Interviews

THE PRESTIGE [1/2] (08/04/15)

Début 2014, The Prestige avait l’opportunité exceptionnelle de faire sa première tournée à Cuba. Pour l’occasion, le groupe français a pris Ben Berzeker dans ses valises et de cette collaboration est né “Dark Was The Night, Cold Was The Ground”, mini documentaire sur cette tournée. A l’occasion de la sortie de cette vidéo, et du second album “Amer” attendu pour le 20 avril, RockUrLife est parti interviewer le chanteur Alex Diaz pour en apprendre plus sur cette tournée à la saveur si particulière.

Peux-tu resituer le contexte dans lequel The Prestige a eu l’opportunité de pouvoir faire une tournée à Cuba ?

Alex Diaz (chant) : Nous avons été contactés, il y a deux ans maintenant, par un mec qui s’appelle David Chapet, pour faire une tournée à Cuba. C’est un immigré français qui habite là-bas depuis vingt ans et qui est un grand fan de hardcore. Un ancien straight-edge qui ne l’est plus du tout – le climat de Cuba en étant sûrement la cause (rires) ! C’est un passionné de metal qui essaye de développer la scène metal et hardcore là-bas. Voilà ce qu’on savait lorsque l’on a reçu son mail. Entre temps, on a croisé nos potes de Promethee qui étaient déjà partis là-bas grâce à David et qui avaient déjà fait la tournée. Ils nous ont fortement conseillés de partir, car ils avaient adoré cette tournée et s’y étaient bien marrés. Pour nous c’était un rêve de partir à Cuba, on ne pensait pas qu’on en aurait l’occasion, encore moins pour y jouer. Et on a décidé de le faire, puis on a économisé suffisamment pour partir et ce fut vraiment une expérience inoubliable.

Combien de temps êtes-vous partis ?

A : On est partis une vingtaine de jours. Il y avait huit dates avec un jour off entre chaque concert. A la fois pour voyager, car les trajets sont très longs là-bas (à cause de la qualité des routes) et puis aussi pour visiter, profiter de la vie là-bas, rencontrer les gens.

Toutes les dates étaient organisées par David Chapet donc ?

A : Oui. Tous les ans il organise deux tournées, une en été et une en hiver. Ça s’appelle le Brutal Beatdown Fest (Brutal Fest). Il organise ça avec son label qui est Brutal Beatdown Records, et il est aidé par l’Etat. La musique metal était d’abord interdite, puis tolérée puis acceptée et comme Cuba est un état communiste, elle est désormais soutenue presque en totalité par le gouvernement. En l’occurrence, on peut interdire aux gens d’avoir certaines libertés, mais on leur offre quand même de la culture peut-être parce que cela leur permet de se sentir un peu libre. Les Cubains bénéficient assez facilement d’aides, de subventions pour la culture là-bas. Si tu veux monter la tournée d’une compagnie de danse là-bas, tu peux bénéficier de subventions, certes assez maigres car il n’y a pas beaucoup d’argent, mais assez pour te permettre de danser et de monter des spectacles. Et donc, ils ont créé l’Agencia Cubana de Rock (l’Agence Cubaine du Rock) qui gère tout le rock sur l’île. À l’image d’un état communiste, tout est centralisé à La Havane puis réparti selon les régions et les districts. La tournée est donc une collaboration entre Brutal Beatdown Records, soit David Chapet et l’Agencia Cubana de Rock qui s’occupe de gérer toutes les petites structures autour de l’île, afin que l’on puisse nous prêter la sono, la scène et les lumières.

Du coup, comme aux Etats-Unis, on vous a demandé si vous insultiez le régime communiste dans vos chansons ?

A : J’ai posé la question parce qu’il fallait la poser tout de même : a-t-on le droit de parler politique sur scène ? Et on m’a répondu que je pouvais en parler avec les gens qui ont l’air jeunes et ouverts à l’idée d’en parler, mais que ce n’était pas mes oignons, que nous venions d’abord pour jouer de la musique et que la politique, on verrait ça après les concerts. Et c’est ce qu’on a fait. Après les concerts, nous allions parler avec le public et certains nous faisaient part de leurs envies d’ailleurs, de leur vie plutôt difficile sur l’île, pendant que d’autres étaient très contents et n’avaient pas du tout envie de quitter l’île. Il y avait vraiment des deux. Mais on nous avait prévenus de faire attention. Du coup, à la fin de la tournée j’ai voulu savoir si on avait été fliqué pendant la tournée. Apparemment on ne l’a pas été pendant que nous étions sur place mais, la légende voudrait qu’ils aient vérifié nos comptes Facebook avant, vérifié ce qu’on pouvait dire avec le groupe. Après, lors du festival, il y avait des groupes de grindcore, de hardcore chaotique, de punk hardcore, donc je pense qu’ils ne sont pas trop regardants.

En même temps, The Prestige n’a pas le même discours que Noir Désir par exemple.

A : Pas dans la lecture directe il est vrai. Mais, parfois, sur certaines paroles, et en live celle que je chantais en espagnol là-bas, par exemple, il y a un double sens. Ce serait dommage de passer à côté. Et avec le bon regard tu peux comprendre que ce n’était pas franchement dans le sens du gouvernement.

On imagine que vous étiez extrêmement entourés lors de cette tournée.

A : Oui nous tournions toujours entourés d’une dizaine de personne. Il y avait évidemment les représentants du gouvernement (rires), David, qui était constamment avec nous, et beaucoup de roadies. Je tiens d’ailleurs à les remercier du fond du cœur, car ce sont des gens qui font d’autres choses à côté : certains travaillent dans la sécurité, d’autres ne font pas grand-chose, ce sont des jeunes qui veulent aider les groupes, ils étaient payés un tout petit peu, mais ils ont surtout eu l’opportunité, et c’est assez rare pour eux, d’aller dans des hôtels, de pouvoir manger de bons repas et puis de rencontrer des groupes. On s’est bien marrés avec eux, ils sont vraiment adorables et… beaucoup trop pros ! (rires) Par exemple, quand mon micro tombait, il y avait toujours quelqu’un pour le récupérer, ils ne comprenaient pas que ça pouvait faire partie du show ! Parfois je cherchais mon micro dans la fosse alors qu’en fait un mec l’avait déjà ramené sur scène ! Non vraiment on les remercie du fond du cœur.

Quand on pense à une tournée à Cuba, on imagine des conditions de jeu limite insalubres, mais ce n’était pas du tout le cas.

A : En effet ce n’était pas du tout ça ! Comme c’est quelque chose géré par l’Etat, ils mettent les moyens et font vraiment en sorte que ce soient de bons concerts. On avait à chaque fois une scène, même si parfois c’était juste quelques caisses empilées. Ça allait du roots, au vraiment luxueux : quand on a joué à Santiago de Cuba, qui est la capitale du Sud, The Prestige était le deuxième groupe international à y jouer et le premier était le groupe qui passait juste avant nous. C’est à dire qu’on était la première tournée à aller jouer à Santiago de Cuba. Et là-bas on a joué dans un amphithéâtre, on avait l’impression de faire “Pink Floyd – Live At Pompei” quoi ! La salle était énorme, il y avait un écran LED derrière nous qui passait des images, des clips de MTV. Ils mettent les moyens pour diffuser la culture mais, les gamins présents à ce concert n’auraient jamais pu se payer un CD, un T-shirt de notre merch’ ou du matériel musical, même des cordes, des baguettes. Ça n’existe pas là-bas. Tous les concerts étaient gratuits, du coup, ça amenait entre trois cent et mille personnes chaque soir, ce qui représente beaucoup de monde. C’était vraiment plaisant de jouer là-bas. Certes les conditions n’étaient pas folles, notamment car le matériel était assez vieux et pas forcément adéquat pour jouer ce genre de musique, mais il y avait beaucoup de bonne volonté et mine de rien, un peu de budget quand même.

Etiez-vous rémunérés ?

A : Non, non. On a payé nos billets d’avions et nos nuits d’hôtels. Tout le reste était pris en charge. Il ne nous est jamais venu à l’idée d’être rémunéré et on n’aurait pas accepté s’il y en avait été question. Cela représente un budget certes, mais c’est le prix à payer pour vivre une telle expérience. On préfère mettre huit cent euros pour aller jouer à Cuba plutôt que pour faire la première partie d’un groupe américain en Europe.

A bon entendeur.

A : Exactement ! (rires) Non mais ce n’est surtout pas dans nos principes. C’est peut-être un peu brut de le dire comme ça mais c’était un peu comme une tournée de soutien. On peut soutenir des associations, des ONG dans le monde entier, nous on a décidé de mettre notre argent au service de la musique, au service de ces jeunes qui n’ont l’occasion de voir du metal que deux fois dans l’année et on est vraiment fiers de l’avoir fait.

En même temps, c’est l’essence même du hardcore.

A : C’est ça. Je pense que tous les groupes que l’on côtoie, qu’on apprécie partagent cette vision-là : on fait de la musique avant tout. Si on était là pour faire de l’argent, on ferait de l’électro dubstep minimaliste. Mais si tu fais du hardcore comme nous, ce ne sera jamais pour être célèbre et on est même plutôt fiers de ne pas être célèbres.

Du coup, ça a donné des idées à d’autres groupes français ?

A : Oui ! Puisqu’on s’est vraiment bien entendu avec l’équipe, j’ai eu la chance de rencontrer la personne qui s’occupe des échanges culturels à Cuba. Je lui ai dis tout le bien que je pensais de cet événement, à la fois pour les groupes étrangers et pour le peuple cubain. Et on a décidé ensemble qu’on reviendrait à Cuba en février 2016, et qu’on ramènerait des potes avec nous. On va proposer une affiche qu’on aimerait faire tourner en Europe, mais on ne peut pas parce que… peut-être pas assez de public pour ça. On amène tous nos potes avec nous, ce sera une très très belle tournée. On annoncera les noms définitifs un peu avant l’été.

Ça donne presque envie.

A : Ah mais venez ! Il y a de la place dans le bus ! Payez vos billets d’avions, l’alcool est pas cher, la nourriture non plus, quoique pas très bonne.

La nourriture cubaine n’est pas bonne ?

A : Oula ! Tu me lances sur un sujet épineux et inépuisable… Pour te présenter le truc, les touristes et le peuple ont longtemps été séparés à Cuba. Cette ségrégation a commencé quand l’Etat cubain a commencé à comprendre que le tourisme allait leur rapporter de l’argent et que donc, ils ont décidé qu’il fallait tout donner aux touristes. L’Etat a construit des sortes de cantines-restaurants dans lesquels les touristes vont. Le souci est que le peuple cubain voit les touristes passer mais ne gagne jamais d’argent par rapport à ça. Donc l’Etat leur a laissé l’opportunité d’ouvrir des restaurants privés. On y mange un menu entier, boissons comprises, dix euro par personne. Pour nous c’est tout à fait abordable, même très accessible. Sauf que dix euro c’est les 2/3 du salaire mensuel moyen d’un Cubain. Donc c’est absolument impossible pour eux de se le payer.  Et ce qui arrive c’est qu’ils limitent l’accès à certaines nourritures au peuple cubain pour en favoriser l’accès aux touristes. C’est à dire qu’en tant que touristes, on peut trouver à peu près tous les aliments que l’on souhaite dans les hôtels et dans les restaurants pour touristes. Les Cubains n’ont pas cette chance. Ils n’ont, par exemple, le droit qu’à cinq œufs par semaine par famille. Le lait est réservé aux nourrissons. Jamais tu ne trouveras de steak, de dorade, de homard chez un Cubain, c’est hors de prix pour lui. Toutes les choses accessibles aux touristes, ne le sont pas pour le peuple cubain. Et comme nous étions entourés de Cubains, on a vécu Cuba à la cubaine. Donc on mangeait tous les jours la même chose : on n’avait le choix qu’entre du porc ou du poulet, du riz avec des haricots noirs et parfois de la banane séchée ou frites. Donc c’était pas facile tous les jours, mais ça tient bien au corps et ça évite d’avoir la tourista, ce qui est un plus non négligeable ! (rires)

Pour en revenir à cette future tournée en 2016 : pourquoi proposer un tel plateau là-bas alors qu’en Europe ce n’est pas quelque chose d’envisagé ?

A : On pourrait le faire en Europe, il y a les structures et un public pour ça. C’est quelque chose de réalisable seulement, à la fin de la tournée on se trouverait avec des frais engagés pour cette tournée assez importants. On passerait des bons moments, sans aucun doute, mais la note serait salée. Dans le même temps, et pour un investissement financier semblable, on aurait la chance de proposer à un peuple, qui n’en a pas l’habitude, une découverte de groupes aux styles différents avec en plus l’opportunité de vivre des moments et d’être confrontés à des choses incroyables et dépaysantes. Le tout sous un magnifique soleil, ce qui est très agréable.

 

 

Du coup, l’idée de filmer ce mini-reportage, c’était quelque chose de vraiment pensé ou vous avez proposé à Berzerker de partir avec vous sans trop s’attendre à ce qu’il en ressortira ?

A : En fait, je crois que l’on a proposé à Ben de partir avec nous et de nous filmer sans trop savoir où ça nous mènerai. On était persuadé qu’il y aurait de belles images et on se disait qu’au pire, on ferait un beau clip live et voilà. Mais en arrivant sur place et en filmant les premiers jours, on a tous été touché par ce qu’on voyait et on s’est dit qu’il ne fallait plus que le sujet central du truc soit le groupe, mais vraiment le rapport à Cuba que l’on a pu avoir. Voilà pourquoi on aime à appeler ça un mini-documentaire. Certes, c’est vu au travers des yeux du groupe, mais le but était surtout de retranscrire ce qu’on a vécu là-bas. On l’a envoyé à beaucoup de groupes qui ont participé à cette tournée aussi et ils se retrouvaient dans la passion à laquelle ils étaient confrontés en tournant à Cuba. Donc on est fiers d’avoir réussi à respecter cet état d’esprit, même si à l’origine l’idée était peut-être plus de faire un tour report. On a pris Ben dans nos bagages, un peu de soleil ne lui a pas fait de mal et puis en plus, avec sa barbe, pendant quinze jours on l’a pris pour Fidel Castro ! (rires)

Tu m’avais parlé de documentaire à votre retour de Cuba et, au vu des documentaires que les groupes sortent ces dernières années, on pense à The Chariot, Architects, Bring Me The Horizon… On s’attendait à quelque chose de plus long ! Ces sept petites minutes sont même frustrantes, on veut en voir plus !

A : Il y a deux paramètres à prendre en compte : déjà on a tourné ces images sans trop savoir à quoi s’attendre. On a dérushé plus de six heures de vidéos et au final, il y avait une heure d’images qui étaient vraiment utilisables. Ensuite, quand tu tournes un documentaire, certes sur Cuba, mais à travers les yeux de ton groupe, c’est compliqué d’avoir la prétention de penser que les gens vont s’y intéresser plus de six minutes. Je suis un grand fan de The Chariot, mais je trouve leur documentaire beaucoup trop long. On a préféré créer la frustration plutôt que créer l’ennui. Il fallait aussi que ça tienne sur l’une de nos chansons du nouvel album. La chanson que vous entendez en fond c’est exactement celle que vous entendrez sur l’album, sans ma voix et avec une boucle de guitare pour qu’elle soit un peu plus longue. Aussi, quand on y retournera l’an prochain, on espère que Ben pourra venir avec nous, car on a un autre projet dont on parlera un peu plus tard.

Il y a notamment ce très beau passage où tu t’adresses à la foule en spécifiant que tous les groupes sont là ce soir pour le public, peu importe leurs origines etc. Avez-vous été victime, ou constaté une forme de racisme ou des discriminations à Cuba ?

A : On n’en a pas été victime, on n’en a pas vu non plus. Mais il faut savoir que Cuba est une île construite par le mélange, par l’immigration. Il y a des mots que nous n’avons pas traduit dans la vidéo, parce qu’ils ont des sens particuliers là-bas. “Chino” et “mulato” ça décrit un type de personne spécifique à la population cubaine. Un “chino”, c’est un métisse d’origine indienne, avec les yeux bridés par exemple, mais dont le reste des traits seraient européens. Après, le message véhiculé ce n’était pas tant “aimez-vous les uns, les autres”, c’était plus “nous qui sommes sur scène, on n’est pas différent de vous”. Je n’aime pas jouer sur une scène physique, car ça me donne l’impression d’être supérieur aux gens. Ce n’est pas ma manière de concevoir la musique, moi je dois être avec les gens. C’était vraiment une main qu’on leur tendait en leur disant que, même si on a fait huit mille kilomètres, nous sommes les mêmes personnes, nous aimons la musique pour les mêmes raisons et on vous délivre un message ce soir d’égal à égal et pas comme des rockstars. Il y a aussi que pour le public cubain, un groupe joue sur scène. Je fais à chaque concert des passages, ou des chansons entières dans la fosse, car je n’aime vraiment pas être sur une scène. Et pour eux c’était quelque chose d’inimaginable. Les groupes cubains jouaient sur scène, parce que c’est un honneur pour eux de monter sur scène. Mais quand je descendais avec eux, toujours avec cette idée de briser des barrières qui n’existent pas entre eux et nous, il en émanait quelque chose de vraiment très fort.

Par extension, on imagine que vous avez cherché à partager le plus de moments possibles avec le public avant ou après tous les concerts ?

A : Oui, on a vraiment passé énormément d’heures à parler et à échanger avec eux. On a la chance de plutôt bien parler espagnol, du coup on restait de longues heures avec eux après les concerts à parler. À La Havane, il y a cette avenue où tous les “frikis” (ceux qui écoutent du metal) traînent et on y a passé toute la nuit. Au minimum on restait avec eux jusqu’au milieu de la nuit. On ne comparait pas forcément nos vies, mais on parlait simplement. Ils sont très curieux, et nous aussi car c’est vraiment un monde à part. Ils sont drôles, ils ont les mêmes références que les nôtres. On a réussi à parler de “Games Of Thrones” par exemple ! Même s’il y a un embargo, même s’ils n’ont pas Internet là-bas, ils arrivent à faire parvenir des clés USB avec les épisodes. Donc voilà, on a réussi à parler de pleins de choses. C’est aussi comme ça qu’on a réussi à découvrir et à beaucoup aimer ce pays : en partageant ces moments comme si la musique, au final, n’était qu’une excuse.

Est-ce que cette expérience a eu une influence sur l’écriture du deuxième album ?

A : Il faut savoir qu’au moment de la tournée, l’album était déjà en grosse partie écrit et les voix étaient posées. Après, comme j’utilise pas mal de double sens dans mes textes, en les relisant maintenant, on peut se rendre compte que ça y fait écho presque sans faire exprès. La chanson “Léger De Main” qui parle de partir en tournée et de jouer dans des endroits au fin fond de la Pologne vides, peut aussi évoquer la solitude que peuvent ressentir les Cubains. Le fait de vivre sur cette île, d’avoir des rêves et des envies d’ailleurs mais d’être bloqué dans un endroit où il ne se passe pas grand-chose. Sans le vouloir, les textes font écho à cette expérience.

 

 

Ce qui prouve que ce voyage, bien que surprenant dans la carrière d’un groupe de hardcore français, est tout à fait cohérent et tout à fait en adéquation avec les valeurs du groupe.

A : Tout à fait, c’est d’ailleurs pour ça qu’on n’a jamais hésité à partir. On nous a contacté, on nous a dit qu’on avait l’opportunité d’aller jouer dans un endroit où les gens n’avaient pas énormément accès à la musique alors on n’a pas hésité une seule seconde.

Cette expérience ne t’a pas donné envie d’initier la venue de groupes cubains en France ?

A : Le souci est que pour que les groupes puissent partir de Cuba, il faut que tu puisses prouver que tu peux subvenir à leurs besoins, les héberger et payer leurs billets d’avion. Donc tu dois fournir tes fiches de paie, donner accès à ton compte en banque etc. Dans l’idée c’est réalisable, mais nous The Prestige, petit groupe français, financièrement on ne pourrait pas gérer tout ça. Mais si David ou si une association trouve des financements pour le faire, nous serions ravis de les aider. Ils ont de bons niveaux, parfois les chansons sont bonnes, parfois moins, comme dans tous les groupes du monde, mais ils n’ont vraiment pas à rougir face à la scène européenne ou nord-américaine.

 

 

Site web : wearetheprestige.com

Nathan Le Solliec
LE MONDE OU RIEN