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SEETHER (24/07/20)

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Seether est de retour avec un nouvel album “Si Vis Pacem, Para Bellum”. RockUrLife a eu l’occasion d’échanger avec le bassiste Dale Stewart pour en savoir plus sur ce disque et parler de la vie confinée d’un groupe de rock.

Bonjour Dale, comment vas-tu et comment vis-tu la situation actuelle ?

Dale Stewart (basse) : Très bien, merci. C’est un peu fou. Nous n’avons pas eu de confinement strict à Savannah (Géorgie, États-Unis). Nous restons à la maison et nous faisons notre part pour empêcher la propagation du virus. C’est une période étrange, on doit porter des masques si on sort et on doit se plier à de nombreuses mesures. J’espère simplement que nous nous dirigeons vers la fin de cette période.

C’est certainement un moment particulier pour sortir de nouveaux titres. Le fait de ne pas pouvoir défendre ce nouvel album en live doit générer beaucoup de frustration ?

Dale : Oui ça craint ! Nous avons consacré beaucoup de temps et d’efforts à la réalisation de cet album. Nous avons tout fait juste avant la COVID. C’est vraiment frustrant. Nous aimerions sortir et jouer ces nouvelles chansons pour le public. Nous aimerions être à nouveau sur scène, mais nous ne pouvons pas le faire et c’est frustrant. Nous sommes un groupe live, nous adorons jouer sur scène, nous adorons faire des tournées. Alors, se voir enlever ça c’est ennuyeux.

C’est également frustrant pour nous. Lorsque que l’on commence l’écoute du disque on se retrouve happé par la ligne de basse du premier morceau “Dead And Done”. Cette ligne de basse est si lourde que l’on a immédiatement envie de l’entendre en live. C’est un début d’album terriblement efficace.

Dale : Oh wow, merci !

seether album cover

Mais ce qui frappe, c’est l’équilibre que vous avez trouvé dans le mix. Ton instrument se démarque vraiment et on a l’impression que le groupe sonne comme il devrait sonner. Comment t’es-tu senti en composant cet album ?

Dale : Merci, je suis content que tu aies remarqué ça. Je pense qu’avec chaque morceau, j’essaie de l’aborder en fonction de ce qui est le mieux pour la chanson. Je pense que c’est important en tant que bassiste ou pour n’importe quel autre musicien, mais surtout en tant que bassiste. La basse est la pierre angulaire d’une chanson, c’est la colle qui maintient tout ensemble. Parfois, il s’agit de maintenir une note ou de laisser sonner pendant que la guitare fait quelque chose de flashy. De temps en temps, tu as un moment pour briller. C’est le défi que j’ai dans mon esprit quand j’écris, savoir quand ne pas surjouer, être de bon goût et faire ce qui est bien pour la chanson au lieu d’essayer de frimer.

J’aime aussi le mix sur l’album. Tu peux vraiment entendre la basse. Les producteurs traitent souvent la basse comme une fréquence et non comme un instrument et c’est nul. Une basse est un instrument qui est cool, je veux l’entendre !

Tout au long de l’album, il y a un travail important sur les ambiances. L’utilisation du silence et d’une instrumentation minimale est bien équilibrée. C’est comme si vous laissiez respirer les morceaux.

Dale : Tu as tout à fait raison. Il est aussi important de savoir quand ne pas jouer que de savoir quand il faut être lourd. Un passage heavy n’est heavy que parce qu’il suit un passage qui ne l’est pas. Je pense que ces dynamiques sont importantes pour souligner certains points ou donner un certain sentiment. Nous aimons que les chansons soient dynamiques et que l’album soit dynamique.

Et on suppose que vous avez atteint votre objectif, en particulier avec des chansons comme “Beg” ou “Can’t Go Down” où nous pouvons entendre Shaun hurler.

Dale : Oui, ils sont si intenses. Le refrain se démarque vraiment et c’était l’objectif que nous voulions atteindre. Nous avons travaillé et fait des efforts pour maintenir la tension sur la durée des titres. C’est difficile de trouver le bon équilibre et je suis content du résultat.


Vous avez maintenant vingt ans d’expérience. Vous avez certainement grandi en tant que groupe et êtes probablement plus à l’aise avec la direction que votre musique devrait prendre.

Dale : Oui, tu as raison, on fait cela depuis longtemps et ça se voit surtout en studio. Nous sommes tous de meilleurs joueurs studio; cela vient avec l’expérience. Il y a ça et la manière générale dont on pense à notre musique et aux chansons. Shaun a produit l’album pour que nous puissions tout faire à notre façon. Nous n’avons pas besoin d’un producteur qui couve notre musique et nous-mêmes, en regardant par-dessus notre épaule pour voir si nous faisons ce qu’il pense être la bonne chose. Nous avons aussi un nouveau guitariste, Corey (Lowery). Il est également ingénieur du son. Cela nous permettra de faire encore plus de choses par nous-mêmes à l’avenir. C’est vraiment génial d’avoir toutes ces super technologies à disposition. Cela permet de faire de la très bonne musique dans ta chambre si tu sais comment faire. Je pense que cette période est très excitante de ce côté-là.

Corey a d’ailleurs dit qu’il se sentait très à l’aise dans le studio avec vous.

Dale : Nous connaissons Corey depuis de nombreuses années, il a fait partie de groupes avec lesquels nous avons tourné. Nous avons développé une forte amitié au fil des années. Il n’y a pas eu ce passage obligé où l’on doit apprendre à se connaître et les moments étranges que ça peut entraîner. Matcher avec quelqu’un sur le plan musical est une chose, mais vivre avec quelqu’un dans un bus de tournée et continuer de l’apprécier, c’est ça le vrai défi. Heureusement, c’est un vieux copain et tout s’est bien passé !

Penses-tu que ces belles amitiés que vous entretenez au sein du groupe ont contribué à rendre Shaun suffisamment à l’aise pour s’exposer un peu plus avec ses paroles ?

Dale : Il y a probablement du vrai là-dedans. Nous sommes une famille tu sais, et cela apporte un certain réconfort. Quand on se sent si proche les uns des autres, il y a une camaraderie qui se met en place. C’est quelque chose de très spécial. On se sent, en quelque sorte, en sécurité dans ce genre d’amitiés. En terme de musique et de paroles, nos albums sont comme des journaux intimes pour Shaun. Et c’est pour cela que tout est si sombre. C’est comme une thérapie. Lorsque tu as toutes ces choses négatives dans ton esprit, les chansons sont un moyen de les faire sortir de ta tête, de ton système. Écrire de la musique est une forme de thérapie mais je pense qu’écouter de la musique est une autre forme de thérapie.

Quand on regarde les paroles de morceaux comme “Drift Away” ou “Pride Before The Fall”, il paraît évident qu’elles sont plus matures. C’est clairement un cran au-dessus par rapport à vos précédents albums.

Dale : Je le pense aussi, merci.

Et c’est agréable de sentir que Shaun nous laisse plus entrer dans sa tête. Sentir qu’il abat quelques murs pour nous laisser entrer. C’est courageux de se montrer vulnérable.

Dale : Je suis d’accord, ce n’est pas chose facile à faire. Dans tous les aspects de la vie, se rendre vulnérable, que ce soit dans une relation ou avec son cœur, c’est une chose effrayante à faire. Ça va à l’encontre de la nature humaine. C’est dans notre nature humaine de vouloir se protéger du mal. Se rendre vulnérable, se mettre à découvert est une chose courageuse à faire. Je suis content que tu l’apprécies.

On a conscience que c’est difficile pour vous d’être coincés à la maison, mais on suppose que cela vous pousse à trouver d’autres moyens de communiquer avec votre public. Comment gérez-vous votre présence sur les réseaux sociaux ?

Dale : C’est une chose étrange. Nous sommes des gars assez vieux et ce truc des réseaux sociaux est un peu nouveau. C’est très important, mais cela n’a jamais été quelque chose dont aucun d’entre nous ne s’est vraiment inquiétés auparavant. Être obligé de compter sur ces médias sociaux pendant ce confinement a été comme une révélation. Aussi négatifs qu’ils puissent parfois être, ils restent de merveilleux outils qui permettent aux gens de rester en contact avec leurs proches. Pour nous, c’est un moyen de rester en contact avec nos fans. Je me suis filmé pendant que je pêchais juste pour dire : “Hey les gars, c’est ce que je fais pendant mon temps libre”. Nous avons fait des concerts en direct et des sortes de meet and greet. Ce n’est pas la même chose de tout faire sur Internet, mais c’est bien d’avoir cette option. De pouvoir s’exposer et parler aux fans.

Vous avez même proposé des cours de cuisine en ligne !

Dale : Oui. (rires) J’adore cuisiner, c’est un passe-temps. J’aime aller pêcher et rentrer à la maison pour cuisiner ma prise du jour. Je chasse un peu, je cuisine de la viande de cerf ou je fais du biltong, une spécialité de viande séchée sud-africaine. J’adore faire toutes ces choses sud-africaines que l’on ne peut pas acheter en magasin. Cuisiner c’est créatif et cela peut être divertissant. On doit tous manger alors pourquoi ne pas rendre le processus intéressant. Cela peut même être très gratifiant. Quand on essaie de faire quelque chose de nouveau et que cela a bon goût on en est fier. Je pense que c’est une belle façon d’occuper mon temps.

Et cela donne à tes fans la possibilité de découvrir une autre facette de ta personnalité.

Dale : Absolument !

Vous venez de poster une vidéo animée pour “Dangerous”. Le choix de produire une vidéo d’animation est-il dû à la situation COVID-19 ?

Dale : En raison du confinement, nous avons dû sortir des sentiers battus et je suis vraiment content d’avoir fait cette vidéo. C’est un peu sombre, un peu effrayant. Ma mère m’a appelé pour me dire qu’elle aimait la chanson, puis elle a ajouté “mais la vidéo, elle est un peu effrayante !”. (rires) Je lui ai dit qu’elle ne faisait pas partie de la démographie ciblée. (rires) J’adore le fait que la vidéo soit effrayante et sombre. Avec le confinement, nous ne pouvions pas nous réunir et faire quelque chose. Les gens voyagent à nouveau et certaines choses s’ouvrent à nouveau. Nous réfléchissons à de nouvelles idées pour faire des choses différentes et j’ai tellement hâte d’être à nouveau avec les gars. Avant le confinement, nous avons presque pris un an off pour travailler sur l’album. Nous étions censés être sur la route cette année. Je crois que lorsque nous pourrons de nouveau monter sur scène, deux ans se seront écoulés. C’est horrible pour un groupe comme nous. C’est vraiment nul. Espérons que nous arrivons à la fin.


Pour conclure cette interview, notre question traditionnelle : notre média se nomme “RockUrLife” alors qu’est-ce qui rock ta life, Dale ?

Dale : J’ai beaucoup pêché ces derniers temps. C’est quelque chose que j’apprécie vraiment et c’est parfait pour la distanciation sociale. Il n’y a pas de meilleur moyen de maintenir la distance sociale que de sauter sur un bateau, de sortir en mer et de pêcher du poisson. Vivre sur l’océan a été quelque chose de formidable. Je n’ai pas ressenti la dureté du confinement car j’ai pêché la plupart du temps. C’est un bon moyen de garder mes idées claires, de vider ma tête et de rester occupé. En plus je crois que c’est bon pour la santé et le système immunitaire de passer un peu de temps au soleil.

Seether band

Site web : seether.com

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Marion Dupont
Engagée dans la lutte contre le changement climatique le jour, passionnée de Rock et de Metal le soir !