5 SECONDS OF SUMMER @ Zénith (13/11/18)

Par Cléa Jouanneau le 19 novembre 2018
Rédaction : Cléa Jouanneau / Crédit photos : Emilie Bardalou

Après l'immense Bercy et l'intimiste YOYO, retour à la case Zénith pour 5SOS !


Alors que le Zénith se remplit tranquillement, LOVELYTHEBAND se charge de chauffer une salle déjà gonflée à bloc. Trio californien de pop indé, le groupe utilise une combine classique de première partie pour faire décoller son set : reprendre le toujours efficace "Mr. Brightside" de The Killers. Obligatoirement, la foule saute et chante, et continue à le faire quand le groupe enchaîne avec ses deux principaux singles, "Broken" et "These Are My Friends".


Gradins supérieurs fermés, fosse à moitié vide, 5 Seconds of Summer semble avoir vu un peu grand en s'installant au Zénith. Mais qu'importe, l'énergie dégagée par la surexcitation de ceux qui sont là comble les sièges vides. Avant même que le quatuor arrive, quand la récente reprise de "Killer Queen" de Freddie Mercury & Co retentit, la salle entière entonne les paroles.


Et quand, quelques minutes plus tard, les projecteurs s'embrasent et les premières notes de "Babylon" résonnent, c'est à peine si on les entend tellement l'accueil réservé aux Australiens est bruyant. 5 SECONDS OF SUMMER ouvre donc en apothéose avec le meilleur morceau de "Youngblood", le dernier album. "Talk Fast", "Moving Along", "Better Man", c'est bien cette nouvelle ère que la bande défend ce soir. Du look harmonieux - dress code : rouge - à l'attitude, 5SOS se montre sous des traits plus matures, réfléchis et travaillés. Une démarche qu'ils nous avaient expliqué en interview lors de leur dernier passage parisien. Si Luke Hemmings, avec sa fausse nonchalance et son aisance, semble avoir pris la place de leader, Calum Hood, à la basse et dans une sublime veste rouge et dorée, chante également beaucoup et a gagné en assurance.

 

 

 

 

De cet album, les deux très bonnes "More" et "If Walls Could Talk" se démarquent. Portés par une scénographie s'illuminant au rythme de la batterie, les morceaux font rebondir la fosse et les gradins, tous debout. Comme souvent avec les publics majoritairement jeunes et féminins, l'ambiance est électrique, le soutien du public au groupe sans faille. La foule multiplie les démonstrations d'affection envers la bande australienne à grands renforts de lever de ballons, de lumières de téléphones portables et de pancartes. Parmi ces pancartes, un touchant hommage aux victimes des attentats du 13 novembre, brandies sur "Ghost Of You". Du côté des quatre membres, la communication se limite surtout dans un premier temps aux sur-utilisés encouragements à sauter et faire du bruit et au éhonté trop entendu mensonge : "c'est mon concert préféré de la tournée". Presque incontournable, d'accord, mais ça manque cruellement de spontanéité, surtout pour un groupe aussi jeune. Après une première partie de set effrénée, 5 Seconds Of Summer calme le jeu avec une succession de ballades. Si "Amnesia" fonctionne toujours bien, l'enchaînement des nouvelles "Lie To Me" / "Why Won't You Love Me" englue le Zénith dans une overdose d'apitoiement sur des coeurs brisés et des ruptures mal digérées. Quant à "The Only Reason" et son étrange intro cuisinée au vocoder, les nombreuses fausses notes de Michael Clifford, ici au chant, rend son appréciation difficile.

 

  

 

 

Discret, un peu à part pendant le début du set, le guitariste rentre finalement dans le concert en se fendant d'un joli speech saluant le projet 13 novembre des fans, et témoignant de sa joie de "jouer devant des gens jeunes et intelligents qui comprennent ce qu'il se passe dans le monde". On lui doit également un rare moment de spontanéité et d'imprévu dans ce show millimétré. Quand les fans réclament "Wherever You Are", ancienne ballade un peu cheesy pas jouée depuis 2014, que le groupe ne semble plus trop assumer aujourd'hui, le guitariste insiste auprès de ses bandmates pour la jouer. "Si vous avez filmé ça, ne le mettez pas sur les réseaux sociaux !", plaisante la bande.

 

 

 

L'excellente "Valentine", puis un remix explosif de "Meet You There", lancé par un solo de batterie d'Ashton Irwin, redynamise le show. Le batteur a beau être installé au fond de la scène, c'est surtout lui qu'on remarque. Jeu ultra puissant et sourire constant sur le visage, le jeune Australien semble littéralement prendre vie quand il joue, frappant sur ses fûts comme si sa vie en dépendait. Après un "Want You Back" scandé par la foule et un passage en coulisses, il s'offre un intense solo. Enfin, "She Looks So Perfect", puis "Youngblood" viennent terminer en beauté 1h30 de partage et de bonne humeur.

 

 

 

Nouvel album, nouvel attitude, nouvelle esthétique, 5 Seconds of Summer montre sur son "Meet You There Tour" un visage plus mature, maîtrisé et qualitatif. Quitte à parfois perdre au passage un peu de la fraîcheur et de la spontanéité ayant fait l'intérêt du quartette au départ.


Setlist :


Babylon
Talk Fast
Moving Along
She's Kinda Hot
Waste The Night
More
Better Man
If Walls Could Talk
Ghost Of You
Amnesia
The Only Reason
Lie To Me
Why Won't You Love Me
Wherever You Are
Valentine
Meet You There
Jet Black Heart
Want You Back
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She Looks So Perfect
Youngblood

Les photos du concert

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