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SKINDRED (22/06/19)

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C’est peu de temps après leur passage matinal réussi sur la MainStage02 que les Gallois de Skindred nous ont accordés dix minutes d’interview afin de récolter leur impression à chaud. Légitimement fiers de leur dernier opus “Big Tings” (2018), qu’ils défendent sur scène depuis un moment –avec un passage à l’Elysée Montmartre et un retour en décembre- ils nous parlent du Hellfest et de la conception de leur album !

Bienvenue chez vous, bienvenue au Hellfest !

Dan Pugsley (basse) : Merci, on adore ce festival, on aime y revenir.

Le public était bon !

Dan : En effet ! As-tu assisté au show ?

Oui évidemment !

Dan : C’était super. On a eu quelques soucis techniques avec les lumières mais on a déboulé sur scène à onze heures et on a joué. J’aime jouer ici; la première fois, on jouait à 10h30 et on pensait qu’il n’y aurait personne, mais c’est toujours plein, même le matin !

Comment vous préparez-vous pour des sets si matinaux ?

Dan : C’est plutôt dangereux, car une fois que tu finis, tu te demandes : “mais qu’est-ce qu’on fait maintenant ?” et tu vas boire des verres. A chaque fois que je suis venu au Hellfest, je me suis vraiment bourré la gueule. On joue si tôt qu’à 14h je suis fait. Et quand on te proposer un verre de plus, tu sais que ça va mal finir ensuite. Mais plus franchement, lorsque tu joues tôt, c’est assez banal, mais bien dormir, bien se reposer, c’est essentiel.

Lorsque vous avez établi la setlist du jour, avez-vous pris tous vos titres “heavy” pour correspondre au festival ? C’est ce que nous avons lu quant à votre dernier passage ici.

Benji Webbe (chant) : Peut-être, je ne m’en rappelle pas.

Dan: Nos morceaux sont heavy, mais on y apporte un côté fun également. Il se peut que ce ne soit pas si heavy que ça parfois, mais ça envoie tout de même. Aujourd’hui, nous avons une demi-heure, et on s’est dit qu’on allait tout défoncer.

Il semblerait que le processus autour de “Big Tings” fut vraiment rapide. Pourquoi donc ?

Benji : De nos jours, il faut sans cesse proposer des nouveautés. Si tu n’es pas constant, les gens vont t’oublier. De plus, il faut toujours se rappeler que l’on vit grâce aux albums, aux tournées, on fait vivre nos familles de cette manière. Donc c’est important d’être en tournée et si tu n’as rien de nouveau à proposer, personne ne viendra te voir. Il faut du nouveau, toujours.

Dan : Je pense que cette nouvelle génération de fans, ce qu’ils souhaitent c’est, sans cesse, de la nouveauté.

Et très rythmé, rapide.

Dan : Et rapide. De garder un certaine qualité et d’être à la fois productif, ce n’est pas toujours évident. Mais on s’en sort plutôt bien.

L’écriture fut vraiment spontanée.

Benji : Où qu’on soit, on se retrouve dans une pièce et on compose. Ensuite on présente l’ensemble à un arbitre, qu’on appelle “producteur”, histoire qu’il vienne et mette fin au combat. Nous sommes ensuite satisfaits de ce qu’il en ressort. Nous en sommes à sept albums, avec le même line up, et ce sur vingt ans. Nous en avons vu des choses, des gens venir et partir, d’autres mourir, d’autres évoluer, bref. Je pense que Skindred est plutôt bien loti. Et notre heure de gloire est devant nous !

Vous le méritez.

Benji : Merci.

Vous avez enregistré aux Real World Studios (Peter Gabriel) et aux Rockfield Studios (“Bohemian Rhapsody”). Tous les deux sont des studios légendaires, avec du vécu. Aimez-vous tant que ça l’histoire musicale en ce sens ?

Benji : Oui bien sûr ! C’est marrant parce que j’ai demandé la “Freddie Mercury room” et je l’ai eu. Je m’y suis bien senti, j’étais dans la même pièce où fut Freddie. Eh ouais. On ne fera sans doute pas notre prochain album dans de pareils studios, je veux dire que…

Dan : C’est un héritage. D’ailleurs c’est honteux de voir le Rockfield, qui est un studio exceptionnel, être autant en galère. Malheureusement, de nos jours, dans cette industrie, les vrais studios sont en galère.

Benji : Mon père disait que tu survivais de salaire en salaire et c’est exactement ce qui arrive aux Rockfield. Je remercie Dieu de voir ces gens continuer l’activité du studio malgré les difficultés. Franchement, c’est une honte.

Dan : Mon père avait l’habitude de dire : “shove it you little bastards”. (rires)

Quel fut le titre le plus difficile à terminer sur “Big Tings”?

Benji : Notre guitariste a composé quelques titres et ce n’était pas simple de tout gérer car il avait une idée précise de ce qu’il voulait entendre dessus. C’était parfois frustrant pour moi car il disait : “non non, ça doit être comme ça”. Donc certaines furent compliquées mais au final, le résultat est vraiment bon et j’en suis très fier.

Les fans de metal ne sont pas si fermés que ce que l’on pense, et surtout ici, la preuve au Hellfest.

Dan : Je pense que les fans de rock, et plus précisément de heavy metal, sont les plus sympas et sont très ouverts d’esprit. Peut-être que ceux dans les sphères de musique extrême sont plus sérieux, mais globalement, les gens ici sont très ouverts et tolérants.

Benji: Tu ne vois jamais personne se battre dans ces festivals. D’ailleurs, qui vient de jouer plus tôt là ? Il était fantastique !

Richie Kotzen ?

Benji : Il était fantastique ! Une superbe voix et un tout vraiment excellent.

Dan : Oui, génial.

Benji : D’où vient-il ?

Il vient des Etats-Unis et jouent, actuellement, au sein de The Winery Dogs avec Billy Sheehan et Mike Portnoy.

Pour en revenir à l’interview, avez-vous déjà joué dans des festivals non-metal ? Un festival de reggae peut-être ?

Benji : Nous n’avons jamais joué dans un festival de reggae, ce qui est dommage car j’aimerais tellement. Donc pour l’instant non, ceci dit nous avons joué dans des festivals alternatifs comme Boomtown en Angleterre.

Dan : Il y avait beaucoup de musique dance, autrement on a joué dans pas mal de festivals mainstreams.

Benji : On est le seul groupe à pouvoir jouer avec Disturbed ou un festival vraiment très mainstream et se faire descendre. (rires)

Dan : Oui, ils nous détestent tous. (rires)

Côté paroles, pensez-vous qu’il soit important d’aborder les thématiques sociales ou les sujets politiques ?

Benji : Je n’aborde pas la politique. Je ne m’y intéresse pas mais lorsque je sors le samedi soir, j’écoute les conversations autour de moi et j’entends et je ressens la douleur des personnes. Cela me donne envie d’écrire sur la liberté et l’unité. Et ce, dans tous nos morceaux. J’aime aborder des sujets qui puissent toucher le plus de monde, que cela puisse trouver écho auprès du plus grand nombre.

Enfin, nous sommes “RockUrLife”, donc qu’est-ce qui rock votre life ?

Benji : J’aime me réveiller le matin et faire de la musique. La musique est ma vie.

Dan : La positivité, les amis, la famille.

Benji : Oui, adoptez une attitude positive, Skindred !

Site web : skindred.net

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