Interviews

ROAM (08/02/16)

English version

Début février, RockUrLife a eu la chance de s’entretenir avec la quasi-totalité du groupe anglais ROAM, à quelques heures de sa première tête d’affiche parisienne au Pop Up du Label, le dernier cinquième de la formation – à savoir le batteur Charlie Pearson – étant parti, pendant tout l’entretien, garer leur van dans la jungle qu’est Paris.

C’est aujourd’hui le dernier jour de votre “Backbone European Tour”. Comment s’est passée cette tournée de manière générale ?

Matt Roskilly (basse) : La tournée s’est très bien passée, merci !

On a pu remarquer que votre tournée a débuté de façon surprenante dans notre belle ville française qu’est Nantes. Comment était-ce de commencer une énorme tournée dans une ville pareille ?

Alex Adam (guitare/chant) : Ce que l’on peut dire et constater, c’est qu’il y avait des gens à cette date. Mais comme tu l’as dit, c’était un endroit assez bizarre pour faire un concert. On aurait pu commencer dans une autre ville du genre Montpellier (ndlr : le groupe a déjà eu l’occasion de jouer la bas en première partie d’All Time Low en 2015). Mais sinon, le concert à Nantes était vraiment sympa. On ne s’y attendait pas !

Et comment étaient les gens là-bas ? Vous savez, il existe des rumeurs internationales qui insinuent que le public français est vraiment très difficile à convaincre.

Alex Costello (chant) : Je pense que, de manière générale, ils le sont mais nous avons malgré tout réussi à les convaincre. Donc au final ce n’est pas si dur ! (rires)

Aujourd’hui, c’est votre troisième concert à Paris et votre premier en tant que tête d’affiche. La première fois fût avec Man Overboard (RIP) au Batofar et la seconde avec State Champs au Backstage By The Mill. Comment vous sentez-vous pour ce soir ?

Alex Adam : Nous sommes très excités ! Nos deux premiers concerts ici se sont très bien passés ici donc on est maintenant assez curieux de la façon dont va se dérouler le concert de ce soir.

En soi, le Pop Up Du Label est la plus petite salle parisienne dans laquelle vous avez eu la chance de jouer mais le principal reste que vous soyez en ce lundi soir la raison principale pour laquelle les gens vont se déplacer ici.

Alex Adam : Absolument et c’est plutôt cool !

Pour faire un petit bilan des derniers mois, parlons de la scène pop punk internationale. En ce moment, il y a pas mal de groupes qui tirent leur révérence, notamment Man Overboard, alors qu’en parallèle, d’autres groupes plus jeunes sortent du lot, comme ROAM qui est considéré pour beaucoup comme le “Next Big Thing” du genre.

Sam Veness (guitare) : Oh, c’est classe.

Absolument ! Mais pour le moment, vous êtes encore un groupe en devenir qui a beaucoup de choses à apprendre. Comment gérez-vous la pression et cet élan d’espoir sur vous ?

Alex Adam : Très bonne question. On va dire qu’on est principalement heureux et curieux de voir ou cette nouvelle année va nous mener.

Pour le concert de ce soir, vous n’êtes pas venus les mains vides puisque vous venez de sortir “Backbone“, votre premier long format. Que pouvez-vous nous dire sur lui ? Qui l’a produit ? Comment se sont passés les enregistrements ?

Alex Costello : Bien sûr ! Alors nous l’avons fait avec le producteur Drew Lawson au Steel City Studio de Sheffield. Pour la petite histoire, nous ne sommes pas très fans de cette ville loin de chez nous parce qu’il y pleut assez souvent.

M : Non mais c’est un très bel endroit !

S : Tous les jours où nous avons été là-bas, il faisait soit gris, soit il pleuvait.

M : Mais je suis sûr que c’est très mignon lorsqu’il y a du soleil !

Alex Costello : Peut-être. Ceci dit je n’ai jamais vu le soleil là-bas. (rires)

M : Au final, nous y avons passé un bon moment et nous en sommes fiers.

Alex Adam : Pour en revenir à l’album, nous avons commencé à l’enregistrer en Janvier (ndlr: 2015) et au moment d’enregistrer les voix, Alex et moi-même sommes tombés malades. Impossible donc de s’occuper des parties vocales du disque. Nous sommes rentrés chez nous puis avons repris la route pendant environ deux mois. Nous avons tourné aux Etats-Unis puis avec Man Overboard, avant de retourner en studio vers juin/juillet. Au final, nous avons fini les enregistrements dans un studio proche de chez nous, à Eastborne, juste à côté de là où nous vivons. Ca nous a donc pris pas mal de temps et de voir enfin l’album dans les bacs, un an après l’avoir commencé, c’est quelque chose d’incroyable.

S : Je pense que c’est une bonne chose tout ce retard parce que cela nous a donné du temps pour l’améliorer.

Pendant tout ce temps, l’album a donc dû changer pas mal de forme et d’aspect. Puis ça a dû être compliqué de le finir en plusieurs étapes.

S : Oui, ca l’a été parce que nous avions à retourner en studio encore et encore, ce qui était très fatiguant à l’époque. Mais, en y repensant, cela nous a permis de nous poser et d’écouter pendant plusieurs semaines ce que Drew avait fait de nos chansons. Et lorsque nous retournions en studio, nous avions l’esprit libre ce qui nous permettait de changer des choses. Ton opinion sur les choses change énormément lorsque tu remets plus tard les pieds en studio.

Travailler sur “Backbone”, était-ce quasiment pareil que de travailler sur un EP ou cela se rapprochait plus d’une nouvelle aventure ?

Alex Adam : Il y a beaucoup de choses que tu peux faire sur un album que tu ne peux pas faire sur un EP. Par exemple, des chansons plus lentes ou même des mélodies acoustiques. Avoir un produit fini avec onze ou douze chansons, cela change carrément la donne et t’offre beaucoup plus de possibilités que lorsque tu dois te limiter à quatre chansons. Quand tu fais un EP, tu te dois d’être efficace, de proposer des chansons rapides et entraînantes. Alors qu’avec un album, tu peux n’en mettre que cinq rapides, puis expérimenter de nouvelles choses. C’est donc totalement différent et c’est quelque chose que nous avons adoré !

Différent peut-être mais aussi plus difficile ?

Alex Adam : Au contraire, je dirai que c’était plus facile parce que tu peux justement te permettre d’écrire des chansons totalement différentes, sans que cela influence négativement sur l’ensemble. Ce n’est pas grave si il y a beaucoup de différence entre le premier titre et le dernier. Alors que sur un EP, tu dois maintenir un certain rythme qui, parfois, provoque une certaine similitude.

Alex Costello : En réalité, il n’y a qu’une seule chanson que nous avions proposé qui ne fait finalement pas partie de “Backbone”. Nous avions douze chansons à la base et ne nous sommes débarrassés que d’une seule.

Pour quelle(s) raison(s) ?

Alex Adam : En fait, elle ne fonctionnait pas aussi bien que les autres chansons. Les autres titres étaient vraiment assez faciles à composer mais celui-ci nous donnait du fil à retordre et ne coulait pas aussi bien qu’on le voulait.

Puisque l’on s’intéresse à vos nouvelles chansons, la production de celles-ci semble plus se rapprocher de l’ancienne génération, comme The Starting Line, New Found Glory, que d’une production que l’on pourrait appeler “moderne”. Est-ce que l’on peut analyser cela simplement comme une forme de nostalgie ? Ou comme quelque chose de plus fort, une envie de “let’s go back to basics” comme vous le dites dans “Hopeless Case” ?

Alex Adam : Nous avions prévu de faire cela, un bon dans le passé avec “Backbone”. Il est certain qu’avec nos EP précédents, nous avions un son plus moderne. Mais avec cet album, nous voulions mettre en avant des influences plus anciennes de façon intentionnelle. Et oui, comme tu le dis, avec un peu de nostalgie dans le fond, puisque nous écoutions pas mal d’anciens groupes lorsque nous composions “Backbone”.

Egalement il semblerait que Sum 41 vous ait pas mal influencé pour le coup, comme on peut l’entendre dans “Deadweight” ou certaines de vos paroles.

Tout le monde : Absolument ! (rires)

Alex Adam : Sum 41 est l’un de nos groupes préférés et l’une de nos plus grandes influences. Donc forcément, il y a cette petite touche qui leur ressemble mais qui est bien du ROAM. Concernant les paroles, ça par contre n’est pas quelque chose d’intentionnel. Nous avons surtout choisi des mots qui collaient bien à la chanson et aux thèmes. Donc Sum nous a principalement marqué sur la question du son.

Changement de sujet mais vous allez jouer le mois prochain justement avec Sum 41 dans le cadre du Kerrang Tour 2016! Vous vous sentez prêts pour ça ?

M : Oh yeah ! On est vraiment impatients et excités pour ces concerts ! On n’y pense pas vraiment pour le moment mais ça ne devrait pas tarder puisque la tournée commence dans quelques jours.

Pour en revenir à l’album, en plus d’une production intéressante, on y retrouve des chansons très efficaces comme “Bloodline”, “Deadweight” et une nouvelle version de “Head Rush” – originaire de l’EP “Head Down” (2013) -. Est-ce compliqué d’être productif, d’éviter les répétitions et de ne pas être comme tous les autres groupes déjà présents ?

Alex Adam : Eviter les répétitions est quelque chose de difficile mais c’est un sujet sur lequel nous avons essayé et continuons d’essayer de travailler afin de ne pas être comme ces groupes qui publient un album avec seulement un bon titre. C’est pour cela qu’on valorise différents accordages, différents tempos qui rendent possible le fait de se renouveler. On a également pris le temps de faire une chanson acoustique et des chansons plus lentes, afin de rendre l’album un peu plus hétérogène. Mais en fin de compte, oui c’est une chose difficile de ne pas être répétitif puisqu’au final, tu finis souvent par écrire des choses similaires car tu as appris à composer d’une certaine façon. Et quoi que tu fasses, ta composition sera toujours indirectement proche d’une autre.

Autre surprise sur ce disque, sa piste d’introduction “The Desmond Show” est en français. Qui a eu cette idée folle de lier pop punk et la langue française ?

Alex Costello : C’est notre producteur qui nous a proposé cette idée. Il a commencé par “ca pourrait être vraiment cool de faire une introduction en mode radio FM”. On était tous d’accord sur la question et nous avons recherché quelle langue utiliser pour que ça sonne unique. Mes parents m’ont dit qu’ils connaissaient quelqu’un qui était français et nous étions tous d’accord pour faire ça en français. C’est vraiment cool de l’avoir fait de la sorte parce que maintenant que nous jouons en France, nous pouvons observer la réaction des gens, voir si ils comprennent bien ce qui est dit. Pour le moment, nous n’avons pas eu le temps de l’essayer en Angleterre.

M : Les Anglais ne l’ont même pas mentionné sur les réseaux sociaux, c’est dire !

Puisque qu’il existe une multitude de groupes se revendiquant pop punk – et par là, on veut bien dire BEAUCOUP – comment sortir du lot lorsque l’on est un groupe de ce genre ? N’existe-t-il pas une sorte de lassitude de ce genre rendant la route vers le succès péniblement exploitable ?

Alex Costello : Possible mais je pense que, sur la question de se faire remarquer, l’aspect live est ce qui me semble le plus direct. Le public peut écouter nos chansons sur internet et se dire “ouais, c’est sympa” mais il réagit très différemment lorsqu’il nous voit sur scène. Et c’est là, l’une des clés du succès.

M : Je suis d’accord, pour nous c’est l’aspect live qui rend Roam spécial. Après, difficile de juger nos chansons puisqu’elles sont de nous. Ceci étant dit, c’est bien le côté performance et live qui font sortir les groupes du lot puisque c’est par là qu’ils arrivent à capter l’attention.

S : “Backbone” va nous aider également grâce à ses sonorités différentes. Du moins, je l’espère !

Question rapide pour Alex Costello. Sur ton compte Instagram, on peut voir que tu te revendiques chrétien. N’est-ce pas quelque chose de délicat à assumer dans une scène où certains excès sont de mise (alcool, drogues) ?

Alex Costello : Tout d’abord, il est important de dire que je n’essaye en aucun cas de convaincre les autres de ma religion. Pour les excès, je ne m’en préoccupe pas et je ne me suis jamais senti rejeté pour autant. Mes amis me connaissent et m’acceptent de la sorte. Et si quelqu’un m’ennuie sur la question, je lui dis tout simplement ce que je pense. Mais pour le moment personne ne m’a dit quelque chose de mal là dessus. Donc non, ce n’est pas difficile.

Et c’est tant mieux ! Pour finir, notre site web s’appelle “RockUrLife” donc qu’est-ce qui rocks votre life ?

M : Facile c’est la musique ! La musique rocks ma vie.

S : En rapport avec cette tournée, je vais dire manger des sandwichs. J’en mange deux par jour. (rires)

Alex Adam [après avoir entendu Matt dire quelque chose] : Ce sont mes boys qui rock ma vie !

Alex Costello : La musique, les sandwichs et mes boys. (rires)

Site web : roam.uk.com