Interviews

MONSTER TRUCK (02/12/15)

English version

Don’t fuck with the truck!

Bonjour Jeremy comment vas-tu ?

Jeremy Widerman (guitare) : Je vais bien, je suis heureux d’être ici. J’adore Paris et nous sommes ravis d’apprendre que nous faisons parler de nous ici mais aussi parce que c’est un endroit agréable à visiter.

Encore un long chemin avant la sortie de votre deuxième album “Sittin’ Heavy“. (ndlr : au jour de l’interview)

J : Oh merde ! (rires)

Confiant ?

J : Je suis confiant. De plus je l’apprécie cet album ce qui est toujours un bon signe. Cela a toujours été le cas pour notre premier album et nos deux EP et il en est de même pour celui-ci. C’était un si long processus et nous touchons presque au but, huit mois à bosser ! Il est donc difficile d’avoir le recul nécessaire. Jusqu’à présent, les retours sont très bons et les gens semblent vraiment l’apprécier. Ajouté à cela notre premier single se porte très bien au Canada et il n’y a qu’à voir le nombre d’interviews aujourd’hui, c’est bon signe !

Tout d’abord peux-tu nous présenter le groupe pour ceux qui vous connaissent à peine en France.

J : Le groupe a tout d’abord démarré comme un side project, juste pour le fun et le plaisir; un groupe pour faire la fête en somme. Puis les gens se sont intéressés à nous, nous ont encouragés à faire plus et à aller plus loin. C’est tout simplement du pur rock n’roll. Guitare, basse, clavier et batterie, avec de grosses et fortes voix. On veut simplement se tenir à ça et développer le projet au maximum.

“Sittin’ Heavy” est-il une sorte d’évolution comparé à “Furiosity“(2013) ?

J : Oui avec “Furiosity” c’était chanson rock / chanson rock / chanson rock / ballade et cette fois nous voulions apporter plus de diversité. Sachant qu’on sera mené à jouer des sets plus longs, il nous faudra ces moments de temporisation et de calme histoire de reprendre notre souffle, (rires) mais également pour avoir un moment plus groovy.

Ces deux dernières années vous avez passé beaucoup de temps sur les routes. Comment avez-vous fait pour trouver des créneaux pour composer et surtout enregistrer ?

J : Nous avons commencé très tôt, et même que maintenant nous travaillons déjà sur le prochain disque et je pense que cela fait partie du processus histoire d’être prudent dans ce que nous faisons. On pense sans cesse au prochain CD et ayant nos guitares backstage, il est amusant mais également facile pour nous travailler car nous aimons composer et jammer. Au final, il ne s’agit que de rock n’roll. Dans le cas où nous avons un titre assez simple à mettre en place, on essaie de la bosser parfois durant nos soundcheck lorsque le timing nous le permet.

Le premier single est “Don’t Tell Me How To Live”. Pourquoi ce choix et quelle en est sa signification ?

J : C’est l’une des chansons que nous avions commencé à travailler très tôt et c’est l’un de ces titres dont tu sais qu’il serait idéal pour un single. En ayant ce sentiment dès le départ, tu cherches à le sublimer en vérifiant bien que le refrain est vraiment bon, qu’il y a beaucoup d’harmonies vocales. Pour ce qui est de la thématique abordée dans ce titre, c’est tout simplement un sentiment que beaucoup de gens partagent et pour un tas de raisons différentes. Que ce soit ton patron ou tes parents qui te demandent de faire quelque chose, ta petite-amie, ton mec, ta femme, ton mari… peu importe ! C’est une situation à laquelle nous avons également fait face lorsque nous étions un petit groupe indé. A vrai dire cette idée part d’une situation qu’a vécue notre chanteur. Il était assis sur son canapé à fumer et jouer de la guitare lorsque sa petite-amie lui a demandé “mais qu’est-ce que tu fais ? Tu ne vas quand même pas fumer et jouer toute la journée ? Ce n’est pas ce que tu comptes faire si ?” “Ceci est mon travail ! Ne me dis pas quoi faire de ma vie !” (rires)

Le communiqué de presse indique que “c’est un refus catégorique de se laisser abattre”. Peux-tu nous expliquer en quoi cela consiste ? Est-ce en rapport au groupe ou à quelqu’un de particulier ?

J : Je pense que cela concerne le monde entier. Comme tout le monde sait, il y a ce fossé qui sépare les plus riches et les plus pauvres et bien même cette situation, il ne faut surtout pas se décourager même si vous êtes au fond du trou. Il faut justement se relever et s’affirmer. La situation actuelle dans le monde est celle-ci et si nous ne faisons rien, nous courrons à notre perte.

A l’image de vos deux EP et de “Furiosity”, il se dégage une grande énergie, du groove et du rock n’roll. Quels sont les groupes qui vous ont Influencé à faire ce type de musique ?

J : Pour moi et Jon, on doit beaucoup à Grand Funk Railroad et nous nous sommes unis par le fait que ce groupe est sous-estimés mais il y a également beaucoup de nouvelles influences rock comme Rage Against The Machine, Soundgarden; on adore vraiment ces groupes et je pense qu’il est important d’inclure tout le monde parce qu’il y a eu tellement de bonne musique rock qu’il serait presque honteux de ne pas les inclure également juste parce que tu veux être dans groupe de rock classique.

En tant que guitariste, es-tu constamment à la recherche DU riff ?

J : Oui mais il me trouve de lui-même la moitié du temps et je pense que la plupart des meilleures idées viennent du fait de ne pas y prêter attention justement. Je ne suis pas en train d’écrire une chanson, je ne suis pas en train d’écrire un riff. Je joue, je pourrais être dans les vapes, donc je n’y fais pas attention, je prends juste du plaisir. Il faut prendre du plaisir et ne pas y prêter attention cependant une fois que vous l’avez remarqué “putain c’est bon ça !” et la prochaine chose à faire est de prendre le téléphone et d’enregistrer l’idée sinon je vais l’oublier dix minutes plus tard, “c’était quoi le riff déjà ?”. (rires) J’enregistre tout.

Cela conduit donc à “The Enforcer” le second titre que vous avez dévoilé. Au vue du patch il y a une référence au hockey n’est-ce pas ?

J : Tout à fait ! Un morceau de notre “Brown EP” a été diffusé dans les arénas mais aussi par des équipes de la NHL et “The Enforcer” est également diffusé via l’un des plus grand programme de hockey au Canada ; cela nous permet de faire plus parler de nous en étant à la recherche des amateurs de hockey et c’est en soi un bon moyen d’exposition pour le groupe au Canada. “The Enforcer” traite de la bagarre. A vrai dire, il y a une règle non écrite qui stipule que «si un de tes coéquipiers se prend un coup ou est blessé par l’autre équipe, c’est là qu’intervient le plus costaud de ton équipe pour…” prendre soin des affaires.

Quid de la veste à patch et de l’artwork donc ? Qui en a eu l’idée ?

J : Jon. J’ai d’ailleurs en ce moment même le seul et unique exemplaire pour le moment. Nous allons en faire plus. Jon est arrivé avec cette idée de représenter chaque titre par un patch et il a juste pensé que ce serait amusant et que ce serait une superbe idée de merch car bien évidemment les gens voudront la veste ou le patch de leur chanson préférée. C’était une idée très simple mais à réaliser, c’était au contraire difficile. On adore les patchs, il n’y a qu’à voir ma veste perso aussi ! (rires)

Comme sur “Furiosity” la dernière piste est un peu triste et mélancolique, pourquoi cette manière de mettre fin à l’écoute ?

J : Peut-être que chacun va l’interpréter différemment. C’est la manière dont nous profitons de la vie, de chaque moment, le fait que rien n’est acquis d’avance qui est traité via ce titre. C’est quelque chose que notre manager nous transmet sans cesse. Il a joué dans un groupe étant plus jeune et l’un de ses regrets était de ne pas avoir profité du moment ou du succès qu’ils avaient ou tout simplement des bons moments passés. Il pensait constamment à la prochaine étape, le prochain projet. Nous avons l’avantage d’être un peu plus âgé et avec le succès que nous connaissons nous profitons de chaque instant. A l’image de ce voyage promotionnel là, c’est un plaisir. Avoir la chance de faire de la musique et d’en vivre, c’est juste fou ! Je me souviens, lorsque j’avais dix-huit ans, mon père me demandait “mais qu’est-ce que tu vas faire ? Ce n’est pas un travail ça, personne ne se fait de l’argent en jouant de la musique” “Je sais, un jour j’arrêterais.” et me voilà réalisant ce rêve. Puis maintenant mon père n’en croit pas ses yeux et est très content pour nous et nos parents sont tous très encourageants et c’est une chance. Beaucoup n’ont pas ce soutien de la part de leurs familles, d’autres vivent dans la pauvreté et n’arrivent pas à réaliser leurs rêves. C’est de ça dont est question cette dernière piste. Appréciez ce que vous avez, ce que vous vivez et nous-mêmes ne pouvons être plus contents à l’heure actuelle.

Pourquoi conclure l’album de manière aussi lente ?

J : Parce que nous le sentions ainsi et que c’est une belle fin, en totale connexion avec le début de l’album. Et si jamais tu souhaites reprendre une dose de rock n’roll il te suffira de lancer une nouvelle lecture !

Il n’y a pas de second guitariste au sein du groupe mais vous avez Brandon aux claviers. Qu’est-ce qu’il apporte de plus comparé à une six cordes ?

J : La beauté des claviers est qu’il peut tout te faire. Il peut être la guitare rythmique, ou le piano électrique de piano. Quoi que vous ayez besoin, vous pouvez l’avoir. C’est un instrument très flexible et il est agréable d’avoir cette option dans le groupe.

Il y a beaucoup de chœurs au fil des morceaux. Comment te sens-tu vis-à-vis de cet élément ? Est-ce quelque chose sur lequel tu as beaucoup travaillé ?

J : Je me sors les doigts pour faire les chœurs ! Personnellement ça m’est très difficile et je ne suis pas un chanteur doué. Je dois travailler sachant surtout que jouer de la guitare et chanter en même temps comme sur “For The People” c’est très difficile. Heureusement notre batteur est assez doué au chant et il travaille justement sur les mélodies et nous les envoient souvent en trois parties. On pourrait croire à une chorale de Steeve (rires) et ensuite il nous indique quelle partie nous est attribuée.

Tu utilises beaucoup les réseaux sociaux. Quel est ton ressenti lorsque tu fais ces sessions “live” ? Tu y prends du plaisir ?

J : Non (rires) ça me rend nerveux surtout lorsque nous avons tant de choses prêtes à être annoncées. J’ai connaissance de toutes les informations, dates, nom, etc. c’est donc parfois difficile car que je dois faire attention, ne pas dire ceci ou cela et le fait d’être en direct pourrait être encore plus grave car je pourrais tout ruiner immédiatement. C’est bien sûr amusant et c’est cool de lire les commentaires et l’excitation autour du groupe de la part des fans.

Vous avez déjà tourné avec Slash, Alice In Chains et bien d’autres; avec qui souhaiteriez-vous partir en tournée maintenant ? Sachant que vous avez des collègues plutôt cool chez Mascot Label Group.

J : Rival Sons, Black Stone Cherry. Ce serait génial de tourner avec ces deux groupes. Nous les avons déjà rencontrés et tournés avec Rival Sons aussi. Ce sont de supers gars et toute les personnes que nous rencontrons se montrent gentilles avec nous, nous encouragent aussi. Nous voulons vraiment jouer avec Rival Sons car ce serait une bonne combinaison car nous ne sommes pas trop similaires à eux mais en même temps nous ne sommes pas si différents que cela.

Vous avez accompli beaucoup récemment, quelle est la clé de cette réussite ?

J : La clé est la magie des quatre membres du groupe travaillant ensemble. Vous pouvez passer votre vie à essayer de trouver les bonnes personnes. Je peux passer toute ma vie à essayer de trouver des gens pour jouer dans un groupe et je ne trouverais jamais ces trois-là. Dès que nous nous sommes réunis ça a instantanément pris entre nous, nous savions que nous avions quelque chose de spécial ensemble. En tout cas je l’ai clairement clamé. Je ne sais pas s’ils s’en rendaient compte, mais j’éprouvais tellement de plaisir à jouer avec eux que je m’en fichais. C’était assez cocasse d’être si confiant à ce sujet, mais également très surprenant une fois que tout s’est mis en route.

Enfin, nous sommes “RockUrLife” donc qu’est-ce qui rock la life de Jeremy Widerman ?

J : Ce que je vais dire va paraitre fou mais le disque qui me rock actuellement n’est pas un album de rock ! C’est cette artiste, Agnès Obel, et son album est la plus douce des choses mais ça me rend dingue dans je l’écoute, il me transporte autre part. C’est la définition de ce qui rock ma vie, même si ce n’est pas du rock n’roll. (rires)

Site web : ilovemonstertruck.com