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WE HATE YOU PLEASE DIE (18/05/21)

A l’occasion de la sortie du nouvel album “Can’t Wait To Be Fine” le 18 juin prochain, RockUrLife a interviewé We Hate You Please Die !

Pouvez-vous nous expliquer la genèse de “Can’t Wait To Be Fine” ?

We Hate You Please Die : Ce morceau est assez particulier pour nous. Dans sa composition déjà, il part dans une direction différente de ce dont on avait pris l’habitude de faire, il est donc moins “punk”, plus mélancolique et laisse plus de place à des changements de rythme et d’ambiance. Notre idée était d’en faire un morceau assez sincère, sans trop d’artifice mais dans lequel on met nos tripes. Pour le clip, le schéma est assez similaire, on voulait que ce soit raccord avec ce que raconte la chanson et l’énergie qu’elle dégage. La réalisatrice Gaëlle Manach (avec qui on a déjà sorti trois autres clips avant) a écrit ce clip qui est très fidèle à la chanson : On a l’impression d’être tout.e seul.e au milieu d’un monde à la fois absurde et complexe, coincé dans nos problèmes avec que des impasses dans tous les sens, alors que tout ce qu’on veut c’est juste aller bien. Mais quand on prend du recul, on est tou.te.s à peu près dans le même cas donc la seule solution possible c’est de ‘’allier avec les autres (pas tous hein, il y a toujours des cons) en s’ouvrant à eux, et de faire en sorte d’aller bien tous ensemble !

Comment s’est passé l’enregistrement du nouvel album dans le contexte COVID ?

We Hate You Please Die : On est allé.e.s l’enregistrer dans une vieille maison de vacances dans les Deux-Sèvres en octobre 2020, avec Guillaume notre technicien son. Il nous suivait déjà sur tous nos concerts depuis 2019, et il a pris la réalisation de l’album en main et on en est très content.e.s ! On a passé dix jours dans cette grande maison pleine d’araignées, assez coupés du monde. C’était un super moment où on a pu expérimenter des trucs, mettre en boîte tout ce qu’on voulait (ou presque, car des choses ont changées dans les morceaux jusqu’au dernier moment), cela avait presque des airs de vacances en vrai. La semaine d’après on a appris qu’on était de nouveau confiné.e.s, donc c’est assez bien tombé pour nous.

© Clément Giraud

Quels sont les thèmes abordés ?

We Hate You Please Die : Les sujets sont dans la suite du premier, la difficulté à trouver sa place dans un monde complètement éclaté, perdu dans des cycles de haine et dans sa course de l’enrichissement et du protectionnisme. Ce qui donne des générations au crâne bourré par la méritocratie et la compétitivité, la peur de l’échec et surtout un formatage des émotions. On ne laisse plus de place à la sensibilité et à la différence. On est une génération triste qui postons des images d’elle/eux heureux.se. L’album aborde souvent le sujet de sa propre place dans le monde moderne et quels en sont les échappatoires. Les médicaments, la déconstruction de nos apprentissages formatés, l’engagement, les paradis artificiels. Un peu de tout cela peut-être ? Quelle est la meilleure manière de voir le monde s’écouler ? La passivité ou le combat ? Pourquoi on reporte toujours le moment d’aller bien ? Pourquoi arriver à des milliers d’années de civilisation et avoir l’impression que l’espèce humaine n’a rien appris du vivre ensemble ? N’y a-t-il que l’autodestruction ? Mais il y a peut-être un nouveau souffle derrière tout cela. Globalement le sujet est le doute malgré le constat.

Pouvez-vous nous expliquer l’histoire de la pochette de l’album ?

We Hate You Please Die : Comme pour notre premier album et l’EP qu’on a sorti il y a un an, c’est une photo de Elodie Tann, une photographe entre Le Havre et Paris qui a un univers qu’on adore. Sur “Kids Are Lo-Fi” (2018), elle avait la tête baissée et regardait du sang dans sa main, comme étonnée de ce qui se passe. Sur la pochette de “Can’t Wait To Be Fine”, elle regarde droit dans l’objectif, et on aimait le contraste entre ces deux photos : d’abord on subit un peu en se demandant “c’est quoi ce bordel ?”, et ensuite on essaie de se prendre en main, d’affronter ce qu’on a besoin d’affronter, pour avancer quoi. Pour nous, cela fait écho à l’évolution de nos états d’esprits et de nos chansons entre le premier et le second album.

Quels sont vos projets pour défendre le nouvel album ?

We Hate You Please Die : On a plusieurs clips en préparation, et en 2021 cela restera sans doute la façon la plus simple de partager sa musique, vu qu’il n’y a pas de concert (pour l’instant). Mais on reste assez confiant.e.s, là les salles sont en train de reprogrammer pas mal de choses, donc on a évidemment envie de le jouer en live dès que possible, car c’est vraiment cela qu’on adore : rencontrer des gens, voir des nouveaux coins, causer avec plein de personnes qu’on ne connaît pas avant et après les concerts, danser.

Avec le calendrier des réouvertures progressives proposés par le gouvernement, comment allez-vous vous adapter pour vos futurs concerts & évènements ?

We Hate You Please Die : Ce calendrier est assez récent et il est fort probable qu’il change de nouveau, mais si tout se passe bien on pourra faire des concerts devant des vraies personnes dès la fin de l’été ou l’automne. On a pas mal discuté entre nous et avec notre tourneur d’un sujet compliqué : si on nous propose de faire des concerts devant des gens assis, on dit quoi ? On est toujours assez partagé.e.s entre nous, car ça dénaturerait ce qu’on a envie de proposer : des concerts sans contrainte physique, où Raphaël peut descendre de la scène, tout le monde peut danser, pogoter, un truc vivant quoi. Mais d’un autre côté, on a quand même envie de refaire des concerts, donc on est pas contre s’adapter. De toute façon, les gens (nous aussi donc) ont besoin qu’il se repasse des choses, même si c’est avec des contraintes au début. Enfin bref on est toujours pas sûr.e.s de ce qu’on fait, mais les salles sont sans doute assez frileuses de programmer du punk assis donc dans tous les cas on attend et on voit ce qui se passe.

Comment avez-vous maintenu le contact avec les fans dans le contexte de la pandémie ?

We Hate You Please Die : Ce concept de “maintenir le contact” est bizarre surtout qu’à te lire on croirait qu’on peut plus aller acheter du pain incognito à Rouen. Il y a des gens avec qui on est resté en contact car on se connait un peu, mais il y a aussi plein de gens qu’on ne connait pas du tout donc on a pas forcément communiqué avec eux. On attend surtout de revoir et de rencontrer des gens en vrai plutôt que de maintenir à tout prix une communication via les réseaux sociaux.

On a fait un livestream (avec des gens dans des bulles en plastique) en septembre 2020 au 106, c’était le seul qu’on ait fait à distance mais on ne cherche pas à pallier à tout prix à l’absence de concerts, car rien ne vaut les vrais concerts. Mais on est tou.te.s OK avec le fait que quand cela va reprendre et bien on va tous pleurer c’est sûr.

© Lucie Marmiesse

Site web : facebook.com/whypd

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Laura Navarre
J'ai annoncé à mes parents à 16 ans que mon objectif professionnel était de produire la prochaine tournée de U2. Depuis de l'eau a coulé sous les ponts (et U2 fait de la musique relativement passable). Passionnée de musique depuis son plus jeune âge, je me suis écartée du chemin musical parental (Queen & la chanson française), pour rejoindre celui autrement plus sympathique du ROCK.