InterviewsSlideshow

ENTER SHIKARI (30/03/19)

English version

Il est l’un des plus gros groupes de rock au monde. Peu importe ce qu’il dit ou fait, le succès est quoiqu’il en soit au rendez-vous. Enter Shikari est en train de devenir les véritables héritiers d’un groupe comme Muse. Et ça ne l’effraie pas de grossir encore et encore. Du coup, quand on a l’opportunité de passer un moment avec Rob et Chris, on sait déjà que ce sera un bon moment !

Salut les gars, comment ça va aujourd’hui ?

Rob Rolfe (batterie) : Très bien ! On espérait pouvoir faire cette interview dans le petit coin d’herbe juste à côté de la salle car la météo est superbe. A la place on a cette grande fenêtre, mais c’est quand même cool.

Vous avez de la chance d’avoir cette météo à Paris.

Chris Batten (basse) : Oui, on sait de quoi tu parles, on vient d’Angleterre tu sais. (rires)

Comment la tournée se déroule-t’elle ? C’est une tournée d’entre deux albums quelque part.

Rob : Aujourd’hui c’est le premier soir de cette partie d’une tournée qu’on a débuté en décembre. On fait de petites parties entrecoupées de semaines off à la maison. On ne veut pas nous presser sur la route.

Chris : L’été dernier on a presque pris trois mois pour mettre au point cette toute nouvelle scénographie. Notre show progresse de jour en jour en fait. On utilise une technologie de pointe donc parfois ça prend un peu de temps de tout bien mettre en place. Et ensuite on travaille sur les lumières et sur le son, donc oui c’est un long processus.

Est-ce que vous essayer d’incorporer de nouvelles technologies à chaque tournée ?

Rob : Plutôt oui. On investit énormément dans la production. Ce qui rend la tâche de nous améliorer de plus en plus difficile. Du coup, au lieu de nous améliorer à chaque fois, on cherche parfois à simplement de changer l’angle de notre scénographie. Car on ne pourrait pas tout améliorer constamment.

Mais je pense que notre présence sur scène a beaucoup évolué depuis nos débuts. Il y a dix ans, on était plus jeune, on était plus enfantin sur scène. Je me souviens de cette tournée où on avait ce petit trampoline sur la scène. Maintenant on essaye d’être plus mature dans notre travail. Tout ça fait parti du processus de grandir, de progresser et d’aller de l’avant. Et ça va de concert avec la musique qu’on joue maintenant, qui est une musique très différente de ce qu’on faisait avant. Et on est des gens très différents évidemment.

Faites-vous de la musique pour les mêmes raisons que pour lesquelles vous avez commencé à en faire ?

Rob : Oui je crois. Quand on a commencé, on était juste des enfants. La musique était un truc fun qu’on faisait après l’école ou le week-end. Maintenant, on ne peut ignorer le fait que c’est ce qu’on fait pour vivre. Il y a la partie business désormais. On doit gagner de l’argent avec la musique pour payer nos factures et nourrir nos enfants. Mais c’est le métier le plus fun au monde. On est tous les quatre des gens très créatifs et on s’amuse beaucoup à écrire de la musique. On est toujours vraiment passionné par la musique et on en écoute constamment, que ce soit de nouveaux groupes ou de vieux artistes. On s’amuse beaucoup à jouer pour un public chaque soir. Cette connexion qu’on a avec l’audience tout autour du monde, échanger nos énergies entre eux et nous, c’est toujours la même chose depuis nos débuts. Même quand à l’époque, le public en question c’était nos parents.

Est-ce toujours facile de se considérer comme un groupe professionnel ?

Chris : On doit garder le truc frais. L’industrie change, les goûts musicaux changent. Mais tant qu’on écrit de la musique qu’on trouve excitante, on ne s’arrêtera pas.

Votre musique justement, a, elle aussi, changé énormément au cours des années. Nous sommes d’ailleurs presque sûrs que vous travaillez déjà sur la suite. Donc, que pouvons-nous attendre de vous pour la suite ?

Chris : Eh bien figurez-vous qu’on est qu’au tout début de ce “cycle” d’écriture. C’est beaucoup d’excitation, on se concentre sur de nouvelles idées. On les rassemble petit à petit. On écrit des choses sur la route mais je pense qu’une fois que la tournée sera terminée, on rassemblera toutes nos idées afin de nous faire une image plus claire de la direction qu’on veut prendre.

Sur la setlist de votre actuelle tournée, “Common Dreads” prend une grande place. Est-ce pour fêter les dix ans de la sortie de l’album ?

Rob : Tout à fait ! Pour “Take To The Skies” (2007), on a fait une tournée d’anniversaire mais là on est toujours dans le cycle d’album pour “The Spark” (2017) donc on veut garder le focus sur cet album tout de même. Mais oui, on veut aussi célébrer notre deuxième album en ajoutant plus de morceaux issus de ce disque dans la setlist et en jouant des titres qu’on n’a pas joué depuis longtemps maintenant. C’est très fun !

Pour un deuxième album, vous avez sorti un opus qui est assez étrange. Qu’aviez-vous en tête après le succès de “Take To The Skies” ?

Chris : Ca fait dix ans. (rires) Je pense que c’était la première période où on a eu une véritable session d’écriture en tant que groupe. Avant ça, on jouait de la musique après l’école dans notre sous-sol, on a sorti quelques chansons, puis notre premier album, puis on est parti en tournée. Rien n’était calculé. Pour “Common Dreads”, c’était la première fois qu’on écrivait des chansons parce que, quelque part, on devait le faire.

C’est aussi la première fois que vous incorporiez une dimension politique à vos paroles. Etait-ce quelque chose dont vous aviez envie depuis vos débuts ou est-ce venu sur le moment ?

Rob : Quand on a enregistré “Take To The Skies”, c’était des chansons écrites depuis très longtemps sur lesquelles on avait du mettre des paroles, sans trop y réfléchir. C’est vraiment après ce premier album qu’on s’est rendu compte qu’on voulait dire des choses dans nos chansons. On avait bien plus confiance en nous, en ce qu’on pensait et on voulait exprimer ces choses.

Chris : “Take To The Skies” nous a ouvert beaucoup de portes. On a eu la possibilité de jouer sur des scènes plus grandes scènes et que tu réalises que les gens font attention aux paroles de tes chansons, c’est devenu plus important pour nous de parler de ce pour quoi on était motivé.

Les gens ne considèrent pas votre groupe, ou un groupe comme While She Sleeps par exemple, comme des groupes engagés politiquement. Plutôt comme des groupes parlant de la société. Est-ce quelque chose qui vous convient ?

Rob : Définitivement oui. On préfère nous décrire comme de la musique consciente socialement, plutôt que politique. Je ne déteste pas le mot “politique”, tout est politique. Beaucoup de choses dans nos vies sont politiques, nos vies sont gouvernés par des politiques, donc oui c’est compliqué de ne pas écrire de la musique en parlant.

Est-ce que vous assumez toujours toutes vos paroles ?

Chris : On ne retourne pas trop vers ce qu’on a pu écrire dans nos chansons mais je ne pense pas qu’il y ait des choses que je n’assume plus. Du moins je n’ai pas d’exemples évidents qui me viennent en tête. Bien sûr, musicalement, on a énormément évolué. Et il y a certaines choses dans nos chansons qu’on ne jouerait pas de la même manière aujourd’hui. Mais ça ne concerne pas vraiment les paroles.

Rob : C’est comme un polaroïd d’un moment T. Une trace de qui on était au moment où tel ou tel album est sorti. Ce sera toujours un témoignage de ce moment. Et je ne crois pas qu’on soit en désaccord avec quoique qu’on aurait pu écrire. Je sais que Rou se prend parfois la tête sur ses anciennes paroles mais c’est plus concernant la forme que le fond. Il a énormément progressé en tant que parolier et du coup, aimerait tourner les choses autrement. Mais on ne peut pas revenir en arrière et tout réécrire.

Pour terminer, notre site s’appelle “RockUrLife”, du coup, qu’est-ce qui rock vos life messieurs ?

Rob : Ca va sûrement me donner l’air très bête mais ma femme et mon chien rockent ma life. Et m’occuper de mon jardin aussi, j’adore !

Chris : J’adore être en tournée et particulièrement celle-ci où je m’amuse beaucoup, mais rien ne rock plus ma vie que ma maison.

Site web : entershikari.com

Ecrire un commentaire

Nathan Le Solliec
LE MONDE OU RIEN