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STING @ Bataclan (12/11/16)

Pour la réouverture de la salle parisienne, hélas théâtre des attentats du 13 novembre 2015, c’est l’ex-The Police qui nous a fait l’honneur d’être présent. Un concert émouvant et lumineux.

“Si vous avez un billet, il faut faire la queue sur le trottoir, là bas”. Une demie heure avant l’ouverture des portes, les policiers, mobilisés en nombre, aiguillent spectateurs et journalistes sur le Boulevard Voltaire. Toute la portion de rue où se trouve la Bataclan est fermée. D’un côté, des centaines de caméra filment la salle, de loin, et de l’autre, le public attend l’ouverture, répondant au passage à quelques questions de reporters. Autant vous dire que l’ambiance est un peu particulière.

Deux contrôles de billet et une fouille au corps plus tard, nous voilà enfin dans le Bataclan. La pluie et les flashs des appareils photos sont vite oubliés devant la beauté de la salle, refaite du sol au plafond, et pourtant toujours aussi familière. On prend le temps de s’accouder au bar, toujours au fond de la salle, et d’admirer les moulures fraîchement repeintes.

A l’étage sont installées des personnalités, et des politiques, un certain nombre de sièges leur ayant été réservés. Dans la fosse, l’audience se forme peu à peu. Quelques journalistes, donc, mais aussi des fans de Sting, des familles de victimes, et quelques rescapés.

 

 

Les lumières s’éteignent, et Sting fait son entrée, sobre, sous des applaudissements chaleureux. Avant toute chose, le chanteur nous donne quelques impressions, en français qui plus est : “Ce soir, nous avons deux tâches à concilier. D’abord, de se souvenir et d’honorer ceux qui ont perdu la vie il y a un an. Ensuite, célébrer la vie et la musique que représente cette salle historique.”. S’en suit une émouvante minute de silence, s’achevant sur un “Nous ne les oublierons pas”.

Le concert à proprement parler s’ouvre sur la célèbre et émouvante “Fragile”, pour laquelle Sting, en plus de son groupe habituel, s’offre les services d’Ibrahim Maalouf à la trompette. Vient ensuite le tube de The Police, “Message In A Bottle”. Timidement, mais de plus en plus, le public se détend et commence à danser et à chanter. Une émotion certaine se dégage de la fosse, enfin théâtre de vie et de bonheur. Certains sont aux larmes, et même sur scène, les musiciens scrutent la salle les yeux remplis de joie.

Les morceaux s’enchaînent, dans une bienveillance et une réjouissance générales. Des classiques de The Police ou de Sting en solo à ses dernières compositions, la setlist est éclectique, pour plus d’une heure et demie de spectacle. On retrouve Maalouf sur plusieurs titres, notamment la très belle nouveauté “Inshallah”, message de paix et appel à l’empathie envers les réfugiés. Le concert s’achève sur un rappel en grandes pompes, avec trois classiques de The Police (“So Lonely”, “Walking On The Moon” et “Roxanne”) et une reprise de “Ain’t No Sunshine” de Bill Withers. Les musiciens quittent la scène à nouveau pour mieux revenir une ultime fois, en compagnie de nul autre que le premier guitariste de The Police, Henry Padovani. Sting achèvera le concert, seul, sur “The Empty Chair”, qu’il dédie au journaliste James Foley, exécuté par Daesh en 2014.

 

 

Les lumières se rallument et chacun retrouve ses amis. Certains prennent le temps d’une dernière bière avant de retrouver le chemin de la sortie. Soulagé, ému ou juste heureux, on ressort en tout cas du Bataclan plein de positivité. Ne vous inquiétez pas, ce sera le cas de nouveau, souvent, et pour longtemps.

Setlist :

Fragile
Message In A Bottle
I Can’t Stop Thinking About You
One Fine Day
50,000
Inshallah
Petrol Head
Down, Down, Down
Driven To Tears
Englishman In New York
Desert Rose
Every Breath You Take
—-
So Lonely
Walking On The Moon

Roxanne
Ain’t No Sunshine
—-
Next To You
The Empty Chair

Note : Tous les revenus du concert ont été reversés aux associations de victimes des attentats du 13 novembre 2015.