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“La culture n’est pas à l’arrêt dans notre pays”. Comment ça ?

Déconnecté ? Osé ? Cette déclaration de la Ministre de la Culture ne passe pas du tout.

Il y a de cela presque deux semaines, le ministère de la Culture avait annoncé les conditions encadrant la tenue des festivals l’été prochain.

Malgré des conditions strictes, qui ne sont pas applicables pour bon nombre de grands événements -d’où les nombreux reports et annulations qui continuent actuellement- cela reste malgré tout un premier pas.

Les concertations furent nombreuses et les décisions prises. En revanche, cela n’a pas freiné les productions, syndicats & co, de se faire entendre pour dénoncer la lenteur et le manque de cap. D’où le #rebranchonslaculture qui fait l’unanimité chez les concernés depuis ce matin.

Une ministre déconnectée de la réalité ?

De toute évidence, Mme Bachelot n’est pas la seule personnalité politique à pouvoir valider et prendre les décisions nécessaires en vue d’une réouverture progressive des lieux culturels.

Mais ses nombreux propos paraissent souvent positifs, paraissent… Les lueurs d’espoir se font rares et le court échange, publié dimanche par Le Parisien, est bien curieux, si ce n’est outrant.

Il me semble particulièrement indispensable de redire que la culture n’est pas à l’arrêt dans notre pays […].

Roselyne Bachelot

Précisons sa phrase dans son intégralité : “Il me semble particulièrement indispensable de redire que la culture n’est pas à l’arrêt dans notre pays : les captations, les résidences, les tournages, et les répétitions si importantes pour préparer présenter des spectacles quand les lieux culturels vont rouvrir, sont maintenus.

Le propos est juste mais ô combien réducteur. Les artistes peuvent effectivement répéter, faire des résidences, préparer leurs spectacles, mais en réalité, quels sont les chiffres ? Faut-il se féliciter de voir que l’Etat autorise ces personnes à travailler (lorsque rémunéré, et encore…) ?

On peut d’ailleurs considérer que les tournages font figure d’exception. En effet, malgré les contraintes et mesures sanitaires, un tournage de film/série, reste un tournage. Le résultat final n’est, à priori, pas impacté, vu qu’il sera soit diffusé au cinéma (un jour sans doute), à la télévision ou via les plateformes en ligne.

Le spectacle vivant ?

Revenons-en donc à la musique, puisqu’il est question de cela sur RockUrLife.

Durant combien de temps vont répéter les artistes avant de pouvoir se produire d’une manière ou d’une autre sur scène devant un public ? Préparer une captation en vue d’un événement en ligne ou un concert en direct, n’est pas à la portée de tous. Cela nécessite un budget non négligeable, puis pour quelles retombées ?

Répéter et faire des résidences, c’est un passage obligé pour tout musicien ou groupe. Mais cela nécessite inéluctablement un but, une finalité : celle de jouer devant un public.

Où est la finalité aujourd’hui ?
Où est le cap ?

La situation sanitaire est évidemment un critère pour lâcher du lest le moment venu. Mais la gestion actuelle, et ce depuis presque une année, patine toujours autant.

Persister dans l’incohérence

Se féliciter d’avoir ouvert les libraires, les disquaires et les galeries d’arts, et d’avoir défini les premiers cités comme “essentiels”…

Acheter un livre présenterait un risque de contamination ? Ni plus, ni moins que de faire ses courses non ? Sans doute moins que de s’agglutiner à 17h45 dans un supermarché. Et de presser le pas pour éviter une prune à 135€.

Quant aux musées et aux cinémas, là encore… Sur quelles bases s’appuient-ils pour fermer ces lieux ? Où sont les études incriminant ces entités ?

En parlant d’études, quid des concerts-tests ? La Ministre indiquait que ces expérimentations seraient menées “sous réserve qu’on ne soit pas dans une situation sanitaire catastrophique“. Quel serait l’intérêt de retarder l’expérience si le cœur même de celle-ci est de déterminer si le brassage de plusieurs milliers de personnes mènent à des contaminations supplémentaires ?

Petit aparté, profitons-en pour tacler aussi le ministère chargé des sports. En effet, celui-ci pourrait également accélérer et mettre en place plus rapidement les matchs-tests dans les stades, alors que ceux-ci sont des lieux OUVERTS.

Bref.

Pour conclure, bien que les aides de l’Etat soient les bienvenues, et ce depuis plusieurs mois, là où d’autres n’affichent pas de telles mesures, on ne peut que déplorer un attentisme ahurissant. Celui de mener des expérimentations ou d’ouvrir des lieux d’envergure (ex : Musée du Louvre) où les flux seront convenablement gérables. A quoi bon fixer des jauges si un musée, une salle de cinéma ou un théâtre ne peuvent pas en appliquer une. Et on évoque ici des activités culturelles “calmes”, pas un pit où bagarre sera légion.

Quoiqu’il en soit, “La culture n’est pas à l’arrêt dans notre pays”, nous voila rassuré.

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