Interviews

THE EARL GREY (28/04/15)

Quelques jours avant la sortie de leur nouvel album “Odyssey”, RockUrLife a eu la chance de s’entretenir avec les quatre membres du groupe français. Entre bières tièdes et spot aux abords du canal Saint Martin, les musiciens nous révèlent l’envers du décor de ce disque, ainsi que leurs projets futurs.

Bonjour à vous, comment allez-vous à quelques jours de la sortie de “Odyssey” ?

Félix Lejeune (guitare) : Très bien, merci !

Mike Vellard (basse) : Bien bien.

Alexandre Ragon (chant) : Très bien !

La dernière fois qu’on vous avez quitté, vous aviez un label, vous sortiez “We Are Young” (2012), vous faisiez quelques dates dans le monde et tout semblait bien aller. Que s’est-il passé depuis ?

A : Beaucoup de choses ! Les aléas de la vie d’abord, puisqu’on ne s’est plus très entendu avec notre label. Puis The Earl Grey est devenu un groupe depuis (ndlr : précédemment, TEG était affiché comme étant le projet solo d’Alexandre), donc j’imagine que cela a changé la donne. Maintenant les dépenses sont divisées par quatre, les responsabilités sont divisées par quatre, mais l’ambition est multipliée par quatre ! Je pense que c’est un système qui nous convient bien, sans être bloqué par des budgets : si nous avons envie de mettre plus, on travaille plus. Après si une offre intéressante s’offre à nous, on ne sera sûrement pas contre ! Mais pour l’instant, c’est dur et c’est une mise en place différente, voire parfois décourageante, qui, au final, nous motive plus.

F : Personnellement, j’ai vécu par procuration la période durant laquelle Alex, avec son projet solo, était signé sur un label et c’est vrai qu’à la fin de la période de “We Are Young”, j’ai senti qu’il aspirait à autre chose. Cela a été difficile : des remises en question, des périodes de doute, mais dès l’instant où il a trouvé cette ressource nécessaire pour ce projet et pour nous proposer à Gianni, Mike et moi de l’intégrer : on a tout de suite senti une dynamique différente. On a pris le taureau par les cornes tous ensemble pour justement multiplier ses forces et ses propositions par quatre et pour continuer ce projet avec plus de liberté, d’ambition et de plaisir.

L’indépendance vous impose aussi indirectement un petit travail à côté.

A : Personnellement, je ne fais que cela. Félix, Gianni et Mike, eux, bossent.

M : Moi je livre des bagels à domicile.

Toi aussi Félix, non ?

(rire général)

F : Alors, si tu veux, c’est un truc qui nous réunit : l’endroit où bosse Mike, nous y avons tous bossé un jour.

Gianni Messia (batterie) : Plus qu’un jour, même. (rires)

F : Gianni a aussi bossé dans le restaurant de bagels. Moi aussi j’ai livré et quand je suis parti, Mike a pris la suite. Sinon oui, il y a des galères d’argent, mais c’est un peu anecdotique comparé au plaisir de sortir un disque de nous-mêmes. Nous devons faire le nécessaire pour rendre le projet tel qu’on le souhaite. Et malheureusement, cela passe aussi par une période où nous devons cumuler les heures, des journées entières à ne pas dormir et à faire notre travail pour The Earl Grey et le reste. Heureusement, la motivation est un moteur de réussite.

Cela ne rend-il pas la chose plus difficile, d’avoir trois membres avec des horaires différentes ?

G : Non, pas du tout, car on arrive toujours à s’arranger. On s’adapte à l’emploi du temps des autres, même sans parler du travail, car on a tous d’autres choses à faire.

A : Ce qui contribue à l’avancée du groupe, c’est aussi la chance que j’ai de ne faire que cela. Du coup, il y a une dynamique où certaines choses seront faites par certains et puis rattraper par d’autres au niveau du temps. Une réelle répartition des tâches. Après, tous les jours j’ai quelqu’un qui vient me dire “ouais mais tu fais que ça” sans savoir que c’est un vrai travail ce que je fais. C’est même un travail d’autant plus chiant puisqu’on te dit que tu ne te lèves pas le matin et que tu n’as pas d’horaire fixe. Tu n’as pas besoin d’entendre ce genre de critique. Je me lève tous les jours et je travaille sans cesse, sans être pour autant payé tous les jours. Du coup, c’est parfois un peu frustrant. Heureusement, il y a des bons retours, comme lorsque nous avons dévoilé notre dernier clip et que l’envers du décor se révèle.

F : C’est appréciable parce qu’on s’investit tous dans le projet et qu’on a la chance de couvrir un certain nombre de domaines en interne, avec nos propres capacités. On ne dépend que de nous. Par exemple, je gère le community management, la communication, certaines créas etc.

G : On peut aussi se déplacer grâce au petit scooter de Mike !

C’est vrai ! Pour en revenir au changement de forme du groupe, est-ce que cette volonté d’évoluer était une envie personnelle ou relativement collective ?

A : C’était une idée commune. Après, savoir comment cela s’est fait exactement, je ne sais pas. On s’est dit que pour avancer au next level, il fallait prendre cette forme.

Pourtant, au début, tu vendais TEG comme étant ton projet solo sans pour autant renier tes comparses musiciens.

F : Parce qu’à l’époque, c’était son projet solo.

A : Voilà. Après, peu de choses ont changé. J’ai écrit quasiment tout l’album sauf deux chansons. Et encore, puisque j’ai quand même écrit les paroles de celles-ci. Donc sur certains points, le processus n’a pas changé. C’était vraiment par ambition et pour le live, pour partager quelque chose en commun.

F : Autant le fait de devenir un groupe nous a paru assez naturel, autant les bases du projet n’ont pas changé. Il n’y a aucune hypocrisie de notre part : aujourd’hui, dans chaque groupe, il y a une personne qui définit la ligne directrice. Alex, musicalement, nous offre cela. Nous sommes là pour donner notre version de sa ligne directrice. Il n’y avait pas d’envie particulière de venir tâcher ce qui fonctionnait déjà. C’est une nouvelle dynamique qui marche.

Et si une mélodie que vous propose Alexandre ne vous plait pas, avez-vous votre mot à dire ?

Tous : Bien sûr que si !

G : C’est difficile de faire valoir quatre idées et nous avons tous un avis personnel sur les chansons. Mais ce qu’il faut, c’est quelqu’un qui définisse, comme Félix l’a dit, un chemin à suivre. Pour l’instant, tout m’a toujours plu.

F : C’est aussi cela, l’un des fondements de The Earl Grey, c’est que chacun croit aux capacités des autres. Si nous avons accepté de faire ce groupe, c’est parce qu’on connait les capacités d’Alexandre. Si quelque chose ne nous plait pas, on le dira et pareil si quelque chose nous plait.

Parlons maintenant un peu de l’album. Depuis combien de temps travaillez-vous sur “Odyssey” ?

A : Depuis à peu près deux ans. J’ai dû faire des quelques recherches, lire des bouquins, histoire d’être renseigné au mieux sur le sujet pour pouvoir offrir un album un peu plus sombre, un peu plus rock. La période pop punk ne m’amusant plus, j’ai eu envie de quelque chose d’un peu plus mature.

M : Nous sommes tous un peu sur la même longueur d’ondes et nous avons tous grandi, donc l’envie de changement était générale. C’était le moment d’évoluer dans notre musique.

F : Dès les premières esquisses de morceaux, on avait le sentiment de faire un pas en avant, qu’Alexandre, en tant que compositeur, avait fait un pas en avant et que nous, en tant que groupe, allions faire un pas en avant. C’était indéniable. La musique s’est imposée d’elle-même et sa direction semblait la plus naturelle après un album pop comme “We Are Young”. Ceci dit, ce disque résumait bien à l’époque le background de notre chanteur et ses groupes précédents.

Comment t’es venu l’idée de parler de “L’Odyssée” d’Homère ?

A : Les mythes m’ont toujours intéressé. Ce sont des oeuvres fondatrices qui regroupent beaucoup de choses. “L’Odyssée” d’Homère parle des relations père-fils, des relations du héros avec le monde social, des ennemis qu’il rencontre. C’est assez représentatif de la société actuelle. Puis l’idée de voyage et d’isolement m’ont vraiment plu. J’ai donc beaucoup lu sur le sujet, puis j’ai décidé de proposer mon interprétation et je pense avoir écrit quelque chose de moderne et mouvementé. Je suis content de l’album parce que le résultat est envoûtant, comme je le voulais. Tous les morceaux se succèdent, comme un voyage, avec des tempêtes, des moments d’accalmies, des périodes un peu plus dansantes etc, mais toujours avec quelques arrière-goûts amères créés par des suites d’accords et des demi-tons. Au début, ce n’était pas facile de tout retranscrire de ma tête. Ma copine me demandait “mais comment tu fais pour ta musique ? Tu commences par les paroles, pas par la musique ?”. En fait, c’est le premier disque dans lequel le texte et la musique sont venus ensemble, naturellement. Pour parler un peu de l’enregistrement, ce disque fut aussi une épreuve pour moi, puisque j’ai enregistré avec Eric et Bertrand de Chunk! No, Captain Chunk! et la session des voix fut réellement difficile. Mais le résultat est parfait et pas brouillon.

F : En présentant l’album, nous étions heureux de constater que “Odyssey” n’était pas un simple commentaire de texte, mais bien un point de départ pour TEG. Cela nous a rassuré de voir que notre liberté d’expression était totale.

Partir sur une idée pour un concept-album, n’est-ce pas un peu difficile ? Egalement, pouvez-vous nous rappeler en bref “L’Odyssée” d’Homère ?

A : Alors, l’histoire est divisée en deux : “L’Iliade” et “L’Odyssée”. Celles-ci racontent le voyage légendaire d’Ulysse en plusieurs parties (comme dans l’album) : au début il y a Télémaque, son fils, qui raconte qu’il est triste de cette distance. Tout au long de son voyage, il va rencontrer des monstres, des étapes difficiles et des tempêtes. Et il va se passer en même temps, un double scénario avec Ulysse et sa famille, qui est restée, en plus de complots autour de lui. C’est une oeuvre hyper forte, parce qu’elle est représentative de notre monde. Quand on part en tournée puis quand tu reviens, sans me comparer à Ulysse (rires), les choses ont changé, les gens aussi. Alors que toi, tu t’es battu contre des pannes, des gens pas cools, contre les douanes. Un gros morceau accumulé par les musiciens.

Intéressant ! Et en ce qui concerne les difficultés de l’histoire ? Car passer d’un album personnel à celui-ci, plus dicté, relève, à priori, du challenge.

A : Non, car je n’ai pas fait mot pour mot ce qui s’est passé. C’est véritablement une adaptation moderne qui ne parle pas d’Ulysse. Je n’avais donc aucune limite, pas besoin de respecter le schéma, le contexte, juste de suivre un petit fil conducteur. Je ne parle pas, à proprement parlé, du cyclope, je suis resté dans un univers imaginaire ou s’entremêlent la réalité, les oeuvres, la musique et ce que j’ai vécu tout au long de ma vie. Comme un tableau fait de couleurs et de techniques différentes.

Dans cet album, et pour la première fois dans l’histoire de The Earl Grey, deux chansons ont été composées par deux autres membres. Un changement logique ?

F : Une par moi et une par Gianni ! On va dire qu’en tant que musicien, on enregistre des choses, on a des idées, on tente. Et parfois, cela colle à certains contextes. Je vais parler pour le titre “Sky Is The Limit”, puisque je l’ai composé et en l’occurrence, il collait complètement au contexte de “L’Odysée”. Alex cherchait un morceau pour faire basculer l’album vers sa deuxième moitié et j’avais cette idée non aboutie que j’ai poussé dans le sens du disque pour obtenir un titre charnière, très aérien qui pourrait presque être pris comme un interlude. Sauf que c’est un interlude qui possède du chant et des refrains. A partir du moment où Alexandre était d’accord pour que je creuse dans cette direction, tout est venu simplement : la structure est apparue, les arrangements aussi. La voix d’Alex s’est posée avec sa propre ligne de chant et celle-ci correspond totalement à ce que j’imaginais.

G : Pour ma part, j’ai composé “The Unicorn”. Comme disait Félix, on a pas mal d’idées à côté de The Earl Grey. J’ai commencé la batterie très jeune et j’ai toujours fait de la guitare. Quand Alex nous a proposé le projet, j’ai eu envie de composer quelque chose. J’ai proposé l’idée, j’ai enregistré cela avec Félix et nous l’avons travaillé ensemble. Après, j’aime beaucoup l’idée du passage de la chanson de Félix à la mienne, avec des violons en pizzicato pour après reprendre sur…

F : Des grosses guitares !

G : (rires) Exactement. Avec une sorte de fossé entre les deux chansons pour après retourner sur des titres aux accords maléfiques !

Et toi Mike, aucune envie de composer ta propre chanson ?

M : Je n’ai pas pour habitude de composer, donc je n’avais pas vraiment de raison de me proposer pour cela. Ce n’est pas l’envie qui me manque, mais ce sont les idées. Même s’il m’arrive d’en avoir parfois, je ne trouve jamais le truc pour en faire une chanson. Et là, en plus, avec le thème de l’album, j’aurais eu peur que cela ne paraisse pas naturel, voire forcé. Peut-être, bientôt !

F : Peut-être bientôt ! Comme le souligne Mike, c’est important de rentrer dans le contexte sans forcer.

G : Moi, c’est en ayant écouté l’album, ou du moins les pré-prods, que les idées sont venues.

A la base, d’autres chansons remplaçaient “Sky Is The Limit” et “The Unicorn” ?

G : Je ne crois pas.

A : Non, car j’ai laissé des trous dans le tracklisting pour deux chansons. J’ai continué en parallèle ma composition de l’album en leur disant “pas la peine de faire du pop punk ici, car je veux raconter cela, cela et cela”. Des directives qui les ont aidé à composer. Pour revenir à tout à l’heure où tu parlais du fait de dire si quelque chose nous plait ou pas : en fait, cette étape n’a même pas eu lieu d’être puisque tout ce que l’on faisait avait du sens. Pour ce groupe là, si un morceau ne plaisait pas, le gars de l’équipe ne prendrait même pas le temps de la présenter. Et je pense que cela n’arrivera pas dans le futur du groupe.

Ce qui est assez drôle en écoutant l’album, c’est que l’on retrouve deux parties distinctes, avec un changement lancé par “Sky Is The Limit”. La première partie est très rock et agressive, avec quelques personnifications de la haine, tandis que la deuxième est plus dans l’aura propre à TEG, avec un son pop rock bien ficelé.

A : Moi, ce que j’avais envie de faire, c’était de créer le parallèle entre le premier titre au texte soft lié à une instrumentale sombre et le dernier morceau à l’esprit plus lumineux, mais aux paroles très sombre (qui parlent de mort). C’était voulu qu’au départ, l’album ouvre avec quelque chose d’inattendu qui laisse entendre : “ce n’est pas The Earl Grey”. Et après, quand la voix arrive, on retrouve le TEG habituel. J’ai toujours aimé les montées dans les morceaux et cette galette est en elle-même une montée avec quelques moments un peu plus calmes. Il y a une évolution du noir au blanc.

F : C’est vrai qu’il y a une vraie dynamique qui colle parfaitement au thème du disque. C’est très important en tant qu’auditeur et en tant que compositeur de pouvoir aborder un disque comme un voyage. Et je pense qu’on a réussi à instaurer des reliefs avec ce disque et d’arriver d’un point A à un point B avec énormément de virages.

Et une envie de choquer ?

F : Pas vraiment. Juste une envie de correspondre à ce que nous sommes aujourd’hui.

A : Moi j’avais envie de choquer si je peux me permettre. J’avais consciemment envie de faire quelque chose que les gens n’attendent pas, en plus fort. Quelques personnes m’ont dit “ce n’est pas TEG, c’est violent. Les deux premiers morceaux, ce ne sont que des coups-de-poing dans la tête”. Après, c’est l’idée de choquer intelligemment. Nous n’allions pas montrer des femmes à poil, de la drogue ou des choses gratuites.

En parlant de femmes à poil et sans aucune raison, nous allons parler de votre dernier clip, “Church Of Noise” qui est esthétiquement joli et fait réellement pro.

A : Il a été tourné par Léo Pia. Nous n’avions plus envie de faire de la merde. Ce clip représente ce que nous sommes maintenant. Nous n’avions pas beaucoup de budget, mais nous voulions quelque chose de mature alors nous avons appelé notre ami Léo. Pour l’acteur, nous voulions aussi passer une étape alors nous avons choisi un vrai acteur, Quentin, qui intervient dans une histoire qui colle à la couleur de l’album. Tout est comme on le voulait et nous nous sommes forcés à faire un peu plus à chaque fois.

F : Tout est dans la logique du cheminement de l’album : avoir le meilleur résultat possible en faisant tout ce que nous sommes capables de faire de notre côté. J’ai fait la poupée vaudou avec ma copine pendant un week-end avec sa machine à coudre. Le décor, c’est chez nous. Les bières vidées, c’est nous !

(rire général)

F : Si tu veux, ça a été un mix parfait entre l’ambition qu’on avait et la débrouille. Quand on voit le résultat final, on ne peut être que fiers !

En ce moment même, vous êtes en pleine répétition pour votre date du 24 mai à La Maroquinerie ? 

A : Exactement, cela se passe plutôt bien ! On avance pas mal avec des conditions optimales de répétition. Vu qu’on répète dans le même local que les Chunk! No, Captain Chunk!, nous avons investi dans du matériel commun, avec des ear-monitors qui nous permettent d’être plus clairs et plus précis. On sera bien prêts pour La Maroquinerie !

F : Les conditions sont bien plus confortables, c’est sûr. Mais ce qui domine surtout, c’est l’excitation de jouer des nouveaux morceaux. L’époque de “We Are Young” a duré assez longtemps vu que nous avons joué ces morceaux pendant bien trois années. Envisager le set avec des nouveaux titres, c’est assez excitant !

Avec le retour de Mike à la basse.

M : Ouais mais je préfère. J’ai commencé avec cet instrument au début et c’est un peu mon instrument de coeur.

Cela faisait longtemps qu’on ne vous avait pas vu sur Paris !

F : La dernière fois, c’était à La Flèche d’Or en février 2014 avec les Chunk.

En comparatif avec votre concert en headline au Nouveau Casino, allons-nous avoir beaucoup de surprises ?

A : Le vrai challenge, ça a été de créer un show avec d’anciens titres et de garder l’état d’esprit de ce nouveau disque. C’est assez compliqué musicalement de mêler deux univers différents. Dans l’album d’avant, j’étais dans une démarche de featurings et désormais c’est nous tout seul. Je ne crache pas du tout sur les featurings, mais nous avons envie que le show ne soit que nous tout seul. “Odyssey” est vraiment personnel et c’est une histoire à quatre. Des featurings sur ce nouvel album, cela n’aurait pas collé parce que cette personne n’aurait pas vécu toutes les galères qu’on a vécu. On est tous sur le même bateau. Nous ne sommes plus sur le même créneau que l’époque “We Are Young”.

F : Et pour en revenir au concert à La Maroquinerie, je pense que notre décision va très clairement se sentir.

Êtes-vous confiants ?

F : On est plutôt confiant et enthousiaste. On va jouer des nouveaux morceaux qu’on adore qui font partie d’un album dont on est fier !

Cette soirée va aussi, semble-t-il, être un défi vocal pour Alexandre, mais aussi au niveau des guitares et de la batterie.

G : Ca va être compliqué niveau chant, niveau choeurs etc à tous les niveaux ! Mais cela fait partie du jeu et de notre challenge.

F : Et cela s’appelle l’ambition ! La date est bloquée et cela va être l’occasion de nous débloquer donc on a hâte. On voit les choses se dessiner au fur et à mesure des répètes et on a hâte de le montrer au public. On est lancé.

Une nouvelle belle soirée française en prévision puisque trois autres groupes de chez nous vous accompagneront.

A : C’est vrai. Après, la partie était moins facile au Nouveau Casino pour une personne comme Olivier Delattre qui a ouvert le concert. Heureusement, on a la chance d’avoir un public intelligent, ouvert. Même pendant la tournée qui a suivi, tout le monde a aimé et il n’y avait pas de différence entre quelqu’un qui achetait un CD de TEG et quelqu’un qui achetait un CD d’Olivier. Des groupes comme Diamond Fizz, on a été les voir avec Félix et Gianni et on s’est pris une sacré claque à Roissy. Je suis sûr que s’ils continuent à se bouger le cul avec leur style hyper lourd et hyper Foals, il y a de quoi faire. Spark Gap et Oh Dear Vegas!, pareil ! Il est vrai qu’on avait émis l’idée de faire un coheadline avec un groupe américain mais à quoi bon, au final ? On peut vraiment avancer tous ensemble. Comme avec les Chunk, on se rend des services sans attendre quoi que ce soit en retour. On kiffe tous nos musiques, on partage nos plans, on diffuse les vidéos. C’est comme ça qu’on a toujours fonctionné et on ne changera pas. Il y a d’autres personnes qui fonctionnent autrement, mais c’est comme ça. Un individualisme qui est dommage. Regarde les Chunk : 400 000 fans sur Facebook, une tournée en Amérique, présent au Warped Tour etc. Certaines personnes pas intelligentes diraient qu’on n’a rien à leur apporter et pourtant ! C’est toujours du 50/50. C’est extraordinaire de voir qu’on arrive toujours à bosser.

F : Même si pour le coup, nous avons radicalement changer notre son, nous sommes toujours les mêmes personnes avec le même esprit. Cette envie de partager avec nos amis de la scène française et chacun se porter vers le haut.

Et puis, la date à La Maroquinerie vous préparera pour votre tournée en Russie !

Tous : Ouais !

F : On est très content de ça, mais ça risque de ne pas être facile tous les jours.

On sent un peu de peur dans vos voix.

F : Non !

G : Ca nous fait plaisir !

F : C’est comme se dire “allez les gars, on va je ne sais où mais courrez !”. Donc on a hâte. Alexandre a accompagné les Chunk là bas l’année dernière.

Et il a même ouvert pour eux non ?

A : A Moscou et à Saint Petersbourg. J’étais seul avec une guitare acoustique et j’ai vu à quel point les gens étaient à fond. Quand tu es à Paris, il faut faire plein de premières parties pour un peu de reconnaissance, alors que là-bas, les gens sont super réactifs et reconnaissants rapidement. Ici, j’ai l’impression qu’on a peur d’être “fan” alors qu’il ne faut pas avoir honte. Tout le monde est “fan” ! Avec les réseaux sociaux et les selfies, les gens se disent qu’ils peuvent tout faire et ne plus être fan de quoi que ce soit alors que tu as besoin d’être fan, d’avoir un mentor, d’avoir des gens que tu admires. Et quand je me suis retrouvé en Russie, je pense qu’on est revenu à un système plus sain. Je suis impatient d’y aller pour passer un excellent moment musical. Ce sont des gens qui seront, je l’espère, transportés par la musique. Par la musique et par la vodka. (rires)

M : Ca va être une super opportunité vu qu’on n’a pas souvent l’occasion d’y accéder. C’est un pays relativement fermé donc ça risque d’être une super expérience. Vu ce que j’ai entendu des Chunk, il faut le vivre et ça va être intéressant.

G : En plus, Mike ne conduit pas pour cette tournée ! (rires) Nous avons un chauffeur local et Mike viendra boire des coups avec nous.

F : Je suis vraiment impatient de découvrir ce pays et de vivre toutes ces merdes qui vont nous arriver. (rires)

Pour finir, notre webzine est “RockUrLife”, donc qu’est-ce qui rock votre life ?

A : C’est RockUrLife. (rires)

Et plus sérieusement ?

A : La bière.

F : La bière aussi.

G : Ma vie.

M : La bière.

Santé !

Site web : theearlgrey.fr