Interviews

KIPLING (2010)

Suite à notre chronique de l’album “Lives And Walls”, les membres de Kipling ont accepté de répondre à nos questions. Nous avons donc pu en apprendre plus sur les lyonnais et ce qu’ils envisagent pour leur avenir.

Tout d’abord, j’aimerais en savoir un petit peu plus sur le groupe, comment Kipling est-il né?

Kipling : Kipling est né sous l’impulsion de Nicolas (chant/guitare) et de Thibaut (basse). Le groupe s’est formé grâce au split successif de groupes chambériens. A cette époque le style que Kipling voulait adopter était un rock punk avec des tendances mélodiques et des ambiances émouvantes. Le groupe a néanmoins connu plusieurs changements de line-up du fait de l’orientation scolaire ou professionnelle de certains. Je pense que le vrai Kipling est né lors de la rencontre avec Alex (guitare), ce qui a donné une touche nouvelle à la couleur du style de Kipling. C’est a partir de là que des morceaux comme “Dust Of Crowds” ont vu le jour. Peu de temps après, le départ de Marc (batterie) a permis à Sofian (batterie) de rentrer dans le groupe et d’asseoir cette mouvance rock mélancolique.
Pour l’album Lives and Walls, j’ai trouvé dès la première écoute que vous aviez un petit coté Matchbook Romance autant dans l’univers dans lequel nous plonge cet album que par les compos. Est ce que vous comptez ce groupe dans vos influences ou pas du tout? D’ailleurs quelles sont vos influences?
K : Alors nous connaissons tous de nom Matchbook Romance mais je crois qu’il ne compte pas parmi nos influences. A vrai dire, je ne sais pas si nous pouvons parler d’influences pour cet album car il est tellement le reflet de chacun de nous que les influences sont quasi inexistantes… Mais il est vrai que nous nous reconnaissons un peu dans le style de Thrice pour les mélodies, Chevelle pour le son et l’intensité de l’attaque et Feverish pour la couleur des morceaux. Je sais que ca paraît étrange mais nous nous sommes dits que si nous voulions faire quelque chose d’original il ne fallait écouter que nous-mêmes. Je crois qu’il y a déjà assez de groupe qui surfent sur la vague d’un style à la mode ou copient des groupes à succès. Donc si tu as vraiment envie de faire aimer ta musique à un public, autant lui faire découvrir quelque chose qui te ressemble plutôt que de lui faire écouter une copie d’un groupe existant.
Comment en êtes vous arrivés à avoir ce son si particulier? Est-ce que vous saviez directement à quoi “Lives And Walls” allait ressembler ou bien est-ce que le concept du disque est né petit à petit? De plus vous avez clairement mis en avant la batterie, pourquoi et comment vous en êtes arrivés à prendre cette décision?
K : Pour le son si particulier, je crois que c’est l’association du son de chacun qui a fait que le tout est assez atypique. Pour la matérialisation du rendu sonore de l’album, je crois qu’on avait tous une idée générale du résultat que nous voulions avoir. Il est vrai que le studio a contribué à étoffer chacune de nos idées mais globalement l’album était déjà tout fait dans notre tête avant la session studio. Pour la mise en avant de la batterie, il s’est tout simplement avéré que c’était une décision du groupe.
Vous avez tourné un clip pour la chanson “Lives And Walls”, à l’image de l’album là aussi le résultat est très soigné et ne se contente pas de vous montrer entrain de jouer mais possède un vrai scénario. Vous pouvez nous en dire plus?
K : Nous avons simplement essayé de porter l’histoire du disque à travers cette chanson et au travers de Deila, l’actrice principale du clip. Donc c’est positif si le résultat est soigné car ce n’était pas un travail sans difficultés, et ce, autant pour la production que pour la réalisation. Je crois que la plus grande difficulté pour le réalisateur a été de s’immerger dans notre monde pour arriver à comprendre comment la structure du clip devait être articulée et réalisée. Pour faire court, l’histoire du clip fait référence à notre société ou nous sommes tous aveuglés par l’information (ou la désinformation des médias) et avides de vérités. La tournure de la vidéo donne lieu à l’ouverture des yeux de Deila qui constate un monde sans âmes, et voilé par des personnages qui ignorent leur entourage. A la recherche d’une main amicale, Deila se fraye un chemin dans ce monde surréaliste et découvre, a la fin du clip, que le reste du monde est aveugle…
Comme annoncé sur votre Myspace, Nicolas votre chanteur vous a quitté. Est-ce que vous avez trouvé la relève? Changer la voix d’un groupe est une étape généralement difficile et peut faire radicalement changer l’identité musicale du groupe. Comment vous pensez que la transition va se faire pour Kipling? Est-ce que vous pensez partir sur quelque chose de totalement différent ou prendre la base de ce qui constitue le groupe et ajouter ce que va apporter le nouveau chanteur?
K : En ce qui concerne la relève de Nicolas, je peux vous dire que nous ne nous concentrons pas encore sur qui prendra la relève. Il est vrai que la voix d’un groupe représente 50 % de la musique délivrée mais disons que pour le moment, la voix de Kipling est encore dans les tiroirs. En revanche, il est évident que la prochaine voix ne sera pas si différente de celle de Nicolas. Le timbre, la couleur et la polyvalence seront les critères de choix pour la voix de Kipling. Pour l’association entre les instruments et la voix, il a été décidé (comme pour le premier album) de composer sans la voix pour ensuite l’insérer comme instrument final à la composition.
Le groupe est plutôt jeune, et pourtant sur cet album vous faites preuve d’une maturité que beaucoup doivent vous envier. Franchement, c’est quoi votre secret?

K : Notre secret ? Je crois que dans la musique, il n’y a pas de secret mais juste un feeling, une osmose, et une envie de faire partager ce qui se trame derrière “sa” propre musique. Je crois que c’est une question à laquelle il est difficile de répondre étant donné que nous ne pouvons pas avoir un avis extérieur sur la musique que nous délivrons. A partir de là je crois que tout est dit… A vous de juger !

Anthony Bé
Fondateur - Rédacteur en chef du webzine RockUrLife