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KRIS BARRAS BAND (29/02/20)

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Star montante de la musique blues/rock/country en Angleterre, Kris Barras, ancien combattant MMA, était de retour à Paris pour une tournée 100% acoustique avec la légende Beth Hart à l’Olympia. A cette occasion, RockUrLife l’a rencontré.

Comment était le déjeuner ? 

Kris Barras : Super ! Un sandwich et ça repart. (rires)

Et à part la faim, tout va bien ? Tu as l’air très occupé car on n’a pas arrêté de te voir courir à droite à gauche !

Kris : Non ça va ! Un peu fatigué, la tournée arrive à la fin et ce soir est un peu spécial. Mais tout va bien.

Ce n’est pas la première fois d’ailleurs que tu fais l’ouverture pour Beth Hart, encore moins à Paris ! Comment te sens-tu pour ce retour dans notre capitale ? Qui plus est à l’Olympia, l’une des salles les plus prestigieuses. Des groupes comme les Rolling Stones, les Beatles ou encore Jimmy Hendrix ont foulé cette scène !

Kris : Oh wow. Merci pour la pression (rires), mais je me sens bien ! J’ai toujours adoré jouer à Paris, c’est encore mieux dans une salle comme celle-ci. Le public français semble apprécier ce que l’on fait. En plus, nous faisons deux jours de suite ici donc c’est vraiment cool. Hâte d’y aller et de jouer !

Mais ce soir étant un show acoustique, vas-tu jouer avec tout ton groupe ou ce sera juste toi et ta guitare ?

Kris : Non, on ne sera que deux ! Toute la tournée se fait uniquement en acoustique cette fois-ci. Ca ne fonctionne pas avec l’ensemble du groupe. Avec les autres c’est vraiment un “rock show” tu vois ce que je veux dire ? 
Jouer nos morceaux en acoustiques marche plutôt bien. C’est aussi l’occasion pour que je me concentre plus sur ma voix et faire sonner les guitares d’une tout autre manière. Et honnêtement j’adore faire ça.

Mais du coup, attends-tu une réaction particulière du public ce soir ? La plupart t’ont déjà vu aux côtés de Beth Hart, mais pour justement un “rock show”. N’as-tu pas peur de la réaction, d’abord surprise qu’ils pourraient avoir ?

Kris : Pour l’instant les réactions ont été plutôt bonnes de ceux qui s’attendaient à un concert “normal”, mais je ne vois pas pourquoi ça ne passerait pas. Quand Beth fait le sien, la plupart des morceaux sont déjà très acoustiques aussi, donc bon j’espère que ça leur plaira !

Tu sembles assez enthousiaste à l’idée de jouer en acoustique. Peut-être nous caches-tu un album 100% acoustique en préparation ? Une sorte de teasing sur les routes pour voir si le public réagit bien ?

Kris : (rires) Peut-être un jour oui ! Le timing doit être bon pour un projet comme celui-ci. J’arrive à écrire pas mal de nouvelle chansons ou quelques idées pendant une tournée. Mais nous ferons un autre album “classique” avant de nous lancer dans un projet comme celui-là.

D’ailleurs tu parles d’un nouvel album, mais entre tes deux derniers il ne s’est pas écoulé beaucoup de temps. Tu avais des musiques en réserve que tu voulais vite sortir ou tu es capable d’écrire vite ? Ayant cette facilité d’écriture en tournée, ne t’arrêtes-tu jamais vraiment d’écrire ?

Kris : En vrai, ça dépend de beaucoup de choses. Par exemple l’album “The Divine And Dirty” (2018), j’ai tout écrit un an avant que ça ne sorte. Mais quand j’ai fini celui-là, j’ai commencé à écrire des titres qui se sont retrouvés dans “Light It Up” (2019) donc presque dix-huit mois avant qu’il ne sorte. Donc tu vois, j’écris toujours des trucs, quoi qu’il me passe par la tête. Donc ce n’est pas j’écris un album et après sa sortie j’en écris un autre ! J’écris toujours des titres avec un ou deux albums d’avance. Je ne peux pas savoir quel titre se retrouvera où (rires) car j’écris sans cesse. Ça me permet aussi de constamment m’améliorer en tant que compositeur et celles que j’ai écrit le plus récemment sont sans doute mes meilleures. Pour l’instant ! (rires)

Justement c’est intéressant car “Light It Up” est très différent de ce que tu as déjà fait. Et tu dis que certains morceaux ont été écrits avant la sortie de ton premier album, c’est assez dingue. Car il y a une vraie rupture, les réactions sont très bonnes sur ton travail, donc maintenant c’est un peu ton album du succès. Quitte ou double ?

Kris : J’espère que c’est juste la progression naturelle d’un artiste, qui s’améliore plus il travaille. Je ne me vois pas comme un “blues guy” ou un “rock guy” ou ce que tu veux. J’ai été influencé par beaucoup de choses et beaucoup d’artistes de styles différents. Donc quand j’écris ce qui sort… ça sort ! On veut trop souvent mettre les gens et les musiciens dans un style prédéfini et ça peut créer des conflits ! “Ce type fait du blues, – Mais non c’est du rock !” Donc je reste identifié comme un compositeur. Certains titres vont être plus blues, d’autres plus rock et même country. Et plus je continue dans ce sens et plus je me sens confiant en tant que compositeur et mon “son” se penche en ce moment vers quelque chose de plus rock et plus agressif. Donc on verra où nous mène la suite.

Dans ce cas, c’est peut-être pour ça que l’on sent que même dans tes textes il y a un peu de tout. Ton précédent album était assez axé sur ton histoire. Là, on voyage en quelque sorte. Ecris-tu tes textes comme tu composes ta musique ?

Kris : Je travaille un peu avec les membres du groupe quand même. Je fais la plupart du travail, mais je suis toujours ouvert aux touches qu’ils pourraient apporter. Parfois c’est beaucoup mieux, parfois c’est pire ! (rires)

Dans tous ces processus, surtout si tu ne veux pas être catégorisé, comment espères-tu convaincre quelqu’un d’écouter ta musique? Sans catégorie, un amateur de blues, de rock ou autre ne tentera peut être pas l’un de tes albums. Comment peux-tu les convaincre ?

Kris : De nos jours on n’a jamais eu accès aussi facilement à de la musique à travers toutes ces plateformes ! On peut se retrouver dans plusieurs playlists sur Spotify et bien d’autres choses ! Malheureusement, les gens attendent rarement plus de vingt secondes pour décider s’ils aiment ou pas un groupe. Je ne sais pas quoi te dire. (rires) Si quelqu’un n’aime pas ma musique je m’en remettrai ! (rires)

Sujet inévitable : Tu as été un professionnel du MMA pendant dix ans avant de passer de la cage à la scène. Qu’est-ce qui a fait ce changement radical ? Comment as tu décidé d’arrêter de cogner pour faire de la musique ?

Kris : Tout d’abord, j’en ai eu marre. Tous les coups, les régimes alimentaires, les entraînements, les blessures de plus en plus, ça devenait vraiment dur et je sentais avec ça que j’avais fait tout ce que je voulais accomplir dans ce domaine. Du coup, je suis d’abord passé par la phase d’entraîneur. J’aidais des athlètes donc, comme j’avais plus de temps, j’ai commencé à traîner à droite à gauche, écrire quelques musiques en les faisant écouter à mes amis. Ils les ont trouvées bonnes et pensaient que je devais essayer d’en faire quelque chose. Donc j’ai monté un groupe, mais je ne visais rien de plus que quelques concerts, peut-être des petits festivals. Mais en aucun cas je ne me suis dit : “J’arrête de me battre, je vais être une rockstar”. (rires) C’est vraiment parti du besoin de faire quelque chose de cette énergie retrouvée ! Et on s’est plutôt bien débrouillé. (rires)

Même super bien ! Tu n’es pas sur les planches depuis longtemps et pourtant te voilà à l’Olympia en première partie de Beth Hart sur sa tournée, et pas pour la première fois ! Comment ça se fait ?

Kris : Ça a juste été un enchaînement incroyable des choses, ce n’est pas dû à une chose, mais un bon concert, avec les bonnes personnes. Je me suis entouré de personnes très compétentes, qui ont mis beaucoup de temps et de travail dedans. On a vraiment fait les choses à fond et ça a porté ses fruits !

Et niveau travail, transpiration et effort, qu’est-ce qui est le plus physique ? Le MMA, ou être une rockstar ?

Kris : Oh, MMA, 1000% ! (rires) En revanche, mentalement j’aurai un doute, surtout pour l’écriture. Il y a quelque chose de très vulnérable quand tu écris. C’est une position délicate, surtout à une ère ou tout le monde a une opinion sur tout, tout le temps à travers les réseaux sociaux. Mais bon. MMA pour le physique, aucun doute ! J’ai encore quelques blessures qui persistent aujourd’hui.

Dernière question : La dernière fois tu avais répondu : “Une tasse de thé avec du lait, mais je ne te donnerai pas la même réponse dans une semaine” c’est le moment. Qu’est-ce qui rock ta life, Chris ? 

Kris : (rires) C’est fourbe ça ! Je vais dire la nourriture française ! Surtout qu’il n’y a pas de tasse de thé aux alentours. Alors donne-moi un verre de vin rouge des Côtes du Rhône et du canard à la sauce au poivre et je serai heureux !

Site web : krisbarrasband.com

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