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SIMPLE CREATURES (04/04/19)

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C’est dans une chambre d’hôtel à Londres, au lendemain de leur tout premier concert en Europe, que nous retrouvons Mark Hoppus et Alex Gaskarth. L’occasion de revenir sur ce projet aussi inattendu qu’excitant.

Quand et pour quelles raisons avez-vous décidé de lancer cette collaboration ?

Mark Hoppus : Quand la tournée avec blink-182 pour “California” s’est achevée, je voulais retourner en studio. Mon but premier, c’était d’aller en studio avec quelques amis ou groupes que j’ai pu rencontrer au long de ma carrière. Alex est le premier ami que j’ai appelé. Nous nous sommes vus, nous avons écrit une chanson, puis une autre, puis encore une autre. Et elles étaient toutes vraiment bien. Je me souviens avoir envoyé un message à Alex en lui disant : “C’est exactement le genre de musique que je veux faire là, maintenant”. Je me suis dit que ça pouvait être un projet en lui-même et ça a commencé de là.

Pourquoi “Simple Creatures” ?

Alex Gaskarth : On avait, au départ, une longue liste d’idées de noms qui étaient tous pris. Notre idée de départ était le nom “Fun Police” puis “Modern Medicine”. Mais on ne pouvait avoir aucun des deux. Nous avons essayé d’imaginer le nom de groupe le plus ridicule possible et “Hot Cousins” nous est venu à l’esprit. On s’est dit que c’était impossible que ça existe déjà. Et bien si ! (rires) Ce n’est que plus tard que l’on a pensé à “Simple Creatures” et que nous avons eu la confirmation que c’était possible. Le meilleur dans tout ça, c’est, qu’au final, ce nom représente vraiment les thèmes que l’on a voulu explorer dans notre musique. Il nous va comme un gant et on a eu beaucoup de chance.

Alex, tu as grandi en écoutant blink-182. Qu’est-ce que ça fait de faire de la musique avec Mark ?

Alex: C’est trop cool. C’est super gratifiant. Travailler avec Mark, en règle générale, c’est un plaisir et on a une bonne alchimie en studio. Partager ça avec quelqu’un, c’est top. Mais ça a encore plus de signification pour moi parce qu’il a été l’une des raisons pour lesquelles je me suis lancé dans la musique. C’est une collaboration vraiment spéciale pour moi.

Mark, tu as confié que ce projet t’avait beaucoup aidé quand tu étais au fond du trou. Peux-tu nous en dire plus ?

Mark : Je suis le plus heureux quand je suis en studio, entrain d’écrire ou de jouer de la musique, ou de simplement créer quelque chose. Si j’ai trop de temps libre, mon cerveau commence à s’autodétruire. Donc être en studio m’a vraiment aidé à combattre cette dépression “post album”. Je me sens un peu bête de dire ça après le succès qu’a rencontré notre album “California” (2016). Il nous a permis d’être nominé pour les Grammy Awards, de faire la plus grosse tournée de notre carrière, et il a surtout été apprécié du public. C’était un peu la renaissance de blink-182. Mais après tout ça, je suis rentré chez moi et je me suis senti vide. Retourner en studio m’a aidé à traverser cela. Le fait d’écrire des chansons sans avoir aucune pression ou attente sur les épaules, c’était chouette. Personne n’était au courant de ce projet avant que l’on en parle sur les réseaux sociaux. De base, on l’a lancé par pur plaisir, juste pour faire de la musique et on espère que ça se sent à travers nos chansons. Ça m’a vraiment aidé.

Qu’est-ce que ça fait de jouer dans de petites salles après avoir tourné dans de grandes salles avec vos groupes respectifs ?

Mark : C’est fun !

Alex : Carrément, c’était super ! Ça faisait un petit moment que ça n’était pas arrivé et ça fait du bien. Lancer un nouveau projet, le présenter au reste du monde et voir les gens nous découvrir, découvrir notre musique, essayer de nous décrypter. Le faire dans des petites salles dans lesquelles les gens peuvent commenter, danser, sans aucune pression pour nous de faire un véritable show comme on pouvait le faire dans des salles plus grandes. C’est cool. Ça fait du bien.

Comment vos proches ont-ils réagi lorsqu’ils ont entendu le son de Simple Creatures pour la première fois ?

Mark : Tout le monde nous a beaucoup encouragé, tout le monde disait…

Alex : Tous mes potes étaient en mode : “Ne le fais pas”. (rires)

Mark : (rires) En fait, tous les gens à qui j’ai présenté le projet ont, fort heureusement, eu la réaction que j’attendais. Ils m’ont dit que ça sonnait vraiment bien, que ça ne ressemblait en rien à notre son habituel mais que ça restait quand même top. C’était exactement ce qu’on voulait. On voulait que ça ait du sens pour les auditeurs, qu’ils puissent se dire : “OK, c’est cool, c’est une facette différente d’eux à laquelle je ne m’attendais pas mais qui sonne bien”. Et surtout, on ne voulait pas que les gens écoutent les chansons et se demandent pourquoi elles n’étaient pas dans le prochain album de blink-182 ou d’All Time Low. En tant que fan de musique et d’autres groupes, si quelqu’un se lançait dans un projet à côté de son groupe pour faire exactement le même style de musique qu’avant, je serais en mode : “Est-ce que t’as un problème d’égo pour ne pas sortir ça avec ton groupe principal ?”. On voulait vraiment que les gens soient surpris par ce projet.

Est-ce que le processus d’enregistrement de l’EP “Strange Love” était différent de celui pour un album d’All Time Low/blink-182 ? Comment ?

Alex : Carrément ! Le processus était basé, en quelque sorte, sur différentes vibes. Notre producteur Zakk (Cervini) nous a aidé à le mettre en forme afin d’en faire ce premier EP. Mais je pense que la plus grosse différence, c’est qu’en tant que groupes “live”, on a toujours eu des batteurs. C’est un peu le squelette d’une chanson. Sur cet EP, on faisait un peu les choses à l’envers. On trouvait d’abord des trucs accrocheurs, souvent accidentels, qui sonnaient super bien. À partir de là, on expérimentait avec des loops de batterie, des samples et un clavier. C’est littéralement le contraire de ce à quoi on est habitué.

Quelle est la chanson qui vous rend les plus fiers sur l’EP et pourquoi ?

Mark : Je trouve “Lucy” vraiment cool.

Alex : Oui, carrément.

Mark : Je pense que “Lucy” est une chanson qu’aucun de nous ne pensait écrire, qui est arrivée par accident. Ça représente un peu tout ce qui est excitant avec ce projet : juste aller au studio avec aucune idée de ce qui en sortira, partir d’une petite idée et en faire une chanson.

C’est clair, c’est notre préférée de l’EP !

Mark : Ah cool ! Cette chanson était vraiment un accident. La chose la plus excitante quand on écrit de la musique aujourd’hui, c’est que les vieilles façons d’écrire, d’enregistrer et de sortir de la musique, ont disparues. Tu peux faire de la musique avec juste un ordinateur, maintenant. Quand on a commencé ce projet, c’était sur un ordinateur. On utilisait différent plug-ins, des pédales à effets, un clavier, des loops de batterie. On téléchargeait un sample cool sur Internet et on en faisait une chanson, on la mixait avec un autre sample qui traînait sur un disque dur. On allumait l’ordinateur, jouait avec les effets et on partait de là pour travailler. C’est vraiment une période excitante pour la musique.

Ça laissait place à la créativité.

Mark : Totalement !

Alex : Tout est si instantané et c’est ce qui est génial. Le truc principal que l’on dit tout le temps au sujet de ce projet, c’est que les heureuses coïncidences et accidents ont constitués cet EP. Il y avait tellement de moments où l’un de nous touchait à un truc au hasard et on se disait : “Putain, c’est trop cool, enregistre ça !”

Si vous deviez décrire l’EP en un mot, lequel serait-il et pourquoi ?

Alex : C’est dur.

“Trash pop” ne fonctionne pas !

Alex : Et trash pop en un mot ? (rires)

Mark : (rires) Je dirais… “Trashy”. J’adore le son de l’EP, j’aime le son des synthés, de la batterie, et tous les effets que Zakk a ajouté sur nos voix. Ce n’est pas simplement de bonnes prises de voix, mais c’est le travail autour de nos voix, tous ces effets différents. Oui, “trashy”, ça marche bien !

Alex : Je valide !

Pouvez-vous nous en dire plus sur l’EP 2 ? “Everything Opposite”, c’est bien ça ?

Mark : Oui, c’est ça !

Alex : “Encore plus trashy” ? (rires) Je pense que ce qui est le plus intéressant entre ces deux EP c’est le fait qu’on ne les ait pas écrit intentionnellement comme deux EP séparés. On a juste écrit de la musique et cela aurait pu constituer un album entier, mais on ne savait pas si c’était la meilleure façon de sortir notre nouvelle musique. On ne voulait pas balancer quatorze chansons et dire aux gens : “Aimez ça !”. Je pense que cette période d’introduction est nécessaire pour permettre aux gens de découvrir de nouveaux trucs. Le premier EP vient de là. C’était un peu le premier ensemble de chansons qui, d’après nous, décrivaient le mieux ce projet. Le second EP, je trouve, est une suite parfaite à tout ça. Il est encore plus bizarre et il nous permet de continuer à construire la dynamique de Simple Creatures.

Est-ce qu’un album est prévu pour Simple Creatures ?

Alex & Mark : Oui !

Alex : Oui, on y pense.

Mark : Notre but actuel est de sortir “Everything Opposite”. Mais on retournera pour sûr au studio pour écrire d’autres chansons. Selon comment ça se passe et la réception du second EP, on pourrait envisager de faire un album. Ou alors un autre EP. Ou alors un autre EP puis un album. On ne sait pas encore.

Vous prévoyez de partir en tournée autour du monde ?

Alex : Oui, absolument !

Mark : Totalement ! L’objectif de Simple Creatures, c’est d’être mobile et agile. Tout ce que l’on a peut rentrer dans nos valises et prendre l’avion avec nous.

Alex : Simple Creatures rentre dans la poche arrière de ton sac. (rires)

Mark : (rires) On veut pouvoir jouer à Paris un jour, puis le lendemain aller à New York, puis après se rendre à Sao Paulo. C’est un groupe qui a l’objectif de voyager, de visiter le monde.

Ce sont vos fans français qui vont être ravis d’entendre ça !

Alex : On a hâte de jouer pour eux !

Des plans pour le futur de ce projet ?

Mark : Oui, je veux jouer plein de concerts et…

Alex : Les Grammys et gagner des millions de dollars ! (rires) Je rigole. Je suis d’accord avec Mark. L’essence même du projet c’est de faire quelque chose de différent et on veut juste continuer sur cette lancée. Continuer à être créatif, fun et bizarre. Continuer à surprendre les gens. Le truc le plus gratifiant dans tout ça, c’est de voir les gens venir à nos concerts pour s’éclater et les entendre dire : “C’est la meilleure des surprises, je ne savais pas que j’en avais autant besoin”. (rires)

Pour finir, notre média s’appelle “RockUrLife”. Alors qu’est-ce qui rock votre life ?

Alex : Les rediffs de “Dr. House” rockent ma life.

Mark : (rires) Vraiment ? 

Alex : Non. (rires) La musique, partir en tournée, voyager, voir le monde, pouvoir faire ce que je fais. Ce truc ridicule que j’ai réussi à convaincre les gens de me laisser faire pour gagner ma vie. Et puis, avoir trente ans et me dire que j’ai fait le tour du monde. C’est vraiment génial. C’est ça qui rock ma life.

Mark : Pour moi, ce serait la technologie. Surtout dans la musique. Ça rock ma life. Je trouve que c’est vraiment un moment excitant pour la musique. Il y a tellement de façons différentes de créer de la musique. La frontière entre les différents genres n’existe presque plus maintenant. Il y a des gosses, comme mon fils, qui écoutent Post Malone, Cardi B, blink-182, All Time Low qui se foutent que ce soit des styles de musique différents. C’était tellement pas pareil quand j’avais son âge. Il y a tellement de belles idées qui nous entourent aujourd’hui. Je pense qu’on se dirige vers un meilleur monde.

Site web : simplecreaturesmusic.com

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Coralie Monange

Coralie Monange

Journaliste-rédactrice
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