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THE RASMUS (21/10/22)

English version

Quelques jours avant le concert à La Maroquinerie, rencontre avec Lauri Ylönen, chanteur du groupe de rock The Rasmus pour évoquer son actualité, sa participation à l’Eurovision et même On N’Est Pas Couché !

Salut Lauri, comment vas-tu ?

Lauri Ylönen (chant) : Très bien merci. Nous sommes à Milan ce soir, nous serons à Paris dans quelques jours.

Justement, vous jouez à Paris dimanche, à La Maroquinerie. Comment se passe la tournée jusque-là ?

Lauri : Très bien, nous avons des supers concerts. Nous avons une nouvelle guitariste, Empuu, elle est vraiment très dynamique. Nous sommes heureux de l’avoir dans le groupe. Elle apporte une nouvelle énergie et ramène de la joie de jouer ensemble. Elle est fantastique !

Génial ! On vient juste de voir sur votre Instagram que vous avez collaboré avec The Kalush Orchestra (les représentant de l’Ukraine, lauréats du dernier Eurovision). Peux-tu nous en parler ?

Lauri : Oui bien sûr. Nous les avons rencontrés durant les préparatifs de l’Eurovision, bien avant les finales, et nous avons improvisé un petit concert dans la rue, à Turin. C’était très cool ! Ils avaient appris à jouer “In The Shadows” avec leurs instruments, nous avons appris leur chanson “Stefania”, puis nous avons fait un mélange des deux. C’est ainsi que l’idée est née, puis ils ont voulu faire de cette chanson un nouveau single. Nous étions vraiment honorés qu’après presque vingt ans, cette chanson revienne à la vie dans ce terrible moment qu’est cette guerre. Cette chanson obtient un tout nouveau sens avec ces paroles, et peut-être écouté d’une toute nouvelle façon avec cette crise. J’espère qu’elle apportera de la force et de la joie à ceux qui l’écouteront. Dans leur registre, Kalush est la voix de l’Ukraine. Actuellement ils tournent aux EtatsUnis, et c’est une belle manière de porter l’esprit de la nation. C’est une formidable chose.


Justement en France, cette chanson “In The Shadows” est associée au générique de On N’Est Pas Couché, une émission très célèbre. Le savais-tu ?

Lauri : (rires) Oui, j’en ai entendu parler. Cela a été pendant des années le jingle, mais je crois qu’ils ne le font plus désormais ?

Oui, l’émission a été arrêtée il y a deux ans.

Lauri : C’est amusant en tout cas.


As-tu déjà été sollicité pour des B.O. de films ou séries ?

Lauri : Oui nous avons figuré dans plusieurs films en Finlande. C’est sympa de travailler avec le directeur du film en l’aidant sur la fin de la production. En fait “In the Shadows” était dans un film finlandais avant d’être un tube. Cela a été la première marche.

Vous venez juste de publier un nouvel album, Rise. Que peux-tu nous en dire ?

Lauri : Cet album raconte l’histoire de ces trois ou quatre dernières années. Comme tout le monde, cela a été une période difficile à cause du COVID, auquel se sont ajoutées beaucoup de difficultés au sein du groupe. Beaucoup de choses difficiles et négatives ont commencé à nous frapper. C’est arrivé au point où notre guitariste a quitté le groupe il y a un an et demi. Pendant quelques temps, nous étions sans guitariste, ce qui nous a poussé à imaginer la fin de The Rasmus. Je suis content que cela n’ait pas été le cas, car nous avons trouvé Empuu, notre nouvelle guitariste. Elle est un très bon ajout au groupe car elle est une très bonne guitariste mais elle a aussi une personnalité géniale. Elle est très énergique, créative et talentueuse de bien des façons. C’est comme un nouveau départ pour The Rasmus !


Vous jouez depuis très jeune (ndlr : depuis l’âge de seize ans). Ce changement, c’est un bon moyen d’explorer de nouveaux horizons ?

Lauri : Oui, c’est comme avoir un nouveau meilleur ami ou une nouvelle sœur. (sourire) C’est super, surtout maintenant que nous tournons à travers l’Europe ou que nous allons au Mexique avec elle pour la première fois. C’est agréable de lui montrer des endroits comme Milan. Je dois faire cette interview, maintenant, mais les gars et Empuu sont en ville, passent du bon temps et visitent certains sites. Pendant que moi je bosse, cela craint ! (rires)

Sur la chanson d’ouverture de l’album, “Live And Never Die”, on retrouve la présence de plusieurs “wohoho“, qui semblent taillés pour le live. Lors de l’écriture, est-ce une volonté de créer des chansons pour la scène ?

Lauri : Plusieurs fois, le point de départ est une situation de la vie qui est souvent liée au public. C’est toujours une grande source d’inspiration, j’écris pas mal de chansons sur la tournée. Chaque soir, je vois le public, je ressens l’énergie, je vois à quel point ils sont passionnés et l’alchimie entre eux et nous. C’est la meilleure chose que je connaisse, c’est vraiment magique. C’est bien de penser à eux quand vous écrivez une chanson, c’est vraiment génial d’imaginer comment cela va basculer sur scène. C’est un bon angle pour être créatif.

Justement, cette chanson a-t-elle l’accueil espéré sur scène ?

Lauri : Je pense que cette chanson est un peu différente, c’est une chanson assez joyeuse. C’est différent du reste du set. Quand nous jouons, les gens agissent un peu différemment, ils commencent à bouger leur corps différemment. Sans vraiment sauter, c’est comme s’ils se mettaient à danser ou quelque chose comme cela. C’est une bonne chanson dans le set, mais c’était également agréable d’écrire une chanson joyeuse, après toutes ces périodes difficiles dans le groupe. Presque rompre, après le COVID et toutes ces choses. Entrer sur cet album avec des notes joyeuses, c’était ma mission. Maintenant, nous sommes heureux et positifs grâce à Empuu, cette tournée et tout ce qui arrive. C’était comme si cet album méritait une fin heureuse.


Sur cet album, il y a une chanson calme, “Clouds”, qui est très mystérieuse dans ses paroles : peux-tu nous éclairer sur sa signification ?

Lauri : C’est à propos de ce type qui séduit une fille pour qu’elle fasse de mauvaises choses, la faire passer du côté obscur, presque comme un vampire. La fille est comme tout excitée d’aller profondément sous terre. Puis la fille se perd, le mec dit genre : “oh non, qu’est-ce que j’ai fait, j’ai détruit cette fille“. Vous connaissez ce genre d’histoires. Parfois, votre influence est mauvaise sur les gens. C’est comme si vous deviez bien choisir votre compagnie. J’ai parfois l’impression d’avoir trompé certaines personnes dans ma vie, et peut-être que les gens me prennent parfois trop au sérieux dans ce que je dis, surtout certains fans. Ils vont si profondément dans notre monde, cela peut être dangereux et parfois déroutant pour eux.


Nous sommes en train de parler en anglais, tes paroles sont en anglais mais tu viens de Finlande. Comment se passe ton process d’écriture : est-ce que tu imagines et réfléchis dans ta langue natale pour ensuite traduire ou pas du tout ?

Lauri : En musique, depuis mon plus jeune âge, j’ai toujours écouté des artistes qui chantaient en anglais. Les premières musiques que j’ai acheté étaient du AC/DC, Alice Cooper. Ce genre de groupes de rock. J’avais environ dix ans quand j’ai commencé à écouter cela. Pour moi, c’était naturel. J’ai vécu en Amérique pendant les huit dernières années. Donc je n’y pense pas vraiment. Mais je suis toujours un Finlandais dans mon cœur, mes racines sont en Finlande. Mes souvenirs d’enfance, qui sont très importants, mon adolescence. J’ai grandi en Finlande, ce sont les expériences les plus fortes que j’ai vécues. Vous savez, en grandissant avec le groupe d’abord. Pendant dix ans, nous n’avons joué qu’en Finlande avant d’avoir “In The Shadows” Donc, la Finlande est dans mon sang.

L’année dernière, nous avons justement pu voir représenter la Finlande à l’Eurovision. Comment est-ce que l’idée est venue ?

Lauri : Je pense que nous désespérions de faire quelque chose et de jouer quelque part avec le groupe après le COVID. Il n’y avait pas eu de concert depuis deux ans, au moins. Et nos amis Blind Channel, étaient allés à l’Eurovision l’année d’avant, cela avait l’air marrant. Ils nous disaient : “c’est une si bonne idée, allez-y c’était marrant“. Et je pense aussi que Maneskin était tout simplement incroyable, tu sais comment ils sont. C’est une meilleure plateforme pour un groupe de rock qu’elle ne l’était il y a peut-être dix ans. Je dois dire que c’était une bonne décision, car maintenant nous avons une énorme chanson “Jezebel”, que beaucoup de monde connaît, elle a été diffusée partout à la radio. Et aussi notre groupe en ressort très soudé, parce que nous avons relevé ce défi ensemble en tant que nouveau line up. Nous pouvions conquérir quelque chose ensemble et c’était une chose très importante, qui arrivait au bon moment pour nous. Mais maintenant, cela appartient à l’histoire. Je n’aime plus trop y penser. Je veux dire, c’est une chose amusante à faire, mais nous avons déjà tourné la page. En même temps, sans l’Eurovision, cette collaboration avec Kalush ne se serait jamais passée. C’est bien de faire les choses par instinct, dans la vie, sans trop réfléchir. Par exemple, si vous avez ce sentiment, genre : “je veux faire cela aujourd’hui“, tu dois juste le faire. Ne réfléchissez pas trop ou trop longtemps, ne manquez pas l’occasion de le faire. C’est comme cela que je fonctionne dans la vie.

Justement, après cette expérience, y avait-il une attente particulière à propos de cet album ? De ta part ou venant de ton public ?

Lauri : Je pense que beaucoup de nos fans plus âgés ont redécouvert notre musique grâce à la compétition. Ils étaient comme : “oh, ils jouent encore de la musique !“. Nous avons été actifs tout ce temps, mais beaucoup de gens qui nous ont découvert il y a vingt ans, ont fait d’autres choses, ont peut-être des enfants, et se disent aujourd’hui : “oh wow, The Rasmus était mon adolescence“, et maintenant ils reviennent à nos concerts. C’est plutôt cool parce que c’est comme une chose nostalgique pour certaines personnes, qui sont maintenant adultes et qui étaient des enfants quand elles écoutaient notre musique. Cette compétition était comme un bon rappel, comme un “nous sommes toujours là“.

© Venla Shalin


Quels sont vos projets pour 2023 ?

Lauri : Nous ferons bien entendu beaucoup de concerts. Les festivals arrivent pour l’été prochain, ce serait fantastique de jouer en festival en France. Je ne pense pas que nous ayons déjà joué dans un festival en France, mais c’est juste fou. Et nous avons une tournée sud-américaine au printemps. Nous avons beaucoup de sorties et de surprises à venir. Nous prévoyons d’être très actifs avec de nouvelles vidéos et d’autres choses, donc les pistolets sont chargés et nous sommes prêts pour l’année prochaine. (rires) Cela va être une année chargée. Et il faut revenir à Paris pour faire un plus gros show, parce que le premier était complet comme cela (ndlr : mime un claquement de doigt) parce que c’est un petit club.

Oui, à la Maroquinerie.

Lauri : Je pense que cela va être un grand concert. Parfois les petites salles peuvent être le lieu idéal pour les meilleurs concerts, parce qu’ils permettent d’être si proches du public, si intimes. J’attends avec impatience !

On arrive à la fin de cette interview. Notre webzine s’appelle RockUrLife donc qu’est-ce qui rock ta life, Lauri ?

Lauri : (rires) C’est tout ce qui est surprenant et qui permet de ne jamais expérimenter la même journée. Faire que tous les jours soient différents, c’est cela le meilleur.

© Venla Shalin

Site web : therasmus.com

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