Interviews

ONE OK ROCK (21/12/15)

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A quelques heures du retour sur la scène parisienne, RockUrLife a pu s’entretenir avec Taka, chanteur de One Ok Rock, pour une interview axée sur le partage !

Bonjour, comment allez-vous quelque heures avant le concert ? Comment vous sentez vous ?

Taka (chant) : Je vais bien, je me sens très excité à propos de cela.

Cela fait presque un an depuis votre dernier show.

T : Exactement.

En quoi pensez-vous que ce sera différent de la fois précédente ? Qu’est-ce qui a changé en un an ?

T : L’année dernière, nous étions trois groupes : Mallory Knox, Tonight Alive, et évidemment One Ok Rock. Aujourd’hui, nous ne serons que deux : We Came As Romans, et nous. En plus de cela, cette fois, la date est sold out, ce qui est très cool. Je suis très excité à propos de cette tournée. Bien sûr, nous serons en mesure d’expérimenter nos nouvelles chansons devant le public, également. Plus de différentes chansons à jouer. Nous avons sorti un album, et expérimenté de nouvelles choses cette années, et nous allons les essayer ce soir.

Qu’est-ce que cela fait de revenir ici après les récents événements qui sont survenus, notamment au Bataclan ? Comment comptez-vous réagit face à cela ?

T : Oh oui, bien sûr. J’ai vu les nouvelles lorsque j’étais au Japon. J’étais vraiment choqué, et je me sentais désolé d’apprendre ça. C’était horrible. Mais nous sommes revenus ici après tout, pour cette ville, pour ces gens, nous devions le faire. Nous devons croire en la musique pop, au rock, et c’est pour cela que nous sommes ici, et que nous ne sommes pas effrayés. Nous devons partager la musique, et atteindre les gens avec elle, faire du bruit, et j’ai envie de dire au public de ne jamais abandonner, de se lever, de continuer d’avancer ! C’est comme cela que je souhaite réagir à ces événements.

Votre nouvel album s’appelle “35XXXV”. Pourquoi un tel titre ?

T : Quand nous étions aux Etats Unis pour enregistrer l’album, celui-ci est apparu comme étant un nombre porte bonheur pour nous. Nous l’avons souvent rencontré là bas, dans différentes situations, et nous avons fini par le choisir comme étant notre titre, pour qu’il nous porte chance sur cette sortie. Ce n’était rien de très complexe, mais c’est comme ça que c’est arrivé.

Est-ce que vous pouvez nous en dire un peu plus sur cet album ? Y a-t-il un message général ?

T : Oui, nous avons commencé à l’enregistrer l’année dernière à Los Angeles, aux Etats Unis, c’est notre septième album et est sorti le 11 février de cette année. En réalité, le message est le même qu’à chaque fois. C’est tout le temps la même chose : ne jamais abandonner, continuer de suivre nos rêves, ce genre de choses. Ces thèmes sont importants, c’est pour ça que nous continuons de partager ce genre de messages.

Vos dernières chansons sont beaucoup plus pop que ce que vous étiez habitués à faire, par exemple sur “Et Cetera” ou “Keep it Real”, et beaucoup plus américaines, avec des chansons en anglais. Pourquoi un tel choix ?

T : Nous devions atteindre le public américain, et d’autres pays aussi, c’est pourquoi notre musique a pris des tournures beaucoup plus américaines, je pense.

Mais ne pensez-vous pas que c’est aussi important de revendiquer vos racines japonaises à travers votre musique ?

T : Oui, nous sommes évidemment des Japonais, et c’est important. Mais il y a un moment où il faut aller de l’avant, et essayer l’anglais, chanter en anglais aussi. C’est ce que je veux faire maintenant. Moins de chant en japonais, plus en anglais, et s’ouvrir au monde.

Et que pensez-vous de l’expansion de la musique japonaise à l’étranger ? De l’industrie musicale japonaise de nos jours ?

T : Je pense que la scène musicale japonaise est presque morte. Parce qu’il y a beaucoup trop de gimmick dans leurs musiques. Ce n’est pas de la vraie musique, je pense. Je ne dis pas qu’il n’y a pas de bons musiciens. Il y en a parmi eux qui sont bon et talentueux, mais je pense que c’est trop protégé. Ils se préservent d’eux-mêmes, se protègent eux-mêmes, et ne laissent pas leur intériorité d’exprimer à travers leurs musique. C’est pour cela que je dis que ce n’est pas de la “vraie musique”. Aussi, je pense que c’est un problème du fait que lorsque l’on demande aux Américains ou aux personnes d’autres pays des choses comme “que pensez-vous du Japon ?”, ils pensent souvent directement aux sushis, magazines, mais pas à la musique. Et c’est un soucis. C’est pourquoi nous voyageons à travers le monde, faisons des tournées, et que nous essayons d’atteindre les gens avec de la vraie musique japonaise, même s’il faut chanter en anglais pour ça.

Mais comme vous avez dites, il y a quelques musiciens talentueux parmi les artistes japonais. Y a-t-il des groupes que vous écoutez malgré la critique que vous formulez à propos de la scène musicale japonaise ?

T : Oui bien sûr ! Vous connaissez Maximum The Hormone ?

Oui, évidemment.

T : Il y a aussi Crossfaith, Coldrain, et j’aime bien la J-pop, les Idols parfois, mais pas tout le temps ni tout, juste un petit peu de temps à autres.

En parlant de Coldrain, Crossfaith, mais aussi de Sim, vous êtes vraiment très proches d’eux et semblez avoir développé une vraie amitié.

T : Oui, ces gars sont de vrais amis pour moi, c’est une réelle amitié. Lors de notre dernière tournée au Japon, nous avons tourné avec Sim, évidemment Coldrain, et aussi avec Fear And Loathing In Las Vegas, et beaucoup de groupes du genre, qui ont partagé la scène avec nous. C’était très amusant !

Mis à part l’aspect humain, vous aidez-vous les uns les autres dans la musique ? En apportant des idées, des conseils ?

T : Oui bien sûr ! Ca arrive souvent que l’on s’entraide !

Et quel genre d’avis ? Quelles sont les particularités qu’ils peuvent vous apporter ? En quoi sont-ils différents des autres groupes ?

T : Je suppose que c’est parce qu’ils sont complètement focalisés sur la musique américaine et européenne, je pense, je ne sais pas pour Sim par contre. Mais Coldrain et Crossfaith sont totalement tournés vers ces types de musique, ils n’écoutent pas, ne jouent pas de choses comme de la pop japonaise, ou de la musique japonaise, et je pense que c’est ce qui est différent. Et nous, nous jouons un genre de J-pop, mais un peu dans le style américain et européen, avec beaucoup de jam, et je pense que c’est pareil.

Lorsque vous dites que c’est la même chose, vous parlez des influences américaines ou êtes-vous en train de dire que Coldrain jouent aussi un genre de J-pop ?

T : Vous trouvez que Coldrain est de la pop ?

Bien sûr que non, c’est pour ça que je vous ai redemandé

T : (rires) Non, vous avez raison, ils ne jouent pas de la musique pop, c’est beaucoup plus chaud ! Leur musique est plus forte !

En parlant des autres artistes, vous avez récemment collaboré avec des musiciens comme Chrissy Costanza, Kellin Queen, Tayler Carter etc. Que vous ont apporté ces collaborations ? Est-ce qu’ils vous ont influencés d’une façon ou d’une autre ?

T : Oui, ce sont vraiment de bonnes personnes, et chanteurs également. Comme Chrissy, lorsque je l’ai entendue pour la première fois, et lorsqu’elle a chanté “Dreaming Alone”, J’ai pensé “wow ! Cette chanson est vraiment sympa !”, donc j’ai souhaité la chanter avec elle, donc nous avons commencé à travailler encore, et à s’aider l’un l’autre. J’aime son travail, et j’aime chanter avec elle, avec d’autres artistes. C’est toujours enrichissant.

Y a-t-il d’autres artistes avec lesquels vous aimeriez travailler ?

T : Peut-être sur le prochain album, j’aimerais essayer de travailler avec plus de groupes japonais, comme Coldrain, Crossfaith, Sim. Mais nous verrons bien, ce n’est pas encore décidé pour l’instant.

Votre chanson “Heartache” a été utilisée pour faire partie du film “Rurouni Kenshin: The Legend Ends”, et vous avez précédemment fait une chanson pour “Albator”.

T : Je pense, oui. En réalité, je ne me souviens pas vraiment. (rires) Mais je pense que oui, nous avons probablement fait ça, en effet !

Est-ce un souhait pour vous de faire plus d’opening et d’ending ?

T : Oui, oui ! Mais en fait, ça n’importe pas vraiment. S’ils nous aiment, ils peuvent totalement utiliser nos chansons ! C’est cool, c’est une bonne chose. Mais ça n’importe pas s’ils ne le font pas. Le plus important pour nous est d’être capables de faire des tournées, de faire des concerts en face de notre public. Nous nous en fichons un peu du reste. Si quelqu’un veut travailler avec nos chansons, parce qu’ils trouvent une de nos chansons et l’aiment, et veulent l’utiliser, ça nous en heureux, mais nous ne nous focalisons pas là dessus, donc ça n’a pas tellement d’importance au final.

En parlant des buts, vous avez joué pour la première fois au Yokohama Stadium l’année dernière, pour “Mighty Long Fall Live”, quels sont vos nouveaux objectifs désormais ?

T : Je ne sais pas, mais j’ai envie d’essayer de faire davantage de tournées dans le monde, d’atteindre les gens avec la musique de One Ok Rock, d’avoir un public plus large, je suppose.

Maintenant que votre succès grandit, comment regardez-vous votre carrière ? Et quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui voudrait commencer la musique et la faire grandir, comme ce que vous diriez à votre petit frère, qui fait également de la musique ?

T : Les choses ont changées, et peuvent être dures parfois, mais le conseil que je souhaiterais donner est juste de le faire, et continuer de le faire. C’est aussi simple que ça, mais c’est une chose vraiment importante je pense. C’est ce que j’ai toujours fait, et ça a l’air de fonctionner.

Quels sont vos projets pour le futur ? Quelles directions aimeriez vous prendre ?

T : Faire un nouvel album, bien sûr ! Pour février, peut-être.

Bonne chance, alors !

T : Merci !

Maintenant qu’il est presque temps de se relaxer avant le chose, il reste deux questions un peu plus sympa pour vous. Tout d’abord, quelle est la dernière chanson que vous ayez ajouté sur votre iPod ?

T : C’est une question difficile. Mais si je me souviens bien je pense que c’était du Bring Me The Horizon !

Laquelle ?

T : “Throne”, je crois !

Dernière question : Notre média s’appelle “RockUrLife”, donc qu’est-ce qui rock votre life ?

T : C’est très difficile. Mais je pense que ce qui me rend heureux et rock ma vie est le fait d’être occupé, et d’être en tournée !

Site web : oneokrock.com