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NOTHING MORE (06/11/18)

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Talentueux quatuor texan, Nothing More s’est imposé sur le devant de la scène hard rock grâce à des albums féroces, “The Stories We Tell Ourselves” se hissant jusqu’au sommet des charts à l’hiver 2017. Nous avons rencontré son guitariste, Mark Vollelunga, lors de son dernier passage en première partie de Bullet For My Valentine au Casino De Paris.

Définiriez-vous la musique comme votre travail ou en avez-vous “besoin” ?

Mark Vollelunga (guitare) : Les deux. J’ai parfois l’impression que c’est ce pourquoi je suis fait, et je suis ravi de pouvoir le faire tous les jours. On peut travailler pour vivre ou vivre pour travailler, et la plupart du temps je vis pour travailler parce que la musique me passionne et remplit une sorte de vide en moi – ou je ne sais quoi. Je sais que la musique m’a changé et m’a permis de surmonter pas mal d’épreuves, et je sais que c’est super de pouvoir permettre à d’autres personnes de vivre la même chose. Mais être musicien peut également être très demandeur, et ma famille me manque.

Est-ce un poids ?

Mark : Parfois. Cela va sembler tiré par les cheveux, mais j’ai le sentiment que les artistes sont des sortes de prophètes modernes – dans le sens où ce qu’ils disent peut avoir beaucoup d’importance. Nombre d’entre eux étaient rejetés et moqués. Je ne dirais qu’il en va de même aujourd’hui, mais prenez mon fils : tout ce qu’il sait c’est que son papa n’est pas là. J’ai beau lui expliquer l’importance de mon travail, il sait seulement que je ne suis pas là.

Diriez-vous que les musiciens ont un “devoir” de transmettre certains messages, ou leur musique peut n’être que divertissante ?

Mark : Je dirais que c’est un devoir, mais si ça n’était pas divertissant personne ne le ferait. En ce qui me concerne, je suis convaincue que c’est ce pourquoi j’étais fait. Transmettre des messages à notre public donne un sens à ma vie, en un sens.

Pourriez-vous vous engager en politique et soutenir un futur candidat à la présidence, par exemple ?

Mark : Aucunement. De nombreuses personnes font du porte-à-porte et répètent : “Voilà ma vérité, croyez en elle”. Je trouve ça offensant. Qui êtes-vous pour dire ça ? Vous ne savez rien de moi. Pourquoi pensez-vous que je vais prendre ce que vous dites pour argent comptant ? Je suis qui je suis grâce aux expériences que j’ai vécues, et à ce que j’ai appris sur le monde et sur moi. Donc c’est dingue de me sortir que ma vérité est incorrecte et que je devrais croire la vôtre à la place. Je ne pourrai jamais faire ça. Quand on fait de la musique, on partage sa vérité en créant des liens entre les gens. C’est la seule manière d’être dans le vrai en ce qui me concerne.

Peut-on dire qu’un climat social tendu participe de la création de grandes œuvres d’art ?

Mark : J’aurais tendance à être d’accord avec ça. Non pas que toutes les œuvres d’art doivent trouver leur origine dans un climat social tendu, mais les meilleures histoires sont celles où il y a le plus de tensions. Je pense que les gens sont attirés vers ce genre de choses parce que plus les troubles sont importants, plus la victoire est grande.

Voilà une transition toute trouvée vers votre single, “Go To War” ! Quel est le secret pour créer un hit comme ça ?

Mark : C’est une bonne question ! Parfois ce n’est rien que l’on peut décrire. A d’autres moments, c’est une phrase, un son ou les deux. Dans ce cas, le morceau fonctionne parce qu’il s’agit d’une excellente performance de Jonny. Le fait qu’il commence a capella est vraiment sympa, et le timbre de sa voix est cool. C’est également une bonne histoire à propos des conflits et du fait qu’ils peuvent parfois se dérouler au sein de votre propre couple. Ce que je voulais dire – mais je ne sais pas si le message est passé – c’est que vous n’avez pas à avoir peur d’entrer en conflit avec les gens que vous aimez. Les gens disent souvent qu’on blesse ceux qu’on aime le plus. C’est parce qu’on en est capable ! Je suis capable d’être moi-même avec vous, et même si je vous montre mes pires côtés ce n’est pas grave : on s’en sortira. Ce message n’est peut-être pas évident, mais certaines personnes le percevront peut-être.

Savez-vous quand vous tombez sur une chanson aussi efficace ?

Mark : Bien sûr. Mais je pense que tout le monde peut savoir quand une chanson fonctionne : elle est entraînante et a une bonne mélodie et des bonnes paroles. J’ai l’impression que ma carrière – et la musique que j’écoute depuis presque trente ans – me permet de ressentir ce genre de choses, les comprendre et les adapter afin de provoquer des émotions similaires.

Diriez-vous que votre rapport à la musique a évolué depuis le début de votre carrière ?

Mark : C’est une bonne question. J’ai l’impression que je comprends mieux la musique aujourd’hui, parce que j’ai eu la possibilité d’en apprendre davantage et de la voir changer mes proches et moi-même. En même temps, j’ai toujours le même rapport à la musique parce que j’en ai toujours besoin pour vivre.

Est-ce frustrant que Nothing More ait mis autant de temps à être connu ?

Mark : Ça l’a été parce qu’on a dû se séparer de plusieurs membres parce qu’on ne voyait quelle direction pouvait prendre le groupe avec eux. On n’a eu pas mal de doutes concernant qui chanterait, mais on a trouvé la solution et on a laissé Jonny prendre les commandes.

Ça n’a pas dû être facile tous les jours. Comment vous protégez-vous des critiques ?

Mark : Il y aura toujours des gens pour raconter des conneries. Si les gens n’aiment pas notre musique, pas de souci. Il y a des artistes que je n’apprécie pas. Mais comment est-ce que je me protège des critiques ? En acceptant qu’il y en ait des bonnes et des mauvaises et que l’on ne peut pas avoir l’une sans l’autre, je suppose. Quant à la question de la santé mentale, je suis ravi que l’on ait pu lancer la campagne #IKnowJenny lors de notre dernière tournée. Je pense que ça a aidé pas mal de gens et donné du poids aux mots “troubles mentaux”. Ça n’a rien de honteux. Si vous êtes malade, soignez-vous. Une thérapie ne devrait jamais être quelque chose de négatif !

On suppose que vous allez bientôt retourner en studio. Avez-vous la pression à l’idée de ne pas pouvoir faire mieux que votre précédent album ?

Mark : On est toujours sous pression ! Mais je ne me fais pas trop de souci. Si l’on nous dit que quelque chose n’est pas assez bon, on se remettra au travail. On ne peut jamais savoir quelle sera notre prochaine bonne idée, donc on tient quand même à tout essayer.

Quelle est la chanson la plus surprenante dans votre téléphone ?

Mark : Je ne l’ai pas encore écouté, mais j’ai téléchargé la reprise de Weezer qu’a enregistrée Toto ! (rires) J’aime aussi Alanis Morissette.

Pour finir, notre média s’appelle “RockUrLife”, alors qu’est-ce qui rock ta life Mark ?

Mark : Ma femme, pour sûr. On est sur le point d’acheter une maison, donc ma life rock pas mal ! Le dernier album des Black Peaks rock aussi ma life. Il m’a vraiment impressionné !

Site web : nothingmore.net

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