle et poursuit un show millimétré mais jamais figé.

L’acte IV : The Breakup marque un temps fort du concert. Chaque membre du groupe est mis en lumière individuellement, chacun associé à une couleur (rouge, vert, bleu, rose), et s’avance à l’avant de l’arc de cercle pour interpréter un titre solo. Ashton Irwin, lui, reste sur le capot de la limousine. Musicalement, ces moments permettent de varier les textures et d’exposer les différentes facettes du groupe, sans jamais rompre la cohérence d’ensemble.

Un passage acoustique vient ensuite calmer le jeu : une batterie surgit sur l’avancée de scène, et le groupe se réunit pour “Amnesia”, interprétée dans une atmosphère plus intime, presque suspendue. Le contraste avec les moments les plus explosifs du set renforce l’émotion, et rappelle la capacité de 5SOS à fédérer sans artifice.

La fin du set principal aligne les titres les plus fédérateurs. “Jet Black Heart”, “Waste The Night”, puis “She Looks So Perfect”, qui clôt le set sur une communion totale, confirmant l’efficacité intacte de ces morceaux plus anciens. Le groupe quitte la scène sous les applaudissements, laissant la salle plongée dans le noir.

Bouquet final

Dans l’attente de l’encore, un mouvement spontané naît dans la salle : des téléphones s’allument, levés à bout de bras, ondulant de haut en bas. Peu à peu, l’ensemble de l’Accor Arena se transforme en constellation mouvante. Lorsque les lumières de scène se rallument, surprise : 5SOS n’est pas sur scène, mais à l’écran. Le groupe fait alors son entrée depuis le fond de la salle, traversant la fosse et les gradins, multipliant les mains serrées et les sourires échangés avec le public. C’est “Everyone’s A Star!” qui accompagne ce bain de foule, incarnant parfaitement le message de la tournée. Le concert se conclut avec “Youngblood”, repris en chœur par toute la salle, sous une dernière pluie de confettis blancs.

Au final, 5SOS livre un concert amplement maîtrisé, où la scénographie, la narration et la musique s’articulent avec cohérence. Les écrans, omniprésents, alternent plans serrés, angles multiples et paroles affichées, transformant régulièrement l’arena en karaoké géant. Qu’on soit fan de la première heure ou simple curieux, difficile de ne pas se laisser embarquer. À Bercy, 5SOS confirme sa capacité à fédérer, à raconter une histoire et à transformer une grande salle en expérience collective.

5 Seconds of Summer Setlist Accor Arena, Paris, France 2026, EVERYONE'S A STAR! World Tour

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Stéphanie K Perera
J'ai la tête dans les nuages, des paillettes plein les yeux et les oreilles qui dansent (pas littéralement, je ne sais pas les faire bouger sur commande malheureusement, mais pour environ 20% de la population, il paraît que c'est un jeu d'enfants...)