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DUELLUM (29/06/13)

Quelques heures après son set au César Circus samedi 29 juin à Solidays, nous retrouvons le quatuor indie électro rock dans l’espace presse pour en savoir plus sur cette formation parisienne.

Salut ! Comment ça va ?

Duellum : Très bien. Je crois que ça ne pourrait pas aller mieux. Ça va royalement ! Tout va bien. Il fait beau. On a ramené le soleil en plus.

Est-ce que vous pourriez vous présenter pour les lecteurs qui ne vous connaitrez pas encore ?

Jon (chant/guitare/claviers) : Donc moi je suis John. Je fais chant, guitare, synthé dans le groupe. J’ai 23 ans et je suis plutôt gai et jovial globalement. Je ne suis pas gothique.

Hugo (basse) : Moi c’est Hugo. Je suis à la basse, au synthé et au chant dans le groupe.

Arthur (chant/guitare) : Je suis Arthur. Je suis au chant et à la guitare. Et je partage ma joie d’être ici à Solidays.

Fred (batterie) : Moi c’est Fred. Je suis batteur et comme tout le monde je suis super content d’être là.

Comment vous êtes-vous rencontrés ?

H : Longue histoire !

J : Après le bac, Arthur est moi…

F : Putain vous avez le bac ?

J : Ouais !

F : Ah merde ! Ça casse le mythe…

J : Donc Arthur et moi, on était dans la même école. Et en fait lui il a posté une petite annonce sur le mur de la cafétéria à laquelle j’ai répondu. On a rencontré plein d’autres gens. On a commencé à jouer et…

La petite annonce ce n’était pas sexuel rassure-moi ?

J : Non pas du tout ! Rien du tout ça !

Non parce que tu laisses planer le doute là quand même

J : Encore que… Tout aurait été possible ! Donc on a joué avec plein d’autres gens avec qui le courant ne passait pas trop. Et finalement on s’est retrouvé tous les deux et on s’est dit qu’on allait se lancer dans un projet sans savoir où ça allait aller. On a commencé à composer tous les deux. Et ensuite Fred, qui est un de mes amis d’enfance, on habitait dans la même rue, on se connait depuis qu’on a 6 ans, que j’ai recroisé à un concert un jour, je lui ai dit “Ah bah tiens, t’as un groupe en ce moment ?” Il me dit que non donc je l’ai invité à venir jouer avec nous en répèt. Il a joué une fois avec nous et le courant est bien passé avec Arthur qu’il ne connaissait pas. Ensuite Hugo qui sortait à l’époque avec la petite sœur de Fred nous a rejoint. Et voilà, on s’est formé comme ça.

Quelle est l’origine du nom du groupe ?

H : C’est en fait… Ça fait un peu intello à la con de dire ça mais c’est un poème de Baudelaire en fait. Parce qu’à l’époque on était un peu tourmenté et on lisait Les Fleurs du Mal. On cherchait un nom et on a trouvé celui-là qui en fait était très graphique, très équilibré etc. C’est pour ça qu’on l’a choisi. Et par ailleurs comme c’est une langue morte, c’est du latin, il se transpose un peu dans toutes les langues. C’est aussi ça qui nous intéressait. C’est de ne pas avoir une source, une origine figée à tout jamais.

 

Quelles sont vos influences ?

H : Beaucoup de choses en fait ! On écoute autant de musique malienne comme Ali Farka Touré ou Toumani Diabaté que du minimalisme des années 80, du minimalisme américain comme Philip Glass ou Steve Reich etc. On s’inspire du classique. On s’inspire d’énormément de choses. Ensuite ça ne se ressent pas nécessairement dans le son.

A : On adore la musique actuelle anglo-saxonne qui est une de nos grosses influences mais aussi justement ce minimalisme, cette musique africaine que l’on adore et dont on essaie de s’inspirer. On n’est pas trop rock’n’roll des seventies. On trouve moins d’intérêts là-dedans.

J : On est très européen dans nos influences globalement. D’ailleurs ça s’entend. On est très attaché à cet héritage culturel qu’on partage vraiment avec l’Europe. Maintenant même si il y a eu la guerre, avec l’Union Européenne on partage vraiment un socle de valeurs esthétiques qui est très très fort. On regarde souvent du côté de la Scandinavie. Il y a un groupe berlinois par exemple qu’on adore qui s’appelle The Whitest Boy Alive. Ce sont des groupes qu’on adore vraiment. Et ça s’entend. On se sonne pas du tout américain.

Votre second EP “Drift” est sorti il y a un petit moment maintenant. Quels sont les retours depuis la sortie ?

J : Ils sont plutôt excellents. Sachant qu’on est là aujourd’hui (NDLR : aux Solidays) et que c’est la plus belle récompense.

C’est votre première fois à Solidays ?

J : Ouais c’est notre première fois à Solidays et c’est notre premier festival aussi.

A : C’est incroyable de pouvoir être là et de se dire que c’est la première fois qu’on joue dans un festival. Quand les gens, on leur parle de Solidays, tout de suite ils réagissent : “C’est énorme ! C’est génial !”

H : Ça apporte aussi beaucoup de crédibilité de jouer dans un festival et de jouer à Solidays qui est un festival militant et reconnu.

Vous considérez-vous comme un groupe engagé ?

J : En fait c’est difficile à dire. On n’est pas un groupe engagé au sens de Noir Désir. Mais notre forme d’engagement c’est que la musique c’est un postulat de vie. C’est un engagement très fort surtout par les temps qui courent. Et en temps de crise ce n’est pas forcément le choix de carrière le plus simple. On ferait de la finance, on gagnerait peut-être plus d’argent. Ce serait peut-être moins moral mais en tout cas notre forme d’engagement c’est de se dire que la musique ça sera notre vie. C’est déjà pas mal.

 

Et en tant que groupe émergeant, vous trouvez que c’est difficile ?

J : On ne sait pas si c’est plus difficile aujourd’hui par rapport à avant. Peut-être qu’internet a tellement noyé… Parce qu’il y a tellement de concurrence. En deux cliques on peut aller écouter autre chose.

A : Ce n’est peut-être pas forcément plus difficile qu’avant mais maintenant au contraire pour les groupes de notre âge, il y a eu tellement de bouleversements dans l’industrie du disque, du numérique, que justement nous sommes nés avec ces problèmes éthiques là, on arrive et on a un regard neuf là-dessus. On sait que c’est comme ça alors qu’il y a beaucoup de “majors” qui sont encore persuadés qu’ils pourront encore vendre autant de disques que dans les années 80. Mais ce n’est plus le cas. Il y a beaucoup de choses qui ont changé. Et justement nous avons de la chance parce qu’on est né avec ça. Quelque part ça nous permet d’appréhender un milieu musical complètement bouleversé mais de l’appréhender parce qu’on le connait ainsi. On ne l’a connu que comme ça donc quelque part c’est chez nous.

Comment avez-vous trouvé le show aujourd’hui ?

J : Je vais peut-être te poser la question si toi tu y étais. Je ne sais pas ce que ça donnait en face mais pour nous c’était un plaisir immense.

C’était super de voir le public qui a bien adhéré j’ai l’impression. Ils ont dansé, ils ont chanté avec vous.

J : On était bluffé en fait. Ça a pris tout de suite. Il y avait une ambiance…

Cependant, il y a une chose que nous aimerions savoir, quelle est cette histoire d’ananas ?

H : Un jour on était au concert de Casiokids au Point Ephémère et à la fin du concert c’est devenu n’importe quoi sur la scène. Les gens sont montés et ont lancé cet ananas en maracas et depuis c’est toujours un objet qu’on a avec nous.

Vous l’avez adopté ?

H : Oui voilà c’est ça. Il est tombé à nos pieds et on s’est dit “Tiens on va l’adopter”.

A : Il nous a aidé à prendre des décisions éditoriales et musicales on va dire.

Notre site s’appelle “RockYourLife!”. Question traditionnelle : qu’est-ce qui rock votre life ?

Duellum : La culture. C’est ce qu’on essaie de transmettre par notre musique. Par culture il faut entendre, se nourrir constamment des choses qui nous entourent, être curieux du monde, des arts. C’est la découverte artistique. Que ce soit en musique, en arts plastiques, en littérature. La découverte de ce qui se fait ailleurs. C’est la base du vivre ensemble de notre monde à nous. Ça nous permet de comprendre pas mal de choses et de nous inspirer.

 

Site web : duellumatic.com

Anthony Bé
Fondateur - Rédacteur en chef du webzine RockUrLife