Interviews

VOLBEAT (19/05/16)

English version

Rob Caggiano était de passage dans la capitale afin de nous en dire un peu plus à propos du nouvel album de Volbeat, “Seal The Deal & Let’s Boogie”.

Salut Rob, comment vas-tu ?

Rob Caggiano (guitare) : Un peu jet lagué mais je vais bien merci.

Votre nouvel album sort bientôt, impatient ?

Rob : Difficile d’attendre davantage ! Nous sommes très fiers de cet album et avons hâte de parcourir de nouveau les routes pour jouer ces nouveaux titres aux fans.

Dans quel état d’esprit était le groupe avant d’aborder la composition de ce nouvel opus ? Cet album est un peu plus calme que vos précédentes réalisations, quelles en sont les raisons ?

Rob : Je ne sais pas, à vrai dire, je ne pense pas qu’il y ait eu une idée préconçue de ce à quoi devait ressembler l’album. Il n’y avait pas vraiment de formule exacte. Nous avons simplement fait en sorte de regrouper les meilleurs titres que nous avions à cet instant précis. Il y a tout de même des passages bien heavy ainsi que pas mal de passages mélodiques. Tout le monde y trouvera son compte. C’est un album très varié.

Il y a de nouveaux des invités. Cette fois-ci deux, Johan Olsen et Danko Jones. Comment en êtes-vous venu à collaborer avec Danko sur “Black Rose” ?

Rob : Danko est un bon pote à nous, ça fait un bail qu’on se connait. Nous sommes très fans de sa musique. Lorsque nous étions en train de travailler sur “Black Rose”, le couplet sentait Danko Jones à trois kilomètres. Donc nous lui en avons parlé et il a fait un super travail !

Johan Olsen fait à nouveau son apparition sur un titre de Volbeat.

Rob : En effet, il a chanté sur le titre “The Garden’s Tale” (“Rock The Rebel/Metal The Devil” (2007)) et c’était à l’époque une superbe collaboration pour Volbeat. Il s’est passé beaucoup de temps depuis et l’idée était de recréer cette osmose-là puis, sa voix était juste parfaite pour ce titre, que ce soit la mélodie ou le refrain.

Un mot à propos de “The Gates Of Babylon” et son petit riff oriental ? D’où vient cette idée ?

Rob : Côté paroles, et bien c’est à propos de Babylone et cela est bien plus parlant encore lorsque tu parcours les lyrics. En effet, cette introduction, à vrai dire c’est Michael qui est arrivé en studio avec cette idée puis nous avons travaillé le reste du morceau à partir de ce riff.

Serais-tu tenté d’ajouter et jouer plus d’éléments exotiques comme celui-ci ?

Rob : J’adorerais ! Il y a ce groupe, Melechesh, et je suis un très grand fan, ils associent beaucoup d’éléments comme ceux-là et c’est tout simplement superbe. J’ai toujours été un fan de ces sons. De plus je suis un grand fan de Marty Friedman et lui aussi a incorporé beaucoup d’étranges tonalités et gammes dans son jeu et sa musique.

“Battleship Chains” est une reprise de The Woods, rendue célèbre par The Georgia Satellites. Comment ce titre a atterri sur cet album ?

R : Ça s’est décidé quasi à la dernière minute. C’est un titre sur lequel nous discutions et que nous avons bien sûr écouté à de nombreuses reprises. Elle est très catchy et plutôt simple, tu as genre deux accords tout le long. (rires) On s’est donc lancé !

Le titre “Marie Laveau” renvoie en fait à un personnage historique. Elle fut célèbre pour son histoire mais également pour ses pratiques voodoo. Qu’est-ce qui vous a tant fasciné chez elle ?

R : Personnellement j’ai toujours été fasciné par ces choses. Le voodoo, l’occulte, la magie noire et toutes ces choses, non pas que je sois adepte (rires) mais c’est très intéressant de lire et de se documenter à propos de ces sujets-là. Marie Laveau était la Reine Voodoo à la Nouvelle Orléans. C’est un sujet intéressant et cela mène à composer de chouettes chansons ! (rires)

Tu as à nouveau produit cet album. En tant que guitariste et producteur, comment arrives-tu à faire la part des choses lors de ces deux processus distincts ?

R : Cela fait maintenant longtemps que je fais les deux et je considère cela comme une unique chose. J’ai commencé avec mon premier groupe Boiler Room, puis avec Anthrax, The Damned Things et maintenant c’est mon second Volbeat. Il n’est question que de musique pour moi. J’ai produit de nombreux albums au fil des années, que ce soit en tant que producteur et artiste donc. Lorsque je planche sur un morceau, j’ai besoin de voir les choses dans leur globalité, voir comment les instruments interagissent entre eux. Bien sûr, techniquement, ce sont deux choses bien différentes, mais dans ma tête, c’est pareil : faire de la musique.

Quand as-tu eu l’envie de produire de la musique ? Quand as-tu commencé ?

R : J’ai toujours été fasciné par l’enregistrement, le matériel et les studios d’enregistrement. J’ai toujours pensé qu’il y avait quelque chose de magique autour de ça et c’est le cas ! Lorsque j’étais jeune j’avais une machine Fostex et avec mes potes, on enregistrait des chansons et des idées plus ou moins stupides (rires) mais on s’amusait et l’essentiel était bien là. Rien que la possibilité de stocker des idées était cool même s’il ne s’agissait que de quatre pistes. (rires) Lorsque je travaillais dans une boutique consacrée à la musique, il m’arrivait parfois de dépenser la totalité de ma paie pour m’acheter du matériel. J’ai ensuite fait mon petit studio chez mes parents puis je me suis planché sur tout ce qui était programmation. Je joue également du piano, batterie et tout ce qui me passe sous la main en fait. J’adore juste faire et jouer de la musique. Comme je l’ai dit, il s’agit de se projeter et de voir comment tous ces éléments vont interagir entre eux.

Pour la première fois, Warner a gagné plus d’argent via le streaming qu’en vendant des disques. Une réaction ?

R : Il y a sans doute une bonne raison à cela : il n’y a plus de disquaires où s’acheter des CD. (rires) Tu ne peux plus trouver de CD comme il l’était possible à l’époque. A New York par exemple, je ne sais même pas où aller pour m’acheter des disques ! Toutes les boutiques ferment. Alors oui le vinyle renait de ses cendres et c’est vraiment cool. Mais les CD, de nos jours, les boutiques se font rares. Lorsque Volbeat est en tournée, vu que nous sommes tous des addicts, dès que nous en avons la possibilité, on va faire du shopping chez les disquaires du coin.

Oui on t’avait aperçu à l’Extreme Market au Hellfest !

R : C’est l’un des meilleurs trucs au Hellfest ! J’adore ! Puis ils ont tellement de bons articles aussi. Nous sommes des geek de musique, on adore en acheter et on en achète jamais assez ! (rires) Mais comme dit, les boutiques physiques se font rares donc bien évidemment qu’on se tourne vers le streaming. J’utilise également ces services comme Tidal ou Apple Music et ce qui est génial, via leurs algorithmes, c’est qu’on découvre plein d’artistes et d’albums dont nous ignorions l’existence; et ça c’est génial. Du coup lorsque je découvre un artiste dont j’aime la musique, je vais l’acheter par la suite. D’ailleurs en ce moment je suis à fond sur le nouvel album de Radiohead.

Quid du statut de The Damned Things ? Aura-t-on le droit à des nouveautés ?

R : J’espère oui. On s’était vraiment éclaté et je pense que c’est quelque chose qu’on aimerait faire de nouveau mais tout dépend bien sûr de nos plannings respectifs. On est tous très occupés en ce moment mais j’ai revu Joe Trohman, Scott et Keith Buckley récemment. En définitive, c’est un projet qui nous tient à cœur. On verra bien ce que l’avenir nous réserve.

Comment décrirais-tu “Seal The Deal & Let’s Boogie” ?

R : C’est un assortiment de nos différentes sensibilités. Il y a sans doute plus de titres mélodiques qu’auparavant mais il y également une bonne dose de heavy. Tout le monde y trouvera son compte.

Quid de sa durée ? Les albums de Volbeat font, en moyenne, une heure. Aujourd’hui, de plus en plus de groupe tendent vers quarante-cinq minutes. Une heure n’est-il pas excessif ?

R : Chaque groupe est différent. Un album de soixante minutes était à l’époque la norme donc je n’estime pas que ce soit trop aujourd’hui. Cependant, lorsque tu t’attaques à un double album, alors là oui ça devient long. Ce qui est important et intéressant c’est le flow de l’écoute et la dynamique avec cette succession de morceaux.

En parlant de double album, avez-vous émis l’idée d’en faire un ? Serait-ce un souhait que de réaliser un tel projet ?

R : Est-ce un souhait ? Non (rires) Difficile à dire, on verra bien, si l’idée nous vient à l’esprit un jour.

Tu évoquais Radiohead, qu’écoutes-tu en ce moment ?

R : J’aime beaucoup le groupe Editors et surtout leur titre “No Harm”, de plus leur clip est génial et le titre est incroyable. Il y a cet artiste, Nathaniel Rateliff, il est tout simplement bluffant. C’est assez classique, comme si tu mélangeais le rock n’roll américain classique avec du motown.

Vous avez récemment tourné avec Monster Truck aux US.

R : Oh oui ! Leur nouvel album est excellent ! De plus ils sont incroyables, les deux semaines passées en leur compagnie étaient géniales. J’espère qu’on aura l’occasion de tourner à nouveau ensemble.

On suppose que nous allons vous revoir après la période estivale, n’est-ce pas ?

R : Carrément ! Vous allez en avoir marre de nous. (rires) Nous serons en tournée pour un moment. On va retrouver certains fans que nous n’avons plus vu depuis un moment comme l’Amérique du Sud, l’Australie et l’Asie. On est impatient !

Enfin, nous sommes “RockUrLife” donc qu’est-ce qui rock ta life Rob ?

R : Qu’est-ce qui rock ma life ?

La question n’est pas évidente !

R : Ouh ! (rires) Beaucoup de choses rock ma life. Wow. Le rock n’roll rock rock ma life, une charmante brunette rock ma life, un bon verre de whiskey rock ma vie. (rires) AC/DC rock ma life !

En parlant d’AC/DC, que penses-tu d’AXL/DC ?

R : En revanche, ça ça ne rock pas trop ma life. (rires) Je n’ai rien contre Axl Rose, c’est juste qu’il n’est pas le chanteur d’AC/DC. Je ne sais pas trop ce qui se trame chez AC/DC mais qui suis-je pour commenter cela ? Bien évidemment j’adore AC/DC et je trouve leur dernier album excellent, puis Angus Young est l’une de mes idoles.

Penses-tu que cela puisse entraîner un risque, que de voir à l’avenir, de grands groups continuer sans leurs emblématiques membres ? Les derniers bruits en date évoquaient Aerosmith sans Steven Tyler.

R : Je ne sais pas, il y a tellement d’éléments à prendre en compte pour répondre à cette question, puis je n’ai pas vraiment de réponse. A vrai dire, les relations humaines sont toujours au centre de ces débats. Etre dans un groupe, c’est comme le mariage en gros et parfois cela peut devenir étrange et les choses peuvent ne plus marcher. C’est tout simplement la vie et la nature humaine, c’est quelque chose d’inévitable.

Si Aerosmith venait à tourner avec un autre chanteur que Steven Tyler, tout ce que je peux dire c’est que je n’irais pas voir ce concert. Ce ne serait plus Aerosmith à mes yeux. En revenant à AC/DC, à titre personnel le lineup est : Brian, Malcolm, Phil et Angus Young. Ce n’est plus le cas aujourd’hui mais je les encourage toujours car ils ont été la bande originale de ma vie et que personnellement, AC/DC est le plus grand groupe de rock n’roll de tous les temps.

Site web : volbeat.dk