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TYLER BRYANT AND THE SHAKEDOWN (04/05/16)

English version

Pour son premier passage en France, RockUrLife a eu le plaisir d’interviewer Tyler Bryant et Graham Whitford, respectivement chanteur et guitariste du quatuor américan Tyler Bryant & The Shakedown. Originaires de Nashville, ces jeunes prodiges prometteurs du rock n’roll assurent actuellement la première partie d’AC/DC pour sa tournée européenne.

C’est votre premier concert en France bientôt, n’est-ce pas ?

Tyler Bryant (chant/guitare) : Exactement. C’est d’ailleurs notre premier jour en France. Le premier de toute ma vie. On est arrivé ce matin sur un ferry, on a conduit toute la nuit depuis Londres. Je suis né à Paris en faite, au Texas, et il y a là-bas une Tour Eiffel miniature avec un cowboy sur le sommet. C’est assez marrant.

Mais pour toi Graham, ce n’est pas la première fois, tu es déjà venu plus jeune, n’est-ce pas ?

Graham Whitford (guitare) : Oui quand j’étais petit mais je n’ai pas beaucoup de souvenir d’ici donc c’est un peu comme ma première fois. Je suis en train de me faire des souvenirs d’ici.

Est-ce que vous connaissez quelque chose en français ?

Tyler : Oui, je sais dire “mes bottes sont sales”. J’étais vraiment excité de venir à Paris, j’avais envie de visiter la capitale, surtout parce que je suis né à Paris, au Texas, à chaque fois que je dis “je suis de Paris”, les gens étaient confus et donc j’ai regardé une vidéo quand j’étais chez moi quelques semaines auparavant pour essayer de dire quelque chose en français et c’est la première phrase qui est venue.

Vous serez en première partie d’AC/DC à Marseille bientôt, est-ce pour vous une grosse pression ou pas du tout ?

Tyler : Oui, on se sent définitivement un peu anxieux, on a déjà joué dix fois avec eux aux États-Unis, donc on a déjà une idée de ce que cela va être. Mais vous avez une grande équipe de foot ici donc on est vraiment excité de jouer du rock n’roll ici.

Comment pouvez-vous décrire votre groupe pour les gens qui ne vous connaissent pas encore ?

Tyler : Un son lourd, énergique et qui déchire.

Graham : Je dirais sûrement la même chose et authentique, honnête et rock n’roll.

Tyler : C’est rare. Nous allons directement droit au but. Pas de fioritures. (rires)

Comment vous êtes-vous rencontrés et pourquoi avoir décidé de créer un groupe ?

Tyler : J’ai d’abord rencontré Caleb, le batteur, on a joué ensemble une fois et on a décidé de créer un groupe. Et je l’ai rencontré [Graham] à New York, il m’a été présenté par un mec qui m’a mis sur un job, et après j’ai eu l’occasion de l’entendre jouer à Los Angeles, en Californie, et j’ai réalisé qu’il était très bon. Donc je lui ai demandé de rejoindre le groupe. À cette époque, il était en formation à l’école de musique Berklee School à Boston. Donc il a arrêté Berklee et il a déménagé à Nashville.

Oui car, vous n’êtes pas tous originaires du Texas, est-ce bien ça ?

Tyler : Moi je suis du Texas.

Graham : Je viens de Boston, Massachusetts.

Tyler : Caleb, le batteur, vient du Kentucky et Noah, le bassiste est originaire de Virginie.

Comment réussissez-vous à répéter tous ensemble ?

Tyler : J’ai rejoint Nashville quand j’avais dix-sept ans. C’est là que j’ai rencontré Caleb, donc on a décidé ensemble d’établir notre base à Nashville. Noah et Caleb allaient à l’école ensemble ici, à Nashville, donc tous les trois, on a réussi à convaincre Graham de venir ici. Sa famille l’a suivi. C’est un très bel endroit. Tu devrais venir visiter.

Graham : Oui j’aime beaucoup Nashville, et comme il l’a dit, ma famille est tombée amoureuse de cet endroit.

D’où vient ce nom “The Shakedown” ?

Tyler : On était à l’aéroport à New York, on venait juste de jouer un concert avec une ouverture pyrotechnique, il y avait des feux sur scène. On faisait la première partie d’un groupe qui avait l’habitude d’utiliser des feux. Un peu de poudre s’était déposée sur ma guitare. Donc, on se promenait à travers l’aéroport.

Graham : En fait, en anglais, “The Skakedown” signifie “la fouille au corps”.

Tyler : Oui c’est comme un officier de police qui cherche quelque chose. Et donc, ils m’ont mis sur le côté, ils étaient en train de contrôler ma guitare et Graham a dit “oh they’re shaking him down”. Et donc on a décidé de le garder pour le groupe. Et puis ça peut dire plein de choses différentes, ça peut avoir un rapport avec la danse par exemple.

Quelle est l’atmosphère musicale au Texas ?

Tyler : J’ai grandi avec beaucoup de blues, spécialement dans le Nord-Est du Texas, d’où je viens, il y a une grande scène de blues, à Dallas, à Austin, c’est culturellement riche de ça. Il y a tellement de belles guitares de blues et je me sens chanceux d’avoir grandi avec autant de joueurs talentueux. Il y a également beaucoup de musique country, spécialement dans la ville d’où je viens : je suis d’une ville où la ferme est vraiment ta seule manière de vivre si tu ne travailles pas à l’usine, donc on y joue beaucoup de musique western et country.

 

 

Vous sonnez véritablement comme un bon vieux groupe de rock n’roll, d’où vous vient ce son ?

Tyler : Je pense que cela vient définitivement de nos influences. On écoute beaucoup de rock classique, ainsi que du rock moderne.

Graham : Je pense que, si tu veux des noms, je dirais probablement The Black Crowes, The Rolling Stones, Led Zeppelin. Je dois en oublier un.

Tyler : Tom Petty And The Heartbreakers. Il y a tellement d’autres groupes. J’aime aussi beaucoup de musique blues comme Johnny Winter et d’autres artistes. J’ai joué avec eux et je les ai rencontré plusieurs fois.

Quel est votre processus de composition ?

Tyler : On écrit beaucoup en groupe, tous ensemble. Il n’y a pas vraiment de processus en soi, on le fait de plein de manières différentes. Ça dépend de qui est inspiré sur le moment. Par exemple, pour la chanson “Criminal imagination” qui est sur l’EP, Caleb avait un beat de batterie, Noah avait un riff de basse et moi j’avais le titre. On essaye tous de faire le set ensemble, et il y a certaines chansons, par exemple, où Graham a le titre et moi j’écris les paroles. On se voit tous et on fait de la musique jusqu’à temps que quelque chose se passe. Moi de mon côté, j’écris constamment des notes, je chante des mélodies dans mon téléphone pour m’en souvenir. L’iPhone est un outil merveilleux pour écrire des chansons, tu peux y mettre des idées très vite, surtout quand tu voyages.

Parlons de l’EP. Quelle est l’histoire de “The Wayside” ?

Tyler : Je pense que, en particulier la chanson “The Wayside” a été écrite à un moment où beaucoup de choses allaient mal dans nos carrières, on restait beaucoup chez nous.

Graham : On était coincé en quelque sorte.

Tyler : Cette chanson évoque cette chose que vous aimez plus que tout et qui tourne mal, c’est une sorte de rappel. Voilà d’où cette chanson vient. On a changé de management, il y a eu énormément de choses. On était en période de transition et il y avait aussi certaines relations qui ont pris fin. Tout a été une sorte de changement.

Auriez-vous des anecdotes à nous raconter ?

Tyler : On en a énormément. Un jour, on tournait au Canada dans un van et c’était un désastre : le toit s’est arraché, la batterie était mort, un aigle est venu se cogner contre le pare-brise.

Graham : Au Canada, ils parlaient français et on ne comprenait pas un mot. Il y avait aussi le fait que l’eau avait arrêté de fonctionner, on n’a pas pris de douche pendant une semaine, ça craignait.

Quelle est la suite pour vous ?

Tyler : Je pense que l’on va continuer d’enregistrer et de tourner. C’est notre toute première aventure européenne donc on veut juste donner notre meilleur pour avoir de nouveaux fans et rentrer aux États-Unis, tourner aux States et encore revenir ici. On va continuer de faire ça, car on prend plaisir à le faire.

Graham : Juste continuer d’écrire et de nous perfectionner. On essaye constamment de grandir, musicalement parlant.

Tyler : Nous pousser à fond pour être meilleur. Et je pense que, jouer avec AC/DC nous pousse à être meilleur que nous l’étions auparavant. Parce que nous devons faire face à une grosse pression et donc, nous ne pouvons pas être intimidés sur scène devant 40000-50000 personnes. Et je suis vraiment reconnaissant d’avoir cette opportunité, car ça nous donne envie de montrer notre meilleure version de nous-mêmes.

Graham : C’est l’un des plus grands groupes de rock de tous les temps.

Qu’est-ce que vous écoutez en ce moment ? Avez-vous des groupes à nous conseiller ?

Tyler : Rival Sons est super. Band Of Skulls est très bon aussi. Il y a un gars en ce moment qui fait pas mal de bruits : Chris Stapleton, c’est génial. J’ai l’impression qu’il y a beaucoup de très bons compositeurs et chanteurs qui émergent actuellement.

Graham : De mon côté, je suis un grand fan de Josh Homme.

Tyler : As-tu déjà entendu parler de Trixie Whitley ? Son père, Chris Whitley, est l’un de mes artistes favoris.

Dernière question qu’on a l’habitude de poser : qu’est-ce qui rock votre life ?

Tyler : Qu’est-ce qui rock ta life ? [à Graham]

Graham : Je pense que ça correspond à ce que nous faisons : partir tous les jours et jouer du rock n’roll.

Tyler : Exactement, je pense à la nuit dernière : on dormait dans ce van sale, traversant des lieux où on n’a jamais été auparavant, attiser la vie, faire de notre mieux. Je pense que, peu importe dans quelle situation nous sommes, on choisit des bonnes villes pour jouer un peu de notre musique. Peut-être pas un peu, mais beaucoup.

Site web : tylerbryantandtheshakedown.com

Remerciements au Céréaliste (38 Rue Quincampoix, 75004 Paris) pour le cadre.