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HOLLYWOOD UNDEAD (17/12/20)

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Hollywood Undead célèbre la sortie de “New Empire, Vol.1” et “New Empire, Vol. 2” avec une “House Party”. Le chanteur Johnny 3 Tears s’est prêté au jeu de l’interview pour parler de l’actualité du groupe.

Comment cela se passe pour toi ? Es-tu confiné ?

Johnny 3 Tears (chant) : Je vis à la campagne où il n’y a personne. Je n’ai pas à m’inquiéter comme ça peut être le cas en ville. Je vis dans les bois. J’ai grandi à L.A., dans une grande ville. C’est agréable d’avoir de l’air et je peux tirer avec mes armes quand je veux. Personne ne dit rien, c’est beau. Je suis un cow-boy bébé. (rires)

Vous venez de sortir “New Empire, Vol. 1” et “New Empire, Vol. 2“. Pourquoi avez-vous souhaité diviser le disque en deux parties ? Quelque chose s’est passée pendant le processus d’enregistrement ?

Johnny : Très bonne question. Tu sais, les labels ne veulent généralement pas que l’on mette plus de dix ou douze chansons dans un album. Nous avions vingt morceaux que nous voulions utiliser. À l’origine, c’est pour cela que nous avons dit que nous voulions faire deux disques différents. Le “Volume 1” est une progression beaucoup plus agressive et plus heavy et les chansons s’emboîtent bien. Le “Volume 2” contient aussi des chansons heavy, mais elles sont plus personnelles. Le “Volume 1” est plus une réaction au monde et un regard vers l’extérieur. Le “Volume 2” est plus introspectif, il s’agit de parler de nous-mêmes : situation personnelle, amour, etc. Nous avons réparti les titres selon cette logique pour que chaque CD ait sa propre personnalité. Le “Volume 2” était censé sortir un mois après le “Volume 1”. Mais la COVID et toute la merde sont arrivées et tout a été arrêté.

Tout s’est arrêté et nous n’avons pas pu vous voir live au Zénith avec Papa Roach et Ice Nine Kills.

Johnny : Nous avons joué huit ou dix fois à Paris, mais j’attends de jouer dans ce lieu depuis la toute première fois où je suis venu. Notre première fois, c’était dans un bar, ce n’était même pas une vraie salle. J’ai vu que Sum 41 jouait au Zénith et j’ai dit à notre tour manager qu’un jour je voudrais y jouer aussi. Il a ri et m’a dit que ce n’était pas possible. Il a dit qu’il fallait être un gros groupe pour jouer là-bas. Donc finalement, quatorze ans plus tard, nous allions jouer au Zénith et je me suis dit : “génial, mes rêves se réalisent” et puis ils ont tout annulé. Mais je sais que nous allons revenir avec Papa Roach et Ice Nine Kills et jouer toutes les dates que nous avons dû annuler en Europe. Quand les gouvernements diront que tout est OK, nous reviendrons !

Hollywood Undead qui tourne avec Papa Roach et Ice Nine Kills , c’était à la fois cohérent et vraiment alléchant !

Johnny : C’était ma tournée préférée de toutes celles que j’ai pu faire. C’est très triste. Beaucoup de gens vivent des trucs horribles en ce moment donc je ne vais pas me plaindre. Un jour, nous serons de retour.

Volume 2″ apparaît comme plus audacieux et plus créatif que le premier volume.

Johnny : C’est une sorte d’accident. Quand nous entrons en studio, nous ne planifions rien et nous ne disons pas que nous devrions faire des chansons comme ceci ou comme cela. Nous allons en studio sans idée préconçue. Tout ce qui sort est basé sur ce que chacun vit et sur ce qui se passe dans le monde. Nous espérons juste que le meilleur en ressorte. Nous avons écrit des chansons de merde mais espérons toujours le meilleur.

Avec “Medicate”, vous avez réussi à allier une ambiance très pop punk avec des paroles sombres. La juxtaposition fonctionne vraiment bien.

Johnny : Pour être honnête avec toi, nous avons eu des problèmes de drogue au sein du groupe. Nous essayons de trouver des réponses au “pourquoi”. Pourquoi faisons-nous ces choses. Nous savons que cela fait mal au corps, que cela fait mal à l’âme et que cela fait mal à tout le monde, mais nous continuons de le faire. J’ai toujours été curieux de savoir pourquoi. Nous voulions aborder le sujet mais nous voulions que les chansons soient différentes du sujet. C’est comme avec le morceau “Bullet”. On parle de suicide mais la musique est optimiste. Lorsque tu écris sur des choses aussi sérieuses, il est presque utile d’avoir une toile de fond plus claire. Tu peux dire tout ce que tu veux, mais ne pas rendre cela déprimant à entendre. Je veux que les gens réfléchissent à ce sujet de manière presque positive. Je veux que les gens entendent le titre et pensent qu’ils ont battu ce truc.

Peux-tu nous en dire un peu plus sur les monstres dont tu parles ?

Johnny : C’est une sorte de chanson que j’essaie d’écrire depuis longtemps mais je n’ai pas pu le faire. Le titre parle vraiment de notre enfance, Jay et moi avons grandi ensemble depuis la petite enfance. C’était un monde difficile, une éducation difficile. Nous avons toujours voulu écrire à ce sujet, mais en même temps je ne voulais pas que les gens en sachent trop sur ma vie. Nous nous sommes dit que nous devions le faire parce que plein de gens ont les mêmes problèmes que ceux que nous avions. J’espère qu’ils pourront l’écouter et apprendre qu’il y a des gens qui ont vécu les mêmes choses et qui peuvent s’identifier. C’est un morceau sensible pour moi.

Ghost Out” a une ambiance très old school.

Johnny : C’est un morceau qui parle de la vente de drogue ! Nous voulions faire une un morceau de hip hop bien old school. Comme les mecs des Beastie Boys ou Run DMC. J’ai été un peu surpris quand j’ai découvert que les fans adoraient cela. J’adore cette chanson, mais je pensais que ce serait trop old school pour nos fans qui sont assez jeunes.

C’est old school mais avec un twist moderne.

Johnny : Oui, nous avons rendu le refrain très mélodique. Nous ne voulions pas avoir de refrain hip hop. Mais je ne pensais pas que les gens l’aimeraient autant. Je crois que c’est la chanson la plus populaire de l’album actuellement.

On aurait pensé que “Comin’ Thru The Stereo” aurait été l’hymne le plus évident de ce disque. Quand on écoute la chanson, on se sent transporté dans une arène avec une énergie explosive. Cela donne envie de musique live !

Johnny : “Comin’ Thru The Stereo” sera une excellente chanson live. Nous allons l’ajouter à notre set. C’est définitivement une ambiance de la vieille école de Hollywood Undead. C’est une sorte de “Swan Song” et “American Tragedy”. C’est une chanson fun, c’était fun à écrire mais à chaque fois que je pense que certaines chansons vont être géniales, elles ne le sont pas. (rires)

Avez-vous pris du plaisir à travailler avec Papa Roach et Ice Nine Kills ? C’était une belle surprise pour nous d’entendre le remix de “Heart Of A Champion”. Ce que les deux groupes apportent au morceau est vraiment intéressant.

Johnny : C’était tout simplement génial. Nous avons grandi avec les morceaux de Papa Roach. Quand j’avais seize ou dix-sept ans au lycée, Papa Roach c’était ma came. J’étais vraiment excité quand nous avons commencé à tourner avec eux. À mon avis, Papa Roach est probablement l’un des meilleurs groupes de rock en live. J’étais tellement excité à l’idée que Jacoby travaille sur cette chanson. Ice Nine Kills est mon nouveau groupe de rock préféré. Spencer a une superbe voix et ils écrivent de superbes chansons. Nous étions très heureux de les avoir sur l’une de nos chansons.

Les deux sont vraiment super sur scène, mais d’une manière très différente. Papa Roach ne retient rien sur scène. Ils donnent tout ce qu’ils ont et balancent une énergie folle. Ice Nine Kills joue avec un décor très riche. Ils plantent la scène pour embarquer le public dans leur univers.

Johnny : Jacoby est le meilleur leader qui soit, à mon avis. Chaque nuit, je le regardais et j’apprenais quelque chose. Il est tellement bon dans ce qu’il fait, cela me stupéfie. Pendant notre tournée en Europe, nous étions censés jouer après eux parce que nous sommes plus gros sur ce marché, et c’est ainsi que cela fonctionne. Mais je ne voulais pas jouer après eux. Pas question, je voulais jouer avant ! (rires)

Ice Nine Kills joue avec les codes du genre horreur, c’est tellement extravagant que c’est presque comme aller au cirque.

Johnny : C’est cool parce que c’est unique et j’adore voir de nouvelles choses. Ils apportent une nouvelle ambiance avec leur thème cinématographique. C’est toujours bien de voir des groupes faire quelque chose de différent. Bien sûr, les chansons sont géniales, mais j’aime les voir sur scène car c’est presque comme du théâtre.

© Cameron Nunez

Peut-être pourrais-tu nous parler de la “Hollywood Undead House Party” que vous organisez ce samedi ?

Johnny : Nous avons essayé de faire quelque chose qui nous ressemble. Quand nous avons commencé, nous avions l’habitude de jouer dans des fêtes à la maison, dans les jardins ou près de la piscine. Les gens nous donnaient de la bière gratuite et nous on jouait. C’est comme cela que l’on a appris à jouer ensemble. Nous avons essayé de recréer cette ambiance. Le concert se passe dans un salon et l’idée était de revenir là où nous avons commencé. C’est cool de jouer dans les arènes et les grandes salles avec un bon système audio. C’est vraiment super, mais au début nous étions juste un groupe qui jouait dans un salon.

C’est également un moyen de communiquer avec vos fans. C’est compliqué de promouvoir la musique sans pouvoir faire de concerts.

Johnny : Oui, d’abord quand ils nous ont demandé si nous voulions faire une émission en direct, je ne voulais pas. Je n’ai pas vu l’intérêt. Mais ensuite, notre agent de réservation nous a dit que nous ne jouerions certainement pas avant 2022. Je ne m’en rendais pas compte avant. Je voulais jouer avec les gars alors j’ai dit : “OK, allons-y”. La musique est importante pour les gens et leur santé mentale. C’est aussi important pour la mienne. Je sais que certaines personnes comptent sur la musique pour continuer de vivre et c’est pourquoi nous avons décidé de le faire. Je ne pouvais pas attendre une autre année pour entrer en contact avec les fans. Espérons que tout le monde passe un bon moment à le regarder !

Avez-vous regardé les concerts en streaming que d’autres groupes ont fait ?

Johnny : Oui, le nôtre est bien meilleur, bien meilleur ! (rires)

Pour nous Européens, cela commence à 4h du matin, c’est très tôt !

Johnny : Alors commencez à boire tôt ou n’arrêtez pas de boire ! (rires)

© Cameron Nunez

Avez-vous passé du temps avec les gars pour préparer le show ?

Johnny : Je les vois assez souvent. Moi et Jay, nous cultivons la marijuana dans l’Oklahoma. C’est un État au milieu des États-Unis, nous y allons assez souvent. Nous traînons et cultivons de l’herbe ensemble mais nous avons vieilli. Maintenant, nous avons tous une femme et des enfants, c’est très triste. J’aurais aimé être à nouveau jeune et pouvoir faire la fête tout le temps. J’ai deux enfants et une femme et elle ne me laisse plus quitter la maison. Cela craint. Et le fait que nous ne tournions pas change tout. La vie dans un groupe, c’est une tournée et c’est dur pour nous. Je sais que cela a dû être dur pour les fans aussi.

Notre webzine s’appelle “RockUrLife”, donc qu’est-ce qui rock ta life, Johnny ?

Johnny : Des shots de cocaïne, c’est ce qu’il y a de meilleur. (rires) J’adore jouer de la guitare et j’adore faire des chansons. Ce sont mes deux numéros un. J’ai un petit bébé et m’occuper d’elle est une pierre angulaire de ma vie. Elle est juste la plus gentille petite fille qui soit. J’adore la cuisine chinoise et lire des livres. Tout le monde, arrêtez de regarder la télévision, arrêtez de jouer à des jeux vidéo, vous êtes déjà assez stupide. Prenez un livre !

Avez-vous des recommandations de livres ?

Johnny : En ce moment, je lis “À propos Du Sens De La Vie” de Viktor Frankl. J’aime beaucoup Marcel Proust, “A La Recherche Du Temps Perdu”. J’adore les livres du “Seigneur Des Anneaux”, Herman Hesse, Dostoïevski, l’écrivain russe qui a écrit “L’Idiot”. Chaque livre rock ma life ! J’ai même eu un tatouage de Cedric Diggory !

© Cameron Nunez

Site web : hollywoodundead.com

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Marion Dupont
Engagée dans la lutte contre le changement climatique le jour, passionnée de Rock et de Metal le soir !