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ROYAL REPUBLIC (08/04/19)

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Est-ce que Royal Republic est le groupe suédois le plus groovy depuis ABBA ? Son nouvel album tend à prouver que oui ! RockUrLife a eu la chance de rencontrer Adam et Per à Paris, juste devant leur magnifique tourbus !

Salut les gars ! Quel est votre lien avec Paris ?

Adam Grahn (chant/guitare) : Je crois que notre premier concert en dehors de Suède était à Paris. C’était en 2008, à l’époque où nous n’avions pas de label encore.

Per Andreasson (batterie) : Nous avons pris l’avion pour venir ici, on se sentait comme des rockstars.

Adam : C’était vraiment les débuts. Les gens ne nous connaissaient pas ou avaient entendus quelques titres via MySpace. Nous n’avions pas d’album de sortis à l’époque. Et depuis, c’est une histoire d’amour qui roule. Chaque fois que nous revenons à Paris, c’est toujours un grand moment de la tournée. C’est pourquoi nous avons décidé de passer ici pour la promo de l’album.

Quels sont vos souvenirs préférés à Paris ?

Adam : Nous sommes venus à Paris pour donner un concert acoustique avec d’autres musiciens comme invités. Nous avions ce mec qui jouait de l’accordéon, ce qui est un instrument typiquement parisien à mon sens. Ce mec est très connu en Suède pour chanter des chansons vraiment malsaines à propos de se toucher en public et de coucher avec n’importe qui et n’importe quoi. Après notre concert à La Maroquinerie, nous voulions nous rendre à la Tour Eiffel avec ce mec juste pour jouer quelques titres à l’accordéon. Nous y sommes allés, et il a chanté ses horribles chansons à la belle étoile et c’était vraiment un super moment.

Ce nouvel album “Club Majesty” est une évolution naturelle de votre son au final.

Per : C’est l’idée oui. J’ai le sentiment que nous sommes un groupe de musique dansante depuis nos débuts. Nous avons toujours adoré composer ces chansons très groovy. Nous n’étions jamais allé aussi loin dans le délire que sur cet album cependant. Nous nous sommes dit : “allons là où personne n’est jamais allé !”.

Adam : Comme l’a dit Per, nous avons ça dans notre ADN. Après le premier album, les gens nous disaient que nous devrions aller dans telle ou telle direction. Nous, nous voulions rester droit dans nos bottes alors nous avons géré cette pression sur nous. Nous avons toujours maintenu que ce groupe était notre bébé, nous savons ce que nous faisons. C’est d’ailleurs quelque chose dont nous sommes très fiers. Ce n’est pas du tout une tentative de gratter plus de passages en radio ou quelque chose pour énerver nos fans. C’est juste à nous que revient la décision de ce que devient le groupe.

Per : Je m’en fous si les gens arrêtent de nous écouter. Tout le monde est libre d’arrêter de nous écouter à tous moments. Tout ça me va à partir du moment où j’aime la musique que l’on joue.

Adam : Quand Metallica a sorti “Load” et “Reload”, les gens les ont accusés de vendre leur âme. Je ne suis pas d’accord. Ils auraient vendu leur âme s’ils avaient refait un “Black Album” par exemple. Vendre son âme c’est faire ce que les gens attendent de toi.

Assumer de jouer des chansons dansantes est compliqué pour un groupe de rock car, dans l’imaginaire collectif, tu te dois d’être dur et sombre.

Adam : Exactement, et il en faut une sacrée paire pour assumer ça. Malheureusement pour de nombreuses personnes puissantes dans l’industrie, nous en avons une sacrée paire ! C’est comme quand en interview on me demande quels sont mes plaisirs coupables. Mais merde, je n’ai pas de plaisirs coupables, juste des plaisirs ! Il faut arrêter de cloisonner la “bonne” et la “mauvaise” musique. Tout le monde est libre d’écouter ce qu’il veut.

Nous avons le sentiment qu’il existe une forme de police du bon gout en musique. Tu te dois d’aimer tel groupe, même si tu ne les écoutes pas.

Per : Est-ce que tu parles des Foo Fighters ? (rires)

Adam : Les choses les plus provocantes que tu puisses dire dans la scène rock sont : “J’aime Justin Bieber” et “Je déteste Dave Grohl”.

Comment avez-vous travaillé pour atteindre ce que vous imaginiez pour cet album ?

Adam : Nous détestons enregistrer des albums.

Per : Nous les enregistrons uniquement pour retourner sur la route.

Adam : Nous avons formé ce groupe pour être sur la route.

Per : Par exemple, pour une chanson comme “Anna-Leigh”. Tu écris le couplet et c’est déjà dur. Et une fois que tu as terminé le couplet, tu dois te pencher sur le refrain. Nous avons écrit trois refrains différents. Et c’est comme ça pour chaque chanson.

Mais ça vaut le coup car “Anna-Leigh” est sûrement l’un de vos meilleurs refrains.

Les deux : Oh cool, merci !

Adam : Ecoute, je ne vais pas nier. A la fin des journées de studio, nous écoutons chaque chansons seconde par seconde. Juste pour être surs que chaque moment est intéressant. Nous faisons ça pour chaque chanson, c’est épuisant.

Per : Au début, tu coupes des sections entières des chansons. Et à la fin, le groupe s’engueule pour un seul coup de caisse claire.

Où avez-vous enregistré cet album ?

Adam : A moitié à Berlin et l’autre moitié dans notre propre studio à Malmö. Nous adorons Berlin car nous y connaissons beaucoup de gens très cools là bas et que c’est la ville idéale pour y jouer notre musique.

Per : Et c’est également une ville que nous pouvons nous payer. (rires)

Adam : Nous avons dépensé énormément d’argent sur cet album. Rien que la moitié du budget est partie dans le mix, tu imagines ? Nos managers nous ont engueulé, mais la musique est la priorité numéro une. Nous donnons la priorité à tout faire pour être fiers de ce que nous avons fait. Si tu peux choisir entre un très bon mix et un autre, certes moins cher, mais moins bon, tu vas prendre le très bon, on est d’accord ?

Donc la prochaine étape, c’est de reprendre la route ?

Adam : C’est drôle parce que la semaine dernière nous tournions le clip de “Anna-Leigh” et nous avons réalisé que c’était la première fois que nous jouions la chanson tous ensemble. Nous l’avons écrite en studio, nous l’avons tous enregistrée, mais nous l’avons jamais jouée tous ensemble !

Per : Et encore, dans la vidéo nous faisons semblant de la jouer. Les guitares étaient débranchées et je jouais sur une fausse batterie.

Adam : Tu vois ! A ce moment, nous allons sortir un album avec des chansons que nous n’avons jamais jouées tous ensemble !

Et quelle était l’idée derrière vos costumes ?

Adam : Ce ne sont pas des costumes, ce sont nos pyjamas. (rires)

Per : Nous avons toujours travaillé en uniforme. Nous étions fatigués de porter des cravates alors nous les avons remplacées par des paillettes. Tous les hommes devraient porter des paillettes.

Au final, le groupe suédois auquel vous allez être comparé, c’est ABBA !

Adam : Oh oui, c’est tout frais !

Per : Nous étions saoulés d’être comparés au Hives donc maintenant ABBA, c’est rafraichissant.

Dernière question les gars, notre site s’appelle “RockUrLife” donc qu’est ce qui rock votre life ?

Adam : RockUrLife rock ma life évidemment !

Per : Ma chienne rock ma life, son nom est Elsa.

Adam : Sérieusement, “Club Majesty” rock ma life. La musique rock ma life. Même si la musique est devenue mon métier, je n’ai jamais cessé d’aimer la musique.

Site web : royalrepublic.net

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Nathan Le Solliec
LE MONDE OU RIEN