Interviews

GHOST (25/06/15)

English version

Avant que ne sorte le très attendu nouvel album de Ghost, c’est un Ghoul, perdu à Paris, qui a pris la peine de répondre à nos quelques questions.

Bonjour comment allez-vous Monsieur ?

A Nameless Ghoul : Très bien merci, j’étais à Londres pour des interviews et me voilà maintenant à Paris depuis hier soir.

Meliora” va bientôt sortir et signifie “mieux” en latin. De quelle manière cet album est meilleur que les précédentes ?

A N G : Ce titre n’est pas fait pour décrire l’album, ce n’est pas un commentaire au sujet de ce que nous avons fait dans cet album. “Meliora” renvoie plutôt à l’idée de “faire mieux, devenir meilleur”, ce n’est pas le terme “mieux” au sens stricte. Le titre renvoie à ce qu’est l’album musicalement, le message qu’il délivre. Cependant je trouve également que cet album est meilleur encore.

L’année dernière l’un de vous disait vouloir faire votre “Black Album”, est-ce maintenant le cas ?

A N G : Je ne sais pas. Je dirais plutôt que c’est notre “Brown Album” à l’heure actuelle. Bien évidemment tu peux toujours te référer à l’album car il est universel et si bon, peu importe ce que tu en penses, ce sera un putain de bon album. Je ne sais pas si ce sera le cas ici, on verra bien.

Le premier single “Cirice” a été dévoilé, pourquoi celui-ci en tant que single ?

A N G : En écoutant l’album dans son intégralité, nous avons essayé de trouver la plus belle des manières de le présenter, de présenter ce que nous avons fait cette fois-ci, bien évidemment nous l’avons fait écouter à notre entourage. Ce titre est plutôt long, six minutes et n’aurait sans doute pas sa place à la radio, mais nous lui avons donné une chance afin d’avoir l’avis des fans. C’est l’un des titres qui, d’après les premiers retours, est facile à écouter, donc nous en sommes ravis.

Comment a été vécue la transition avec Papa Emeritus III ?

A N G : Il a amené avec lui une nouvelle tenue, autrement c’est tout. Il a chanté ses parties comme prévu.

Vous avez travaillé avec le producteur Klas Ahlund, comment est née cette collaboration ?

A N G : Nous en avions parlé il y a de ça quelques années, mais il était peu probable que la maison de disque accepte car il est plutôt orienté pop.

Oui ce n’est pas un producteur “metal”.

A N G : Exact et nous ne voulons pas travailler avec des producteurs “metal” car il n’y aurait au final rien de spécial. C’est comme vouloir faire des sushis avec un chef italien et voir le résultat. Donc nous discutions des différentes possibilités, le label nous avait dressé une liste et on ne sait comment ils ont évoqué son nom. Nous étions agréablement surpris et avons dit que c’était LA personne avec qui nous voulions le faire.

Pourquoi ne pas travailler avec des producteurs “metal” ?

A N G : Nous aimerions travailler avec eux, pour ce qui touche à l’enregistrement mais en tant que producteur ? Cela ne nous intéresse par car lorsque tu écoutes les sorties actuelles, tout semble identique et cela ne nous parle pas. Nous savons comment doivent sonner les guitares, la basse, la batterie et les voix, et afin d’arranger le mieux possible tout cela, pour les faire sonner de manière super heavy, bien sûr qu’ils savent faire cela mais un producteur autre comprendra également la dramaturgie qui se cache derrière notre musique, leurs visions sont plus vastes. De plus Klas est un vieux metalhead donc il s’y connait bien, ce n’est pas comme s’il n’avait jamais vu une guitare de sa vie.

Quel est votre processus créatif ? Tout le monde est-il concerné par l’écriture et la composition ?

A N G : Non il y a deux personnes qui composent les titres. Cependant lorsqu’il faut réarranger les compositions, alors tout le monde est impliqué, mais nous ne sommes pas du genre à faire des réunions de travail. Cette fois-ci nous avons passé deux mois en pré-production à Stockholm et nous avons fini l’opus en studio avec le producteur. Je me souviens de Papa, arrivant avec un refrain et il lui a clairement dit que c’était merdique et qu’il devait retravailler ça de manière plus sombre et au final, c’était dix fois mieux. Nous travaillons constamment, que ce soit chez nous ou sur la route. On accumule les idées de chansons, de vidéos, de tout.

Gardez-vous l’approche du live en tête lorsque vous composez ?

A N G : Oui car tout ce que nous faisons et destiné à être reproduit sur scène.

Considères-tu le groupe comme un groupe live ou studio ?

A N G : Je dirais les deux mais ce serait injuste. Nous sommes aussi bien un groupe de studio que de live, nous aimons beaucoup passer du temps en studio.

Top 3 ?

A N G : Mon titre préféré est “Absolution”, mon second, probablement “Mummy Dust” et enfin “He Is”. Nous nous sentions tellement bien lorsque nous avons fini “Absolution”, c’était l’un des derniers titres bouclés, de plus elle est très simple à jouer, peu complexe et c’est un titre que j’aime également écouter. “Mummy Dust” car j’ai l’impression d’être dans “Mad Max” et “He Is” est en fait un vieux titre, qui a au moins huit ans, bien avant Ghost d’ailleurs.

Tout comme les deux précédents opus, celui-ci fait environ quarante minutes. Penses-tu que ce soit le meilleur format possible pour un album ? Faire clair et concis.

A N G : Oui je le pense. Si j’écoute Brian Eno ou Jean-Michel Jarre, alors oui les opus de soixante minutes vont dans leurs cas car c’est très différent. Lorsqu’il s’agit de heavy metal ou de rock, je préfère avoir huit ou neuf titres qui sont vraiment bons que quatorze car ça ressemblerait à une soirée où il y a trop de gens et à qui tu n’auras même pas parlé, si vous voyez ce que je veux dire.

De plus le son est très brut. Un commentaire à ce propos ?

A N G : Nous avons beaucoup lutté pour oui et sommes ravis par le résultat final.

Votre tournée US se nomme “Black To The Future”, vous êtes fans de Marty McFly ?

A N G : Je dirais plutôt que nous des fans de Biff. On adore les films oui d’ailleurs cette envie de faire de la musique et des vidéos vient également des films que nous avons regardé étant enfant, des années 70 et 80, ils étaient si magiques à l’époque, aujourd’hui ce n’est plus trop le cas.

Serais-tu intéressé par faire des bandes originales ?

A N G : Ce serait un rêve ! Que ce soit avec Ghost ou non, un jour oui, tout seul ou avec une autre formation, j’adore ça.

Depuis la sortie de votre premier album, le groupe a beaucoup appris; quels conseils pourrais-tu donner aux jeunes formations ?

A N G : Soit très ludique et enjoué lorsque tu composes, être conscient que le moindre fait sera scruté. Composer bien sûr et faire attention à ce que tu fais. Prends par exemple ton groupe préféré et dresse la liste de tous les éléments qui font que tu aimes ce groupe. Qu’est-ce qu’ils ont de particulier ? Pourquoi le guitariste est cool ? Pourquoi leurs titres le sont aussi ?

Mis à part les bandes originales, y a-t-il un rêve ou projet que tu souhaiterais parachever un jour ?

A N G : Voyager dans le temps, écrire un livre, réaliser un film.

Enfin, te souviens-tu de votre dernière apparition au Hellfest ?

A N G : Oui je m’en souviens, d’ailleurs le courant avait sauté sur scène (rires) et je me souviens que quelques jours auparavant, j’étais chez un pote à Malmö, et j’avais fait tatouer mes deux bras et je m’étais endormi par la suite dans une mauvaise position. Arrivé au Hellfest, j’avais mal au dos et je souffrais vraiment mais j’ai tout de même pris part à la fête !

Site web : ghost-official.com