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JULIEN BAKER (22/09/18)

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Elle est ce que la musique folk nous a offert de plus doux et de plus tendre depuis des années. Julien Baker était de passage à Paris, pour un concert complet à La Maroquinerie. Ça aurait été criminel de ne pas la rencontrer. Malheureusement, l’entrevue a été interrompue prématurément mais, ce sera mieux la prochaine fois !

Salut Julien ! Comment s’est passée ta visite au Louvre ce matin ?

Julien Baker : Salut ! Oui nous avons essayé d’aller au Louvre mais il y avait bien trop de monde. Et nous n’avions qu’une heure de libre avant de nous rendre ici (La Maroquinerie). Donc nous nous sommes simplement baladés parce que tout le monde me dit que je devrais visiter le Louvre seulement si j’ai une journée entière de libre. Je pense que tu ne dois pas te sentir pressé quand tu visites un musée, pour en apprécier son art.

Que penses-tu de Paris ?

Julien : Je crois que j’aime cette ville mais la seule chose triste est que que nous n’avons jamais vraiment eu la possibilité d’y passer une journée ou deux. La dernière fois que nous sommes venus, nous sommes arrivés à 15h et nous avons dû repartir juste après le concert pour aller à Berlin. Mais j’ai vu l’Arc de Triomphe de nuit, à 2h du matin. C’était complètement désert. On a l’habitude de visiter les lieux touristiques mais seulement de nuit car c’est le seul moment où nous sommes libres de pouvoir le faire. Et toi, que penses-tu de Paris ?

Bonne question ! On a l’impression que les Parisiens aiment Paris autant qu’ils la détestent. C’est quand nous nous retrouvons dans une autre ville que nous nous rendons compte que Paris nous manque.

Julien : Oui totalement. Même quand je me balade dans mes endroits favoris en Europe, mes pensées sont tournées vers mon Tennessee parce que tous mes amis s’y trouvent. J’ai grandi à Memphis mais j’ai déménagée pour Nashville car ma compagne y vit. Elle travaille dans la musique. Mais Memphis n’est qu’à 3h de route. Je sais que pour les Européens, 3h de route c’est énorme ! Mais quand tu grandis aux Etats-Unis et que tu y fais des tournées, chaque concert est espacé de 8h de route à chaque fois. Donc nous sommes un peu habitués à vivre dans notre van pendant plusieurs jours durant la tournée. Nous avons fait une tournée en Irlande. Et c’était génial car nous n’avions que 2h de route maximum entre chaque date. C’était top.

Je dis toujours que L.A est aux acteurs ce que Nashville est aux musiciens.

Nashville est l’une des villes les plus célèbres dans l’histoire du rock, notamment grâce à des gens comme Johnny Cash ou plus récemment Jack White. Est-ce que tu sens une influence particulière de cette ville sur ta musique ?

Julien : Je pense que le Tennessee, autant Memphis que Nashville, a une riche histoire musicale. A Nashville il y a toujours des concerts, toujours des groupes ou artistes en ville. Je dis toujours que L.A est aux acteurs ce que Nashville est aux musiciens. Il y énormément de gens qui y ont emménagés pour devenir musicien.

Écris-tu ta musique plutôt à Nashville ou plutôt à Memphis ?

Julien : J’écris quand même plus à Nashville tout de même. J’ai été à l’Université dans la banlieue de Nashville j’y ai écrit le premier album. Nous l’avons enregistré à Richmond en Virginie. Mais pour le dernier album, je l’ai écrit dans divers endroits : autant sur la route, que chez moi à Nashville. Cette fois, nous l’avons enregistré aux Ardent Studios à Memphis. Ce n’est pas un endroit aussi légendaire que les Sun Studios par exemple, mais il y quand même un nombre d’artistes très connus qui y ont enregistré. Je voulais un endroit qui me fasse me sentir comme chez moi, mais qui était également très symbolique. C’était une expérience géniale.

As-tu entendu parler de la reprise de “Sour Breath” par The Devil Wears Prada ?

Julien : Bien sûr ! C’est drôle parce j’écoutais vraiment TDWP quand j’étais plus jeune. Je pense que c’était même le groupe le plus violent que j’écoutais, notamment parce qu’ils se revendiquaient chrétiens. Oui ça m’a un peu aidé à le justifier auprès de mes parents. (rires) “Ne paniquez pas ! Ils parlent de Dieu !” (rires) Ça me rappelle l’école. J’ai donc bien entendu écouté leur reprise et je la trouve géniale. J’ai réalisé il y a quelques mois que nous jouions le même soir à Atlanta. Donc j’ai foncé à leur concert juste après le mien. Je portais mon vieux T-shirt de leur premier album, que j’ai depuis mes douze ans. Quand je les ai rencontrés, je leur ai dit : “C’est fou ! Mon père m’amenait à vos concerts quand j’étais gosse !” (rires) C’est fou, ils font vraiment partie de ma jeunesse. Il y avait ce skatepark auquel je me rendais souvent et ils y jouaient de temps en temps. Je le leur ai dit genre : “Vous ne vous souvenez probablement pas de moi, j’avais douze ans, je portais un appareil dentaire !” (rires) C’est un de ces groupes qui m’a donné envie de faire de la musique, de monter sur scène et de devenir une artiste. Et maintenant ils reprennent l’une de mes chansons. C’est fou, c’est comme une inversion.

Tous mes projets sont différents mais ils sont tous emplis d’honnêteté et d’émotions, de la manière la plus bienveillante qui soit.

Nous savons que tu as commencé la musique en écoutant des groupes comme Fall Out Boy ou My Chemical Romance. Ces groupes t’influencent-ils toujours ?

Julien : Bien sûr. Je pense que ce qui rend leur musique si spéciale c’est l’honnêteté et la vulnérabilité qui y transpire. Ces artistes tentent de préserver leurs émotions dans leur forme la plus pure et brute. C’est ce que j’essaie de faire dans chacun de mes projets musicaux. Même avant d’être en solo. Ça n’a pas changé aujourd’hui. Tous mes projets sont différents mais ils sont tous emplis d’honnêteté et d’émotions, de la manière la plus bienveillante qui soit

Ton dernier album date de 2017, on peut imaginer que le prochain sortira en 2019 donc… ?

Julien : Probablement oui ! Fin 2019 ou début 2020. J’ai vraiment envie de prendre mon temps car j’ai envie que les choses soient un peu différentes cette fois-ci.

Maintenant que tu es une artiste à temps plein, on imagine que ta vie a également changée. Qu’est-ce qui te donne envie d’écrire maintenant ?

Julien : Je ne m’en étais pas rendu compte sur le moment mais maintenant je peux dire que “Sprained Ankle” (2015) était très autocentré. Ensuite, “Turn The Lights Out” (2017) était vraiment axé sur les relations et comment s’en remettre. Je veux toujours écrire à propos des relations mais aujourd’hui, ce sur quoi j’écris le plus est sur l’isolement et la solitude. J’écris énormément de chansons qui ne sont vraiment des chansons d’amour car elles ne sont pas vraiment insouciantes et heureuses mais elles sont vraiment concentrées sur ce qu’est vraiment l’amour. Et à quel point c’est dur parfois. C’est également à propos de sacrifice et d’apprendre à connaitre les parts les moins jolies de nous-mêmes. Mais je crois qu’en définitive, ce qui m’inspire le plus ce sont les autres artistes et les nouvelles sonorités que je n’ai jamais entendues. Comme le nouvel album de Foxing par exemple. Ils font partis de ces groupes qui incorporent plein de nouvelles choses dans leur musique et ça me rend vraiment optimiste pour le futur de la musique. C’est très poétique toutes ces nouveautés.

Désolés Julien mais nous devons terminer cette interview. Notre dernière question est : notre média se nomme “RockUrLife” donc tout simplement, qu’est-ce qui rock ta life ?

Julien : Mon Dieu que cette question est difficile. Le nouvel album de Turnstile rock ma life ! Celui de Denzel Curry également. Voici les albums qui rockent ma life en ce moment. Sinon jouer des concerts rock ma life. C’était la première fois que je jouais à Milan et le public s’est montré si gentil, si engagé, si bruyant ! Quand je joue dans ces conditions, je me rends compte d’à quel point je suis chanceuse de faire ce que je fais.

Site web : julienbaker.com

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Nathan Le Solliec
LE MONDE OU RIEN