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TYLER BRYANT AND THE SHAKEDOWN (01/10/20)

English version

Composer des titres, des jams, poster des vidéos. C’était un peu inattendu mais Tyler Bryant & The Shakedown est de retour avec un tout nouvel album cette année ! 2020 nous propose ainsi “Pressure” et c’est via un appel Zoom, de bon matin, que Tyler Bryant lui-même nous en dit davantage !

A deux semaines de la sortie de l’album, ressens-tu une certaine pression ?

Tyler Bryant (chant/guitare) : Je vois ce que vous avez fait là ! (rires) Pour être honnête avec toi : non. Je suis vraiment impatient pour les fans de découvrir ce nouvel album des Shakedown. J’espère bien sûr que cela nous apportera des fans supplémentaires, mais je suis juste très excité à l’idée de dévoiler ces nouveaux titres. J’espère que cet album apportera à nos fans un peu de cette expérience live, vu qu’on ne peut pas partir en tournée et que cela nous manque énormément.

Expliques nous, le projet a démarré avec quelques morceaux pour faire un EP et vous enregistrez finalement un album entier. A quel moment du ce processus créatif avez-vous senti que cela allait être plus qu’un simple EP ?

Tyler : Nous avons commencé à parler de faire un EP, nous composions un tas de morceaux et tous les concerts ont été annulés. C’est là que nous avons parlé de faire un EP et puis il est devenu évident que nous ne partirions pas du tout en tournée cette année. L’idée de proposer six nouvelles chansons aux fans n’était pas très intéressante. Elle n’aurait pas prise dans le temps et sur la durée. Il paraissait clair qu’on allait en faire davantage. Nous avons juste décidé de continuer et d’aller de l’avant. Honnêtement, nous avons dû nous battre pour ne pas faire un double album, parce que c’était initialement un peu la tendance. Nous n’avons passé que vingt jours à faire ce disque, ce n’était pas vraiment énorme. Mais à la fin de ce processus, nous étions tous très épuisés car on n’a pas arrêté dès le lancement du projet.

Quest-ce qui a motivé cette nouvelle fournée de chansons ? La pandémie, la façon dont vous y faites face, les sentiments qui en découlent ? La combinaison de tout cela ?

Tyler : Oui à 100%. Beaucoup de chansons ont été composées avant la pandémie, comme “Pressure” par exemple ou “Holdin’ My Breath”. Mais une fois que nous avons commencé à faire cet album et que la pandémie battait son plein, je pense que cela a totalement inspiré la façon dont les chansons ont été interprétées, la façon dont elles ont été enregistrées, la façon dont je les ai chantées, la façon dont nous les avons toutes jouées. Et certaines chansons comme “Crazy Days” et “Costin'”, ont été écrites en réponse à la pandémie. Ce sont des chansons plus positives, mais pour moi, la musique a toujours été une chose vers laquelle je me tourne à chaque fois que les choses n’allaient pas bien. Les chansons ont presque agi de manière cathartique pour moi pour apporter un peu de soulagement et de folie.

Comparé à “Truth And Lies” (2019), on trouve l’album musicalement plus coloré et soniquement plus positif. C’est en quelque sorte un “feel good album”, qui nous accroche de la première à la dernière seconde. Es-tu d’accord avec cela ?

Tyler : Oui je partage cela. “Truth And Lies” est le reflet de ce qu’était et où était le groupe à l’époque. Nous avions initialement prévu de rééditer “Truth And Lies” cette année avec quelques chansons acoustiques inédites. Noah a quitté le groupe en février et nous avons décidé qu’au lieu de rééditer quoi que ce soit, nous allions essayer de nous réinventer un peu. Il y a vraiment des moments d’angoisse et le style de son heavy à la Shakedown que beaucoup de gens ont appris à connaître est tout de même présent. Mais je pense aussi que nous ne voulions pas non plus nous éloigner de la positivité parce que je pense que c’est quelque chose dont les gens ont besoin en ce moment, nous y compris, nous utilisons en quelque sorte cet album comme quelque chose dans lequel nous pouvons mettre tout notre espoir et toute notre énergie.

Et je pense que l’écoute reflète bien tout cela. Je pense que c’est pour cette raison que cet album est un peu un “feel good album”, parce qu’au fond ce disque n’était que le résultat d’une poignée d’amis, moi, Caleb, Graham et Roger, qui éteignait les nouvelles tous les matins, venaient en studio et faisaient de la musique. C’était notre évasion quotidienne.

Vous avez d’abord sorti “Crazy Days”, était-ce le choix évident pour un single compte tenu du contexte ? Car tu en as sorti une autre version, sur YouTube, en mars. Est-ce que c’est comme un retour en arrière, une sorte de rappel ?

Tyler : En mars, lorsque j’ai composé cette chanson, je l’ai mise en ligne sur YouTube parce que cela coïncidait avec le début de la période de confinement chez nous. Puis notre label m’a demandé de la distribuer officiellement. Ils voulaient sortir cet enregistrement mais ce n’est pas le style Shakedown, nous ne faisons rien à moins que ce soit le groupe en entier. C’est la chanson qui a lancé la conversation sur l’enregistrement et tout le reste.

J’ai écrit cette chanson car les concerts me manquent, sortir et passer des nuits folles comme nous l’avons fait en France à maintes reprises également. (rires) Assister à un concert de rock et traîner avec des gens qui ont les mêmes idées que vous, dans une belle ambiance et sans se soucier de quoique ce soit. C’est ce à quoi je pensais et, alors que les mois passaient, j’y pensais de plus en plus, cela faisait simplement plaisir d’écouter cette chanson et, en quelque sorte, célébrer ces souvenirs.


A propos de “Like The Old Me”, ce titre semble à nouveau très personnel. Qu’évoque-t-il ? S’agit-il de nostalgie ou bien au sujet de changement peut-être ?

Tyler : Personnellement, c’est le morceau le plus émotionnel de l’album, que je puisse jouer et chanter. Je peux honnêtement dire que quand j’ai écrit cette chanson, je n’avais aucune idée de ce dont je parlais. C’était juste une chanson que j’ai commencé à jouer et à chanter, elle est arrivée spontanément en quelque sorte. Je pense que c’est simplement l’histoire de quelqu’un qui a perdu quelque chose et qui veut retrouver quelque chose en retour. Chaque fois que j’entends cette chanson, il m’arrive de penser à différentes choses de ma propre vie. Et j’espère que les gens pourront apporter leur propre histoire au travers de ces paroles et avoir leur propre relation avec la chanson, car personnellement cela varie constamment.

Il y a aussi “Misery”, dans le même esprit que “Ramblin’ Bones” ou “Couldn’t See The Fire”. Qu’est-ce que tu ressens/exprimes au travers de pareilles chansons, à la fois lentes et solennelles ?

Tyler : Pendant le confinement, j’ai écouté beaucoup de musique country, beaucoup de Guy Clark et Townes Van Zandt, et j’aime ces morceaux qui sont évoquent des histoires. Avec “Misery”, je voulais traiter d’une histoire, et plus particulièrement une déchirante chanson à boire, mais je ne voulais pas le faire sur de la musique country, je voulais le faire sur une de ces vibes blues des Shakedown. Je me sens vraiment à l’aise quand je joue dans ce style. Cela aide à faire avancer l’histoire et cela prépare le terrain pour quelqu’un qui a du mal à supporter l’alcool ou quelque chose qui l’engloutit dans tous ses problèmes. Je pense que le blues répond à ce besoin.

© Jason Stoltzfus

“Wildside” a de bonnes vibes et est parfaite pour chanter et vous accompagner en live. C’est presque comme une chanson d’été ou de road trip. Cherchiez-vous plus de fun cette fois-ci ?

Tyler : Oui, je pense que “Wildside” est peut-être la chanson la plus joyeuse que nous ayons jamais enregistrée. C’est le résultat de notre envie de sortir. Pendant tout ce temps, j’ai imaginé les concerts du groupe. “Wildside” est l’une de ces chansons, elle reflète cette envie et la scène.

Le dernier morceau “Coastin'”, a été enregistré en condition live, presque comme un jam. C’est une façon assez surprenante de terminer l’album. Pourquoi ce choix ?

Tyler : Ce n’était pas intentionnel de le faire figurer sur le disque. Il y a une chanson sur l’album qui s’appelle “Loner” que nous étions en train d’enregistrer. C’était une longue journée et nous étions tous HS. Nous allions revenir le lendemain pour “Loner” parce qu’on n’était pas très bon ce jour-là. Alors que Caleb était sur le point de partir, Graham est parti, et je lui ai demandé : “hey, tu veux bien jouer cette idée que j’ai avec moi ?” et nous avons joué “Coastin'” une fois et je suis content d’avoir appuyer sur le bouton “enregistrer” parce que cela a fini par être un moment assez cool.

Au départ, on pensait le mettre en piste cachée. Mais plus nous l’écoutions, plus nous savions que c’était le genre de choses qui se passent lors d’un concert des Shakedown. Comme si nous étions censés faire une chanson et au final on part dans quelque chose d’autre, tout en improvisant. Nous avons décidé de lancer l’album avec “Pressure”, qui est en quelque sorte le début de tous ces sentiments, et “Coastin'”, en conclusion, qui dégage avec justesse cette sorte de sentiment positif.


Vous avez déclaré avoir travaillé plus dur mais aussi plus intelligemment pour cet album. De quelle manière ? Aurais-tu un exemple ?

Tyler : Oh mec. (rires) Je pense qu’il y avait juste la volonté de ne pas trop réfléchir. On peut passer tellement de temps à cogiter dans le studio. Je pense que l’une des choses les plus intelligentes que nous ayons faites a été de demander à Roger Alan Nichols de venir coproduire le disque avec nous. Il nous a apporté une nouvelle vision puis il a été très proche des Shakedown depuis la formation du groupe. Il est capable de nous dire : “hey les gars, ne vous inquiétez pas pour ça, allez-y et jouez”. Je pensais que cet album prendrait un peu plus de temps et ce fut le cas, mais nous avons fini par nous amuser tous les jours. L’idée était donc de capter ce plaisir, au travers de notre musique, plutôt que de faire un disque lambda.

Avec toute ton expérience dans l’écriture, comment sens-tu ou sais-tu qu’un morceau sur lequel tu travailles est terminé ? Quelle est ton approche ?

Tyler : C’est à peu près à chaque fois que je le joue et que je m’amuse à l’écouter. J’imagine souvent : “ça ça ira là et puis ceci ici, sans oublier ça”. A un moment donné, quand tu écoutes ton idée et que les points sont arrêtés, alors tu sais que tu es arrivé au bout.

Cela explique-t-il pourquoi la plupart de vos chansons durent environ trois minutes ?

Tyler : Oui, c’est probablement juste le fan de Tom Petty en moi également. (rires) À ce stade de ma vie, je m’ennuie vraiment avec la musique qui est trop indulgente. Ce n’est pas parce que je sais jouer de la guitare que je dois en jouer pendant trois minutes dans chaque chanson car c’est pour cela que sert un spectacle des Shakedown ! Je veux que l’album parle des chansons et de l’énergie qui les sous-tend et permette à la guitare de venir en soutien et de vous manquer quand elle n’est plus là.

© Jason Stoltzfus

Qu’en est-il de vos futurs projets ? Bookez-vous déjà des tournées ou attendez-vous peut-être de voir comment les choses se passent ?

Tyler : Nous étudions les possibilités pour l’année prochaine, mais je pense qu’il y a encore beaucoup d’incertitude quant à ce qui va se passer. Pour l’instant, nous avons mis tous nos efforts dans le show en ligne que l’on va proposer le 16 octobre pour la sortie de l’album. Nous avons enregistré un live et il sera diffusé sur notre site et ce sera vraiment cool. Entre chaque chanson, il y aura des images des coulisses, en studio, pour que les fans puissent voir de l’intérieur comment nous avons fait l’album. Mais même en mettant tout cela ensemble, cela a été comme deux semaines de travail pour un seul spectacle. J’ai hâte de sortir sur les routes et de faire de vrais concerts pour les fans, mais je ne sais pas quand cela va se faire.

En dehors de la musique, comment as-tu profité ou apprécié de ton temps à la maison ? Tu manies également ton appareil photo pour faire des photos et des vidéos, est-ce une autre façon d’exprimer ta créativité ?

Tyler : Oui, tout à fait ! J’ai pris des photos de beaucoup de choses et des vidéos également. J’aime passer du temps avec ma femme. Nous nous sommes mariés il y a presque un an et j’aime me réveiller et prendre un café avec elle plutôt que de rester seul dans le hall d’un hôtel à essayer d’étouffer les bruits qui m’entourent. Il s’est passé beaucoup de choses enrichissantes dans ma vie. Nous sommes sur le point de faire une excursion, une sortie camping dans les bois, on a acheté un kayak, donc on fait du kayak, j’aime aussi pêcher. A vrai dire, je n’ai pas l’habitude de passer l’été à la maison. Je passe la plupart de mes étés à voyager, donc c’est très agréable d’être à la maison.

Nous avons interviewé Larkin Poe pour la sortie de son dernier disque et Rebecca nous a dit qu’elle avait passé du temps à rattraper et regarder “The Office”. As-tu également regardé la série ? (rires)

Tyler : Oui, nous l’avons regardé ensemble. (rires) C’était la deuxième fois que je le regardais ! Je l’ai regardé sur la route mais c’est l’une de mes séries préférées.

Comme tu l’as déjà évoqué, vous allez diffuser une prestation enregistrée pour la sortie de votre nouvel album. Mais avez-vous déjà pensé à faire un live diffusé en direct ? Malgré le poste vacant du bassiste. Était-ce une option pour vous ?

Tyler : Pour le bassiste, ce n’est plus un problème, nous avons trouvé un remplaçant à Noah. Mais le fait est que nous voulions que la qualité audio soit aussi bonne que possible pour que les gens puissent l’écouter aussi fort qu’ils le peuvent et ainsi vivre l’expérience du show des Shakedown. Nous avons loué des lumières, nous avons aussi engagé une bonne équipe de tournage. Comme c’est la première et unique fois que les gens nous verront de l’année, nous voulions faire quelque chose de très spécial. Certaines des concerts diffusées en direct que j’ai pu voir, la qualité audio n’était pas assez bonne ou elle était, à mon avis, défaillante.

Nous voulions faire quelque chose d’un peu différent. Nous avons trouvé une plateforme où nous pouvons diffuser le concert que nous avons joué et aussi être dans le chat et discuter avec les fans et traîner ensemble. Parce que c’est l’une des composantes de nos concerts, et tu le sais aussi pour y avoir été, nous restons à la rencontre des fans ensuite. Dans un premier temps, nous faisons de notre mieux pour créer cette ambiance et je suis persuadé qu’un véritable live en direct arrivera plus tard.

Du coup AC/DC est de retour ! On imagine que tu dois être impatient d’écouter le prochain album non ?

Tyler : YEAH MEC ! Je courais dans toute la maison ce matin, en criant : “ILS SONT DE RETOUR ! ILS SONT DE RETOUR !”. (rires) Je suis impatient ! J’ai déjà écouté le court extrait plusieurs fois, et il n’y a aucune doute, ils sont de retour !

Et la dernière question que nous t’avons déjà posée à plusieurs reprises : nous sommes “RockUrLife”, donc qu’est-ce qui rock Tyler Bryant aujourd’hui, en 2020 ?

Tyler : En ce moment, écrire des chansons et produire des disques, cela me fait vibrer ! J’en suis à mon troisième disque cette année. J’ai été très reconnaissant de faire le nouveau disque des Shakedown, j’ai aussi pu enregistrer dans mon home studio pour Larkin Poe pour leur album “Kindred Spirits” et puis je travaille sur un autre projet en ce moment avec un autre artiste. Je pense que rester créatif me comble entièrement en ce moment, jusqu’à ce que nous puissions reprendre la route !

© Jason Stoltzfus

Site web : tylerbryantandtheshakedown.com

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