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WE HATE YOU PLEASE DIE (16/07/20)

Entretien avec Chloé du groupe We Hate You Please Die !

Salut Chloé ! Est-ce que tu peux présenter le groupe ?

Chloé (basse) : On s’appelle We Hate You Please Die, on est un groupe de garage punk et on vit tous à Rouen. On a commencé en 2017.

D’où vient le nom du groupe ?

Chloé : Cela vient de la bande dessinée puis le film “Scott Pilgrim Vs The World”. Le nom vient d’une punchline : il y a un mec relou dans le public et le mec sur scène lui répond qu’il lui dédicace la prochaine chanson qui s’appelle “We Hate You Please Die”. 

Etiez-vous déjà dans d’autres groupes avant We Hate You Please Die ?

Chloé : Rien de bien intéressant, pas vraiment non.

Comment ça se passe sur la scène rock rouennaise ? Y-a-t-il de l’entraide, des tournées ensemble ?

Chloé : Tous les artistes se connaissent un peu car on traîne tous au 106 ou au bar concert Le 3 Pièces. Les groupes s’entraident pas mal et se mélangent. Rouen est plutôt dynamique en termes de musique rock.

On vous a vu à Rock En Seine en 2019 et c’était une belle découverte. Qu’est-ce que tu as comme souvenir du festival ?

Chloé : C’était complètement fou. Personnellement c’était le concert que j’ai préféré. C’était impressionnant de jouer devant des milliers de personnes, surtout que c’était la première fois que l’on jouait devant autant de monde. On a adoré faire ça. Je me souviens qu’il faisait hyper chaud, on voit sur les vidéos qu’on est trempé. (rires)

En tant que spectatrice as-tu pu profiter du festival ?

Chloé : Pas du tout ! On a eu les balances dans l’après midi, le concert, et après le show on s’est posé dans le coin artistes. On s’est un peu baladé et c’est tout. J’ai entendu The Cure mais je ne les ai pas vu.

MNNQNS étaient aussi à Rock En Seine. Ils ont produit votre album “Kids Are Lo-Fi” (2018). Comment s’est passée la collaboration avec eux ?

Chloé : On se connaît bien donc c’était plutôt cool. On a enregistré avec le chanteur Adrien et c’était bien de faire ça avec quelqu’un que l’on connaissait et en qui on avait confiance. Quand on a commencé on n’y connaissait rien en enregistrement ou en mix, donc on était content de pouvoir faire cela avec lui.

Il vous a guidé dans l’écriture, la composition ?

Chloé : Non pas du tout. Il nous a enregistré tout simplement. Le mix a été fait par Hugo, le batteur de Servo avec Adrien.

Comment se passe le processus pour écrire, composer ?

Chloé : C’est souvent Joseph (le guitariste) qui arrive avec un riff ou des mots jetés sur le papier, ce qui nous inspire ou non. Après on tricote avec nos instruments sur ce qu’il amène, mais c’est souvent lui qui fait la musique.

Derrière j’arrive avec ma basse, je vois ce que je peux faire. Raphael (le chanteur) écrit les paroles. C’est un peu chacun notre truc.

Chacun sa spécialité.

Chloé : C’est vrai mais globalement la composition vient de Joseph.

Malgré tout vous avez chacun la liberté d’ajouter votre touche.

Chloé : Bien sûr, on est un groupe et on fait tout cela ensemble. Malgré tout. (rires) On n’a pas tous les mêmes niveaux de composition. On apporte notre touche et cela se passe plutôt bien.

Quelles étaient les influences du groupe pour l’album et l’EP ?

Chloé : Pour le premier album : The Vines, The Cramps, Iggy Pop, Fucked Up et System Of A Down. C’est très varié. Et en plus ce n’est pas du tout ce que j’écoute personnellement.

Qu’est-ce que tu écoutes particulièrement ?

Chloé : On se rejoint tous sur la scène garage comme Ty Segall par exemple. Personnellement j’aime bien tout ce qui est cold wave ou post punk. Ce sont mes goûts personnels qui n’ont rien à voir avec le groupe. Ce ne sont pas des influences directes.

Pour revenir sur l’EP “Waiting Room”, le terme dissonance cognitive revient très régulièrement. Peux tu nous en dire plus ?

Chloé : Raphaël parle beaucoup de cette notion. En gros, c’est l’idée de faire quelque chose en sachant qu’il y a un aspect mal; comme si tu étais fumeur : tu sais que ce n’est pas bien mais tu le fais quand même. Ce que veut dire Raphaël c’est que le capitalisme nique la planète mais on continue à chercher la croissance.

C’est en lien avec votre musique : une musique punchy et des paroles sombres ou pessimistes.

Chloé : Nos chansons sont relativement sombres mais cela ne se limite pas à ça. L’idée c’est aussi de chercher une certaine joie, une certaine lumière. On a aussi des chansons plus fun et plus légères pour danser et s’amuser. On ne veut pas que ce soit juste un truc sombre.

Vous considérez-vous comme politiquement ou socialement engagés ?

Chloé : Oui bien sûr. Socialement oui, même si ça reste de la politique. On essaie, via notre musique, de dire ce qui nous énerve à notre niveau et point de vue. On parle des injustices de base qui ruinent nos libertés individuelles, ou tout simplement le droit de vivre qui est quelque chose d’inné et d’indéniable.

Est ce que le mouvement Black Lives Matter est une source d’inspiration pour de futures compositions ?

Chloé : Je ne veux pas spoiler mais oui. Cela nous a évidemment beaucoup touché.

Considères-tu que c’est important en tant qu’artiste d’être engagé ?

Chloé : Certains artistes sont engagés mais ne le font pas du tout ressentir dans leur musique, parce que j’imagine qu’ils veulent garder une certaine neutralité et juste amener du fun aux gens. A notre échelle, on peut parler de choses qui vont influencer les gens qui vont nous écouter donc on a une certaine crédibilité. Pour moi c’est important de le faire pour sensibiliser les gens.

L’EP “Waiting Room” est influencé par les réseaux sociaux par exemple. Comment est venue l’idée pour le clip de “Good Cie” ?

Chloé : On voulait parler du nombrilisme : on est élevé pour sortir du lot, donc on finit par mettre nos photos sur Instagram soit par manque de confiance, soit parce qu’on en a trop. L’idée c’est toujours de sortir du lot et d’être unique. Mais je ne suis pas sûre que poser des photos de soi 24h/24 soit vraiment une solution. Personnellement je le fais aussi et je ne vais pas pointer du doigt les gens qui le font. On souhaite juste les faire réfléchir.

Cela touche beaucoup les plus jeunes, qui sont aussi le public du groupe.

Chloé : Exactement. Il y a des personnes très jeunes qui nous écoutent également. De base on était confiné chez nous, on avait très envie de faire un clip et on a déliré avec des filtres Instagram. C’est parti de là au départ.

Comment s’est passé le confinement ?

Chloé : On s’est fait chier. (rires) On a fait du son chacun de notre côté, on a pas mal communiqué entre nous. L’EP était fait et il ne manquait que le mixage. Raphaël a créé “Sick Sad World Music” pendant le confinement. C’est une compilation sur le thème 90-2000. Il a proposé à une vingtaine de groupes de reprendre une chanson de cette période. Il a fait un “Leetchi” pour lancer le projet et il a réussi à récolter 7000€ pour le Secours Populaire.

La plupart des artistes ont été partant tout de suite. Tout le monde s’ennuyait alors c’était l’occasion de faire de la musique pour la bonne cause.

Cela nous a fait du bien de faire une reprise. On a repris “Freed From Desire” de Gala. Je chante dessus avec Raphaël.

Pourquoi celle là en particulier ?

Chloé : On a proposé plein de titres et tout le groupe est tombé d’accord sur ce titre en fait. C’était parfait. (rires)

L’EP est sorti le 13 mai. Quels ont été les retours ?

Chloé : On a eu de bons retours jusqu’à maintenant. Les gens ont aimé les morceaux et le clip “Good Cie”. On a fait la rencontre de Lucie qui nous a beaucoup aidé pour la presse et les médias. Grâce à elle l’EP a fait son petit bonhomme de chemin, c’est chouette.

Avez-vous des concerts et des tournées de prévus ?

Chloé : On va défendre l’EP à la rentrée, des concerts sont prévus. Le deuxième album sortira en mars prochain et les concerts s’enchaîneront. Avant le deuxième album je ne sais pas si on pourra défendre l’EP. On l’espère en tout cas !

Avez-vous commencé à travailler sur le deuxième album ?

Chloé : Il n’est pas enregistré mais il est presque terminé dans nos têtes, et on joue déjà quelques chansons du deuxième album en concert. Normalement il sera enregistré prochainement.

Toujours avec des musiciens de la scène rouennaise ?

Chloé : Je ne pense pas que ce sera avec les mêmes personnes. Notre ingénieur son qui nous suit depuis un an sur le live va peut être le faire avec nous. Cela reste toujours dans notre équipe quand même ! Il connaît bien notre travail et sait comment faire sonner notre son.

Dernière question : notre média s’appelle “RockUrLife” alors qu’est ce qui rock ta life, Chloé ?

Chloé : Les lasagnes de mon mec !

Site web : facebook.com/whypd

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Laura Navarre
J'ai annoncé à mes parents à 16 ans que mon objectif professionnel était de produire la prochaine tournée de U2. Depuis de l'eau a coulé sous les ponts (et U2 fait de la musique relativement passable). Passionnée de musique depuis son plus jeune âge, je me suis écartée du chemin musical parental (Queen & la chanson française), pour rejoindre celui autrement plus sympathique du ROCK.