Interviews

THE EARL GREY & OLIVIER DELATTRE (27/10/11)

Quelques heures avant le concert gratuit du Réservoir, Alexandre de la formation parisienne pop punk et Olivier, claviériste du groupe mais également artiste à part entière, nous accordent un peu de leur temps pour faire le point et nous parler de leurs projets à venir.

The Earl Grey

Peux-tu nous présenter ton projet en quelques mots ?


Alexandre Ragon : C’est un projet solo qui s’appelle The Earl Grey. Je fais de la pop depuis maintenant deux ans. On va prochainement sortir notre album avec Next Dimension Gears en collaboration avec Insight Studio qui appartient à ma maison de disque. L’album a été masterisé aux Etats-Unis par UE Nastasi, le mec qui a participé au premier Panic! At The Disco, le dernier Summer Set. En parallèle, on réédite aussi le “In this Memory EP” en physique. Voilà ce qu’il en est du projet The Earl Grey.

C’est donc un projet solo mais tu as décidé de rester accompagné d’un groupe ?


A : En studio, je suis tout seul mais effectivement, sur scène on est un groupe. Je préfère avoir une cohésion de groupe, que l’on marche ensemble et les morceaux ne sont pas joués du tout de la même façon sur scène ce qui permet aussi aux musiciens d’y trouver leur plaisir. On réfléchit donc ensemble en concert. Par contre en studio, j’ai quelques désirs artistiques et je tiens à m’épanouir pleinement.

Dans une interview d’il y a à peu près un an, tu parles de l’album et tu précises que tes morceaux sont déjà prêts, comment ont-ils évolués ?


A : J’en ai jeté par mal car le simple fait de faire un album solo me terrifiait pas mal. Pour moi c’est censé être mon premier album, donc avoir les meilleurs titres que j’ai composé jusqu’ici. Rien que ça, ça me faisait flipper. C’est en collaborant avec ma maison de disque qu’on a donc réussi à trouver les bons arrangements, sélectionner les bons morceaux. Avant, j’étais vraiment tout seul, j’avais les morceaux en soi mais je n’arrivais pas à avoir une vision plus terre à terre du disque par rapport au format, la longueur des morceaux et tout ça. Au final, j’ai gardé quelques morceaux initialement prévus et j’en ai recomposé pas mal et je les ai bien fait évoluer.


De quoi parle ton album ?


A : C’est un album assez éclectique. Je parle de beaucoup de choses assez personnelles, des périodes un peu sombres de ma vie, notamment ma vie familiale. Il y aussi quelques chansons un peu plus légères, de la jeunesse, de la révolte, je pense à “Sixteen Years”. Pour moi, quand j’avais seize ans je voulais faire de la musique et ce n’était vraiment pas approuvé par ma famille. C’est donc un album assez personnel, sur mon parcours jusqu’ici. J’ai préféré de choses qui me tenaient vraiment à cœur dans lesquelles j’étais très impliqué au premier degré de façon à ce que ça parle plus au gens qui écoutent ma musique.

On a entendu parler de quelques invités sur ton album, peux-tu nous en parler ?


A : Effectivement, il y a les Chunk! No Captain Chunk! sur le titre “We Are Young”. On retrouvera aussi Mary Has A Gun. On est un peu les meilleurs amis, on se connaît depuis super longtemps donc je voulais vraiment qu’ils collaborent sur le disque. Il y a aussi Olivier sur une chanson.


Toujours dans cette même interview datant de l’an dernier, tu parles de l’importance que tu accordes aux choix du label, as-tu trouvé chaussure à ton pied ?


A : Ca a été très compliqué. En fait, avec mon ancienne manageuse on avait déjà cherché des labels et j’ai vu des directeurs artistiques me dire “oui je comprends ce que tu fais, c’est intéressant, il faudrait tout en français, tout en électro, rajouter des trucs et tout… “. Je ne suis pas contre ce genre de trucs, c’est juste que ce n’est pas moi. Ca ne me correspondait pas donc j’étais hyper frustré ! Par la suite, il y a eu cette structure qui s’est montée avec des gens que je connaissais déjà d’avant, avec qui musicalement j’étais déjà en phase complète donc ça a été beaucoup plus facile. Ils ont eu des moyens tant financiers que techniques pour arriver à m’aider donc là c’est vraiment le bonheur ! Quand je suis en studio je n’ai pas un gars qui veut à tout prix rajouter quatre ou cinq synthés ! Je suis très fier de cet album. J’espère que ça va vraiment défoncer !

Une date de sortie ?


A : Pour l’instant il n’y a rien d’arrêté. Ma maison de disque cherche des distributeurs, autant en Europe qu’en Amérique et donc quand j’en saurai un peu plus je vous balancerai l’info !

Des projets par la suite ? Tu espères t’exporter aux Etats-Unis par exemple ?


A : Si tu veux, j’ai un peu un discours mitigé par rapport à ça ! Il y a pas mal de mecs de la scène qui disent justement “nous de toute façon c’est mort pour la France…”. Personnellement je n’ai pas cette vision-là, j’adore jouer en France, c’est ce qui m’a fait découvrir la musique. J’ai les moyens de jouer de la musique en France. Pour moi si je signe chez un distributeur mortel en France je suis hyper content dans la mesure où les gens comprennent mon délire ! Par ailleurs, et c’est additif, si j’arrive à signer sur un label étranger, américain, japonais, qui est dans mon délire c’est mortel aussi ! Pour l’instant, je suis dans une maison de disque qui me comprend, c’est simplement du bonheur ajouté. Je tiens vraiment à jouer partout et faire partager ma musique à tout le monde !


Un deuxième album déjà en route ?


A : Oui, c’est fou, je n’arrête pas de composer.  De plus, dans des styles assez différents ! Un peu à la Get Up Kids, emo rock à l’ancienne à la Save The Day. J’écoute beaucoup de choses comme ça ! D’ailleurs avec Ryan Pope, le batteur des Get Up Kids, on espère faire une collaboration musicale en sortant un EP qui serait gratuit ! J’écoute vraiment plein de choses et je tiens vraiment à faire de la musique que j’aime !

Olivier Delattre


Peux-tu te présenter à nous en quelques mots ?


Olivier Delattre : Je m’appelle Olivier Delattre, mon projet s’appelle Olivier Delattre comme ça c’est encore plus simple ! Je fais de la musique depuis maintenant dix ans et ça fait grossièrement cinq ans que j’ai commencé à écrire. C’est de la chanson française folk. Il n’y a pas particulièrement de lignes directrices, juste la simple envie de faire de la musique et de la partager avec les gens sur scène. Ca vient de là et j’ai maintenant envie que ça devienne un peu plus professionnel pour élargir encore le public.


Quelle a été ta principale motivation pour mettre en place ce projet ?


O : La principale motivation c’est de faire quelque chose de productif. J’ai commencé par faire quelques court-métrages, j’ai été un petit peu comédien, j’écrivais quelques petits scénarios. Ca ne restait qu’entre potes mais bon ! A coté de ça je faisais toujours de la musique et différentes expériences. Je me suis mis à écrire des chansons comme ça, pour le plaisir et je me suis rendu compte que c’était vraiment ça qui me faisait le plus plaisir ! Ca a marché un petit peu auprès des gens à qui je les présentait donc j’ai continué et maintenant j’en suis au point où j’ai envie de faire grossir tout ça au maximum.


Tes influences ?


O : C’est de la chanson française donc les influences restent assez basiques, Brassens, Brel, des choses qui parlent. Ensuite il y a Renaud, les débuts de Maxime Le Forestier qui étaient uniquement guitare/voix. On peut aussi citer Dylan par exemple, des artistes assez anciens. Je ne revendique aucune originalité. Tout démarre d’un guitare/voix et après c’est là que ça ramène d’autres instruments avec le concert qui va être accompagné d’une basse, une batterie et un piano pour nourrir un peu les arrangements.


Tu es donc seul en studio ou accompagné de ton groupe ?


O : Principalement oui. Alexandre m’a aussi accompagné à la guitare pour des petits arrangements. C’est un EP trois titres pour l’instant, autoproduit, c’est donc encore assez basique dans la mesure où ça a dû être fait assez rapidement et ce n’est pas très recherché encore. Je suis convaincu que les chansons ont encore quelque chose à donner. C’est super agréable d’entendre les morceaux accompagnés d’autres arrangements et pas uniquement guitare/voix ! Ca fait ressortir des choses dans la chanson que l’on n’a pas quand on a seulement le truc de base. D’autre part, pour moi, l’idée c’est de rencontrer des gens ! Je ne suis pas musicien de formation, j’ai appris la guitare comme beaucoup de monde tout seul dans ma chambre, donc ça me sert pour composer mais je ne suis pas guitariste. Je ne vais pas taper des solos de malade et tout. J’ai donc l’envie de rencontrer des gens, et c’est ce qui arrive, et quand les gens comme Alex entendent mes morceaux ils me font part de leurs idées concernant son enrichissement et tout ! C’est vraiment ça, filer quelque chose de brut, une chanson où il y a le texte et la mélodie et puis tous les mecs que je rencontre leur dire “Tiens, qu’est-ce que tu veux faire avec celle la ?”. Réussir à faire partager le morceau. Pour l’instant je suis très content, cela se déroule très bien !


Quelques mots sur l’EP ?


O : Ce sont trois titres qui essaient d’être assez larges sur ce que je peux faire. Il y a une chanson assez mélancolique, une autre chantée en anglais très très folk un peu à la Dylan ou Moldy Peaches, ce genre d’influences. Une autre un peu plus énervée avec un message un peu plus revendicateur même si ce n’est pas clairement dit. J’essaie d’éviter le “pas content” mais avec plusieurs niveaux de lecture. C’est donc ce que je fais assez généralement, ce sont des chansons mélancoliques, d’autres amusantes… Ce sont trois titres qui montrent la palette d’univers que j’essaie de produire.


Quand est-ce que tu as composé ces chansons ?


O : Celles présentes sur l’EP sont assez anciennes. Celles que joue maintenant, pour la plupart, sont assez récentes mais celles-ci sont trois chansons dans les premières que j’ai composé et qui font partie de celles qui ont survécu (rires). En effet, ça vole pas mal parce qu’écrire des chansons, on ne sait pas trop comment ça se passe. En fait, je voyais les autres faire et je me disais que je serai complètement incapable de le faire. N’ayant aucune formation musicale, je pensais qu’il fallait vachement de trucs et connaître la musique. Bien sûr je pense que c’est mieux sur certains points mais c’est drôle de voir comment une chanson va venir avec un thème et un an plus tard on va en écrire une autre qui va être sensiblement sur le même thème mais qui va être meilleure car elle sera plus subtile et on va alors virer la première qu’on avait écrite ! Les chansons, en ce qui me concerne, se superposent un peu ! J’espère en se bonifiant ! (rires) Mais il y a un peu ce système de superposition dans les thèmes parce que lorsqu’on écrit, on a quand même assez souvent les mêmes thèmes qui reviennent, on ne va pas partir dans mille directions. On parle de choses qui nous touchent donc forcement, les thèmes reviennent un petit peu. Tu écoutes n’importe quel chanteur, du moins, moi c’est ce que je vois, les gens ont quatre ou cinq thèmes qui reviennent et qui tournent un peu en rond dans les chansons. Mais le jeu c’est de trouver des façons de le faire pour que cette boucle ne soit pas trop chiante. Donc celles de l’EP sont assez anciennes oui, elles ont de trois à quatre ans. Concernant les nouvelles, j’essaie d’aller dans d’autres directions, de faire des choses un peu plus pop, plus efficace pour ne pas rester trop dans le mélancolique. Parce que, ce qui est intéressant, c’est de faire quelque chose d’efficace. Je ne sais pas si j’y arrive mais en tous cas j’aurais essayé ! (rires)


Une date de prévue pour cet EP ?


O : L’EP va être en vente sur la tournée qu’on va faire en novembre et comme c’est auto produit, les CD vont être en vente sur les tables de merch dans les différentes villes où on va passer.


A : Non, en fait ça sera carrément en format cassette ! (rires)

Tu prévois un album toi aussi par la suite ?


O : J’espère bien ! Le projet est bien moins avancé que celui d’Alex donc c’est vrai que c’est encore au début mais j’espère faire un album. De toute façon j’espère en vivre ! J’ai cette idée un peu folle de vivre de la musique donc j’ai cette naïveté de la tenter mais oui, je compte faire un album à un moment ! Là je suis encore dans l’EP donc on va voir ce que ça donne, les retours que je vais avoir par rapport à ça. La tournée, donc aller à la rencontre des gens ça c’est le pied, voir ce qu’ils pensent des chansons, pouvoir en discuter ce que les gens ressentent et voir avec des gens professionnels ce qu’ils peuvent penser de ce projet à partir de l’EP et aller vers un album si la route continue comme ça. Carrément, ca serait super !

A partir de quand ce projet solo est-il donc devenu sérieux dans ta tête finalement ?


A : Hier soir, à 20h30 non ?

O : Oui, oui, c’est ca, hier soir à 20h30. J’ai vu un live de Michel Sardou et c’était vachement bien ! (rires) C’était génial ! Non, en fait c’est sérieux depuis le début, du moins cette envie que ça marche, c’est sérieux depuis le début. C’est cette envie de vivre d’un truc créatif en fait. C’est ce dont je me suis rendu compte en “m’auto-questionnant” (rires). Ce qui est vraiment d’autant plus intéressant dans la chanson, et surement un peu fainéant de ma part, c’est que l’on a un résultat qui est immédiat, guitare/voix on écrit et on a un truc ! Un film il faut beaucoup de courage mais aussi de patience ! Même un court-métrage, il faut l’écrire, il faut le jouer, il faut le monter…


A : Ne faites pas de films, faites des chansons ! (rires)


O : Non, les courageux faites des films ! (rires) C’est çca qui m’a plu dans la chanson mais aussi le plaisir d’être sur scène. Ca brasse beaucoup de choses la musique ! C’est un truc tellement universel ! Même chanter une chanson à quelqu’un qui ne parle pas la langue, il y a toujours un truc qui passe… ou qui ne passe pas, dans ce cas là la chanson est loupée ! (rires) Jusque-là, j’ai toujours eu la chance d’avoir du talent donc c’est plutôt cool ! (rires) Enfin c’est toujours ce que m’a dit ma mère ! (rires) L’envie est donc sérieuse depuis le début même si j’y crois de plus en plus quand je vois que ça avance et ca fait vraiment plaisir, une rencontre, quelqu’un qui parle du truc, qui dit que c’est bien, ça fait toujours plaisir ! Un bisou, un câlin, une main tendue, n’importe quoi ! (rires)

Cette envie créative peut d’ores et déjà se développer au sein de The Earl Grey, qu’est-ce qui t’as poussé à mettre en avant ce projet solo ?


O : Ce n’est pas du tout la même musique ! Moi, The Earl Grey, la musique qu’ils écoutent, je n’écoute absolument pas et je pense que si ils n’étaient pas venus vers moi je n’aurais pas eu sans doute l’ouverture ou l’idée de l’écouter parce que je ne suis pas ouvert comme ce garçon (ndlr : Alex), c’est certain ! (rires) Donc ce n’est pas pareil ! Mais d’être “musicien”, par rapport à mon parcours, je n’aurais jamais pensé être musicien d’un groupe car à la base mon projet solo, je me base plus sur mes qualités nous dirons “d’auteur”, que cela est prétentieux (rires), que de musicien. Je ne me sens pas du tout musicien même si là je suis obligé de m’y sentir de plus en plus et ca fait super plaisir ! Mais ce sont deux projets différents et au fur et à mesure j’ai tout de même envie de dire des trucs et il y a l’envie d’écrire en français parce que c’est quelque chose que j’adore ! J’aime beaucoup la chanson française !


A : Voilà, c’est dit ! Comme ca, si jamais ca se passe mal avec The Earl Grey, il pourra se défouler sur ses disques, sur une chanson qui s’appelle “Alex” ! (rires)


O : Pour cet album, oui je pense. (rires) Donc ce n’est pas du tout le même truc, The Earl Grey c’était quelque chose qui n’était pas programmé et ça me fait tellement plaisir que ça se passe comme ça. C’est l’expérience et c’est cool ! Donc le projet solo c’est vraiment un autre truc et ca permet aussi de multiplier les possibilités de réussir à faire quelque chose. De toute façon c’est aussi ça l’idée de continuer les deux projets à côté.


Et d’un point de vue instrumentation, tu es claviériste dans The Earl Grey et guitariste dans ton side project. Comment as-tu choisi ?


O : Je me suis mis à la guitare car j’en avais embarqué une en partant de chez mes parents, faire mes études. J’ai appris avec un dictionnaire d’accords et j’avais appris les accords au piano mais vraiment vite fait, juste pour composer, surtout m’amuser. Et je ne prends pas le piano, car je ne suis vraiment pas pianiste et que la guitare permet, je pense, de plus planquer le fait que je ne sois pas musicien que le piano (rires). En plus, je n’avais de piano avec moi quand je suis parti donc ca ne m’a pas permis d’apprendre vraiment ! Apprendre dans le vide j’ai essayé mais ca n’a pas de sens. (rires)


A : Il joue bien quand même ! Parce que là tu te décrédibilises ! (rires)


O : Non mais j’ai tellement de respect pour les vrais musiciens ! Moi, je sais que je n’en suis pas un mais je joue de la guitare mieux qu’un mec qui ne sait pas en jouer et j’espère en jouer largement assez bien pour que ca passe et je suis certain que j’ai tout de même un niveau (rires). Mais voilà, les vrais musiciens, les vrais guitaristes c’est leur truc, les mecs écrivent juste moins bien (rires). Et le clavier, c’est pareil, c’est Alex qui m’a fait confiance, il m’a dit qu’il y avait une place. Je lui ai dit que je n’en jouais pas et il m’a dit d’apprendre ! J’ai appris, j’ai fais mon maximum et je continue à apprendre car j’ai encore plein de choses à apprendre avec cet instrument, ca fait super plaisir ! Si je pouvais jouer de n’importe quel instrument ca serait un super plaisir, c’est quelque chose de fascinant, c’est formidable ! Mais c’est encore la confiance de cette superbe personne qui m’a dit “Tu as le clavier, il est là, maintenant tu apprends à jouer”. Mais pour le projet solo je continue à la guitare, je préfère trouver quelqu’un qui sait vraiment jouer au clavier, qui va trouver un truc plutôt que moi, c’est peut être de la fainéantise, prendre le clavier. Je préfère faire ça avec plus de gens, je préfère partager vraiment un truc. Ce n’est pas renfermé, ce n’est vraiment pas l’idée que j’ai du truc donc voilà, guitare et clavier ! Deux univers différents !


The Earl Grey & Olivier Delattre

Comment vous êtes-vous rencontrés ?


A : Alors, j’étais aux chiottes…


O : La porte était ouverte donc je suis rentré…


A : Tu étais par terre et tu m’as fait pitié et bon, au début, déjà j’ai pissé ! Après j’ai un peu pissé sur lui… (rires)


O : Là je me suis réveillé !


A : Non, mais comme tu dois un peu le savoir, les musiciens qui veulent un peu vivre de leur musique font énormément d’années de petits jobs.


O : Pour rencontrer des gens surtout !


A : Et je l’ai rencontré parce qu’on était surveillants au collège Charlemagne. D’ailleurs BIG UP au collège Charlemagne ! Et ensuite ça a été très naturel. Je lui ai proposé de l’aider pour son projet, chose que je continue à faire. J’ai fait de la guitare sur ses titres. Ca a très bien marché, le feeling autant artistiquement qu’humainement et ensuite je lui ai proposé cette place de clavier. On a enregistré l’EP, j’ai voulu faire une tournée acoustique sur laquelle il me rejoint.


O : Où je ferais la première partie acoustique et ensuite je serais avec The Earl Grey en acoustique pendant tout le mois de novembre.


A : Et c’est aussi l’entente entre tous les musiciens, le tourneur Stéphane Minier de Distortion et Julien Pommier d’Eldorado & Co. Ils ont kiffé aussi. Ca prouve qu’on peut.


O : C’est un vrai coup de bol franchement ! Je suis allé chercher du travail un matin. Tu étais là depuis deux semaines, c’est le premier collège que j’ai fais car je suis à coté et on m’a dit “si tu peux commencer demain c’est parti”, bon et bien je suis libre demain ! J’ai donc rencontré cette personne et ça s’est très bien passé, tous ses musiciens ! Ca s’est aussi très bien passé et tous les gens qui sont dans cette scène “pop rock gros metalcore” que je ne connaissais pas du tout ! (rires) Ces gens sont très sympathiques malgré tous leurs tatouages et leurs oreilles percées même si c’est un peu étrange au début. (rires)


A : Non mais quand j’entends tous ces discours “La France c’est que de la merde”. Il n‘y a pas moyen dans le style que l’on fait je suis d’accord mais il n’y a pas de barrières ! On a fait la première partie de Vaya Con Dios, on est un groupe de pop punk et on a pris nos acoustiques et on est allé devant une Cigale avec des gens de 35-40 ans qui étaient assis en costards et puis on a joué notre musique et les gens ont applaudi donc voilà !


O : Oui c’est vraiment des bonnes rencontres ! Même dans le groupe, les gens viennent d’horizons assez différents, tout le monde va dans le même sens ! J’espère que tout ca va continuer car ca fait vraiment plaisir d’être arrivé là !

Du coup, cette tournée a été logique pour vous ?


A : Complètement. Quand j’ai commencé à penser à cette tournée, je me suis dit, en acoustique, il n’y avait pas d’autres personnes qu’Olivier, même pour l’adaptation en électrique ! Dès que je peux faire découvrir à mon public aussi qu’il n’y a pas de barrières justement, pour moi ce n’est que bénéfique ! C’est naturel ! Après je sais que ce soir on va jouer avec un autre artiste qui a été saxophoniste avec les BB Brunes et qui fait encore un truc un peu différent. Nous c’est un peu plus variété française pop. Et je vais d’ailleurs refaire une date avec lui le 29 novembre ! Si je peux continuer ça sera cool, si je peux les aider à tourner ensemble ça sera cool aussi parce que c’est français français ! Donc oui, pour moi c’était naturel !


Et vos attentes face au concert de ce soir au Réservoir ?


O : Tout casser je crois !


A : Un Coca ! (rires) Non, pour le concert de ce soir j’attends énormément du public ! Qu’ils voient qu’Olivier Delattre c’est un groupe aussi en électrique, que ca peut envoyer du bois, que ca peut être aussi fort que The Earl Grey et que ce n’est pas “non, aucun rapport” !


O : Oui, j’attends énormément cette date ! C’est la première fois que je vais jouer avec cette formation, une formation aussi dynamique ! Il va falloir que ça envoie. Je suis a fond, tous les musiciens sont à fond ! Alban va faire le clavier sur mon set, ils vont faire une chanson tous les deux (ndlr : avec Alex) donc toujours cette idée de mélanger et partager les chansons, les univers et il faut que ça envoie ! Avec The Earl Grey pareil ! Les deux ça va être un très gros concert ce soir !


A : En plus, on a vraiment beaucoup travaillé, enfin je parle perso parce que je n’ai pas suivi toutes les répétitions d’Olivier Delattre. J’en ai été à quelques unes et ils ont énormément travaillé aussi. Mais on a travaillé le show, les invités ! Il va y avoir des invités de tous les horizons ! Il va y avoir Vincent des Butchers Rodeo, Alban… Pour moi c’est un show qui va être complet, il va y avoir du rock, de la pop, un peu d’électro, du pop punk, de la chanson française… Ce soir c’est une espèce de festival mais avec deux formations donc j’attends beaucoup.


On vous souhaite bien évidement le meilleur et merci de nous avoir accordé de votre temps !


A : Un grand merci à RockYourLife! aussi ! On est super heureux d’avoir fait cette interview et j’espère qu’on bossera à nouveau très vite avec vous, tant pour Olivier que pour The Earl Grey parce que c’est vraiment agréable !

par Timothy

Sites web : myspace.com/theearlgreymusic

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Anthony Bé
Fondateur - Rédacteur en chef du webzine RockUrLife