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MICHAEL SCHENKER (26/08/19)

English version

Michael Schenker est de retour avec un nouvel album et c’est en sa compagnie qu’on en apprend davantage sur “Revelation” !

Bonjour Michael ! Le premier album est sorti dix huit mois auparavant seulement. Comment as-tu gérer ton agenda, entre les tournées, afin de composer et enregistrer cet album ?

Michael Schenker (guitare) : Chaque jour, je consacre quelques heures à la composition, un peu comme une chasse au trésor. Je suis à la recherche de pépites et une fois que j’en trouve, je les garde de côté. Lorsque ma collection s’agrandit, alors je sais qu’il est l’heure de faire un album et de retourner en studio. Ceci dit, j’ai aussi beaucoup d’idées non exploitées, qui attendent sagement.

Tu collabores de nouveau avec les quatre chanteurs : Gary, Graham, Robin et Doogie. Tout d’abord, comment définissez-vous les rôles ? Qui chante sur quel titre ? Comment vous organisez-vous ?

Michael : Je compose toute la musique. Je suis l’architecte, je pose les fenêtres, les murs, les portes. Ensuite, j’ajoute une basse et je programme une batterie afin de montrer si c’est un titre plus speed ou plus lent. Cette fois-ci, par exemple, Doogie a choisi les deux premières et Graham a insisté pour écrire ses propres paroles et ses mélodies. En fin de compte, tout le monde est satisfait et heureux des productions de chacun et de leurs choix personnels.

Ils ne se battent jamais pour un même titre ?

Michael : Non ! Jusque là, tout va bien ! (rires)


Cherches-tu à adapter ta musique à leurs différentes voix ? Ou te focalises-tu uniquement sur la musique ?

Michael : Je me concentre uniquement sur la musique. Ensuite, on leur envoie tous les morceaux. Cette fois, par exemple, Doogie avait deux/trois idées pour un morceau, avec Michael (ndlr : Voss, co producteur), on les écoute et détermine la meilleure. Il peut ensuite approfondir son travail sur l’idée choisie jusqu’à l’enregistrement en studio.

Après “Resurrection”, dans quel état d’esprit étais-tu avant de travailler sur de nouveaux morceaux ?

Michael : De toute évidence, le premier album est une sorte de référence. Je savais également qu’il y avait un trou dans notre agenda, de six à sept mois, entre nos tournées. J’ai dit au label que je ne souhaitais pas gâcher cette fenêtre, que je voulais être créatif. Car tu ne sais pas si tu auras autant de temps, par la suite, pour faire quoique ce soit. Tout est parti de là et c’était une bonne chose. En effet, on va être occupé jusqu’en 2022, donc nous avons exploité le temps que nous avions à bon escient.

Mon état d’esprit ? A vrai dire j’ai toujours vingt ans dans ma tête. Je veux des titres rapides et mélodiques, proposer de belles pièces musicales. De plus, je veux que l’album soit un tout, tel un livre que tu ouvres et que tu dévores. L’écoute se doit d’être une aventure et je cherche toujours des éléments différents et inhabituels.

Que ce soit “Revelation” ou le précédent album, il y a beaucoup de références faites à la religion. Que ce soit les paroles ou les pochettes. Quels rapports entretiens-tu avec la religion ?

Michael : En effet, mais tout ça est assez curieux en fait. Lorsqu’on a commencé à travailler sur le premier album, on était tous en studio. On passait du bon temps, on faisait la fête, il y avait à boire, à manger et il nous fallait une grande table. Puis on m’a fait la remarque “on dirait La Cène” et la branche créative du label avait, ensuite, pris l’idée pour travailler dessus, quasi immédiatement. (rires)

Doogie a écrit “Take Me To The Church” et je me disais ce qu’il se passait ! Lui était-il arrivé quelque chose ? Pour une thématique pareille ? Mais même Voss s’est mis à aborder ces sujets-ci, il n’y avait rien d’intentionnel ou de prévu. Une pure coïncidence.

Quant à la pochette du nouvel album, moi accroché à la flying V, cela fait référence à mes années passées. Cette époque où les gens parlaient mal de moi et m’humiliaient. A vrai dire, Nuclear Blast avant trois idées dont un de mes brouillons. On a commencé à partir de celui-ci, puis j’ai expliqué le concept, l’idée que j’avais en tête au graphiste. Mais celui-ci m’a mal compris. Sur le premier rendu, c’était le reste du groupe qui me mettait sur la V, ça n’avait juste aucun sens. Après correction, c’était magnifique ! Je voulais que chacun soit en position de combat dans le but de venir me décrocher. Mais Graham fut plutôt choqué, il ne comprenait pas. J’y ai de nouveau prêté attention et en effet. On aurait dit que j’étais le messie et que le restant du groupe constituait mes disciples. Ce n’était clairement pas ce que je souhaitais. Ce n’est d’ailleurs pas une crucifixion car je suis simplement attaché. J’ai tellement été subjugué par la beauté de la peinture que j’en ai manqué certains détails.

Maintenant, en y regardant de plus près, ce n’est pas si mal que ça. (rires) Mais il ne faut pas omettre le contexte et le message que ça véhicule. Le fait que j’ai été maudit par ma propre guitare, volée par mon frère.

“Rock Steady” et “Sleeping With The Lights On” sont les deux premiers titres diffusés. Pourquoi ces choix ? Qu’ont-ils de si particulier ?

Michael : “Rock Steady” était à deux doigts de ne pas figurer sur le disque. Il y avait tellement de parties dans ce morceau, que je ne l’ai pas trouvé adapté à ce projet. De plus, je voulais y avoir des invités. Le titre me faisait penser aux Stones. Ronnie Wood est un fan de MSchenker ! Il est à Barcelone d’ailleurs, et je voulais aussi que Mick Jagger viennent mais avec le décès brutal de Ted McKenna (ndlr : le batteur du groupe), on a annulé le moindre invité, malheureusement. J’ai repris le morceau, je l’ai retravaillé et ça commençait enfin à ressembler à quelque chose. Un hymne, en quelque sorte, avec des éléments psychédéliques. Des associations assez inhabituelles pour moi, jusqu’à que je saisisse, par la suite, le contenu des paroles. En fait, ce titre parle de moi. (rires) C’est au final un très bon titre, mais je n’aurais jamais imaginé le label la choisir de cette manière.

Quant à “Sleeping With The Lights On”, nous avions une écoute de l’album, en compagnie de journalistes, et beaucoup ont apprécié ce morceau. Il n’avait aucune idée du clip qui l’accompagnait à l’époque ! C’est un beau morceau mais ça reste un cauchemar. C’est là où la vidéo intervient donc. Le choix final est revenu au label, une fois de plus. Mais en soi, il ne s’agit pas de tel ou tel titre, c’est la globalité de l’album qui fait ce groupe, et les fans s’en rendront compte.


Un mot au sujet de “Ascension”. Un titre instrumental pour conclure, c’est assez inhabituel. Quelle était ton souhait ici ? De finir sur une note épique ?

Michael : D’habitude, je compose toujours douze titres pour un album. Là, on en avait treize, comme dit, si jamais un des titres était écarté. A vrai dire, pour ce morceau, personne n’a trouvé la moindre idée. La musique était elle, déjà enregistrée donc je me suis dit, autant en faire un instrumental. Enfin, en la nommant “Ascension”, c’est également un hommage envers Ted McKenna.

Quel est ton secret pour éviter de te répéter d’album en album ?

Michael : Les pépites, celles qui attendent là. Lorsque j’attaque un album, je sors mon enregistreur à cassette et l’inspiration arrive naturellement. Douze morceaux et je retourne en studio. (rires)

Comment définis-tu un bon titre ? Quelle est ta vision ?

Michael : Il n’y a ni bon, ni mauvais morceau. En tant qu’artiste, tu ne peux pas faire de bonnes ou de mauvaises choses. C’est une expression personnelle. Si tu es dans ce business pour accrocher ta part du butin, alors c’est tout autre chose. Je suis un artiste et ce que je fais n’est ni bien ou mauvais. Tu exprimes quelque chose, au travers de la musique par exemple, et ce n’est qu’ensuite que des gens apprécieront ou non. Ce n’est pas exactement la même chose. Si tu es anxieux à l’idée d’être jugé, alors là c’est une toute autre histoire. Il n’y a pas de recette miracle, tout ne doit pas être fait selon les mêmes règles. Restes fort et fais ce que tu fais.

Qu’est-ce qui te rend le plus fier avec “Revelation”? A quoi peuvent s’attendre les fans ?

Michael : C’est un vrai album, un honnête album. La musique de Michael Schenker. C’est le niveau supérieur à “Resurrection” et tout le monde a superbement contribué à ce disque.

Enfin, nous sommes “RockUrLife”, donc qu’est-ce qui rock la life de Michael Schenker ?

Michael : Le beau temps, passer du temps à l’arrière de ma maison à bricoler des choses, et la bonne nourriture évidemment ! Mais je fais également très attention à rester en forme. Mais il faut se faire plaisir. Manger c’est le #1 des plaisirs. J’adore la cuisine thaï mais attention à ne pas en abuser. (rires)

Site web : michaelschenkerfest.com

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