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Des festivals cet été ? Oui mais…

“On se retrouve devant la Mainstage ? J’arrive avec mon pichet ! Gardes moi une place !”. Une phrase type festival qu’il ne sera toujours pas possible de répéter à l’été 2021…

MAJ 22h25 : Le Hellfest 2021 n’aura pas lieu. L’information est confirmée par Ben Barbaud auprès de Ouest-France.

C’est le dossier chaud de ce début d’année 2021. Comme tout grand événement, un festival de musique ne se prépare pas en deux semaines. Cela nécessite des mois, si ce n’est plus d’un an afin de concrétiser un projet culturel d’une ampleur pareille.

Notre très cher Ben Barbaud, qui porte haut les couleurs et la voix du Hellfest, s’était d’ailleurs directement adressé au Ministère de la Culture pour établir un cap, se concerter et envisager la période estivale 2021.

Se sont joints l’ensemble des festivals et les divers représentants tels que les syndicats, à l’image du Prodiss (Syndicat national du spectacle musical et de variété) pour ne citer.

Suite à cette large mobilisation, des concertations et des réunions ont bien évidemment eu lieu à plusieurs reprises depuis plusieurs semaines. Des réponses claires étaient attendues de la part des concernés. L’enjeu est de taille puisqu’il s’agit de connaitre les modalités afin d’organiser, encadrer et concrétiser ces diverses manifestations culturelles, suite à une horrible année blanche où la culture a été trainée en long et en large, sans réel base de travail. Bien que les cinémas et les musées nécessitent une approche différente, et logiquement plus simple, tout ce beau monde a été mis dans le même sac.

Les modalités

Les réponses étaient attendues aujourd’hui et les nouvelles sont… mauvaises.

  • Jauge maximum de 5.000 personnes
  • Le public doit être entièrement ASSIS

Et si le contexte sanitaire s’améliore d’ici là ? A ce sujet, Roselyne Bachelot précise : “Soit la situation sanitaire s’améliore et, bien entendu, nous pourrons desserrer ces contraintes, c’est-à-dire augmenter les jauges, permettre partiellement ou totalement une manifestation debout”.

Dans le cas contraire, oubliez tout, bien évidemment.

Mais cette déclaration, bien que positive et optimiste, ne permet pas à de nombreux événements de continuer à travailler. Passer d’un modèle économique à un autre, dans l’urgence, cela ne se fait pas en un claquement de doigt. Mobiliser davantage de bénévoles, pareil. Prévoir des infrastructures supplémentaires, des approvisionnements suffisants en boissons/nourriture… Bref cela saute aux yeux, si l’épidémie marque sévèrement le pas, on pourrait aisément dire “on aurait pu faire mais c’était à l’époque pas tenable” ou bien “impossible de changer notre organisation à cet instant, tout est bouclé”, sans même parler de l’aspect financier et des seuils de rentabilité/équilibre selon le modèle choisi ou l’adaptation décidée.

Se réinventer

La ministre de la Culture ajoute également qu’elle continuera de rester en lien avec tous ces interlocuteurs et que des dispositifs d’aides financières seront mises en place pour palier aux nombreuses annulations qui interviendront inévitablement.

On peut à la fois saluer ce dispositif et le fait de prendre une décision bien en amont afin de laisser une marge de manœuvre aux organisateurs.

Mais toutes ces manifestations ne peuvent se réinventer. Traitant de l’actualité rock, au sens large, ici-même, envisagez-vous vraiment d’assister à un concert assis, sans réelle interaction, par petit groupe ? Où serait l’expérience festivalière que l’on apprécie tant ? Cela ne dérangerait sans doute pas certaines et certains.

Et encore, quid du port du masque ? Porter un masque durant six à dix heures sous 30 degrés, assis, cela vend du rêve non ? Caricature certes, mais les protocoles et décisions absurdes qui rythment nos vies depuis presque un an… Une de plus ne nous étonnerait plus.

Et autour de nous ?

En revanche, ces décisions pourraient également avoir un impact au niveau européen.

Glastonbury a jeté l’éponge, Solidays également… Cela mène à évoquer les programmations.

Quid des artistes internationaux, qui devaient par exemple jouer au Hellfest ? En annulant plusieurs dates, cette sortie en Europe sera-t-elle rentable alors que l’ensemble des formations sont restées chez elles durant un an et demi, à perdre une grande partie de leurs revenus ? Vont-ils prendre des risques supplémentaires juste pour le plaisir ? Sans doute pas.

L’effet domino sur l’ensemble des festivals qui se partagent la plupart des artistes aura-t-il lieu ? C’est un scénario difficile à écarter…

Alors que l’heure était encore à l’optimisme, bien que maigre, l’été 2021 sera peut-être tranquille, mais musicalement peu dynamique. Cependant il sera, sans doute, possible de s’agglutiner, se coller, se regrouper sur des plages bondées. Bref.

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